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ISBN : 2072349990
Éditeur : Gallimard (26/08/2014)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Que faire quand le complice d'un hold-up fiche le camp avec le magot pour aller s'établir à Tokyo, dans les machines à sous ? On traverse le globe pour aller lui causer du pays. Même si le commun des mortels est occupé par une guerre mondiale. Question d'honneur ! Mais les militaires ont aussi des comptes à régler. Dissuasion rédemptrice, les innocents paieront ! Comme toujours !Prix Mystère de la critique 1986
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
SZRAMOWO
  02 janvier 2019
Réquisitoire anti militariste implacable, le balcon d'Iroshima nous conduit, alors que l'Allemagne a capitulé mais que le Japon résiste encore, de France à Hiroshima, sur les traces de deux malfrats emprisonnés depuis septembre 1939, (Delaveine et Roblet) miraculeusement libérés grâce à des bombardiers de la RAF qui loupent leurs cibles et font sauter en éclats les murs de la centrale où ils végétaient depuis 4 ans suite à l'attaque d'une banque Boulevard des Batignolles à Paris.
Ils s'achètent une conduite et se déguisent en résitants de la dernière heure, sous les pseudos de Carcasse et Blaireau tout en continuant à pratiquer une solidarité dont ils sont les premiers bénéficiares.
"Autant dire que leur point de mire était les ruraux collabos, ou réputés tels, qu'ils s'en allaien traquer chez eux, peut-être un peu chatouiller pour obtenir de vagues renseignement et faire main basse sur tout ce qui pouvait devenir trésor de guerre."
Mais leur cible ultime est Roro des Amandiers, Roger Dampierre, le petit ringard qui s'était tiré avec les trente millions du casse.
Des circonstances qu'il faut laisser découvrir au lecteur font qu'après un passage par Zurich, Roro a investi dans la machine à sous à Tokyo, sous le pseudo de Jérémie Gilbert, maqué avec une petite japonaise, Mamefoukou dont il a un enfant.
Un bombardement détruit son entrepot et sa maison dans laquelle se trouvait Mefoukou et Mikou. Désormais Roger est un gadjin, et sans la protection de ses beaux-frères, il doit quitter son quartier et se réfugier à l'Ambassade.
De péripétie en péripétie, il se retrouve dans un camp de prisonniers en compagnie de Delatour l'attaché culturel, de Madame Henriette une factotum de l'Ambassade, originaire de la rue des Couronnes dans le 19ème, et de Madame Martinaud la femme d'un diplomate originaire, elle, d'Orléans.
Contexte maîtrisé par Amila, la description de la vie au camp n'est pas sans rappeler L'empire du soleil de JG Ballard, notamment la distribution de la ration de riz dont la quantité varie au bon vouloir du gardien chef Higashi et de l'attitude jugée déférente ou pas des prisonniers ; mais aussi la débrouillardise des enfants qui parviennent à obtenir des rations supplémentaires.
C'est depuis les hauteurs du camp que les prisonniers assistent au bombardement d'Hiroshima. Un événement qu'ils ne comprennent pas. La description qu'en fait Amila est d'un réalisme crû : "On les avait enterrés dans la même fosse que les mômes aux orbites vides, dont la cervelle bouillie devait ressembler à celle des petits sapajous que les touristes à dollars allaient pouvoir bientôt déguster avec délice au fond d'un crâne retourné."
Finalement grâce au soutien d'Irène Martinaud, Roger parviendra une fois de plus à tirer son épingle du jeu.
Amila signe là un de ses romans les plus époustouflant.

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KiriHara
  30 mars 2019
Jean Amila alias Jean Meckert, est un écrivain français né en 1910, mort en 1985, qui a oeuvré dans la littérature populaire de la plus brillante des manières ainsi que la plus obscure.
Sous son nom ou ses pseudonymes John et Jean Amila, il a publié de nombreux romans plébiscités par le public et par ses pairs. Débutant chez Gallimard en 1941 avec un roman, « Les coups » écrit en 1936, et publié sous son nom, c'est en 1950 qu'il intègre la célèbre collection « Série Noire » du même éditeur sous le pseudonyme John Amila, qui deviendra par la suite Jean Amila.
