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EAN : 9782370553126
Le Tripode (06/01/2022)
3.39/5   60 notes
Résumé :


Paul a douze ans et habite à Middelbourg, petit village perdu au milieu des polders. Il y vit avec sa mère, divorcée et contrainte de travailler dans un supermarché, et sa grande sœur, pas encore tout à fait sortie de l’adolescence mais déjà enceinte. Son père est parti refaire sa vie de l’autre côté de la mer. Mais Paul n’est pas un garçon comme les autres. Paul voudrait être écrivain. Il passe ses journées à courir le long des canaux, au bord de l’... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
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paroles
  28 mars 2022
Mario Alonso est un écrivain de langue française et Watergang est son premier roman.
Hé bien voilà un premier roman très surprenant ! C'est un roman choral bien sûr puisque tous les intervenants s'expriment à tour de rôle, même si la plus belle part est réservée à Paul, un jeune garçon de douze ans. Mais je dirais qu'il est bien plus que ça encore car même les éléments naturels ou les objets prennent la parole pour dessiner mieux encore les personnages et les évènements. C'est troublant et un peu magique. On se sent dans une autre dimension. On se sent ailleurs. Et cette sensation est très clairement décrite et ressentie par les magnifiques descriptions de ce fameux watergang.
Watergang kesako ? C'est un canal, un fossé en bordure d'un polder ou d'un chemin.

Paul est un garçon particulier. Il ne mange presque rien, ne pèse presque rien, ne pleure jamais, parle peu mais écrit. Des mots, des bouts de phrases, des listes dans des petits carnets noirs qu'il achète sous blister par série de cinq. Et il écrit de toutes les couleurs dans ses petits cahiers noirs. Paul voudrait devenir écrivain. Plus tard. A treize ans. Et il aimerait aussi partir en Argentine.
En attendant, il court partout et arpente sans cesse les polders. La solitude ne l'effraie pas. Il se parle et écrit. Il pense aussi à son père, parti de l'autre côté de la mer poursuivre sa vie avec une autre en Angleterre. Quelquefois il reçoit une lettre de l'absent. Il pense aussi à sa soeur, un peu plus âgée et déjà enceinte...
Par ses réflexions, Paul nous permet de découvrir tout ce qui constitue Middelbourg, le village qu'il habite, mais aussi tous les habitants et leurs difficultés au quotidien.
C'est doux et triste. Emouvant aussi. Mais c'est surtout d'une poésie légère et nimbée d'une aura magique. Un voyage au coeur d'un paysage.
Paul, un feu follet traversant le watergang. Un roman à découvrir !
Et moi je remercie le libraire (une petite librairie itinérante « Le serpent d'étoiles », croisée sur un marché en Charente maritime) qui a su si bien me parler de ce premier roman tendre et dur paru aux éditions Tripode.
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JIEMDE
  20 mai 2022
« Mon roman déplaira. Parce qu'il renverra chacun à sa propre impuissance, mais tout le monde se l'arrachera, parce que le monde est ainsi fait, on voudra le lire ».
J'ai voulu moi aussi lire Watergang de Mario Alonso et il n'a pas mis longtemps à me renvoyer à ma propre impuissance de lecteur limité. Lecteur curieux, certes. Mais limité, dès lors qu'il s'agit de s'attaquer aux univers qui s'évadent dans les limbes de la poésie et de l'imaginaire.
Roman choral où les narrateurs se dédoublent, où la nature comme les objets prennent leur tour pour s'exprimer et où la construction s'affranchit des codes, j'ai traversé Watergang sans déplaisir tellement la langue y est belle. Mais aussi avec cette impression bizarre de rester au bord de ces polders qui servent de décor au livre, spectateur de ma lecture.
J'ai lu et vu Paul et parfois Jan, 12 ans, taiseux libre qui court, pense et écrit, concentrant dans l'acte créatif l'intensité des sentiments qui bouillonnent en lui. J'ai lu et vu Kim et parfois Birgit, sa soeur enceinte qui forme avec lui une fratrie aux liens si enviables.
J'ai lu et vu Julia et Julia, à moins que ce ne soit Super, mère et belle-mère toutes deux absentes même si l'une vit sous le même toit. Et aussi Jens, le père. Et aussi Lucien et John, bébé à naître qui annonce le tournant des jours nouveaux.
