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EAN : 9782234064300
504 pages
Éditeur : Stock (15/02/2012)
4.12/5   118 notes
Résumé :

Gabriela, girofle et cannelle est l'histoire d'un amour ardent, épicé, capiteux, puisqu'il s'épanouit sous le soleil du Brésil. Nacib, patron du bar « Le Vésuve », abandonné à l'improviste par sa vieille cuisinière et obligé de la remplacer de toute urgence, se résigne à engager une pauvresse qu'il découvre sur « le marché aux esclaves ». O surprise! Une fois lavée et proprement vêtue, la pauvresse s'est muée en jeune et jolie mulâtresse au parfum de girofle... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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HordeduContrevent
  22 juin 2021
« Elle était pétrie de chant et de danse, de soleil et de lune, elle était girofle et cannelle ». Ainsi parle Nacib de la belle et divine Gabriela.
J'aurais tant aimé être plus enthousiaste à propos de ce livre !
J'aurais aimé vous dire combien cette histoire d'amour brésilienne est belle et exotique. Donc, vous vous en doutez, haute en couleurs, pour ne pas dire rocambolesque par moment, épicée et sensuelle toujours, comme le laisse deviner immédiatement le titre. de plus narrée par J.Amado, conteur hors pair qui m'avait déjà régalée avec son excellent « Bahia de tous les saints ». Oui une histoire d'amour passionnée entre Nacib, homme d'origine syrienne qui tient le bar, le Vésuve, et qui a besoin urgemment d'une cuisinière à la veille d'un repas important, et Gabriela, une jeune mulâtresse, à la peau couleur cannelle, dont le corps souple et délié dégage un parfum entêtant de girofle, ses cheveux peut-être ou sa nuque. Une fille de la nature, une ingénue libertine, et, cerise sur le gâteau, excellente cuisinière dont les boulettes de viande bien épicées, les beignets enveloppés de feuilles de bananier sont célébrés en prose et en vers. Une divine perle qui arrivera à point nommé sauvant le repas prévu par Nacib puis lui fera peu à peu tourner la tête. Et surtout le rendra terriblement jaloux par peur de la perdre. le mécanisme de la jalousie se déroule sous nos yeux, implacablement !
Enfin, une histoire « d'amour », attention, comme on pouvait vivre l'amour au Brésil dans les années 1920, entre un commerçant en passe de devenir riche et une femme à son service. le côté utilitariste de la femme est de mise et ça me gêne un peu aux entournures : « le bon temps ! Des mois de vie joyeuse, de chair repue, de table plantureuse et succulente, d'âme satisfaite, avec un lit de privilégié. Dans la liste des vertus de Gabriela établie mentalement par Nacib, figuraient l'amour du travail et le sens de l'économie. Comment trouvait-elle assez de temps et de forces pour laver le linge, faire le ménage – la maison n'avait jamais été aussi propre –, préparer les plateaux pour le bar ainsi que le déjeuner et le dîner de Nacib ? En outre, lorsque venait la nuit, elle était fraîche et dispose, humide de désir, nullement passive mais au contraire exigeante, jamais lasse, somnolente ou assouvie. Elle semblait deviner les pensées de Nacib et allait au-devant de ses désirs. Elle lui réservait des surprises : en faisant certains mets qu'il appréciait et dont la préparation demandait du travail – crabe à la farine de manioc, vatapá, viúva de carneiro –, en plaçant des fleurs dans un verre, à côté de son portrait, sur la petite table du salon, en lui rendant l'argent qui lui restait après avoir fait le marché, enfin en lui proposant de venir l'aider au bar ».
L'histoire se déroule dans une ville brésilienne du littoral sud de l'État de Bahia, Ilheus, la ville même où est né Jorge Amado. Cette ville fut, dans les années 1920, la capitale mondiale du cacao. Les tableaux de vie bahianaise que nous dépeint Amado sont très colorés, bruyants, exubérants, vivants. Les personnages croqués sont bien marqués, souvent attachants, quoique nombreux. Les us et coutumes de cette société bahianaise sont dépeints de façon pittoresque. La culture du cacao brillamment expliquée, le cacao étant alors une extraordinaire source de richesse transformant totalement la ville, la faisant passer du monde d'antan au monde moderne :
« Ils parlaient de la récolte de cacao qui s'annonçait exceptionnelle et dépasserait de loin toutes les précédentes. Les cours de ce produit ne cessant de monter, cela signifiait une richesse encore plus grande, la prospérité, l'opulence, l'argent à gogo. Les fils des colonels iraient faire leurs études dans les collèges les plus chers des grandes villes. Les familles auraient de nouvelles résidences dans les nouvelles rues qu'on venait de tracer, des meubles luxueux commandés à Rio de Janeiro, des pianos à queue pour orner les salons. Les boutiques bien achalandées se multiplieraient, le commerce se développerait, les boissons couleraient dans les cabarets, des femmes débarqueraient des bateaux, le jeu étendrait son empire sur les bars et sur les hôtels. Bref, ce serait le progrès, la civilisation dont on parlait tant ».
