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François Gaudry (Traducteur)
EAN : 9782864247074
208 pages
Editions Métailié (08/04/2010)
3.66/5   19 notes
Résumé :
Dans une petite ville deux éléments vont troubler le cours des habitudes d’indifférences et de conformisme des habitants : l’apparition sur la place principale d’un vieux clochard muet, dont va s’occuper la jeune serveuse d’un restaurant sous le regard réprobateur de tous, et la nomination d’une nouvelle psychiatre à la clinique. Ces deux intrus vont réellement changer tous les rapports entre les habitants. Le vieux par son silence va inciter ceux qu’il rencontre à ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Harioutz
  03 juillet 2018
Les personnages d'Eugenia Almeida sont banals, noyés dans leurs petits et gros problèmes du quotidien : les altercations avec un chef autoritaire et rustre, la survie pendant le deuil... Ces destins n'ont qu'un point commun, mais symbolique : le maté. Il ravive le sourire, révèle des souvenirs, aide à la réflexion ; l'esprit des personnages s'évade grâce à son odeur, son goût, le bruit de l'eau qui coule sur les feuilles.
Mais bientôt, un élément va permettre à ces destins de se croiser. Un homme silencieux, mystérieux et apparemment sans le sou élit domicile sur la place du village. Son étrangeté attirera une petite serveuse qui lui apportera, dans le dos de son patron, des plats cuisinés. Mais son côté plus ténébreux intriguera aussi deux policiers.
Et c'est à l'intérieur d'un hôpital psychiatrique qu'il les conduira. Là, les personnages semblent sortir d'eux-mêmes et on ne sait plus vraiment qui doit être enfermé et qui doit être libéré. L'ambiance est lourde, épaisse ; le récit lent. Peu de rebondissements dans ce texte mais un dynamisme apporté par les caractères singuliers des personnages.
Jennifer Richaud, Journaliste
Lien : https://bibliobs.nouvelobs.c..
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CelineGe
  17 juin 2013
Santa Lucia, une clinique psychiatrique en Argentine, vers laquelle tout converge...
Le livre commence sur la place d'un village argentin, un vagabond est assis sur un banc. Sofia, la serveuse du bar vient régulièrement lui amener à manger en douce, même s'il semble à peine y toucher. Elle lui parle, de plus en plus, mais il ne répond jamais. Il ne semble pourtant pas muet.
Un jour, il disparaît.
Il a été emmené par la police, qui a estimé qu'il troublait l'ordre public.
Au commissariat, Frias, un "gentil" flic, est troublé par cet homme silencieux. Lui aussi lui confie sa vie.
Jusqu'à ce que l'homme soit emmené ailleurs... interné à Santa Lucia, en ville, pour une expertise psychiatrique.
Dès la soixantième page, Santa Lucia et ses personnages entrent en jeu et la majeure partie de la suite de l'histoire va se dérouler en ce lieu.
Son médecin-chef grand manitou, ses réceptionnistes impassibles, murées dans leur aquarium à l'entrée de l'établissement, un infirmier bienveillant et Elena, le nouveau docteur.
Celle-ci débarque et se rend compte que tout le monde la connaît déjà. Elle se trouve être la fille d'une ancienne patiente du médecin-chef, directeur de la clinique, la « folle » dont il parle tout le temps, et qu'il dit être à l'origine de sa vocation.
Elle va troubler plus d'une personne là-dedans, par sa simplicité et son humanité.
Sofia finit par rencontrer Frias, le policier, et tous deux se lancent à la recherche de celui qu'ils appellent "leur ami" et qui leur a fait tant de bien.
Les dialogues sont fluides.
Beaucoup de personnages secondaires, dont l'histoire personnelle est à chaque fois développée mais dont on ne comprend pas forcément le rapport avec l'histoire principale. Et il n'y en a pas toujours un.
Tous sont très attachants, même les moins sympathiques, et bien que certains soient un peu caricaturaux : un flic méchant et un flic gentil, une réceptionniste aimable et une autre acariâtre.
Ma lecture a donc été très agréable et je me suis laissée porter par la quête de Sofia et Frias pour retrouver leur ami vagabond.
Par contre, j'ai senti que je n'arrivais pas à saisir toute la dimension psychologique de l'histoire.
J'ai bien lu, à droite et à gauche sur le net, que l'homme vagabond et la doctoresse débarquée de nulle part étaient deux « chamboule-tout » dans le quotidien tranquille et endormi des autres personnages, qui les amènent à ressentir des élans d'émotion qu'ils n'ont pas, ou plus l'habitude de ressentir.
J'ai lu aussi, et j'ai effectivement vu passer dans le livre des métaphores avec les poissons dans le courant des rivières, et avec la pêche, mais je ne les ai pas vraiment comprises. Trop subtile.
Moi et la psycho...
"La pièce du fond" apparaît à plusieurs reprises tout au long du livre.
C'est dans le commissariat, la petite pièce dans laquelle Frias installe l'homme pour qu'il(s) soi(en)t tranquille(s), c'est le bureau à l'hôpital dans lequel Sofia et Frias vont rencontrer le docteur Elena, etc.
Métaphoriquement, ça doit être cet endroit au fond de soi, dans lequel on refoule des souvenirs douloureux, des sensations, des sentiments, qui font peur, et dont des personnes comme le vagabond et la doctoresse nous amènent à pousser la porte.
C'est un livre que j'ai finalement aimé et qui m'a donné envie de lire L'autobus, le précédent roman de l'auteure également traduit en français. Eugenia Almeida est Argentine, enseigne la littérature et la communication, est aussi journaliste et chanteuse.