J'ai lu et vu la fureur qui agite constamment le cerveau du jeune Paul, juste apaisée par ses courses en pleine nature dans le watergang qui canalisent sa volonté créatrice. J'ai lu et vu une histoire familiale simple et cruellement banale, où les enfants tentent par des voies différentes de trouver leur voie dans un monde qui ne les attend pas.
Avec de temps en temps, quelques fulgurances d'amour qui émergent sans prévenir : « Viens près de moi. Dis-leur que je suis encore ta mère et que l'on va s'aider, toi et moi, qu'on n'a besoin de personne. Que ce sont les bêtes qu'on soigne, pas les humains, les humains, on les aime ».
Un livre refermé en pleine conscience d'être passé à côté, mais rassuré par la certitude qu'il plaira à beaucoup…
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nelly76
  19 mai 2022
GROS,GROS COUP DE COEUR,
Étrange, déconcertant, inclassable,mais d' une réelle beauté, enveloppé de poésie.
Très embarrassée pour vous parler de ce 1er roman. Je n'arrive pas à mettre des mots sur mon ressenti, la dernière page tournée et je suis " groggy "!
Roman choral ,où de courts chapitres nous présentent un à un les personnages,et où par métaphore, les objets la nature ,le pays nous parlent aussi,très beaux passages poétiques.
Le personnage principal se nomme Paul,drôle de petit bonhomme de treize ans qui écrit tout le temps dans des carnets noirs où qu'il soit,en courant le long du watergang( canal)ou dans son village à Middelbourg ,dans le pays Néerlandais.
1er chapitre:"PAUL
"J'écrirai mon premier roman à treize ans.Treize ça porte bonheur...."
2 ,KIM
" Je m'appelle Kim j'habite Middelbourg je suis enceinte et je partage ma chambre avec Paul.Paul m'appelle Birgit, mais bon ,Paul est un peu spécial,on ne va pas commencer avec ça.....
Et tout le roman est construit de cette façon ,c'est un style direct et en même temps il y a tant de poésie dans les descriptions de la nature ,que tout est estompé.
Nous suivons en spectateur,chaque personnage à pas feutrés en faisant attention de ne pas faire de bruit.
Une lecture apaisante mais pas de la même manière qu'Haruki Murakami. On ressent une impression de plénitude ,de calme,de douceur et de rêverie.Une histoire que je ne vous dévoilerai pas car pour moi ,elle passe au second plan ,tant j'ai été happée par l'atmosphère de ce roman.Étrangement par le choix des mots la nature est liée à l'âme des personnages.Un roman intimiste ,hors -norme,où chacun retrouve une part de lui-même et où les liens tissés entre les personnages et les paysages se fondent et ne font qu'un ,le tout porté par une écriture magnifique.A recommander chaleureusement.
Rédigé sur le nocturne n° 2 de Chopin.⭐⭐⭐⭐⭐
Lecture de ce roman,toujours dans le cadre de : terre de paroles ,1er roman.
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ChtiBaboun
  29 août 2022
Watergang est un premier roman original et déroutant.
Par la forme de son roman Mario Alonso nous déconcerte. le titre du chapitre nous indique qui sera le narrateur des quelques pages qui vont suivre. Toujours des chapitres courts.
Donc nous connaissons le narrateur pour chaque chapitre. Quand le chapitre a pour titre Kim, Paul, Julia , Jens, John on est dans un univers connu.
Par contre quand le narrateur devient Middelbourg, roman, action, Nous, lande ou canal, on rentre dans un autre monde.
Et c'est là, toute la réussite de se premier roman.
Marion Alonso nous invite à prendre un tout. Autour des personnages le lieu du Watergang est primordial; dédale de fossés et d'ouvrages de drainage du polder
Entre polders et canaux la petite ville de Middelbourg rêve d'ailleurs. Un ailleurs que l'on peut deviner : les côtes anglaises.
Dans cette petite ville, un garçon de 12 ans : Paul. Il vit avec sa mère divorcée et qui travaille dans un supermarché. Il a une grande soeur qui est enceinte.
Milieu social simple. Des vies un peu esquintées.
Et dans cette grisaille, les rêves de Paul : il veut devenir écrivain. Il noircit des cahiers en courant le Watergang.
En faisant parler les personnages et les lieux , Mario Alonso crée une atmosphère naturaliste proche du cinéma des années 50.
