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ISBN : 2207109720
Éditeur : Denoël (10/03/2011)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 192 notes)
Résumé :
À travers le récit de la vie de son père, engagé dans les luttes politiques du XXe siècle, Altarriba retrace l'histoire contemporaine de l'Espagne et signe un très bel hommage à l'espoir et à la justice.

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Critiques, Analyses et Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
petch
  27 janvier 2013
La grande majorité des critiques concernant cet ouvrage sont positives. Poussé par mon entourage pour le lire et attiré par l'histoire (avec et sans majuscule), j'y suis allé franco (…). J'en ressors avec un sentiment mitigé.
C'est l'histoire d'une longue vie, le vingtième siècle vu par un espagnol d'origine rurale qui fuit sa prédestinée de paysan avide de terre, rejoint la ville (Saragosse) et se trouve imbriqué dans la grande Histoire de la guerre d'Espagne. Illusions, désillusions, pragmatisme, bref encore une fois l'histoire d'une vie. Cet ouvrage me chagrine sur trois niveaux:
- Sur la guerre d'Espagne, d'un côté c'est survolé du point de vue historique, de l'autre il manque quelque chose d'épique dans la narration pour nous embarquer pleinement.
- Sur le scénario : j'ai trouvé cela ennuyeux par moments, avec des longueurs qui font que les presque 220 pages auraient pu être réduites pour condenser le propos.
- Sur le dessin : j'ai été complètement hermétique au dessin froid, lisse, monotone, qui ne sert pas toujours le propos.
Reste quand même quelques moments intéressants d'un point de vue historique (par exemple les camps d'espagnols républicains en France, qui font froid dans le dos) et lyrique (le suicide du héros, à 90 ans, est une trame émouvante et mélancolique tout au fil du récit).
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raton-liseur
  28 mai 2012
Malgré son incipit inhabituel, le suicide d'un homme de quatre-vingt-dix ans, je crois que je m'attendais à un énième livre sur les héros malheureux de la Guerre Civile Espagnole. C'est un peu ce qu'est ce livre au premier abord, puisque le personnage principal, le père de l'auteur, a effectivement pris part à cette guerre, du côté de ceux qui seront vaincus. Mais l'apologie républicaine s'arrête là. Antonio Altarriba, le père, n'est pas un héros. Il a avant tout cherché à vivre et a, pour cela, accepté bien des compromissions, même si cela veut dire qu'il n'a que vécu, et n'a jamais vraiment pu voler. Après avoir passé la guerre mondiale en France, réfugié espagnol sans papiers, il s'est résolu à rentrer dans une Espagne dominée par ses ennemis d'avant, et à se couler dans le moule de l'Espagne franquiste et bigote. Il doit alors laisser tomber ses idéaux et sa morale, bout après bout, comme des pelures d'oignons qui s'effeuillent une à une et le laissent de plus en plus nu à ses propres yeux.
Figure tragique au sens grec, héros auquel rien n'est épargné et dont aucune décision ne peut mener au bonheur, cette vie de capitulations successives est transfigurée par le regard du fils écrivain, qui restitue le personnage dans sa complexité et sa douleur.
Même si le texte n'est ni particulièrement bien écrit, bien qu'il véhicule une émotion certaine, et même si les dessins sont de facture très classique, c'est une bande-dessinée à recommander, car elle fait entendre une autre voix des douleurs de l'Espagne au XXème siècle. Une voix qu'on entend peu, parce que bien peu glorieuse, mais la fierté ravalée est amère et ce libre fait entendre la voix d'une majorité silencieuse, malmenée et qui a besoin d'être réhabilitée à ses propres yeux, même si c'est de manière posthume.
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paulotlet
  28 décembre 2011
Antonio Altarriba évoque avec beaucoup de sensibilité l'histoire de son père; anarchiste, combattant antifasciste, épris de liberté mais qui fut enfermé plus souvent qu'à son tour. du gamin né dans la campagne espagnole qui levait le poing lors des meetings de la CNT au vieillard infantilisé dans un home, L'Art de voler raconte toute une existence parsemée d'échecs tant personnels que collectifs. Une vie triste comme souvent.
Malgré un propos marqué par la désillusion, Altarriba ne sombre jamais dans le pessimisme. Tout au plus le propos se fait-il doux amer lorsqu'il relate les fait les plus dramatiques. On sent qu'il a écrit ce livre comme une thérapie et un hommage à la fois. Il décrit avec tendresse les moments de bonheur, les rencontres, les amitiés et les trahisons, le désespoir et les renoncements. Il n'y a aucun pathos dans ses descriptions.
Véritable roman graphique, L'Art de voler s'arrête sur tous les personnages qui acquièrent au fil des pages une véritable épaisseur psychologique. On s'attache à Basilio qui voulait être mécanicien, à Concha qui offre son corps pour punir un mari violent ou à Restituto le papy bricoleur.
Le texte est admirablement servi par les illustration du dessinateur catalan Kim, influencé par l'underground américain et dont le style graphique assez sombre et chargé convient tout à fait au propos.
Un livre qui nous rappelle à chaque page que ce qui fait l'humanité c'est la soif de liberté.
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Charybde2
  18 mars 2013
Magnifique mise en images du récit de la vie d'un vétéran de la guerre d'Espagne.
Publié en 2009 en Espagne et traduit en 2011 en français, ce roman graphique d'Antonio Altarriba, dessiné par Kim, avait l'air suffisamment intéressant d'emblée pour que je l'offre à une amie chère et férue de guerre d'Espagne, sans l'avoir lu. C'est maintenant chose faite, et je ne regrette donc pas : l'histoire est magnifique, quoique dure à plus d'un titre, et la mise en images est somptueuse.