Lien : http://linecesurinternet.blo..
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BMR
  11 mai 2010
Après L'autobus voici un second livre étrange venu d'Argentine : La pièce du fond, d'Eugenia Almeida.
Comme avec l'autobus, la vie tranquille et endormie d'une petite ville de province est perturbée par un événement insolite ... les comportements routiniers vacillent, les langues se délient ...
Cette fois c'est un vieil homme, à demi SDF, qui s'installe sur un banc de la place.
Il ne dit pas un mot, n'ouvre pas le bec. À peine pour manger lorsque la petite serveuse du café lui apporte en douce le menu du jour.
Eugenia Almeida excelle à dépeindre l'immobilisme, l'attentisme, le caractère immuable des gens et des choses lorsque la vie s'est arrêtée : le village et ses habitants sont comme écrasés de chaleur et de soleil.
L'un des flics du village finit par embarquer le vagabond muet et l'envoie vers les psys de la ville ...
Son collègue trouve qu'il en a fait un peu trop et se met à la recherche du vieil homme, tout comme la petite serveuse du bar. Ils rencontreront une étrange psy. Ces trois-là vont se croiser, se rencontrer, s'éloigner, tournant autour de l'absence du vieil homme muet que l'on ne reverra plus : un seul être vous manque et cela suffit pour bousculer vos habitudes, pour remuer le fond de vos pensées.
Chacun part à la recherche de la clé qui permet d'ouvrir la pièce du fond, du fond de sa tête, la pièce aux souvenirs ...
Eugenia Almeida a une belle écriture sobre et sèche, sans effets ni esbroufe. Mais c'est une écriture difficile et exigeante. On avait trouvé un peu plus facile d'embarquer dans L'autobus.
Un livre où l'on découvre l'art et la manière de faire infuser le maté.
Lien : http://bmr-mam.over-blog.com..
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de
  15 juin 2013
Il est impossible de répéter ce que l'on n'a pas encore avalé
Un homme sur un banc. Sofia, jeune serveuse de bar brise l'indifférence. Mais être assis sur un banc, ne pas parler est manifestement un trouble à l'ordre public.
Au commissariat, c'est au tour de Frias de rompre le mépris. Décidément la présence de cet homme trouble le paysage, déplace des interrogations, ouvre des portes cadenassées par le temps. En petits chapitres, Eugenia Almeida nous fait ressentir la différence, la froideur, « Un de ces baisers creux que l'on envoie en l'air, le faux jumeau d'un vrai salut ».
Des histoires plus anciennes, une amputation, une femme enfermée et une gamine malmenée…
Elena, nommée dans cet hôpital, s'écarte de l'attente, se confronte au conte, au rejet de la « folie », de la différence. Les pistes se brouillent, les troubles s'exposent, les refus aussi. Peu à peu, les pointillés deviennent des chemins, des sensations, des relations. Une main posée, un sourire, un étonnement, un monde plus ouvert à la chaleur, aux rencontres. Norma, Horacio, Mabel…
Les brides d'histoires se rencontrent, avec en toile de fond, cette pièce, celle du fond, celle des souvenirs, dont la porte s'ouvre, ou ne s'ouvre pas. Insensiblement les phrases de l'auteure ouvrent des communs, des croisées aux personnages, nous infuse le goût du maté.
Un livre offert comme par « Quelqu'un qui, avant de partir, vous habille ».
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marcossor
  12 mars 2014
La pièce du fond, c'est un peu comme la vie, des événements presque anodins ou des visages inconnus qui nous font lever les yeux, qui nous donnent envie de parler, d'agir et d'aller vers l'autre. Mais l'autre n'est déjà plus là ou n'est pas ce que l'on avait cru. Comme parfois, comme souvent dans la vie, les choses ne sont pas ce que nous les rêvions. Pour autant, à chaque fois il se passe quelque chose, et des rencontres ont lieu. Rencontres avec l'autre. Avec soi-même.
Un inconnu sur un banc qui ne dit rien, qui ne mendie pas, qui est simplement là. Cela pousse irrésistiblement Sofia, la serveuse du bar, pour aller à sa rencontre, pour tenter de lui parler tout en lui apportant à manger. Qu'importe si l'autre ne parle toujours pas, une rencontre a eu lieu. Prendre le temps du silence, cela ne se fait pas ainsi, et il y a quelque chose de la résistance et de la rébellion chez Sofia dont le comportement dérange encore plus que cette présence muette sur un banc de la ville. Mais voilà que l'homme disparaît...
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
HarioutzHarioutz   03 juillet 2018
- Ma sœur, il lui manque une jambe.
Mais elle se débrouille bien. Il faut voir comme on s'habitue à ce qui nous manque. Moi, je ne sais pas ce que je ferais si j'avais une jambe en moins. Et sa maison, comme elle la tient. C'est parfait.
Je lui ai proposé plusieurs fois de venir chez moi. Mais elle se trouve bien comme ça. Elle dit qu'elle aime vivre seule. Avec le temps, on devient maniaque, on a besoin de son espace, de ses affaires.

