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ISBN : 2234064309
Éditeur : Stock (15/02/2012)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 102 notes)
Résumé :

Gabriela, girofle et cannelle est l'histoire d'un amour ardent, épicé, capiteux, puisqu'il s'épanouit sous le soleil du Brésil. Nacib, patron du bar « Le Vésuve », abandonné à l'improviste par sa vieille cuisinière et obligé de la remplacer de toute urgence, se résigne à engager une pauvresse qu'il découvre sur « le marché aux esclaves ». O surprise! Une fois lavée et proprement vêtue, la pauvresse s'est muée en jeune et jolie mulâtresse au parfum de girofle... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
raton-liseur
  06 novembre 2013
Cela fait plusieurs années que je n'avais pas ouvert un livre de Jorge Amado et j'ai choisi celui-ci un peu par hasard pour renouer avec cet auteur que j'avais particulièrement apprécié dans La Terre aux fruits d'or et Les Terres du bout du monde. Quelle ne fut donc pas ma surprise de m'apercevoir que ce titre, qui m'avait surtout attirée pour ses senteurs, est en quelque sorte la suite de ces deux premiers opus. On est encore une fois à Ilhéus. Alors que les deux premiers romans avaient pour toile de fond l'implantation de la culture du cacao et l'accaparement des terres que son essor a suscité, faisant de ces livres d'incroyables diagnostics agraires (mais bien plus palpitants à lire qu'un rapport d'expert !), ce troisième volet est strictement urbain et est situé dans la période florissante de la culture du cacao, à un moment charnière de l'histoire, alors qu'Ilhéus passe de son statut de ville de Far West où toutes les lois sont celles de celui qui a la meilleure gâchette à une période de développement et de commerce prospère et cossu. Encore une fois, ce sont les luttes de pouvoir qui font la trame du livre, cette fois entre la vieille garde et la génération montante, qui a oublié ce que ses pairs ont vécu et qui veut profiter de la fortune accumulée. C'est le temps de la civilisation en marche, celle du confort dans les intérieurs, celle des cercles de danse où jeunes hommes et demoiselles peuvent flirter. C'est le temps où le commerçant prend le pas sur le producteur, dans une nouvelle répartition des tâches et de la richesse.
Jorge Amado, qui est lui-même né pas loin d'Ilhéus, dans une fazenda, livre un témoignage sur l'évolution de sa région en cette année 1925, mais n'en fait jamais un manifeste politique. Sa plume est enlevée, plein d'une verve qui coule de façon harmonieuse et qui rend la lecture extrêmement facile. L'histoire est avant tout celle d'un couple qui se forme et évolue, celui de Gabriela bien sûr (qui bien qu'elle soit l'objet du titre n'apparaît qu'à la page 100, très précisément) et de Nacib, deux habitants d'Ilhéus qui représentent bien le cosmopolitisme tant spatial que social qui caractérise la ville et qui, par leur relation montre l'évolution, bien que lente, des moeurs et des façons de vivre. Leur histoire est émaillée de nombreuses aventures secondaires avec, bien sûr en toile de fond permanente la bataille sans merci que se livrent Ramiro Bastos, le vieux producteur qui a gouverné la région pendant des décennies et Mundiho Falcao, jeune exportateur plein de projets.
Un moment de lecture très plaisant, un livre qui se lit comme on boit du petit lait, et où l'on apprend beaucoup de choses sur le Brésil et sur son évolution sans même s'en apercevoir. Ce furent de très agréables retrouvailles avec Jorge Amado, et je me promets de ne pas attendre à nouveau une dizaine d'années avant de lire un autre de ses livres.
