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Myriem Bouzaher (Traducteur)
EAN : 9782246599418
468 pages
Grasset (30/11/-1)
3.88/5   90 notes
Résumé :
Un village perdu de quatre cents âmes, Ischiano Scalo. Son église, son école, son café-bar et ses carabinieri. Ses moustiques, aussi, car on est dans une région de marécages.
Et deux histoires d'amour. Celle qui unit Pietro, l'adolescent timide et rêveur, en butte aux brimades des autres garçons et à l'incompréhension de sa famille, à la belle Gloria, fille d'un directeur de banque. Celle de Graziano, play-boy désenchanté, qui s'éprend de la jeune institutric... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
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sur 90 notes
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diablotin0
  25 décembre 2016
Plus on avance dans le livre, plus on l'aime, plus on a envie d'en savoir plus, de connaitre ce que va devenir notre petit Pietro à qui on s'attache immédiatement, mais aussi Gloria, Flora Graziano et les autres.
Niccolo Ammaniti a le don de créer une atmosphère dans laquelle il est facile d'évoluer. On la sent, on la voit, on la vit.
A travers la scolarité de Pietro et de façon plus générale à travers des tranches de vie de Pietro et ses "camarades" de classes, des sujets comme la reproduction sociale, la "démocratie scolaire", sont abordés.
C'est un livre auquel on s'attache.
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RockyRacoon
  12 octobre 2021
A Ischiano Scalo, la mer est là mais ne se voit pas.
Entre la Via Aurelia qui borde la côte méditerranéenne et les marais infestés de moustiques, à Ischiano Scalo, deux enfants, Pietro et Gloria, voient leur amitié évoluer et s'ériger comme un rempart contre la solitude.
Entre la Via Aurelia et les marais, dans la moiteur étouffante d'un village isolé, Graziano, guitariste presque raté, vient museler sa crise identitaire de la quarantaine et oublier une rupture amoureuse.
C'est également dans un village imaginaire coincé entre la Méditerranée et les marais que Flora vient enseigner dans une petite école, une professeure austère et mystérieuse, seule et timide, qui a dédié ses plus belles années à s'occuper de sa mère gravement malade.
Flora s'occupe aujourd'hui des enfants du village et tente de déchiffrer les troubles qui agitent les âmes de ce lieu clos, oublié du monde, dans lequel il semble si difficile de s'épanouir.
Pietro et Gloria sont deux tempéraments que tout oppose. Gloria est la fille belle, effrontée et souriante d'un directeur de banque. Pietro est le plus jeune fils d'un pasteur alcoolique et violent, il est introverti, rêveur et grandit entre la brutalité de son père, la bêtise de son grand-frère et la soumission de sa mère, femme battue, perdue et effacée. Gloria est populaire, Pietro est un souffre-douleur. Ensemble, ils rêvent de quitter Ischiano Scalo, de quitter les moustiques et les marais, de grandir ailleurs, Gloria pour enfin embrasser un avenir radieux, Pietro pour fuir une vie d'injustice.
Graziano et Flora s'opposent eux aussi, dans tout ce qu'ils sont, dans tout ce qu'ils ont été. Flora n'a été que dévouement et oubli de soi, au service total de sa mère mourante, allant jusqu'à oublier qu'elle pouvait être belle et faire battre le coeur des hommes, faire battre son propre coeur.
Graziano s'est oublié dans une vie de plaisirs faciles, don juan à la gloire toute relative, offrant son coeur à une belle cubiste qui le lui rendra en mille morceaux.
Pietro et Gloria, Graziano et Flora, ces deux binômes aussi s'opposent, jusque dans la narration, qui prend à tour de rôle le point de vue de Pietro ou de Graziano. Les deux enfants rêvent de fuir le village, les deux adultes y sont (re)venus volontairement. Les deux enfants se connaissent depuis toujours, ils ont vu leur complicité se transformer en intimité, tandis que Graziano et Flora luttent contre une attraction qu'ils ne s'expliquent pas.
A Ischiano Scalo, les personnages évoluent au gré d'évènements absurdes et comiques et luttent contre eux-mêmes, contre les autres, contre le monde et si certains tentent d'échapper à l'emprise étouffante des marais, d'autres ne souhaitent fuir que leurs propres démons.
A Ischiano Scalo, la cruauté du quotidien est parsemée d'une douce poésie, de sentiments maladroits et de non-dits incompris, venant adoucir une succession d'évènements incontrôlés, filant chaque fois vers la tournure la plus improbable possible, dans un crescendo terrible et grotesque qui ne cesse de s'amplifier, jusqu'à stopper brutalement, trop brutalement, par un coup terrible, à couper le souffle.