Entre ces deux dates, le succès du premier roman fait suite à une traversée du désert mais, l'auteur poursuit son travail, dans l'obscurité des nombreuses collections de la littérature populaire de l'époque sous divers pseudonymes (Mariodile, Albert Duvivier, Stan Derley, Édouard, Edmond ou Guy Duret, Marcel Pivert).
La suite, tout le monde la connait : de nombreux romans pour la Série Noire qui se termine sur cet ultime opus : « Au Balcon d'Hiroshima » en 1985.
Ultime participation à la Série Noire, mais pas dernier ouvrage (il écrira encore un récit autobiographique), ce très court roman a été écrit alors que l'auteur s'approche de ses 75 ans.
Pour autant, il n'a pas abandonné ses combats et sa fougue militante et, 40 ans après l'ignominie, l'auteur veut dénoncer « cette caste qui peut disposer de la vie de milliards d'homme ».
Plus que la guerre, qu'il a connu, tout comme ses personnages, c'est surtout l'aberration, l'inconscience, l'horreur, l'incrédulité des bombes atomiques lâchées sur la japon pour faire plier l'adversaire.
Certes, il ne sera question que de la première et la plus dévastatrice des deux, celle lâchée le 6 août 1945 sur la ville d'Hiroshima, mais le constat sera édifiant d'autant qu'il sera fait principalement par les yeux d'occidentaux...
Car le livre se concentre sur un jeune français ayant fuit la France en 1939 après un braquage râté. Lui est parvenu à s'enfuit avec le magot (c'était le chauffeur) tandis que ses complices étaient arrêtés après avoir tué un flic.
Passé par la Suisse pour obtenir des faux papiers, il atterrit au Japon où il refait sa vie. Il épouse une japonaise, lui fait deux enfants, parvient à monter une entreprise florissante de machines à sous.
Mais la guerre le rattrape et Tokyo est bombardé par les américains. Il perd tout : sa maison, sa femme, un enfant, l'autre, gravement blessé a été transporté dans un hôpital, mais il ne sait lequel. Et il a perdu son entreprise, son pactole, son moyen de subsistance.
Il se retrouve alors enfermé dans un camp de prisonniers avec d'autres occidentaux, la femme d'une ambassadeur, un vieux lettré et sa femme, une famille d'italiens...
Pendant ce temps, ses potes de braquage son parvenus à s'enfuir de prison, sont entrés dans la résistance, plus pour se faire du blé que par patriotisme et la fin de la guerre approchant, de peur que leur passé les rattrape et par envie de vengeance et de récupérer leur part du magot, ils décident de partir sur les traces du fuyard.
Jean Amila fait la part belle à la coexistence du jeune malfrat repenti avec les autres détenus, creuvant tous la faim, n'ayant qu'un verre de riz à manger tous les trois jours, cherchant des moyens de subsister, qui dans les plantes dans l'enceinte du camp, qui en attrapant des rats qui grouillent la nuit, qui en volant les autres...
Mais le malheur rapproche et l'ancien voleur se rapproche de la notable femme de l'ambassadeur qui, une fois le masque retiré de la femme de société geignarde et hautaine, se révèle femme des campagnes généreuse, chaleureuse et débrouillarde.
Puis débarque les deux zouaves qui ont traversés l'enfer par goût de vengeance et qui, poussés par le hasard, se retrouvent dans le même camp, fuyant une situation problématique pour se retrouver dans une autre bien plus difficile.
Et là, la vie va démontrer que l'enfer de Satan, des camps, des geôliers, n'était rien comparé à celui des « libérateurs », de l'homme, tout simplement.
Évidemment, j'étale un peu le contenu du livre, mais comme celui-ci ne tient pas par son intrigue (le titre et le contexte sont assez évocateurs pour deviner vers quoi tend la fin du livre), je ne crains pas de faire des révélations nuisant au plaisir de lecture.
Effectivement, tout l'intérêt du livre réside dans cette vision de l'apocalypse pourtant si magnifiquement étrange à regarder quand on n'en saisit pas sa portée et son horreur. Et c'est le cas des prisonniers qui assistent à ce spectacle hypnotique.