J'aurais aimé vous dire avec admiration la minutie extraordinaire avec laquelle le contexte socio-politique est décrit : on assiste dans les moindres détails à la lutte entre le vieil fazendeiro, le colonel Ramiro, représentant des habitudes du passé, rétrogrades et violentes, et l'exportateur de cacao Mundinho Falcao, représentant la nouvelle génération qui aspire au développement économique de façon raisonnée. Lutte âpre et impitoyable pour le déboisement des terres cultivables et la conquête d'un territoire vierge particulièrement convoitée. Les fazendeiros sont des propriétaires d'immenses terres et maître de l'industrie cacaoyère. Leur pouvoir s'appuie sur les jagunços, des sortes de petites mains pratiquant intimidation, corruption et meurtres. Leur mentalité, arriérée, se fonde sur une conception rétrograde de l'honneur et une vision des femmes très particulière, celles-ci n'ayant que des devoirs, notamment et surtout envers leur mari à qui elles doivent fidélité et obéissance lorsque pour eux, tout est permis. le livre démarre d'ailleurs sur ce mari outragé, lavant l'affront en abattant sa femme adultère et l'amant avec sa carabine. Nacib se trouve au milieu de cet affrontement, les deux partis côtoyant son bar, témoin de cette division en deux camps de la société d'Ilhéus. Nous assistons avec lui à la fin d'une époque faite de violence et de domination.
Voilà ce que j'aurais aimé juste vous dire avec l'enthousiasme qui caractérise en général mes lectures, mais vous le voyez, 3 étoiles sur ma page signifie que j'ai été un peu déçue. Je me suis surprise à ne pas avoir envie de continuer ma lecture, à ne pas prendre un immense plaisir à reprendre et poursuivre mon livre et même à trouver cette lecture, malgré tous les bons et beaux ingrédients décrits précédemment, parfois pesante et ennuyeuse. M'est d'avis que cela est dû précisément au contexte politique qui est tellement mais tellement décrit et présent à chaque page qu'il finit par étouffer l'histoire, à en amoindrir la saveur, à faire émerger des longueurs qui nous font oublier ces odeurs de girofle, de cannelle, de cacao, de fleurs…Sans doute l'auteur avait à coeur d'expliquer cette période si importante de l'histoire de sa région. J'ai eu le sentiment que ces explications transformaient le roman en documentaire, éclipsant parfois le côté romanesque auquel je m'attendais.
Pourtant la plume de J.Amado est fluide et souvent poétique. Il utilise à bon escient l'humour, ou l'ironie. La lecture de ce livre devrait être un régal. Elle fut pour moi, à mon grand regret, assez délicate et laborieuse, surtout la première partie qui plante le décor. Fort heureusement la personnalité solaire de Gabriela m'a envoyé plein d'effluves dépaysantes, notamment à partir du milieu du livre où j'ai commencé vraiment à prendre davantage plaisir à découvrir cette histoire brésilienne.
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Zazaboum
  16 mai 2020
Dans le Brésil du milieu des années 20, l'Etat de Bahia se développe à grande vitesse grâce au commerce du cacao et plus particulièrement la ville d'Ihléus. La «guerre» des colonels, pour s'installer et planter la Terre aux fruits d'or, est terminée et le développement du commerce et de la modernité se met en place.
Une compagnie de bus va ouvrir et le repas d'ouverture est prévu dans le Café de Nacib. Par malheur sa cuisinière s'en va, après l'avoir maintes fois dit ! Nacib cherche partout une cuisinière et finit par aller au «marché des esclaves» voir si une cuisinière ne serait pas parmi les «retirants» (réfugiés du Sertão desséché). Il y trouve Gabriela qui va se révéler non seulement très bonne cuisinière mais en plus très jolie et joyeuse ! Nacib le débonnaire va tomber amoureux et va aller jusqu'à l'épouser par peur qu'elle le quitte. Mais Gabriela est comme une fleur qui s'épanouit au soleil et se fane dans un vase, le moule dans lequel elle doit entrer est trop étroit et restrictif pour sa nature sauvage et enfantine.
Cette histoire se tisse avec celle de la ville, de ses notables, de ses prostituées et des étudiantes de l'école religieuse. La bataille sans merci que se livre le vieux producteur de cacao qui gouverne depuis des décennies et le jeune importateur arrivé de Rio, ambitieux et plein de projets, est le moment crucial pour la ville et la région. Les «jagunços», hommes de mains des fazendas, se remettent au travail pour empêcher le parti adversaire de gagner !
