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Critiques sur Faire mouche (56)
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Bookycooky
  16 janvier 2018
Un début tout simple et paf ! l'auteur nous fait un premier ricochet, « Je lui désignai Claire de la main. Je te présente Constance, dis-je. »....et puis les ricochets s'accélèrent.....et des mouches, beaucoup de mouches, des mouches mortes, des mouches qui volent dans la maison....une atmosphère mixte de Chabrol et D. Cronenberg, oppressante.

Laurent, accompagné de Claire, retourne dans le bled de son enfance, pour le mariage de sa cousine, y habite aussi son oncle et sa mère, et il n'y vient pas à coeur joie....grosso modo c'est le sujet, mais l'histoire est toute autre. Des silences et des secrets.....une atmosphère lourde et malsaine, dans la chaleur de ces journées d'août.

Un style singulier, une écriture très visuelle et sensuelle qui saisit les choses au vif. de jolies expressions,« un bureau où s'entassait de la paperasse en souffrance.... »,
des descriptions incisives « Il continuait de se masser les doigts dans son chiffon sale, avec méticulosité. Tu ne me reconnais pas ? lui demandai-je. le chiffon s'immobilisa. ». Une première rencontre avec la prose d' Almendros qui m'a subjuguée.

Un texte court, très fort, qui se lit d'une traite !
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Merik
  24 février 2018
Son précédent roman, « un été », avait fait mouche avec une fin qui m'avait laissé comme deux ronds de flans. « Faire mouche » s'annonce d'emblée du même genre : un format rapide de longue nouvelle (ou de court roman), une ambiance oppressante délivrée par une écriture à la fois sobre et singulière, taiseuse sur l'essentiel mais prolixe en détails visuels, qui ne manque pas de plonger le nez du lecteur dans le guidon en lui réduisant son champ de vision.
Laurent rend visite en couple à sa famille pour le mariage de sa cousine, famille trouble dont presque tous les membres sont encore là, en chair ou en cendres. Des cadavres de mouches, une chaleur suffocante et des relents de sales histoires familiales dont les abcès ne sont pas crevés, ni même révélés, tout concourt à ce que le dénouement soit un choc rural.
Et c'est la que le bât blesse (un peu) en ce qui me concerne. J'avais pressenti cette fin et n'ai pas autant été surpris que dans « un été ». Faire mouche ou faire plouf, voilà à quoi ce genre de livre pourrait être réduit, tant la tension qui va crescendo focalise le lecteur sur un final qui ne peut être qu'un guet-apens narratif, pour son plaisir total.
Malgré ce petit couac, je retiens la grande qualité suggestive de l'écriture de Vincent Almendros, son efficace construction narrative, et ne manquerai pas de continuer à le suivre.
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Annette55
  03 décembre 2018
"Quelle page Laurent , veux - tu que je tourne?"

" C'était ma crainte depuis le début , que tout se lise sur mon visage "" .Il était impavide , inexpressif.... "
" Claire finit de s'habiller. "
"Claire ? "
"Constance , dis- je.."..
Voici un roman irrespirable, étouffant, lu d'une traite ....qui vous cueille à froid , de la premiére à la derniére page dans une ambiance poisseuse, lourde , délétère , intrigante d'où les trois extraits cités - dessus ....

Un exploit à vous couper le souffle dont je ne peux rien devoiler, sinon mon admiration pour l'écriture de l'auteur...

Il excelle tant par la tension palpable, les sous entendus, les soupçons, les non - dits , les demi- aveux, l'ambiguïté des comportements , la précision incroyable et impitoyable de la description des lieux : notamment le garage décrit au scalpel avec son bric à brac, la cave et la découverte d'une bouteille de vin de noix , le café, la découpe précise du lapin par la mére de Laurent .....

Les conversations courtes et intrigantes, acides, se savourent .
L'hostilité sourde , la contrainte de celles - ci, la gêne palpable...montrent une famille désarticulée, en voie de décomposition ....

