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EAN : 9781020900662
Éditeur : Les liens qui libèrent (06/11/2013)
4.18/5   59 notes
Résumé :
Je t'offrirais - à partir de toutes petites choses - des spectacles admirables, chante Virgile.
A partir de ces toutes petites choses - les abeilles - célébrées par Virgile, à partir de presque rien - un flocon de neige - offert par Kepler, Jean Claude Ameisen nous entraîne dans un vertigineux voyage.
Un voyage à la rencontre des abeilles et de leur extraordinaire alliance avec les fleurs dépend notre survie ; des fourmis qui tressent leur fil d'Ari... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Apikrus
  04 août 2019
Ma première tentative avec ce livre fut un échec.
En lisant les premières pages, j'avais l'impression d'entendre la voix de Jean-Claude Ameisen, qui a compilé ici des chroniques radiophoniques consacrées aux sciences, en particulier à la biologie (sur France Inter). Il faut dire qu'Ameisen raconte admirablement bien. Mais j'aime lire à mon rythme, non à celui d'une diction que j'imagine, et j'ai donc momentanément reposé ce livre. Quelques mois plus tard, l'essai fut plus concluant, et je me suis plongé dans ce livre avec ravissement, comme promis par le sous-titre.
Les premiers chapitres montrent la manière dont les fourmis tirent parti de leurs environnements, par leurs organisations sociales et leurs caractéristiques génétiques. Sens de l'orientation et communication sont particulièrement nécessaires à leur survie.
Il en est de même pour les abeilles, autres insectes sociaux présentés. Karl von Frisch (1886-1982), avant de décoder les fameuses danses des abeilles - découverte qui lui valut le prix Nobel de physiologie en 1973 (avec Konrad Lorenz et Nikolaas Tinbergen) - avait travaillé sur leur perception des couleurs. Ameisen résume certaines de ses expériences à ce sujet ; elles étaient simples mais dénotaient des capacités de von Frisch à ne pas regarder le monde comme le ferait un homme… Ameisen explique comment les équilibres nécessaires au fonctionnement d'une ruche (température, taux de CO2, répartitions des tâches entre les abeilles…) s'établissent en lien avec la biologie de ses membres (transformations corporelles nécessaires à la production de la cire, rôle des phéromones…). Pour affronter les froids hivernaux, les abeilles se comportent un peu comme les manchots empereurs, se disposant en grappe et organisant des rotations d'individus de la froide périphérie vers le centre (voir le merveilleux film « La marche de l'empereur »). C'est là le contraire de l'organisation sociale en place dans nos métropoles. Les pauvres y restent cantonnés en banlieue, tandis que les plus fortunés organisent leur entre soi dans les centres historiques… Nos politiques devraient parfois s'inspirer de la nature, qui démontre son efficacité sur le long terme. Il est vrai qu'ils n'ont souvent en ligne de mire que l'issue du prochain vote et les avantages individuels qu'ils en attendent, non la survie de l'espèce…
L'ouvrage présente des théories expliquant l'intérêt évolutif et les mécanismes des horloges internes présentes chez de nombreuses espèces animales et végétales, en particulier les rythmes circadiens.
L'auteur montre aussi d'étonnantes capacités d'apprentissage chez des animaux : des mésanges qui apprirent à percer l'opercule de bouteilles de lait, et des bourdons à découper des parties basses de la corolle de fleurs pour accéder plus aisément au nectar….
La dernière partie est consacrée à l'histoire de découvertes relatives au système solaire et à notre planète. On y trouve la citation de Newton (1643-1727) qui inspira le titre de l'émission d'Ameisen et de cette série de livres : « (Quant à moi), si j'ai vu un tout petit peu mieux, c'est parce que je me tenais sur les épaules de géants » (à propos de sa découverte de la gravitation universelle, dans une lettre à Robert Hooke). Joannes Kepler (1571-1630), découvreur des trois Lois qui portent son som fait partie de ces géants, bien que dans toutes ses recherches il ait cherché à retrouver la main du Créateur auquel il croyait. S'appuyant sur les observations de l'astronome danois Tycho Brahé (1546-1601), Kepler sut notamment se détacher de l'idée préconçue selon laquelle le système solaire devrait nécessairement posséder des caractéristiques reflétant une perfection divine (Terre en centre su système, orbites circulaires…). Pour compléter cette lecture, sur ce thème, je recommande vivement le remarquable essai intitulé 'Les Somnambules' d'Arthur Koestler. Quelques chapitres du livre d'Ameisen résument bien l'évolution des idées, tandis que le livre de Koestler ajoute une recherche de compréhension du processus de découverte.