Jorge Amado sait mêler toutes ces vies différentes, ces personnages haut en couleurs, sans nuances bien souvent où la loi du plus fort est encore celle qui gagne ! Malgré quelques difficultés à s'y retrouver dans les noms des personnages, cette lecture est comme un bol de cacao velouté, avec sa douceur et son amertume sous-jacente.
Je suis une fidèle lectrice de Jorge Amado et jusqu'à présent j'ai dégusté ses livres avec plaisir.
CHALLENGE MULTI-DÉFIS 2020
CHALLENGE PAVES 2020
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raton-liseur
  06 novembre 2013
Cela fait plusieurs années que je n'avais pas ouvert un livre de Jorge Amado et j'ai choisi celui-ci un peu par hasard pour renouer avec cet auteur que j'avais particulièrement apprécié dans La Terre aux fruits d'or et Les Terres du bout du monde. Quelle ne fut donc pas ma surprise de m'apercevoir que ce titre, qui m'avait surtout attirée pour ses senteurs, est en quelque sorte la suite de ces deux premiers opus. On est encore une fois à Ilhéus. Alors que les deux premiers romans avaient pour toile de fond l'implantation de la culture du cacao et l'accaparement des terres que son essor a suscité, faisant de ces livres d'incroyables diagnostics agraires (mais bien plus palpitants à lire qu'un rapport d'expert !), ce troisième volet est strictement urbain et est situé dans la période florissante de la culture du cacao, à un moment charnière de l'histoire, alors qu'Ilhéus passe de son statut de ville de Far West où toutes les lois sont celles de celui qui a la meilleure gâchette à une période de développement et de commerce prospère et cossu. Encore une fois, ce sont les luttes de pouvoir qui font la trame du livre, cette fois entre la vieille garde et la génération montante, qui a oublié ce que ses pairs ont vécu et qui veut profiter de la fortune accumulée. C'est le temps de la civilisation en marche, celle du confort dans les intérieurs, celle des cercles de danse où jeunes hommes et demoiselles peuvent flirter. C'est le temps où le commerçant prend le pas sur le producteur, dans une nouvelle répartition des tâches et de la richesse.
Jorge Amado, qui est lui-même né pas loin d'Ilhéus, dans une fazenda, livre un témoignage sur l'évolution de sa région en cette année 1925, mais n'en fait jamais un manifeste politique. Sa plume est enlevée, plein d'une verve qui coule de façon harmonieuse et qui rend la lecture extrêmement facile. L'histoire est avant tout celle d'un couple qui se forme et évolue, celui de Gabriela bien sûr (qui bien qu'elle soit l'objet du titre n'apparaît qu'à la page 100, très précisément) et de Nacib, deux habitants d'Ilhéus qui représentent bien le cosmopolitisme tant spatial que social qui caractérise la ville et qui, par leur relation montre l'évolution, bien que lente, des moeurs et des façons de vivre. Leur histoire est émaillée de nombreuses aventures secondaires avec, bien sûr en toile de fond permanente la bataille sans merci que se livrent Ramiro Bastos, le vieux producteur qui a gouverné la région pendant des décennies et Mundiho Falcao, jeune exportateur plein de projets.
Un moment de lecture très plaisant, un livre qui se lit comme on boit du petit lait, et où l'on apprend beaucoup de choses sur le Brésil et sur son évolution sans même s'en apercevoir. Ce furent de très agréables retrouvailles avec Jorge Amado, et je me promets de ne pas attendre à nouveau une dizaine d'années avant de lire un autre de ses livres.