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stcyr04
  10 février 2015
Ilhéus est une ville brésilienne du littoral sud de l'État de Bahia, région chère au coeur de Jorge Amado. Elle fut à son âge d'or, la capitale mondiale du cacao et c'est cette période que se propose de faire revivre le conteur brésilien, en une chronique polyphonique et coloré. le récit débute en 1925, et conte sur fond de lutte partisane entre le vieil fazendeiro, le colonel Ramiro, tenant des us et coutumes anciennes rétrogrades et violentes, et l'exportateur de cacao Mundinho Falcao, représentant d'une nouvelle génération, tournée vers l'avenir, le développement économique et raisonné de la région. Il faut bien saisir que toute l'histoire de la contrée à été marquée par une âpre et impitoyable lutte pour le déboisement des terres cultivables et la conquête d'un territoire vierge et particulièrement convoité. Ainsi, les postes d'influences et le pouvoir économique sont détenus par des “colonels” fazendeiros, propriétaires de gigantesques terres et maîtres de l'industrie cacaoyère, dont le pouvoir despotique et occulte s'appuie sur les jagunços, hommes de main stipendiés, pratiquant l'intimidation et le meurtre. La mentalité des moeurs s'en ressent, avec une conception arriérée de l'honneur et du rôle des femmes dans la société, à qui échoit tous les devoirs, gardiennes de l'honneur conjugal et de la paix du foyer, alors qu'à l'homme est impartit tous les droits, dont celui de se payer du bon temps. Ainsi, il n'est pas rare d'y voir un mari outragé, laver l'affront dans le sang, en abattant la femme adultère et l'aventureux amant avec sa carabine, héritage du temps des luttes. le personnage éponyme du roman est une jeune mulâtresse, cannelle de peau, et dont le parfum entêtant de girofle, émanant du corps délié de cette enfant de la nature, ingénue libertine, perle des cordons bleus, fera chavirer le coeur enflammé et la panse gourmande de levantin du patron du bar le Vésuve, Nacib. Il est en effet beaucoup question de sensualité dans la prose d'Amado; les tableaux de la vie bahianaise sont colorés, épicés sont les plats canailles de la divine Gabriela, bruyante et exubérante est la vie de cette ville côtière en expansion. Notre romancier est un conteur de grand talent, recourant volontiers à une ironie bienveillante envers ses personnages, ce qui rend particulièrement attachante la lecture de ses romans.
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Fuyating
  11 juillet 2019
Jorge Amado nous livre ici tous les secrets d'une petite ville du Brésil en 1925. le récit est vivant, les personnages haut en couleurs, et les événements décrits sont croustillants ! J'ai beaucoup aimé ce roman, la plume acerbe de l'auteur et surtout l'histoire en elle-même. Nous y découvrons les moeurs de l'époque, parfois arriérés (depuis quand faut-il tuer sa femme si celle-ci a un amant ?! Et tous les hommes mariés qui vont voir ailleurs, on en parle ?) Nous suivons le quotidien des habitants, les luttes politiques, le désir de modernité, les scandales et secrets connus à la minute même par l'ensemble de la ville. Nous y suivons également des personnages attachants, et Gabriela bien sur, cette femme simple et parfois naïve, qui ne souhaite pas entrer dans les carcans imposés par la "bonne société". Elle souhaite juste une vie emplie de petits bonheurs quotidiens, courir pieds nus, danser, elle veut juste VIVRE.
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Chouchane
  18 août 2013
Brésil, début du vingtième siècle, les hommes portent moustaches et fusil, les femmes de la bonne société des dents en or, la famine au Sertaõ pousse les "retirants" à migrer vers la côte pour trouver nourriture et travail.
Ilhéus petite ville côtière et cacayoère défriche sa forêt pour y planter des plans de cacao. Les pionniers y sont brutaux et les tueries pour le pouvoir habituelles. Mais Ilhéus dépend du port de Bahia pour ses exportations car son accès à l'océan via un chenal trop étroit ne lui permet pas d'exporter directement. C'est l'arrivée d'un esprit nouveau, incarné le carioca Mundiho, qui fera prendre le virage de la modernité et de la démocratie à cette bourgade attardée mais attachante. Dans cette bourgade laborieuse, les grands propriétaires terriens, les fazendeiros, solides, armés et conservateurs font régner un ordre rustique. Les femmes y sont épouse ou putain, le vieux patriarche Ramiro Bastos décide de tout, les fêtes religieuses rythment l'année. Au coeur du bourg, un bar, au comptoir son patron l'Arabe Nacib. C'est chez lui que les mondes se regardent et se mélangent. Mais Nacib vient de perdre sa vieille cuisinière et c'est là que tout commence.
En même temps que la petite ville s'extirpe de sa gangue primitive, Nacib rencontre sa nouvelle cuisinière Gabriela, une retirante. Couverte de crasse, libre et généreuse, elle se révéle une cuisinière hors du commun et une amante sincère. Ses beignets abàras, ses ragoûts épicés et ses formes sensuelles vont mettre le feu à la ville mais surtout à l'âme de « Monsieur Nacib ».
Gabriela, girofle et cannelle, c'est la fin d'une époque que l'on quitte sans nostalgie aucune car elle est faite de brutalité et de domination. Les riches imposent leurs règles aux pauvres, les hommes aux femmes, la bonne société empesée dans ses rigidités étouffe ses propres enfants.
