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ISBN : 2707344222
Éditeur : Editions de Minuit (04/01/2018)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 122 notes)
Résumé :
A défaut de pouvoir se détériorer, mes rapports s'étaient considérablement distendus avec ma famille. Or, cet été-là, ma cousine se mariait. J'allais donc revenir à Saint-Fourneau. Et les revoir. Tous. Enfin ceux qui restaient.
Mais soyons honnête, le problème n'était pas là.
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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  16 janvier 2018
Un début tout simple et paf ! l'auteur nous fait un premier ricochet, « Je lui désignai Claire de la main. Je te présente Constance, dis-je. »....et puis les ricochets s'accélèrent.....et des mouches, beaucoup de mouches, des mouches mortes, des mouches qui volent dans la maison....une atmosphère mixte de Chabrol et D. Cronenberg, oppressante.
Laurent, accompagné de Claire, retourne dans le bled de son enfance, pour le mariage de sa cousine, y habite aussi son oncle et sa mère, et il n'y vient pas à coeur joie....grosso modo c'est le sujet, mais l'histoire est toute autre. Des silences et des secrets.....une atmosphère lourde et malsaine, dans la chaleur de ces journées d'août.
Un style singulier, une écriture très visuelle et sensuelle qui saisit les choses au vif. de jolies expressions,« un bureau où s'entassait de la paperasse en souffrance.... »,
des descriptions incisives « Il continuait de se masser les doigts dans son chiffon sale, avec méticulosité. Tu ne me reconnais pas ? lui demandai-je. le chiffon s'immobilisa. ». Une première rencontre avec la prose d' Almendros qui m'a subjuguée.
Un texte court, très fort, qui se lit d'une traite !
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Merik
  24 février 2018
Son précédent roman, « un été », avait fait mouche avec une fin qui m'avait laissé comme deux ronds de flans. « Faire mouche » s'annonce d'emblée du même genre : un format rapide de longue nouvelle (ou de court roman), une ambiance oppressante délivrée par une écriture à la fois sobre et singulière, taiseuse sur l'essentiel mais prolixe en détails visuels, qui ne manque pas de plonger le nez du lecteur dans le guidon en lui réduisant son champ de vision.
Laurent rend visite en couple à sa famille pour le mariage de sa cousine, famille trouble dont presque tous les membres sont encore là, en chair ou en cendres. Des cadavres de mouches, une chaleur suffocante et des relents de sales histoires familiales dont les abcès ne sont pas crevés, ni même révélés, tout concourt à ce que le dénouement soit un choc rural.
Et c'est la que le bât blesse (un peu) en ce qui me concerne. J'avais pressenti cette fin et n'ai pas autant été surpris que dans « un été ». Faire mouche ou faire plouf, voilà à quoi ce genre de livre pourrait être réduit, tant la tension qui va crescendo focalise le lecteur sur un final qui ne peut être qu'un guet-apens narratif, pour son plaisir total.
Malgré ce petit couac, je retiens la grande qualité suggestive de l'écriture de Vincent Almendros, son efficace construction narrative, et ne manquerai pas de continuer à le suivre.
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nadejda
  16 mars 2018
Laurent revient dans le hameau de son enfance près de Saint Fourmeau, en compagnie De Claire, une amie, pour assister au mariage de sa cousine Lucie avec Pierre.
Du moins c'est la raison qu'il donne puisqu'il dira un peu plus loin qu'il est revenu après des années d'absence à cause du cancer de son oncle Roland.
Tout est inquiétant autour de lui. Est-ce l'appréhension qui l'habite qui rendent les choses et les êtres aussi gris, visqueux ou le sont-ils réellement ?
Laurent, dès son arrivée dans la vieille maison poussiéreuse que lui et Claire vont occuper,
remarque quelque chose au sol, près de la fenêtre :
« Je m'approchai.
Qu'est-ce que c'est ?
C'étaient des mouches. Cinq mouches mortes qui reposaient en famille sur les lames du parquet, leurs corps très noirs étaient argentés par de délicates ailes transparentes. Je me demandais si elles étaient tombées d'épuisement à force de voler. »
Elles réapparaissent lors de la rencontre avec la mère dans la maison où elle vit avec l'oncle Roland : « Près de la fenêtre, cloué à une poutre, je remarquai également la présence d'un de ces pièges en tortillon, long ruban adhésif marron et collant que des mouches constellaient. Certaines étaient déjà mortes depuis longtemps mais voisinaient avec d'autres fraîchement engluées qui essayaient. en vain de se débattre en vibrant des ailes. »
Le lecteur est pris lui-aussi dans un piège, environné d'indices, de signes qui devraient lui indiquer une direction mais ne font que le désorienter en multipliant les hypothèses au sein d'un malaise familial dont on ne sait ce qui est vrai ou découle des suppositions et de la rumeur.