En résumé : cet ouvrage d'Ameisen est à la fois accessible sans connaissances scientifiques préalables, et passionnant.
Billets à venir sur les deux autres tomes.
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Chouchane
  21 mars 2014
Qui a entendu Ameisen à la radio sait à quel point sa voix est envoûtante, sans s'en apercevoir on se met à écouter et à comprendre la Science. Cette chose à côté de laquelle beaucoup d'entre-nous sont passés. « Se hisser sur les épaules des géants » dit-il pour voir plus loin, ses émissions devenues cultes ont fait l'objet d'un premier ouvrage. Pour qui n'a pas la chance de pouvoir l'écouter tous les samedis matin sur Inter (ce qui est mon cas), ses livres sont une alternative. Ameisen sait nous conduire vers un vrai savoir sans compliquer la route, il ne démarre jamais brutalement, il tourne autour du sujet, il le ficelle, le rend beau, le pare avant de nous le livrer et de nous charmer.
Prenons l'exemple des fourmis ou plus précisément du chemin que choisissent les fourmis pour aller jusqu'à leur nourriture. Ameisen démarre par … le palais de Cnossos où Pasiphaé la femme de Minos, roi de Crète, donna naissance au Minautore ! Oui, ça commence ainsi, parce que tout est relié, tout fait sens, tout est dans tout. Donc pour emprisonner cet être affamé de jeunes gens, Minos demande à Dédale de construire un Labyrinthe. Un lieu d'où il est difficile de sortir. Nous y sommes : comment trouver le chemin de la sortie ?. Il semble que sur cette terre ceux qui s'en sortent le mieux ce sont… les fourmis. Ameisen nous conduit alors vers ces petits êtres qui « depuis des centaines de millions d'années » cherchent et trouvent le chemin le plus court. Comment font-elles ? Trouvent-elles vraiment le chemin le plus court ? Peut-on se servir de leur méthode pour nos algorithmes compliqués ? Pour répondre à aux questions que se posent les biologistes, mathématiciens, informaticiens etc… des chercheurs ont mis des colonies de fourmis à l'extrémité d'un labyrinthe débouchant sur de la nourriture. Ce labyrinthe permettait 37 677 chemins différents dont 2 plus courts que les autres. En moins d'une heure nos fourmis avaient non seulement trouvé la sortie mais étaient sur la route la plus courte. Moi, ça m'en bouche un coin ! Tous les autres chapitres procurent le même émerveillement devant la nature. Les paragraphes sur les abeilles sont tous simplement magnifiques. Dans cet ouvrage, Ameisen prend le parti des toutes petites choses et c'est d'une phrase de Virgile dans les Géorgiques qu'il tire le titre de son livre « Je t'offrirai, à partir de toutes petites choses, des spectacles admirables ». Impossible de ne pas être séduite par un auteur qui sait mêler avant autant de délicatesse science, poésie, littérature…
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chriskorchi
  15 juillet 2014
Ce livre fait suite à un premier tome que je vais d'urgence me procurer tant j'ai aimé celui-ci, c'est un complément aux émissions radio du même nom. JC Ameisen nous fait rêver avec la science, son écriture est tout en poésie. On voyage dans un univers incroyable qui est le notre et que l'on connaît si peu. A la découverte de nos cousines, les abeilles et les fourmis, et de nos lointaines parentes, les étoiles. Et puis d un flocon de neige. On rencontre des penseurs , des savants et on se sent bien car on arrive à comprendre des concepts compliqués, on se sent plus "savant" au fil des pages et on se dit que notre Terre est magnifique, que notre Univers est vaste et beau. On devient poète et on est même ému de tant de grandeur, tant de beauté.