A Ischiano Scalo se mêlent l'amour et la rage, la cruauté et la lâcheté, la tendresse et le cynisme, qui font la particularité de l'écriture d'un ancien cannibale, Niccolo Ammaniti, qui au fil des chapitres nous émerveille et nous horrifie tout à la fois.
A Ischiano Scalo, il y a la mer mais on ne la voit pas. Allora io ti prendo e ti porto via.
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alexandrebertin
  04 avril 2016
Troisième livre et troisième claque pour ma part. Après je n'ai pas peur et Comme Dieu le veut, ce troisième roman d'Ammaniti que je lis me transporte dans cette Italie berlusconienne qui subit, aujourd'hui encore, les affres d'une culture populaire qui fait du star system et de la télévision l'une des choses les plus importantes pour une grande partie de la population.
Dans Et je t'emmène, Niccolo' Ammaniti aborde une fois de plus l'entrée dans l'adolescence d'un jeune garçon dont le Destin l'a gratifié d'une famille que l'on qualifierait aux Etats-Unis de White Trash : un père alcoolique et colérique qui élève ses deux fils par la terreur, une mère absente et peureuse qui s'en remet à son mari pour tout et n'importe quoi et un frère berger qui préfère s'habiller comme ses idoles américaines du rock'n'roll métal, non pas pour la qualité de leur musique mais parce qu'ils représentent une certaine forme de transgression.
Au milieu de cette famille, Pietro, jeune garçon de 12 ans vit un passage à l'adolescence entre l'amour qu'il porte et reçoit de sa meilleure amie (la richissime Gloria) et la peur et la violence que lui font subir trois petites frappes sans envergure du collège qu'il fréquente.
Dans ce roman, comme dans les deux autres que j'ai lu, Ammaniti joue avec ses personnages comme un Dieu jouerait avec ses sujets. La construction est souvent la même. Nous, lecteurs, suivons à la fois l'histoire des protagonistes qui se déroule devant nos yeux mais sommes également, grâce à des italiques qui truffent le texte, dans la propre tête de tous les personnages. Nous assistons donc à deux histoires parallèles : celle qui nous est contée et celle qui se déroule dans l'imaginaire des protagonistes.
L'originalité de ce roman tient aux digressions que fait l'auteur de temps à autres pour nous expliquer ce qui, dans la vie des personnages, les amène à faire le choix qu'il font au moment où se déroule l'histoire. Contrairement à Comme Dieu le veut dans lequel les personnages remettaient leurs actes entre les mains du divin, ici, les choix des individus inscrivent ces derniers dans des destinées (sociales) auxquelles ils ne semblent pouvoir échapper.
ET si Pietro possède en lui tous les atouts pour échapper à son milieu, ses décisions l'empêcheront in fine d'échapper au destin qui est celui des siens.
La plume d'Ammaniti est une fois de plus acerbe envers les travers de la société italienne actuelle mais toujours emprunte d'une humanité et d'un attachement aux protagonistes qui rendent le style de l'auteur toujours très tendre.
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Takalirsa
  26 décembre 2018
Une intrigue noyée dans une foisonnante galerie de portraits.
On y suit deux personnages (apparemment) sans point commun dans le petit village italien d'Ischiano Scalo : le jeune Pietro harcelé par Pierini le caïd et sa bande, et Graziano le quadragénaire qui revient au pays avec des rêves quelque peu effilochés. Que recherche Graziano le raté vieillissant ? Pourquoi Pietro, pourtant bon élève, est le seul de l'école à redoubler ? le récit remonte alors six mois en arrière, et ce n'est qu'à la fin que le passé rejoindra le présent et que ces deux-là se croiseront.
Leur parcours individuel est jonché de rencontres, d'illusions et de déconvenues et malgré tout d'espoir, de relations décevantes et d'autres, heureusement, lumineuses – Gloria pour Pietro, Flora pour Graziano. Ce dernier est « un pauvre type imbu de lui-même », un « sex symbol des campings » capable de séduire trois cents femmes en un été mais qui n'a jamais rien construit avec aucune d'elle. Entiché d'une gogo danseuse écervelée et arriviste, il se fait pitoyablement mener par le bout du nez (et pas que!). Pietro se montre tout aussi faible, se laissant malmener par « un père alcoolique » et « un frère crétin » à la maison, par Pierini qui lui crée des ennuis à l'extérieur. Et ainsi se déroule le roman, au fil de nombreuses digressions sur les multiples personnages secondaires, leur passé, leurs traits de caractère, leurs hobbies, sensées expliquer leurs actes, leurs choix, ou tout simplement ces concours de circonstances qui font que les choses se déroulent ainsi. On finit par perdre le fil déjà ténu de l'histoire, parce que l'on est en présence d'un roman psychologique, une sorte de grande fresque sociale qui décortique et analyse les comportements.