Chacun est en recherche d'identité, de reconnaissance.
Est il possible de s'évader du polder, du Watergang. Ce polder, sous le niveau de la mer, entouré de digues. Les côtes anglaises sont elles un mirage. Ou peut on espérer, envisager une autre vie.
L'auteur esquisse des réponses.
La plus originale : les changements d'identité . Paul devient Jan quand il se voit écrivain. Kim devient Birgit pour Paul. Julia la maman devient Super.
Ces personnages pour lesquels l'auteur a une tendresse particulière. Tendresse qu'il nous transmet pour faire de ce premier roman une réussite
"Dans sa tête il y a du vent qui se forme et qui a besoin d'un nouveau couloir pour circuler. Je ne fais qu'exprimer avec des mots ce que son corps exprime pendant son sommeil. Et ce que son corps dit Jens le pense " ( page 221 )
Lien : http://auxventsdesmots.fr
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anniefrance
  11 janvier 2022
Une jolie couverture pour un premier roman plein de charme.Il nous fait découvrir un aspect peu connu de paysage: polders et watergang, univers néerlandais. Petit village perdu dans les polders.
Roman choral dont le personnage principal est Paul, 12 ans, 1 mètre 36, 27 kilos, ce qui lui permet de courir très vite; il rêve beaucoup et surtout de devenir écrivain, il récolte des notes pour son premier roman qu'il écrira à 13 ans. Il parle peu car il réserve les mots pour son roman.Son père est parti refaire sa vie en Grande-Bretagne..Sa mère, divorcée donc, travaille dans un petit supermarché.
Kim que son frère appelle Birgit partage sa chambre avec Paul qui dort les yeux ouverts; elle est très jeune mais déjà enceinte d'un petit ami Jeroen qui n'assure pas. Elle a beaucoup de copines que Paul juge idiotes.
Autre personnage inattendu: le polder qui souligne la détermination de Paul et ses courses quotidiennes.
Paul voudrait qu'on prénomme le bébé John, ça évoque les Beatles.
Kim exprime son besoin des autres: sa mère, ses copines. Elle parle de son frère qui n'a pas peur de se retrouver seul au monde et qui passe beaucoup de temps à errer dans les marais. Birgit s'exprime même si elle ne sort que de l'imagination de Paul.
Jimmy tient le Holy Hour où les jeunes se retrouvent pour boire et fumer des joints),Paul y va aussi mais ne dit rien.
Comme au polder, Paul donne la parole au village de Middelbourg , construit par les hommes contre le vent et la mer, les maisons ne s'élèvent pas plus qu'un "homme monté sur un cheval".
Vient Julia, celle avec qui vit le père, Jens.
Ensuite c'est la mère que Paul appelle Super (elle s'appelle Julia comme l'autre) elle se dit être femme sans histoire qui fait tout ce que Paul lui demande. Elle n'aime pas les polders: tout est plat, venteux, sans couleur.Jan apparaît, encore fictif. Action a aussi la parole pour dire que Paul ne l'aime pas.
Le bébé s'exprime, il s'appelle Lucien mais Paul préfère John. Paul est comme un frère, il écrira des livres qui ne raconteront pas le vie à Middelbourg. " il nous fera simplement parler à tour de rôle et ce sera suffisant.
la couleur rose parle aussi: elle est partout alors que le jaune est proscrit.
Les enfants s'expriment: ils sont le Nous.jeunesse éternelle qui n'a jamais assez d'espace..
Jan, le double de Paul, raconte sa vie dans un livre, le premier." Je tiens en trois lettres. Je suis grand car je n'existe pas.Je peux tout car je ne suis rien. Je me promène et j'attends le bon vouloir de mon metteur en scène"
Le canal parle aussi: des moulins inactifs, des digues, des transborders; le canal va tout droit vers la mer.
Un personnage de plus Zac copain de Paul tant qu'ils étaient dans la même classe.; il leur arrivait de faire des bêtises ou de refaire le monde.
Enfin Lucien est né; le père de Kim a téléphoné.
Parole au carnet noir, un de ceux que Paul couvre de mots.
Encore un nouveau personnage (je ne les ai pas comptés); c'est Tobias, le patron du supermarché, il était copain avec Jens autrefois, là il est amoureux de Super.
