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Critique de PoisonLady


PoisonLady
  25 juillet 2017
Les poisons de Katharz est un de ces livres que l'on n'a pas envie de déjà refermer ; peuplé de personnages attachants que l'on a encore moins envie de quitter.

Pourtant, la trame de l'histoire, c'est du classique de chez classique : la fin du monde est proche, seulement une poignée de gens sont au courant, et même s'ils n'ont pas beaucoup d'espoir, ils se raccrochent au peu qu'il reste. Son déroulement non plus n'a rien d'original : une légende en guise de prologue, une introduction progressive des différents protagonistes, et zou, c'est parti pour quelques complots, jusqu'à la très évidente guerre. Heureusement, l'ouvrage d'Audrey Alwett possède largement assez de qualités pour compenser les faiblesses de la recette de base.

A commencer par un humour assez acide, voire grinçant, tant dans la narration que dans les dialogues. Un peu comme chez John Lang, à qui il est d'ailleurs fait référence (de façon pas du tout subtile mais savoureuse). Et des références, il y en a beauuuuucoup dans Les poisons de Katharz, juste assez pour ne jamais devenir lourdes, et très bien intégrées.
Cet humour ne surprend pas ; il faut dire que la plupart des personnages ne sont ni des saints (loin de là), ni des idiots et ont la réplique facile. Et si certains sortent indéniablement du lot (Dame Carasse, Grace, et surtout l'irrésistible Azarel!), d'autres, pourtant importants, sont étrangement en retrait... Ténia, étonnamment, étant celle qui souffre le plus de sa propre absence !
Et puis, il y a ces idées loufoques () qui instaurent un charme indéniable à l'ensemble.

Tant mieux, car, du côté de l'univers, c'est un peu la douche froide. La ville-prison peuplée de crapules promettait monts et merveilles (ou plutôt, collines et horreur), cependant non seulement on n'en voit pas grand-chose, mais en plus le « pas grand-chose » en question ressemble à... à peu près n'importe quelle ville dans à peu près n'importe quel univers fantasy avec ses bas-fonds et ses beaux quartiers. Et ce n'est pas le monde qu'il y a autour qui dépaysera davantage.
Bref, un récit centré sur les personnages, et seulement sur eux. Ça fonctionne très bien en l'état, et même si effectivement on aurait aimé avoir un peu plus de décor, ça n'entache qu'à peine le plaisir de lecture.

En revanche, le manque de noirceur de la ville-prison confirme que sous son emballage dark fantasy, Les poisons de Katharz est un pur roman... de light fantasy. Ou éventuellement un croisement improbable entre les deux. Si l'on appréciera l'absence de manichéisme dans l'histoire, on regrettera tout de même une ambiance un peu trop bon enfant ; il a beau se passer des trucs pas très cools, le ton léger assumé du récit et les héros beaucoup moins fripouilles qu'ils essaient de le faire croire laissent un arrière-goût assez bisounours... Du coup, ceux qui s'attendaient à quelque chose de plus ou moins un peu sombre n'y trouveront clairement pas leur compte. De l'autre côté, ceux de light fantasy y découvriront une autre approche, rafraîchissante, du genre. C'est bizarre, mais ça marche et c'est un peu l'essentiel.

Au final, Les poisons de Katharz fait passer un très bon moment de lecture, du genre où l'on aura envie de revenir avec nostalgie quelques années plus tard. C'est léger, c'est frais, pas du tout comme on s'y attendait, mais vraiment tout sauf mauvais !
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