L'écriture est économe, laconique, visuelle, rigoureuse, faussement simple et fluide, vivante, descriptive, semblable à un court métrage qui se déroulerait sur un écran blanc sur fond de champignons et de feuilles pourrissantes en forêt, de mouches aux délicates ailes transparentes, d'une mére qui ferait boire de l'eau de javel ? D'urnes mortuaires ?
La langue parfaite à l'apparence anodine cache un roman noir , une espèce de thriller rural troublant , parfaitement abouti, à la chute forte .
Constance ? Claire ?
Qui sont ces couples ? Cet oncle ? Ces futurs mariés ? Suspense , suspense ?
L'auteur explore les liens familiaux distendus, les rancoeurs , les mensonges et les secrets inavoués ...
Un bijou d'économie et de noirceur , à conseiller à tous,!



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nadejda
  16 mars 2018
Laurent revient dans le hameau de son enfance près de Saint Fourmeau, en compagnie De Claire, une amie, pour assister au mariage de sa cousine Lucie avec Pierre.
Du moins c'est la raison qu'il donne puisqu'il dira un peu plus loin qu'il est revenu après des années d'absence à cause du cancer de son oncle Roland.

Tout est inquiétant autour de lui. Est-ce l'appréhension qui l'habite qui rendent les choses et les êtres aussi gris, visqueux ou le sont-ils réellement ?

Laurent, dès son arrivée dans la vieille maison poussiéreuse que lui et Claire vont occuper,
remarque quelque chose au sol, près de la fenêtre :
« Je m'approchai.
Qu'est-ce que c'est ?
C'étaient des mouches. Cinq mouches mortes qui reposaient en famille sur les lames du parquet, leurs corps très noirs étaient argentés par de délicates ailes transparentes. Je me demandais si elles étaient tombées d'épuisement à force de voler. »

Elles réapparaissent lors de la rencontre avec la mère dans la maison où elle vit avec l'oncle Roland : « Près de la fenêtre, cloué à une poutre, je remarquai également la présence d'un de ces pièges en tortillon, long ruban adhésif marron et collant que des mouches constellaient. Certaines étaient déjà mortes depuis longtemps mais voisinaient avec d'autres fraîchement engluées qui essayaient. en vain de se débattre en vibrant des ailes. »

Le lecteur est pris lui-aussi dans un piège, environné d'indices, de signes qui devraient lui indiquer une direction mais ne font que le désorienter en multipliant les hypothèses au sein d'un malaise familial dont on ne sait ce qui est vrai ou découle des suppositions et de la rumeur.

Les mouches sont encore là quand Claire découvre au cours d'une cueillette de champignons en compagnie de l'oncle Roland, le cadavre d'un chien :
« … le ventre de la charogne était ouvert, dépecé ou rongé, pourrissant dans un bourdonnement sourd de mouches sombres. Je ne dis pas qu'il y en avait des mouches, mais je croyais les entendre. En approchant, je craignais même de voir la carcasse grouiller de vers ou de larves. Mais non, il n'y avait rien. Plus aucun signe de vie. La charogne était sèche comme du carton. »

Un texte court mais dense que la concision, l'efficacité de l'écriture fait gagner en puissance au fur et à mesure de la lecture. Grand contraste entre cette écriture précise et l'atmosphère lourde, menaçante, putride, la déliquescence qui entoure progressivement Laurent et le lecteur et va crescendo jusqu'au dénouement final qui « fait mouche ».
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fanfanouche24
  08 mai 2018
"J'avais été, jusque-là, un homme sans histoire. Peut-être parce que j'étais né dans un village isolé, au milieu de rien."

Un auteur jamais lu... Déjà une dizaine de jours que j'ai lu son dernier roman, dont les thèmes m'intéressaient ...

Un style ciselé... un univers très bien décrit de la campagne profonde, qui m'évoque des souvenirs personnels très forts de l'univers clos, hors du temps... vécus à l'intérieur des terres bretonnes, où le temps comme les humains semblaient "arrêtés, figés"...pour toujours !!

Vincnt Almendros possède un vrai talent à mettre en place un décor, une atmosphère, un suspens...mais au bout du compte, je suis restée sur ma faim... Une chute qui pour nombre de lecteurs et de critiques rencontrés , a provoqué un grand étonnement... Ce ne fut pas mon ressenti....Un suspens condensé qui se noie dans trop de non-dits... noyés dans de nouvelles interrogations suggérées !