Issu d'une histoire vraie (le suicide, à 90 ans, du père de l'auteur, vétéran de la guerre d'Espagne qui se jeta du quatrième étage de sa maison de retraite), le récit n'a pourtant rien de sordide, mais éclate d'un réalisme cru, dans lequel apparaîtront, tour à tour, la rudesse presque sans espoir de la vie campagnarde espagnole des années 1930, l'aveuglement populaire face au coup d'état franquiste, le comportement davantage qu'honteux des autorités françaises vis-à-vis des réfugiés républicains en 1939, les ambiguïtés de la survie en France en temps de guerre, les désillusions de l'après-guerre et les innombrables compromissions avec le régime, une fois de retour au pays,...
Il fallait cette mécanique précise et parfois rêveuse pour faire apparaître l'acte final comme une forme rare de délivrance poétique, avec la bienveillance éclairée du fils-auteur - qui ne pouvait se délivrer d'une histoire pareille qu'en l'écrivant, en BD pour transmettre mieux encore le caractère imagé de toutes les confidences paternelles recueillies par oral...
Dur et superbe, donc.
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laurent35
  15 mai 2019
il m'a fallu un peu de temps à le lire de part la longueur des dialogues écrit tout petit ( lol ) mais je ne suis pas déçu car c'est un récit que je me souviendrai , ça m'a fait penser à MAUS un peu
pour vous dire le niveau
Un grand respect pour Mr Antonio Altarriba pour avoir eu le courage de nous livrer cet ouvrage et pour la déclaration d'amour à son père dont il pourra être fier de lui car tout le monde n'aurai pas eu il en est sûr cette grandeur d'âme
MERCI
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critiques presse (2)
Du9   20 janvier 2012
Ce double voyage dessine une histoire rude, tressée au plus dur de l’Histoire : les moments de bonheur semblent n’être là que pour placer sous un jour plus brutal encore les échos doublement tristes, doublement gris, des échecs existentiels et des échecs historiques.
Lire la critique sur le site : Du9
LaPresse   20 juin 2011
Cette consistante bande dessinée romanesque au style réaliste constitue à la fois une leçon d'histoire et d'humanisme. Et il pose une question importante: comment continuer à vivre lorsque nos idéaux ont été vaincus?
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (102) Voir plus Ajouter une citation
raton-liseurraton-liseur   11 juin 2012
[Sur les plages où les Français nous parquèrent, ils] construisirent d’abord des postes de surveillance, avec mitrailleuses, projecteurs et soldats sénégalais qui tiraient sur tout ce qui passait la ligne. (…) Puis ils nous forcèrent à installer des clôtures et du fil barbelé… Nos rêves s’achevaient en cauchemar de pieux hérissés… Comme des oiseaux construisant leur propre cage… (p. 74, Chapitre 2, “2ème étage - 1931-1949 : Les espadrilles de Durruti”).
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alouettalouett   02 novembre 2011
Lucio n’était pas le seul à avoir retourné sa veste. La simple survie exigeait une adhésion inconditionnelle au régime. Il ne fallait pas seulement renoncer aux vieux idéaux mais être encore plus royaliste que le Roi. Ces changements trahissaient une tragédie personnelle aussi profonde qu’inavouable… Ce n’était pas de la trahison mais du suicide idéologique… Pour affronter le présent, ils devaient enterrer le passé, mourir pour rester vivants. (…) Mon mariage aussi fut un enterrement. Je dus enterrer ma dignité et mes idéaux, seul moyen de commencer une nouvelle vie. Comme nombre d’Espagnols, j’appris à vivre sur mon propre cadavre
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raton-liseurraton-liseur   11 juin 2012
Le petit travaillait bien, avec de bonnes notes, mais l’enseignement était vicié, quasiment laminé par l’idéologie du régime.
(…) Et je n’osais pas lui montrer un autre point de vue…
Comment prendre ce risque, comment lui faire courir le risque de payer les conséquences d’une pensée vaincue et encore pourchassée… ?
Ce fut l’aboutissement le plus terrible de ma condamnation au silence… Je ne pouvais éduquer mon fils…
(p. 153, Chapitre 3, “1er étage - 1949-1985 : Biscuits amers”).
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alouettalouett   02 novembre 2011
Je n’ai jamais compris la stratégie des résistants. Peut-être en raison du genre d’opérations qu’ils menaient dans ce coin reculé de la France. Peut-être parce que j’étais habitué en Espagne à plus de tragédie et d’héroïsme. Peut-être parce que j’avais vu trop d’injustices pour croire encore au combat…
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GregorGregor   14 août 2012
(...) La simple survie exigeait une adhésion inconditionnelle au régime... il ne fallait pas seulement renoncer aux vieux idéaux mais être encore plu royaliste que le roi... ces changements trahissaient une tragédie personnelle aussi profonde qu'inavouable... ce n'était pas de la trahison mais du suicide idéologique... pour affronter le présent, ils devaient enterrer le passé... mourir pour rester vivants...
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Videos de Antonio Altarriba (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Antonio Altarriba
Antonio Altarriba & Keko - Moi, assassin .Antonio Altarriba & Keko vous présentent "Moi, assassin" aux éditions Denoël Graphic. Traduit de l'espagnol par Alexandra Carrasco. http://www.mollat.com/livres/altarriba-antonio-moi-assassin-9782207116883.html Notes de Musique : ?Alarm? (by Jahzzar). Free Music Archive. www.mollat.com Retrouvez la librairie Mollat sur les réseaux sociaux : https://www.facebook.com/Librairie.mo... https://twitter.com/LibrairieMollat http://www.dailymotion.com/user/Libra... https://vimeo.com/mollat https://instagram.com/librairie_mollat/ https://www.pinterest.com/librairiemo... http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ https://soundcloud.com/librairie-mollat http://blogs.mollat.com/
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