Il y a quelques années, on lui a proposé de lui mettre une jambe. Orthopédique, bien sûr.
La mutuelle lançait une promotion, un truc comme ça, pendant quelques mois ils remboursaient des choses pour lesquelles en général ils ne paient pas.

Donc, on l'appelle chez elle. On lui dit que si elle veut une jambe, elle peut l'avoir gratis, avec physiothérapie et tout. Elle leur a dit non.
J'imagine que la femme qui lui a téléphoné a du être surprise, car elle s'est contentée de lui dire "Bon, bon, excusez-moi, merci" et elle a raccroché.

Mais le lendemain, un homme a appelé. On sentait que c'était un chef. Il lui a expliqué en long en large qu'elle n'aurait rien à payer, que la mutuelle prenait tous les frais à sa charge, que c'était totalement gratis. Et elle, de nouveau : "Merci beaucoup, mais c'est non".

Deux jours plus tard, ça recommence. Une autre personne. C'était une occasion à ne pas laisser passer, qu'elle réfléchisse à tout ce qui allait changer dans sa vie quand elle aurait de nouveau deux jambes, et patati, et patata. Et ma sœur : "Non, merci".

Quinze jours passent. Le type rappelle, celui de la deuxième fois.Il comprenait, elle avait probablement peur, changer, même si c'est pour être mieux, ça fait toujours peur, mais c'était important qu'elle réfléchisse. D'un calme, le type.

Ma sœur lui a bien répondu. Elle est comme ça.
Quoi qu'il se passe et qui que ce soit, elle est aimable avec tout le monde. Elle lui a dit que non. Avec une patience ...
Que non. Elle n'avait pas peur. Que question changement, on change tout le temps. Mais la jambe, non, elle ne la voulait pas.

Il y a eu un long silence. Il s'est décidé à demander pourquoi.
- Parce que je n'en ai pas besoin, a répondu ma sœur.
Silence.
- Vous êtes obstinée, a-t-elle entendu à l'autre bout du fil.

Le ton de voix était doux, mais il y avait quelque chose de venimeux dans ces paroles. Ma sœur est aimable. Mais pas idiote.
Elle a attendu une seconde et dit :
- Vous aussi.
Silence.
- Enfin, écoutez-moi, lui dit le type. Comment pouvez-vous ne pas vouloir d'une autre jambe ?

Ma sœur respire profondément et demande :
- Et vous ?
- Quoi ?
- Comment pouvez-vous ne pas vouloir d'une autre jambe ?
- Mais je les ai toutes les deux !
Un silence. On voit que la réponse lui a échappé. Qu'il l'a regrettée aussitôt prononcée.
- Bon, a dit ma sœur en profitant de la trêve. Peut-être que maintenant vous allez commencer à comprendre ...

J'imagine qu'il a été désarmé. Que quelque chose en lui, quelque chose de très ordonné, s'est brisé. La voix avait changé. Le ton était triste, opaque.
- Il y a deux nuits que je ne dors pas, a-t-il dit.