Des forts sentiments de frustration et d'INACHEVE...Je reste contente d'avoir lu cet auteur, toutefois, j'en ressors moyennement convaincue...Subsiste un vrai plaisir pour le style élégant , poétique, musical...
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Zakuro
  19 mai 2018
Trois ans après « un été », je retrouve avec immensément de plaisir l'écriture vive et tranchante de Vincent Almendros qui sait à merveille restituer avec peu de mots une atmosphère troublante où le drame est tapi dans l'ombre et les secrets.

L'histoire se passe en plein mois d'août, dans une chaleur lourde et écrasante, non plus à bord d'un voilier comme avec « un été » mais dans le huis-clos du hameau de Saint-Fourneau presque un désert où Laurent Malèvre revient après plusieurs années d'absence pour assister au mariage de sa cousine. le mariage est peut-être heureux mais les retrouvailles avec sa famille ne le sont pas.

La tension est palpable à chaque page, j'ai été fort impressionnée par la manière dont l'auteur esquisse ses personnages au fusain, fait ressortir leur trait de caractère par un seul mot cinglant, par un geste à vif, une attitude sans équivoque qui n'a pas besoin de démonstration et de paroles.
Et les silences prégnants sont terriblement significatifs. La mère de Laurent, son oncle, sa cousine Lucie et la compagne de Laurent, tout se joue entre eux dans une arène de faux-semblants et d'interdiction muette. Interdiction de parler du passé qui fait peser sur les épaules de Laurent un lourd héritage.

J'ai beaucoup aimé vivre de l'intérieur l'étrangeté et le mélange des émotions contradictoires de Laurent hanté par quelque chose, qu'il cache à lui-même et aux autres. Il est parmi les siens sans être là, il cherche ce qui aurait pu le sauver en vain peut-être, de lui-même et d'une famille bancale.

Gros coup de coeur !
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saphoo
  09 mars 2019
C'est comme un pavé dans la marre, un grand plouf fracassant, éclaboussant la tranquillité qui sommeillait auparavant.
On a peine à croire à cette fin, avec un début aussi serein, le retour au bercail pour le mariage d'une cousine. Puis de fil en aiguille, l'auteur pose les jalons, une Claire qu'il doit faire passer pour Constance, une mère qui vit chez son oncle, qui lui doit besoin tiré sa révérence, et puis cette histoire d'eau de Javel, une tante qui semblerait avoir un accident étrange... beaucoup de petites choses n'est-ce pas qui en dit long sur cette famille au passé troublant et au futur qui semble prendre le même chemin.

Un récit concis, et percutant, la force tranquille je dirais, avec une fin abrupte qui nous laisse pantois ou sur notre faim.
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hcdahlem
  23 mai 2018
Le retour du fils indigne

Laurent Malèvre n'a pas envie de revenir dans son village d'enfance où il n'a pas de très bons souvenirs. Mais pour le mariage de sa cousine, il prend la direction de Saint-Fourneau avec son amie Claire. Dès son arrivée, la tension ne va cesser de croître jusqu'à l'explosion finale.