Jens écrit parfois à son ex et aux enfants: chacun sa lettre...là il demande aux enfants de venir en Angleterre avec Lucien mais Super exige qu'un homme les accompagne: ce sera Jimmy, le patron du Holy Hour, Jeroen se joint à eux. .ce sont les retrouvailles avec le père et la rencontre avec Julia. Paul est captivé par les chiens.
Pendant ce temps Tobias fait la cour à Super.
Il y a encore le flirt de Paul et de Lieve: on n'apprendra pas grand-chose sauf qu'il fait l'amour avant d'avoir 13 ans et il y a le bref enlèvement de Lucien par Super qui est allée voir Julia, sur un coup de folie.
Décousu mon propos? C'est qu'il est proche de la construction du roman ou de l'absence de construction voulue par l'auteur: ce sont des notes au fil du temps avec peu de retours en arrière; c'est un livre en chantier que Paul achèvera ou pas...Les chapitres sont très courts. Paul est au centre, les autres ont moins de densité; le style est sobre, souvent poétique quand il s'agit du paysage, il y a un peu d'humour mais surtout de la douceur; c'est un roman original qui fait du bien car il nous tient à distance du monde tel que nous le vivons en ce moment.
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
parolesparoles   28 mars 2022
Ma lettre racontait une histoire. L’histoire d’un papa qui vit par-delà les mers et se promène le dimanche dans la lande. Elle doit lui rappeler les polders de son enfance. Le passé met de jolis cadres autour des images. De jolis cadres dorés au coin desquels, parfois, on lace un cordon noir.
Des vieux cadres, j’en ai tout un stock. Les greniers qu’on a dans la tête n’attendent pas le nombre des années. On arrive au monde avec déjà de quoi remplir la pièce sous les combles. Une mer d’encombrants, ce grenier.
+ Lire la suite
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nelly76nelly76   18 mai 2022
Jens est venu de Middelbourg avec quelque chose qu'il n'a pas laissé là-bas.Quelque chose qui est en train de l'abandonner. Je le redécouvre.Il est plein du mouvement de l'eau et calme comme un océan.Comment te le dire,Jens ,lançons-nous ,allons -y.Allons plus au nord .Allons-y ensemble. Les chiens,les moutons ,c'est ce qu'il nous faut,ça ne fait aucun doute.Je lui ai dit .Je lui ai dit oui,nous allons nous organiser.Établissons un programme. L'année prochaine,où celle d'après.Nous ne sommes pas pressés ,maintenant que nous savons ce que nous allons faire.( Page 222).
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nelly76nelly76   17 mai 2022
PAUL

J'ai eu des amis.Puis moins .Aujourd'hui ,je n'en ai pas.Je suis devenu l'ami de tout le monde,ce qui revient à dire de personne.

Il y'a eu Zac.Il était dans ma classe.C'est le garçon que j'ai fréquenté le plus longtemps. Nous allions souvent voir sa grand-mère. Elle nous attendait avec le goûter. Nous restions dans la cuisine à regarder sa moustache transpirer au -dessus du saindoux.Elle préparait le repas du soir.Elle ne s'adressait qu'à Zac. Elle parlait en polonais.Ça ne me gênait pas.Je dirais même que ça m'arrangeait.Zac ne comprenait pas la moitié de ce qu'elle disait .Ça n'avait pas l'air de présenter un problème pour lui non plus.( Page111).
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JuinJuin   15 juin 2022
D'après Super, mon père était tout le temps fatigué. C'est le souvenir qu'elle garde de lui. C'est le souvenir avec lequel elle voudrait ne pas nous fatiguer. Elle aurait pu choisir de nous parler de mon père plus positivement, mais non, votre père était toujours fatigué. Jamais elle n'a dit votre père était un dieu ou votre père était un con. Non. Ni l'un ni l'autre. Votre père était toujours fatigué. C'est tout.
( p 128)
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nelly76nelly76   17 mai 2022
1
PAUL

J'écrirai mon premier roman à treize ans.
Treize ,ça porte bonheur .J'ai tant de choses à dire sur Middelbourg mais je vais attendre .J'y tiens .Je suis superstitieux.Mon roman commencera par: 《j' ai treize ans ,j'habite Middelbourg et ma soeur est enceinte.》Cette phrase ,je l'ai ecrite sur un carnet pour ne pas l' oublier.Et le carnet je l'ai planqué quelque part dans les polders ,loin du village.( Page 5).
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