C'est dans les dernières pages que tout prend sens. On l'avait bien compris, « l'insignifiant et vulgaire » Graziano est un contre-exemple et sa prise de conscience sera trop tardive (mais c'est déjà bien qu'il en ait une). L'acte incroyable et inattendu de Pietro, contre toute apparence, sera libérateur. Car il est le véritable héros du livre, celui qui brisera la fatalité et donnera son sens à ce titre mystérieux, « [Je passe te prendre] et je t'emmène ».
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miriam
  29 octobre 2015
Niccolo Ammaniti nous emmène en Maremme, à Ischianno Scalo, petit bourg enclavé entre mer, marais et l'Aurelia - la route qui va de Rome à Gènes- village où tout le monde se connaît et où il ne se passe rien.
Le monde de Niccolo Ammaniti est moche et dégueulasse!
Mais le livre se lit bien, bon rythme, rebondissements inattendus, je tourne les pages....
Comme La Fête du siècle la construction s'organise en tissant deux histoires autour de deux personnages qui finiront par s'entremêler. Histoires de deux losers, Graziano, dealer minable, don juan des discothèques, champion de la drague, musicien de club de vacances...Pietro, 12 ans, fils d'un père alcolo d'une mère dépressive, dont le plus grand talent est de pédaler sur sa bicyclette, gamin rêveur, trop gentil, trop timide, harcelé au collège par les caïds de sa classe.
Le personnages secondaires sont tout aussi minables et antipathiques, le surveillant du collège, violent, les deux policiers, qui surveillent la vitesse sur l'Aurélia et manquent de se tirer dessus, personnel enseignant autoritaire et faible, les copains de Graziano. Aucun pour racheter les autres.
C'est un roman bien masculin, imprégné de testostérone et de sauce tomate. Parfois, cela me lasse. Les femmes ne sont pas beaucoup avenantes, mamas obsédées par la cuisine, bimbo sans cervelle, putain au grand coeur, mais sans papiers, adolescentes boutonneuses, vieille fille...Une humanité peu avantagée.
Ammaniti excelle dans le burlesque, certaines scènes m'ont fait rire aux éclats.
Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
TakalirsaTakalirsa   26 décembre 2018
Dans la vie les choses passent toujours, comme un fleuve. Même les plus difficiles, celles qu'on croit jamais pouvoir surmonter, on les surmonte, et en un instant on les retrouve derrière soi et on doit aller de l'avant.
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rkhettaouirkhettaoui   02 juin 2015
L’angoisse est une vilaine chose.
Tout le monde, un jour ou l’autre, a eu affaire à ce désagréable état émotionnel. En général, elle est passagère et est liée à des situations extérieures capables de la produire, mais en certains cas, elle se génère spontanément sans cause apparente. Chez certains individus, elle devient même chronique. Il y a des gens qui vivent avec toute leur vie. Qui réussissent à travailler, à dormir, à avoir des relations sociales avec ce sentiment d’oppression au fond d’eux. D’autres, au contraire, en sont terrassés, ils sont incapables de quitter leur lit et ont besoin de médicaments pour être soulagés.
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rkhettaouirkhettaoui   02 juin 2015
L’angoisse vous flanque à terre, vous vide, vous tourmente, on dirait qu’une pompe invisible aspire l’air que vous essayez désespérément d’avaler. Le mot « angoisse » dérive du verbe latin angere, « serrer », et c’est exactement ce qu’elle fait : elle vous serre les tripes et vous paralyse le diaphragme, c’est un massage désagréable au bas-ventre et elle s’accompagne souvent de mauvais pressentiments.
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crapahutevidacrapahutevida   28 mai 2017
Pietro n’aimait pas jouer au basket, ni au volley encore moins au foot . Non qu’il n’ait jamais essayé. Il avait essayé et comment, mais entre le ballon et lui, il y avait sans doute un problème de compréhension. Lui désirait que le ballon fasse une chose et l’autre faisait exactement le contraire.
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rkhettaouirkhettaoui   02 juin 2015
Max avait du mal à tenter le coup avec les filles.
Pour draguer, raconter des blagues, piquer des fous rires, aller au ciné, téléphoner et toutes ces autres conneries, il était super bon, mais dès qu’arrivait le terrible moment de tenter le coup, autrement dit l’épreuve du baiser, il perdait son aplomb, et l’angoisse d’essuyer un refus le bouleversait, le bloquant comme un bleu à ses premières armes.
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Videos de Niccolò Ammaniti (41) Voir plusAjouter une vidéo
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Pour cette troisième lecture spéciale Saint Valentin, l'éditrice Marine Alata et la traductrice Myriem Bouzaher vous présentent un roman de Niccolò Ammaniti.
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