J'aime le fait que l'auteur nous prenne par la main et ne cherche pas à compliquer les choses, il ne nous prends pas de haut. Mais, que de beau voyages j'ai fait dans ces pages, j'aime sa façon de nous conter les choses, de nous envoûter avec ses récits, à mi-chemin entre l'ouvrage de vulgarisation scientifique et l'essai littéraire.
De l'émerveillement à toute les pages et l'envie que le livre n'ai jamais de fin. Vivement le troisième tome. MAGNIFIQUE !!!
VERDICT
A lire et à offrir ce livre regroupe la poésie, la science, la nature, la littérature, l'aventure de la vie, aventure dans le temps, découverte de l'univers … Une pure merveille à partager autour de soi
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vincentf
  09 avril 2016
Tourner son regard vers les êtres les plus petits et assister à des prodiges, voilà ce que propose ce livre passionnant, qui s'interroge sur la vie sociale des fourmis et sur celle des abeilles, minuscules animaux capables des plus grands exploits. On assiste à la danse des abeilles et l'on découvre l'intelligence de cet être de rien, ses capacités formidables, son importance cruciale. L'abeille sait communiquer, elle sait penser en termes abstraits, elle a des émotions. Bref, elle n'est pas très différente de l'homme. Ce qui rend sans doute sa piqûre si douloureuse, c'est qu'elle nous pique d'abord dans notre amour propre, dans notre vieille certitude d'être radicalement différents du reste de la nature. Mais la nature, au fond, n'est que géométrie et nous ne sommes que chiffres. le spectacle que propose ce livre, c'est celui auquel nous assistons tous les jours sans le voir, trop occupés que nous sommes à ne contempler que notre propre nombril.
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nico6358
  27 février 2016
La science a souvent l'air triste quand on la voit décrite dans les journaux. Rigide, froide, peuplée de certitudes et de raisons.
Rares sont les personnes dont l'esprit est à la fois capable de s'intéresser à la rigueur du raisonnement et à la beauté des choses. Ca a pourtant été le cas de nombreux découvreurs. Et c'est aussi le cas de J.C. Ameisen.
En nous montrant la portée poétique des découvertes aux abords arides de la science, J.C. Ameisen fait un travail pédagogique, mais permet également d'inspirer l'intuition de ses lecteurs (ou auditeurs). Ce qui peut pour le coup être utile à tout un chacun.
La beauté qui se trouve dans les yeux des scientifiques passionnés nous est ainsi retransmise. Et c'est la meilleure école pour créer des vocations. Alors même si l'ouvrage viendra probablement avant sa fin à bout de votre appétit de savoir sur les abeilles, lisez-le. On ne sait jamais si un amoureux de la poésie et du savoir ne sommeille pas en soi avant d'avoir rencontré ce genre de personnage.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
michelangelomichelangelo   20 janvier 2014
Les horloges biologiques circadiennes sont une exception. Elles n'accélèrent pas le rythme de leurs oscillations quand la température interne des cellules et du corps augmente, et ne diminuent pas ce rythme quand la température interne diminue.
Cette propriété est l'une des causes de la robustesse de ces horloges - de la résistance de leur période de vingt-quatre heures aux fluctuations permanentes de leur environnement. Mais résistance aux changements de l'environnement ne dit pas déconnexion de l'environnement.
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michelangelomichelangelo   20 janvier 2014
En 1989, l'astronome Jacques Laskat, qui travaille alors au bureau des Longitudes à Paris, publie dans Nature le premier d'une longue série d'articles qui ont, durant les vingt dernières années, profondément changé les représentations qu'on se faisait du comportement de notre système solaire. Révélant qu'on ne peut prévoir les trajectoires des planètes du système solaire au-delà d'un horizon temporel de quelques dizaines de millions d'années.
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michelangelomichelangelo   20 janvier 2014
En partageant et en intégrant ces informations individuelles, parcellaires et incomplètes, la colonie, dans son ensemble, fait émerger une forme d'intelligence collective qui permet à chacune des abeilles de la colonie de s'adapter à un environnement complexe et changeant dont aucune abeille n'a, à elle seule, une représentation globale.