Bref, je n'en dirai pas plus tant il est préférable de lire ce roman, d'autant qu'il est suffisamment court pour se dévorer littéralement.
Tout le livre se déguste grâce à la plume encore alerte de l'auteur, grâce à l'humour latent provenant du personnage de la femme de l'ambassadeur, par l'empathie que le lecteur peut avoir avec toutes les victimes de cette guerre en général et le voleur repenti en particulier.
Puis la fin vous met K.O. de part son horreur non évoquée. Car l'auteur aurait pu plonger sa plume dans le sang et dans la fange putride à grand renfort d'images horribles et de descriptions putassières. Mais il n'en est rien. L'horreur vient du décalage entre la vision de ces êtres qui ne savent pas à quoi ils sont confrontés et de celle du lecteur qui, lui, sait. Il sait qu'il a désormais affaire à des morts qui ne le savent pas. Il sait qu'ils sont confrontés à la plus grande dégueulasserie que l'homme a pu commettre depuis le début de l'humanité. Et c'est ce décalage qui engendre un malaise profond. Suivre la vie d'un mort qui s'ignore...
Bref !
Au final, un livre léger, parfois drôle, bien qu'empreint d'horreurs et qui se termine en un soufflet qui vous étale pour le compte.
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RomansNoirsEtPlus
  05 décembre 2015
Alors que la guerre en Europe se termine , que les résistants punissent les collabos , deux truands ( le capitaine Carcasse et le biennommé Blaireau ) se font libérer par erreur par des soldats de la RAF . Ils n'ont alors de cesse de rechercher leur ancien complice de hold -up qui les a laissé sur le carreau en emportant le magot . C'est sur ke front oriental , plus précisément au Japon où le conflit est loin d'être terminé que s'est enfuit Roger Dampierre dit Roro des Amandiers refaisant sa vie en tâchant d'oublier cette malheureuse histoire . Mais s'était sans compter sur les bombardements US qui transforment en ruine Tokyo et causent de nombreuses victimes civiles et parmi eux la famille de Roger . Réfugié à l'Ambassade de France il y retrrouvera d'autres compagnons d'infortune par la suite déportés dans un camp à proximité d'Hiroshima et par le plus grand hasard ces anciens complices qui comme lui seront les témoins incrédules de la première explosion nucléaire .
Un roman où l'on retrouve toute la verve et qualité de conteur de Jean Amila alliées à la description de personnages truculents et pathétiques sur fond d'horreur et d'ambiance de fin de monde .
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   30 juin 2016
L'âge d'or avait alors commencé pour les levés-tard de la Résistance. Et je te flingue, dans l'immunité absolue ! Des querelles d'héritage étaient tranchées nettes ! Et des histoires de filles, de préséances, de bornes déplacées... Tout, et n'importe quoi ! C'était l'horreur des petits joujoux laissés aux mains de moujingues de la dernière minute, assurés de l'impunité.
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JrpJrp   24 février 2018
Et puis étaient arrivés les différents débarquements, les histoires d'offensives victorieuses et de retraites non moins victorieuses.

Encore un petit rien, les filles tondues, et c'avait été la Libération, avec un mec du genre grande asperge qu'on baladait partout. L'âge d'or avait alors commencé pour les levés-tard de la Résistance.
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rkhettaouirkhettaoui   30 juin 2016
Elle avait bien quinze ou vingt ans de moins que le ménage Féronnet, bien remplie, l'œil direct. Elle n'avait rien du petit bijou. Elle faisait bourgeoise et plouc. Il y en a comme ça dans les bordels de garnison, des abatteuses à gros fessier et à lolos puissants.
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rkhettaouirkhettaoui   30 juin 2016
La guerre avait le devant du plateau, et ces deux pauvres types bloqués sur une certaine affaire judiciaire d'un autre temps avaient aussi peu d'importance que le chant d'un canari au cœur d'un typhon.
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rkhettaouirkhettaoui   30 juin 2016
Il n'était pas question d'échanger des commentaires sur les malheurs de la guerre considérée comme une simple fatalité.
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"Quand la femme s'en mêle", 1957, d'après le roman de Jean Amila.
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