Un autre n'aurait pas répondu. Mais ma sœur a demandé :
- Vous avez des problèmes ?
Silence.
Comme si tout le dialogue était parasité par de petits déserts, des enfers précaires que personne ne veut habiter.
- Je ne dors pas parce que je pense à vous.
- Et que pensez-vous ?
- Je me demande comment vous pouvez refuser cette jambe.
- Vous allez me donner la mienne ?
Silence.
- C'est une très bonne prothèse.
- C'est une prothèse. Et pourtant vous m'offrez une jambe.
- Une jambe, c'est impossible, vous le savez bien.
- Oui. Nous sommes donc d'accord pour dire qu'une prothèse n'est pas une jambe.
- Oui, a convenu la voix opaque. C'est vrai.
- Bon. Vous voudriez une prothèse ?
- Mais je n'en ai pas besoin.
- Moi non plus.
- Je ne veux pas être brutal, mais je crois que vous en avez besoin.
- Vous avez des enfants ?
- Deux.
- Vous les aimez ?
- Bien sûr !
- Ne vous énervez pas. Ce serait tout à fait banal que vos ne les aimiez pas. Ou que vous en aimiez un et pas l'autre. Ou alors, vous les aimez seulement parce que ce sont les vôtres ?
Silence.
- Je les aime. La vérité, c'est que je les aime. L'un plus que l'autre. C'est vrai.
- Bon. Supposons qu'il arrive quelque chose à l'un de vos enfants. Supposons qu'il meure. Et vous traversez ça. Je ne dis pas que vous vous habituez. Ou que vous vous résignez. Vous traversez. Un parcours qui ne finira jamais. Maintenant vous devez vivre chaque jour avec ça. Et soudain, un inconnu se présente et vous offre une poupée. Gratis, vous dit-il, une très jolie poupée. Que diriez-vous ?
- Que je n'en veux pas.
- Bien sûr. Vous ne la voulez pas. Vous voulez votre enfant.
- Oui.
- Eh bien, je n'ai pas besoin de prothèse.
- Je comprends.
Silence.
- Vous pensez que vous allez pouvoir dormir maintenant ?
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SophieChalandreSophieChalandre   16 octobre 2021
Sofía avale. Les ordres, les horaires, les phrases tronquées. Une gorgée de sable. Quelque chose qui fait mal en descendant. Elle prend à peine le temps de répartir sa charge pour se présenter à la table quatre avec le sourire. Elle cale une assiette, un verre de chaque côté, les serviettes, la bouteille. Et, tout sourire, malgré la douleur, elle efface Sánchez et pose son regard sur l’homme de l’autre côté de la vitre, de l’autre côté de la rue, sur le banc de la place. De l’autre côté du monde.
Elle emporte des assiettes sales à la cuisine. Quand elle passe près de Juancho, elle dit à voix basse :
- Ce que je t’ai donné, passe-le-moi avec les déjeuners.
Le cuisinier murmure quelque chose qui se perd. Maintenant la matinée est le temps qu’il manque pour arriver à midi.
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HarioutzHarioutz   03 juillet 2018
Le dialogue est une construction où chacun est conscient qu'un geste, un silence, une pause marquent l'espace qui va les unir ou les séparer.
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BMRBMR   11 mai 2010
Pereyra est le flic qui a embarqué le vagabond, son collègue Friàs partira à sa recherche :
[...] - Mais pourquoi tu te casses la tête à cause de ça ?
- Parce que je veux savoir comment il va.
- Toujours pareil. Il ne parle même pas.
Pereyra se tait, pris de doute, puis demande :
- Avec toi il a parlé ?
- Ce n'est pas nécessaire.
Friàs reprend la pipette dans sa bouche pour aspirer une ultime gorgée de maté.
- Écoute vieux. Je sais que tu fais tout ça avec de bonnes intentions. Mais tu ne peux pas t'occuper de tout.
- J'aimerais bien parler avec lui, dit Friàs en passant sa main sur la table. Pour enlever la poussière du verre, en caressant ou effaçant ce qui n'y est pas.
http://carnot69.free.fr/images/eugenia almeida.jpg- Toi, alors ! Si l'autre ne répond pas, ce n'est pas une conversation.
- Tu ne comprends pas. Il me regardait. Il ne parle pas, mais il écoute. Je lui racontais des choses ... des choses de moi. Tu vas finir par piger.
- Allez, ne te fâche pas. Raconte-les moi.
- Ce n'est pas pareil.
- Trop aimable, dit Pereyra en feignant d'être vexé.
- Ce n'est pas toi qui est en cause.
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dede   13 mai 2013
L’oiseau s’approche. Peut-être un pigeon. Des pigeons, cependant, il y en a plus loin, au pied de la statue. La vieille leur jette rageusement du maïs, accomplissant un devoir dont elle ignore l’origine. Peut-être un moineau. L’homme ne le sait pas car il ne regarde que son soulier droit. De temps en temps, la vieille lève les yeux pour l’observer. Ce regard tisse un monologue, creux et prévisible. Elle sait qu’il ne regarde personne. Son soulier, un carré d’herbe, la chaîne qui ceinture la statue. Le ciel. Oui. Il regarde aussi le ciel.
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Vidéo de Eugenia Almeida
Lise Belperron présente "L'échange" d'Almeida Eugenia .Lise Belperron vous présente "L'échange" d'Almeida Eugenia Métailié. Parution le 25 août aux éditions Métailié. Rentrée littéraire 2016. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/almeida-eugenia-echange-9791022601412.html Notes de Musique : Suicide by Severin. Free Music Archive. Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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