Il y a tout du thriller familial dans ce court roman. La tension psychologique, l'envie des différents protagonistes de ne pas en dire trop, voire de dissimuler une réalité que l'on pressent difficile. Et pourtant, il n'y a à priori rien de plus banal que le voyage qu'entreprend Laurent. le narrateur va retrouver Saint-Fourneau, son village d'enfance, où sa cousine Lucie va épouser Pierre, le garagiste. le malaise ne va pourtant pas tarder à s'installer. D'abord parce que Constance, l'épouse enceinte qui l'accompagne, n'est pas Constance mais Claire. Ce qui n'est pas clair! « A bien y réfléchir, c'était exactement ainsi que j'avais espéré passer ces quelques jours avec Constance. Sa pensée ne me quittait pas. En revanche, et ceci n'avait pas été prémédité, Claire, par sa seule présence, atténuait ce manque en lui donnant une forme matérielle sensible qui finissait par apaiser mon esprit et adoucir la réalité, comme si la copie parvenait, peu à peu, à supplanter l'original. » 
Ensuite parce que sa mère a épousé en secondes noces Roland, le frère de son mari, autrement dit l'oncle de Laurent. On imagine là encore que tout n'est pas très net dans cette union. Et l'on comprend les réticences du fils à retisser des liens qu'il avait pris soin de distendre. Car il se méfie de cette génitrice qui ne lui voulait pas que du bien. Il semblerait en effet que la décision de ses grands-parents de l'éloigner et de l'emmener vivre chez eux fasse suite une tentative de faire ingurgiter de l'eau de javel à son enfant. Une histoire que sa cousine n'a pas oubliée, au grand dam de Laurent: « J'aurais préféré qu'elle ne pose pas sur moi ce regard compatissant. Je savais qu'elle pensait à ma mère et aux rumeurs d'empoisonnement qui avaient couru à la mort de mon père. »
Dans ce jeu de dupes, difficile de dire lequel des protagonistes est le plus étrange, le plus taiseux, le plus pervers. Entre souvenirs d'enfance, secrets de famille et goût prononcé pour la manipulation, ce court roman est un jeu de massacre qui ne va laisser personne indemne.
Au milieu des préparatifs du mariage, et alors que chacun veut faire bonne figure, l'atmosphère s'électrise de plus en plus. Pourquoi Luc, le frère de Constance, essaie-t-il de joindre sa soeur alors qu'il est censé savoir qu'elle n'est plus avec Laurent? Pourquoi Lucie avait-elle décidé de protéger son cousin? Pourquoi les rumeurs ne cessaient d'enfler à chaque fois qu'il revenait au village? Autant de questions qui vont conduire à un épilogue aussi terrifiant qu'inattendu… sauf peut-être pour ceux qui ont lu les deux précédents romans de Vincent Almendros, Ma chère Lise (paru en 2011) et surtout Un été (paru en 2015) et qui savent combien les petits détails parsemés ici et là ont leur importance et combien les dernières pages de ses romans sont percutantes, surprenantes, déstabilisantes.
Et le lecteur, lui, se régale!
Lien : https://collectiondelivres.w..
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blandine5674
  26 avril 2018
Quelle surprise, hors de sentiers battus ! Des descriptions en détail avec, semé ça et là, des petites touches distillées qu'on sent bien qu'il va se passer quelque chose, mais quoi ? Aucune idée ! Un homme revient dans son village natal, qu'il a fuit étant enfant, pour le mariage de sa cousine. Il est accompagné par une amie et fait croire à son oncle et à sa mère que c'est sa compagne enceinte. Attention à ne pas se tromper de prénom…
Encore une petite merveille découvert grâce à bookycooky
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tynn
  14 mai 2018
Après Un été et ce dernier roman, on peut affirmer sans trop d'erreur que Vincent Almendros a le sens de la chute, que les atmosphères et les personnages qu'il développe ne sont là que pour mettre en place une fin de récit en twist improbable. Une originalité maîtrisée brillamment ici tel un tir de fléchettes

J'avais un peu peiné durant la lecture de Un été, bien qu'agréablement surprise par l'inattendu des dernières pages.
J'étais donc plus préparée à ce style romanesque très personnel, me disant bien que l'auteur allait sans doute me mener vers de l'imprévisible, dans un minimum de pages.

Il faut entrer dans une lecture qui ronronne, en accepter l'ennui diffus qui met en place une atmosphère, une tension impalpable. Une famille bizarre de petit village où les maisons, les vieilles personnes, les animaux se meurent, des secrets ou ragots qu'on devine, ses souvenirs jamais explicités, des scènes de vie sans intérêt, banales, quotidiennes et méticuleusement descriptives.

On sent bien que le fil se tend, on attend des explications qui d'ailleurs ne viendront pas toutes.
Il faudra accepter de rester sur des sous-entendus et apprécier un univers d'écriture minimaliste, où s'invite parfois la cocasserie. Un peu agaçant, tout cela! ;-)

Un livre silencieux, fort et dérangeant, où palpitent mensonges dans une odeur de mort.
Un auteur à suivre...
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