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lehibooklehibook   27 décembre 2019
"Je levais les yeux " dit Pascal Quignard
"Contempler le ciel , qui n'est pas vivant, pour tout ce qui est vivant, c'est contempler le seul aïeul."
Nous sommes nés du ciel - de la poussière des étoiles.
Mais il y a plus , dans les relations du monde vivant avec le ciel , que cette origine commune.
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jcmassejcmasse   27 avril 2021
Toute la nature n'est autre que de l art, qui t es inconnu, disait le poète anglais Alexander Pope.
Tout hasard, une direction que tu ne peux pas voir.
Toute discorde, harmonie incomprise.
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Videos de Jean-Claude Ameisen (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Claude Ameisen
Déchiffrer (3). Le déchiffrement du linéaire B. par Jean-Claude Ameisen. Émission “Sur les épaules de Darwin”, diffusée sur France Inter le 20 juin 2015. Photographie : Fresque minoenne au musée archéologique d'Héraklion, en Crète. « Seul, le divin Ulysse restait dans la grande salle à méditer la mort des prétendants. Mais déjà Pénélope, la plus sage des femmes, descendait de sa chambre, ayant pris avec elle deux de ses chambrières qui lui mirent, auprès du foyer, une chaise où la reine s’assit. Et la reine lui dit : “Ce que je veux d’abord te demander, mon hôte, c’est ton nom et ton peuple, et ta ville et ta lignée. Car tu n’es pas sorti du chêne légendaire ou de quelque rocher.” Ulysse l’avisé lui fit cette réponse : “Digne épouse d’Ulysse, au large, dans la mer vineuse, est une terre aussi belle que riche, isolée dans les flots. C’est la terre de Crète, aux hommes innombrables, aux 90 villes dont les langues se mêlent – côte à côte, on y voit des Achéens, des Kydoniens, de vaillants Etéocrétois, des Doriens tripartites et des Pélasges divins. Parmi elles, Cnossos, grande ville de ce roi Minos, que le grand Zeus, toutes les 9 années, prenait pour confident. Minos est mon aïeul. Son fils, Deucalion au grand cœur, m’engendra. Et, pour frère, j’avais le roi Idoménée qui, sur ses navires, suivit, en direction de Troie, les deux frères Atrides [Agamemnon et Ménélas]. Moi, qu’on appelle Aithon, j’étais le plus jeune. C’est chez nous que je vis Ulysse. Il s’en allait à Troie, quand il reçut mon hospitalité. Car la rage des vents, au détour de Malée, l’avait jeté en Crète et, mouillant dans les ports dangereux d’Amnissos, sous l’antre d’Ilithye, il n’avait qu’à grand peine échappé aux rafales. […]” À tant de menteries, comme il savait, Ulysse, donner l’apparence du vrai ! Pénélope écoutait. Et ses larmes de couler, et son visage de fondre. Vous avez vu l’Euros, à la fonte des neiges, fondre sur les grands monts, et la fonte gonfler les rivière. Ainsi ses belles joues paraissaient fondre en larmes. Elle pleurait l’époux qu’elle avait auprès d’elle ! » Homère. “L’Odyssée”, Chant 19.
Les références : “Is it because i'm black ?” par Tiken Jah Fakoly (Barclay) “Le déchiffrement du Linéaire B. Aux origines de la langue grecque” écrit par John Chadwick (Editions Gallimard) “The Party's Over” par Dakota Staton (Le Chant Du Monde) “Histoire des codes secrets” écrit par Simon Singh (Le Livre de poche) “The codebrakers” écrit par David Kahn (Simon & Schuster) “Iliade-Odyssée” écrit par Homère (Gallimard / La Pléiade) “Juste une chanson” par Dominique Pinto alias Dom La Nena (Universal) L'équipe : Jean-Claude Ameisen : Producteur Christophe Imbert : Réalisateur Jean-Baptiste Audibert : Programmateur musical Christophe Mager : Attaché de production Source : France Inter
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