Les mouches sont encore là quand Claire découvre au cours d'une cueillette de champignons en compagnie de l'oncle Roland, le cadavre d'un chien :
« … le ventre de la charogne était ouvert, dépecé ou rongé, pourrissant dans un bourdonnement sourd de mouches sombres. Je ne dis pas qu'il y en avait des mouches, mais je croyais les entendre. En approchant, je craignais même de voir la carcasse grouiller de vers ou de larves. Mais non, il n'y avait rien. Plus aucun signe de vie. La charogne était sèche comme du carton. »
Un texte court mais dense que la concision, l'efficacité de l'écriture fait gagner en puissance au fur et à mesure de la lecture. Grand contraste entre cette écriture précise et l'atmosphère lourde, menaçante, putride, la déliquescence qui entoure progressivement Laurent et le lecteur et va crescendo jusqu'au dénouement final qui « fait mouche ».
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fanfanouche24
  08 mai 2018
"J'avais été, jusque-là, un homme sans histoire. Peut-être parce que j'étais né dans un village isolé, au milieu de rien."
Un auteur jamais lu... Déjà une dizaine de jours que j'ai lu son dernier roman, dont les thèmes m'intéressaient ...
Un style ciselé... un univers très bien décrit de la campagne profonde, qui m'évoque des souvenirs personnels très forts de l'univers clos, hors du temps... vécus à l'intérieur des terres bretonnes, où le temps comme les humains semblaient "arrêtés, figés"...pour toujours !!
Vincnt Almendros possède un vrai talent à mettre en place un décor, une atmosphère, un suspens...mais au bout du compte, je suis restée sur ma faim... Une chute qui pour nombre de lecteurs et de critiques rencontrés , a provoqué un grand étonnement... Ce ne fut pas mon ressenti....Un suspens condensé qui se noie dans trop de non-dits... noyés dans de nouvelles interrogations suggérées !

Des forts sentiments de frustration et d'INACHEVE...Je reste contente d'avoir lu cet auteur, toutefois, j'en ressors moyennement convaincue...Subsiste un vrai plaisir pour le style élégant , poétique, musical...
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Zakuro
  19 mai 2018
Trois ans après « un été », je retrouve avec immensément de plaisir l'écriture vive et tranchante de Vincent Almendros qui sait à merveille restituer avec peu de mots une atmosphère troublante où le drame est tapi dans l'ombre et les secrets.
L'histoire se passe en plein mois d'août, dans une chaleur lourde et écrasante, non plus à bord d'un voilier comme avec « un été » mais dans le huis-clos du hameau de Saint-Fourneau presque un désert où Laurent Malèvre revient après plusieurs années d'absence pour assister au mariage de sa cousine. le mariage est peut-être heureux mais les retrouvailles avec sa famille ne le sont pas.
La tension est palpable à chaque page, j'ai été fort impressionnée par la manière dont l'auteur esquisse ses personnages au fusain, fait ressortir leur trait de caractère par un seul mot cinglant, par un geste à vif, une attitude sans équivoque qui n'a pas besoin de démonstration et de paroles.
Et les silences prégnants sont terriblement significatifs. La mère de Laurent, son oncle, sa cousine Lucie et la compagne de Laurent, tout se joue entre eux dans une arène de faux-semblants et d'interdiction muette. Interdiction de parler du passé qui fait peser sur les épaules de Laurent un lourd héritage.
J'ai beaucoup aimé vivre de l'intérieur l'étrangeté et le mélange des émotions contradictoires de Laurent hanté par quelque chose, qu'il cache à lui-même et aux autres. Il est parmi les siens sans être là, il cherche ce qui aurait pu le sauver en vain peut-être, de lui-même et d'une famille bancale.
Gros coup de coeur !
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critiques presse (3)
LeMonde   30 mars 2018
L’écrivain, professeur de français et admirateur de Toussaint ou de Modiano, recherche cette économie de moyens qui rend le lecteur actif. « Faire mouche », son troisième roman, est à cet égard éloquent.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaLibreBelgique   28 février 2018
"Faire mouche" de Vincent Almendros est un court roman ciselé comme un bijou. Un thriller minimaliste, à la campagne, où tout est signe et sous-entendu.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Bibliobs   24 janvier 2018
Deux ans après "Un été", irrespirable thriller marin, cet auteur de 39 ans signe un étouffant thriller rural.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   23 mai 2018
Elle aimait compliquer les choses. Petite, elle mentait déjà avec un aplomb qui déconcertait ma grand-mère. Si je n’avais pas attendu la mort de mes grands-parents pour ne plus remettre les pieds à Saint-Fourneau, c’était en partie à cause d’elle. Elle le savait. 
Je remarque que vous êtes allés déjeuner chez ta mère et que Constance est tombée malade, c’est tout. 