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stcyr04
  10 février 2015
Ilhéus est une ville brésilienne du littoral sud de l'État de Bahia, région chère au coeur de Jorge Amado. Elle fut à son âge d'or, la capitale mondiale du cacao et c'est cette période que se propose de faire revivre le conteur brésilien, en une chronique polyphonique et coloré. le récit débute en 1925, et conte sur fond de lutte partisane entre le vieil fazendeiro, le colonel Ramiro, tenant des us et coutumes anciennes rétrogrades et violentes, et l'exportateur de cacao Mundinho Falcao, représentant d'une nouvelle génération, tournée vers l'avenir, le développement économique et raisonné de la région. Il faut bien saisir que toute l'histoire de la contrée à été marquée par une âpre et impitoyable lutte pour le déboisement des terres cultivables et la conquête d'un territoire vierge et particulièrement convoité. Ainsi, les postes d'influences et le pouvoir économique sont détenus par des “colonels” fazendeiros, propriétaires de gigantesques terres et maîtres de l'industrie cacaoyère, dont le pouvoir despotique et occulte s'appuie sur les jagunços, hommes de main stipendiés, pratiquant l'intimidation et le meurtre. La mentalité des moeurs s'en ressent, avec une conception arriérée de l'honneur et du rôle des femmes dans la société, à qui échoit tous les devoirs, gardiennes de l'honneur conjugal et de la paix du foyer, alors qu'à l'homme est impartit tous les droits, dont celui de se payer du bon temps. Ainsi, il n'est pas rare d'y voir un mari outragé, laver l'affront dans le sang, en abattant la femme adultère et l'aventureux amant avec sa carabine, héritage du temps des luttes. le personnage éponyme du roman est une jeune mulâtresse, cannelle de peau, et dont le parfum entêtant de girofle, émanant du corps délié de cette enfant de la nature, ingénue libertine, perle des cordons bleus, fera chavirer le coeur enflammé et la panse gourmande de levantin du patron du bar le Vésuve, Nacib. Il est en effet beaucoup question de sensualité dans la prose d'Amado; les tableaux de la vie bahianaise sont colorés, épicés sont les plats canailles de la divine Gabriela, bruyante et exubérante est la vie de cette ville côtière en expansion. Notre romancier est un conteur de grand talent, recourant volontiers à une ironie bienveillante envers ses personnages, ce qui rend particulièrement attachante la lecture de ses romans.
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Fuyating
  11 juillet 2019
Jorge Amado nous livre ici tous les secrets d'une petite ville du Brésil en 1925. le récit est vivant, les personnages haut en couleurs, et les événements décrits sont croustillants ! J'ai beaucoup aimé ce roman, la plume acerbe de l'auteur et surtout l'histoire en elle-même. Nous y découvrons les moeurs de l'époque, parfois arriérés (depuis quand faut-il tuer sa femme si celle-ci a un amant ?! Et tous les hommes mariés qui vont voir ailleurs, on en parle ?) Nous suivons le quotidien des habitants, les luttes politiques, le désir de modernité, les scandales et secrets connus à la minute même par l'ensemble de la ville. Nous y suivons également des personnages attachants, et Gabriela bien sur, cette femme simple et parfois naïve, qui ne souhaite pas entrer dans les carcans imposés par la "bonne société". Elle souhaite juste une vie emplie de petits bonheurs quotidiens, courir pieds nus, danser, elle veut juste VIVRE.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
HordeduContreventHordeduContrevent   22 juin 2021
Le parfum qui s’élevait de la ville et qui la submergeait ne se dégageait ni des jardins, ni des bosquets, ni des fleurs cultivées, ni des orchidées sauvages. Il venait des entrepôts, du quai et des docks.
C’était le parfum des grains de cacao séchés, violent au point d’entêter les gens venus d’ailleurs, mais si familier aux habitants d’Ilhéus que ceux-ci ne le sentaient plus. Il flottait au-dessus de la ville, du fleuve et de la mer.
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HordeduContreventHordeduContrevent   20 juin 2021
Les vieilles filles, en longues robes noires bien serrées autour du cou, avec leurs châles noirs jetés sur les épaules, ressemblaient à des oiseaux de nuit posés sur le parvis de la petite église.
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moustafettemoustafette   09 avril 2012
Des exclamations fusaient lorsqu'elle arrivait avec sa démarche dansante, les yeux baissés, un sourire que ses lèvres adressaient à toutes les bouches. Elle entrait, disait bonjour en s'avançant parmi les tables et allait droit vers le comptoir pour y déposer la gamelle. En principe, à cette heure-là, les clients auraient dû être rares, seulement quelques retardataires pressés de rentrer chez eux. Or, de plus en plus, les habitués faisaient durer l'heure de l'apéritif et réglaient leur temps sur l'apparition de Gabriela en buvant un dernier verre après son arrivée.
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HordeduContreventHordeduContrevent   21 juin 2021
C’était presque toujours la femme qui l’abandonnait, lassée de cette vie de captive, d’esclave bien nourrie et bien vêtue. Certaines allaient échouer dans des maisons de prostitution. D’autres revenaient dans les plantations. L’une d’elles s’en fut à Bahia emmenée par un commis voyageur. Parfois, pourtant, il arrivait au colonel de se lasser le premier, d’avoir besoin de chair nouvelle. Il découvrait, presque toujours dans sa propre fazenda ou dans les villages des environs, une petite métisse sympathique et renvoyait la précédente. Dans ce cas, il lui donnait une bonne gratification.
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HordeduContreventHordeduContrevent   21 juin 2021
Au son de sa voix, elle s’éveilla en sursaut, mais elle sourit aussitôt et toute la pièce parut sourire. Elle se leva – ajoutant avec ses mains les hardes qui la couvraient, humble et radieuse comme un rayon de lune.
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