Jorge Amado sait planter le décors et mettre en scène la mixité dense et sauvage du Brési,l les blancs, les métis, les noirs, les amazoniens… le récit savoureux comme les plats de Gabriela fait la part belle est faite à tous les oppressés qui incarnent la liberté et la joie là ou les règles et les convenances donnent des ampoules au pied et de l'embonpoint.
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moustafette
  09 avril 2012
1925, à Ilhéus, état du Nordeste au Brésil. La fièvre du cacao bat son plein, l'argent coule à flots, les investissements se multiplient et le progrès déferle sur la petite ville côtière. C'est dans ce contexte prolifique que Nacib, propriétaire d'un modeste bar, se voit abandonné par sa cuisinière à la vieille d'un repas important qui doit se tenir dans son établissement.
Au même moment, chassés du Sertão par la sécheresse et la famine, des retirantes arrivent à Ilhéus en quête de travail. C'est parmi eux que Nacib repère Gabriela qu'il embauche pour remplacer la vieille Filomena.
Si, dans un premier temps, la beauté et les talents de Gabriela font grimper le chiffre d'affaire, Nacib ne tarde pas à tomber amoureux d'elle, ne rêve plus que de l'épouser et d'en faire une dame de la bonne société. Mais son ami le libraire l'avait prévenu : "Il y a des fleurs qui se fanent dans les vases". Rongé par la jalousie face aux convoitises grandissantes de ses amis et clients, Nacib se voit contraint de faire des choix car le climat se dégrade...
Installez-vous à une table du Vesuvio et, si ce n'est déjà fait, prenez part à cette savoureuse chronique bahianaise qui vous mènera au coeur d'intrigues politiques et amoureuses d'un pays en plein essort. D'une plume sensuelle, parfumée et colorée, Jorge Amado vante son amour des femmes et de son pays, et c'est avec gourmandise que je me suis évadée à nouveau dans ce livre depuis longtemps épuisé.
Stock a la bonne idée de republier ce texte et, malgré les nombreuses coquilles qui l'émaillent, trente ans après une première lecture mon plaisir s'est révélé intact. Conclusion, cherchez-le plutôt d'occasion - quelques exemplaires circulent encore en poche - mais ne passez pas à côté, c'est un livre délicieux !

Lien : http://moustafette.canalblog..
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
moustafettemoustafette   09 avril 2012
Des exclamations fusaient lorsqu'elle arrivait avec sa démarche dansante, les yeux baissés, un sourire que ses lèvres adressaient à toutes les bouches. Elle entrait, disait bonjour en s'avançant parmi les tables et allait droit vers le comptoir pour y déposer la gamelle. En principe, à cette heure-là, les clients auraient dû être rares, seulement quelques retardataires pressés de rentrer chez eux. Or, de plus en plus, les habitués faisaient durer l'heure de l'apéritif et réglaient leur temps sur l'apparition de Gabriela en buvant un dernier verre après son arrivée.
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ChouchaneChouchane   13 août 2013
"L'amour éternel n'existe pas. Même la passion la plus forte ne vit qu'un temps. Quand sa dernière heure est arrivée, elle périt et un autre amour commence.
- C'est précisément pour cela que l'amour est éternel, conclut João Fulgêncio. Parce qu'il se renouvelle. Les passions passent, l'amour reste." p.304
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docaredocare   29 mars 2016
Elle était pétrie de chant et de danse, de soleil et de lune, elle était girofle et cannelle.
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FuyatingFuyating   12 juillet 2019
Il y a des fleurs, vous l'avez observé, qui sont belles tant qu'elles sont sur les branches, dans les jardins. Quand on les met dans des vases, même s'ils sont en argent, elles se fanent et périssent.
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FuyatingFuyating   12 juillet 2019
La clandestinité est dangereuse et compliquée. Elle exige de la patience, de la sagacité, de la vivacité et un esprit toujours en alerte. Il n'est pas facile d'observer intégralement toutes les précautions qu'elle requiert. Il est difficile de la mettre à l'abri de la négligence qui devient naturelle au fur et à mesure que le temps passe et qu'augmente insensiblement le sentiment de sécurité. Au début, on exagère les précautions, mais, peu à peu, on les abandonne, l'une après l'autre. La clandestinité s'amenuise, se dépouille de son voile de mystère , et, soudain, le secret ignoré de tous est une nouvelle qui court sur toutes les lèvres.
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Video de Jorge Amado (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jorge Amado
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