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Citations sur Le Ghetto intérieur (40)

montmartin
montmartin   12 septembre 2019
C'est comme si cette origine juive était une grosse valise qu'il fallait se trimballer pendant toute notre existence... comme un héritage tellement lourd, tellement immense.
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rosulien
rosulien   08 octobre 2019
L’une des choses les plus terribles de l’antisémitisme est de ne pas permettre à certains hommes et à certaines femmes de cesser de se penser comme juifs, c’est de les confiner dans cette identité au-delà de leur volonté – c’est de décider, définitivement, qui ils sont.
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montmartin
montmartin   13 septembre 2019
J'ai souvent écrit que l'oubli était plus important que la mémoire. J'ai souvent songé, comme Pasolini, que celui qui oublie jouit plus que celui qui se souvient.
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Olivia-A
Olivia-A   24 septembre 2019
Depuis qu'il avait commencé d'entrevoir ce qui se passait en Europe, Vicente s'était senti de plus en plus juif. Mais cela ne servait toujours pas à le rassurer. Avant 1939, Vicente s'était beaucoup demandé s'il était ceci ou cela, argentin ou polonais, juif ou athée. Et il avait soulagé sa conscience, ou alors l'avait-il tourmentée, en songeant que ne sachant pas du tout ce qu'il avait de commun avec lui-même, avec celui qu'il avait été la veille ou avec celui qu'il serait le lendemain, avec celui qu'il était lorsqu'il était ivre de bonheur ou celui qu'il était lorsqu'il était ivre de rage, avec celui qu'il avait été lorsqu'il était enfant ou celui qu'il serait lorsqu'il serait grand-père, comment pourrait-il savoir ce qu'il avait en commun avec n'importe quel Argentin ou avec n'importe quel Juif dont il ignorait absolument tout ?
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Pau_line
Pau_line   27 septembre 2019
Plus de mots. Plus de langues. Ni allemand, ni polonais, ni yiddish. Ni espagnol, ni argentin. Plus de mots. Plus de noms. Plus de noms pour rien. Ni pour la musique, ni pour le piano, ni pour la chaise, ni pour la table. Ni Vitrine, ni magasin, ni rue, ni voiture, ni cheval, ni ville, ni pays, ni océan. Ni massacre. Ni douleur. Plus. De. Mots.
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michdesol
michdesol   24 septembre 2019
Peu à peu, en luttant pour ne pas savoir, en luttant pour ne pas imaginer, Vicente allait vivre une autre horreur que celle, "finalement brève", de Treblinka : l'horreur d'une vie coupable, d'une vie où la culpabilité le rongerait jour après jour, l'horreur d'avoir fui, d'avoir abandonné sa mère, l'horreur d'avoir manqué à sa destinée, l'horreur de n'avoir pas été là où il le fallait – fût-ce, seulement, pour mourir avec elle.
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alainmartinez
alainmartinez   22 septembre 2019
Paweł avait une mère juive et un père chrétien. Et il disait toujours que c’était bizarre, parce que si on lui demandait s’il était chrétien il disait toujours non et ça s’arrêtait là, mais si on lui demandait s’il était juif il disait toujours non, et il se sentait coupable.
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montmartin
montmartin   13 septembre 2019
Depuis qu'il avait commencé d'entrevoir ce qui se passait en Europe, Vicente s'était senti de plus en plus juif.
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LouAdamiree
LouAdamiree   16 octobre 2019
Se taire. Oui, se taire. Ne plus savoir ce que parler veut dire. Ce que dire veut dire. Ce qu'un mot désigne, ce qu'un nom nomme. Oublier que les mots, parfois, forment des phrases.
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Nieva
Nieva   03 octobre 2019
— Et si on sortait prendre le goûter ?
Comme Vicente ne proposait plus jamais rien, Rosita avait pris les devants. Puisque c’était dimanche et que les enfants n’étaient pas allés à l’école, puisqu’ils n’étaient pas sortis de la journée et qu’il était déjà cinq heures de l’après-midi, puisque le magasin était fermé et que Vicente était à la maison avec eux, Rosita avait proposé qu’ils aillent tous les cinq jusqu’à la confitería Ideál, l’endroit où son frère León lui avait présenté son futur époux. Elle savait que Vicente avait toujours aimé ce salon de thé où ils s’étaient rencontrés pour la première fois. Elle savait qu’il avait toujours apprécié ce lieu décoré uniquement avec des matériaux et des meubles importés d’Europe. Vicente connaissait le patron, don Manuel, et c’est lui qui leur avait dit un jour, il y a des années, peu après leur mariage, que les fauteuils de la grande salle venaient de Prague, que les grands lustres étaient français, que les vitraux qui ornaient le plafond avaient été conçus en Italie, que les boiseries étaient en chêne slovène et que le marbre des colonnes et des escaliers et les cristaux biseautés des vitrines et le bronze des appliques murales venaient également, tous, des grandes capitales européennes – où un jour, Vicente avait alors promis à Rosita, il l’emmènerait.
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