Je tentai de la fixer avec, dans mon regard, un mélange de consternation et de compassion, cherchant à insuffler, chez elle, un soupçon de doute. Mais elle ne baissa pas les yeux. Au contraire, son regard à elle se renforça d’une détermination butée, provocante. Elle avait l’air convaincue de ce qu’elle pensait. Pour dire la vérité, je me protégeais en feignant la surprise, car j’y avais songé, moi aussi. Lorsque j’avais entendu Claire vomir dans la salle de bains, je m’étais demandé ce qui se passait. Lucie dut sentir une faille, qu’elle transforma en brèche en s’y engouffrant. Son un ton plus méchant, qui me rappela la brutalité dont ma mère était capable, elle voulut savoir pourquoi j’avais toujours cherché à la protéger. (p. 91-92)
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nadejdanadejda   14 mars 2018
Des nuages s'étaient de nouveau formés dans le ciel, de gros cumulus qui se reflétaient maintenant blancs et gonflés, sur la surface du lac. J'adressai de loin un signe à Claire, une sorte de salut indécis et amblgu.
Elle dut penser que je voulais qu'elle sorte de l'eau, car elle se mit à nager vers moi, dans ce ciel inversé, au milieu des nuages.
... Je me penchai et fouillai dans son sac pour prendre sa serviette de bain. Lorsque je me redressai, je vis que le soleil, tout à coup, s'était voilé. L'eau verte du lac s'était couverte d'une large flaque grise avec, par endroits des zones plus sombres, noires et laquées.
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BookycookyBookycooky   16 janvier 2018
Ces souvenirs étaient si anciens que j’avais le sentiment de les inventer.
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fanfanouche24fanfanouche24   21 avril 2018
Dehors, des oiseaux sifflotaient dans le petit jour, répétant des phrases aiguës, insouciantes, qui semblaient s'amuser avec le silence de la campagne. (p. 32)
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hcdahlemhcdahlem   23 mai 2018
J’avais été, jusque-là, un homme sans histoire. Peut-être parce que j’étais né dans un village isolé, au milieu de rien. Car c’était ça, Saint-Fourneau, un trou perdu. Y revenir m’avait toujours paru compliqué. Il faut dire que ma mère, elle, y vivait encore.
Nous venions, Claire et moi, de quitter l’A75. Le soir était tombé. Les phares de la
Nissan éclairaient maintenant la départementale en lacets. Depuis plusieurs kilomètres, nous ne croisions plus aucune voiture. Le paysage était devenu escarpé et montagneux, composé d’à-pics ou de reliefs rocheux boursouflés de végétation. Il se vallonna de nouveau, et les premiers panneaux indiquant Saint-Fourneau apparurent.
Lorsque, dans la nuit, je distinguai en contrebas de la route le champ de la Métairie, je ralentis, enclenchai le clignotant et bifurquai sur la droite pour descendre la pente goudronnée qui menait au hameau. La voie se rétrécit.
Les roues de la voiture écrasèrent des gravillons. À faible allure, j’allai me garer devant un abri, où, sous une bâche, s’entassait du bois. J’éteignis le moteur.
Mon cou était raide. Je me massai la nuque. J’étais fatigué par le voyage, mais tout s’était déroulé sans encombre. Je me tournai vers Claire, qui, à côté de moi, ne bougeait pas.
Elle avait incliné le dossier de son siège vers l’arrière. Je ne voulus pas la réveiller tout de suite.
Je pris le temps de regarder le hameau, la silhouette de la maison et l’obscurité autour. J’attendis encore un peu, profitant de cet instant où il ne se passait rien, où il ne pouvait rien se passer, puis je finis par poser ma main sur l’épaule de Claire. On est arrivé, dis-je. 
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Videos de Vincent Almendros (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Vincent Almendros
Faire Mouche - Lecture Prix Orange du Livre 2018 .C?est dans le cadre du Reid Hall à Paris, le 16 mai 2018, que les comédiens Fanny Cottençon et Nicolas Pignon ont fait une lecture à voix haute d?extraits choisis des six romans finalistes du Prix Orange du Livre 2018.Voici "Faire mouche", de Vincent Almendros, (Editions de minuit), lu par Fanny Cottençon.Rendez-vous sur https://www.lecteurs.com/article/le-jury-du-prix-orange-du-livre-2018-a-selectionne-les-romans-finalistes/2443316 pour tout savoir sur les finalistes et voter jusqu'au 30 mai 2018.Suivez lecteurs.com sur les réseaux sociaux :Facebook : https://www.facebook.com/orange.lecteurs/Twitter : https://twitter.com/OrangeLecteursInstagram : https://www.instagram.com/lecteurs_com/Youtube : https://www.youtube.com/c/LecteursDailymotion : http://www.dailymotion.com/OrangeLecteurs
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