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EAN : 9782955337745
355 pages
Editions Anaïs W (23/09/2018)
4.63/5   23 notes
Résumé :
En revenant dans la ville où il a grandi, Daniel se donne une ultime chance d'être heureux. S'il échoue, il laissera le VIH l'achever... Après avoir perdu ses parents, Kalinda a tiré un trait sur son avenir pour éduquer ses deux jeunes frères et sa soeur. Pourtant, elle ne peut se résoudre au sacrifice qu'est devenue sa vie...Un soir, sur le parking où il se gare chaque jour depuis un an, Daniel fait la rencontre de Kalinda. Très vite, pour les deux jeunes gens, l'e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
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Après "Au-delà des tours" et "Débolis Héyavé", Anaïs W. nous fait rencontrer deux nouveaux personnages brisées par la vie : Kalinda et Daniel. À travers eux et leur histoire d'amour, ce sont les difficultés à vivre avec le VIH et à faire son deuil que nous fait découvrir l'auteure. En se lançant dans leur dernier espoir de bonheur, ils nous entraîne avec eux dans leurs doutes et leurs peurs. Des personnages attachants, même les "secondaires", une histoire d'amour incertaine, la maladie bien décrite et détaillée (on voit que l'auteure s'est bien informée), un deuil difficile (très bien décrit aussi) mais l'espoir de jours meilleurs font de ce livre un livre (très) addictif.
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Je suis restée scotchée. Comment avais-je pu laisser de côté cette petite pépite ? Et, bien sûr, il me fallait lire ce roman dans son entièreté. Et vite. Il m'était impossible de ne pas lire la suite tant les personnages m'avaient émue, tant j'avais besoin de savoir ce qu'il allait advenir de leur histoire naissante mais difficile.


Deux personnages, deux destins bouleversants

Ni l'un ni l'autre n'avait demandé à ce que sa vie soit ou devienne aussi compliquée…

Daniel est revenu dans la maison qu'il a partagé avec sa mère pour se donner une dernière chance, une vie dans laquelle le VIH, dont il est porteur, ne serait plus un frein. S'il a retrouvé un travail qui lui convient, c'est l'amour qu'il recherche. Un amour dont il a toujours profondément manqué. Daniel voudrait que ce nouveau départ lui offre cet amour, le vrai, celui que le VIH n'éloignerait pas. Et si cette tentative de vivre une vie normale ne réussit pas, ce sera la dernière, il ne s'acharnera plus. Il se laissera mourir.

Kalinda a dû faire face au cruel décès de ses parents dans un accident de voiture. Une tragédie qu'elle doit affronter avec le reste de sa famille, car aujourd'hui Kalinda est la tutrice de ses deux frères et de sa soeur. Un bouleversement dans sa vie qui remet tout en question. Son fiancé l'a lâchement quittée et c'est presque seule qu'elle doit faire face à sa nouvelle situation.

Le hasard va pousser Daniel et Kalinda à se rencontrer sur un parking. Une rencontre fortuite qui va chambouler la vie des deux jeunes gens. Mais pour lui comme pour elle, l'espoir est-il suffisant quand les casseroles que l'on traîne sont aussi lourdes ? Ils aimeraient tous les deux y croire. Mais entre les doutes et les craintes, il n'est pas toujours évident d'être optimiste. Lui est pris au piège entre le désir, l'espoir et la prudence car, bien entendu, il craint que le VIH fasse fuir la jeune femme. Elle, de son côté, se noie un peu dans ses nouvelles responsabilités et à peur de les infliger à l'autre, alors elle ne dit rien et cache maladroitement tout de sa situation familiale. Deux personnages hésitants et parfois résignés qui ont du mal à se projeter pleinement… Alors, que va-t-il advenir de leur histoire ?


L'angle parfait

L'auteure a su prendre l'angle parfait pour chaque personnage, et j'imagine que cela n'a pas dû être simple. le résultat du travail d'Anaïs W. n'est pas une histoire d'amour, c'est une histoire de difficultés très loin des romances évidentes et faciles habituelles, mais savamment bien racontée.

Il fallait oser combiner ces deux sujets, chacun d'eux pouvant soutenir à lui seul un roman. C'était un pari dangereux. Un choix que l'auteure a pleinement assumé et maîtrisé. L'espoir au corps est le troisième roman d'Anaïs W mais le premier que je lisais d'elle — et certainement pas le dernier !


Le coeur déchiré

J'ai évidemment était impactée par la tragédie subie par Kalinda et les efforts que sa nouvelle situation nécessite. Parce que le courage et l'amour des siens n'effacent pas les doutes et la peur de mal faire, son personnage a besoin de s'adapter, et d'accepter avant tout ce qui lui arrive. Kalinda est humaine. L'auteure a très bien su mettre en relief son personnage. Ses personnages ! Car Daniel, les enfants et l'entourage des personnages principaux sont tout aussi brillamment élaborés.

Quant au VIH, j'ai été étonnée des lacunes et des idées-reçues que je pouvais encore avoir sur le sujet. Je m'estimais bien informée, mais ce roman nous donne un tout autre angle de vue. Daniel est — sans surprise — mon personnage préféré. Qu'il ne soit pas lisse ou simplement résigné m'a plu, c'est un jeune homme en colère, un personnage tout aussi humain que Kalinda. J'ai eu plaisir à lire que malgré toute l'introspection que sa maladie lui a déjà conférée, il découvrait encore des choses, et se découvrait encore lui-même.

Les espoirs des personnages étaient palpables tout au long du roman, tout autant que leurs douleurs et leurs colères. Jusqu'à la fin j'ai tremblé, le coeur déchiré pour eux.

Je suis sortie de ce roman bouleversée et le souffle court. Cela peut paraître un peu surprenant mais c'est ce qui a, par-dessus tout, fait de cette lecture un véritable coup de coeur ❤
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« Ce livre m'a déchiré le coeur. L'auteure nous déverse une montagne d'émotions à travers nos deux personnages principaux. C'est bouleversant, marquant. Elle arrive à nous faire ressentir de la compassion, de l'empathie pour eux et c'est fatalement poignant. » Blog littéraire My Little Anchor. « L'espoir au corps. Bien plus qu'une histoire d'amour impossible : un roman témoignage bouleversant : Parce qu'un roman feel good peut aussi parler de sujets forts et d'actualité » Source Amazon « Une très belle plume, sensible, à fleur de peau capable de décrire les émotions à travers leurs nuances, d'exprimer les non-dits des personnages dans certains gestes, certaines expressions. L'auteure a su donner corps à ses personnages. » Cocounette. Comme vous pouvez le constater en lisant ces commentaires, le troisième roman de Anaïs W, publié en septembre 2017, est auréolé d'une belle réputation et d'avis extrêmement positifs, voir dithyrambiques.
Qu'elle n'a pas été ma joie de constater qu'il faisait partie des bouquins mis en prêt sur Amazon Kindle. J'allais pouvoir découvrir cette jeune auteure et, au vu des retours élogieux, m'octroyer un prodigieux moment de lecture. Je me lançais donc avec espoir et avidité dans cette aventure des plus prometteuse.
Les premières pages avalées confirmèrent l'excellence de ce bouquin et me confortèrent dans la bonne opinion que j'en avais.
Venant de le terminer, je dois avouer que j'ai beaucoup aimé et que j'en ressors conquise.
Dès le prologue, nous rencontrons successivement deux personnes qui s'acharnent contre le mauvais sort en espérant des jours meilleurs.
Cet homme et cette femme, qu'à première vue tout oppose, ont pourtant un point commun, à savoir un parcours de vie compliqué :
- En revenant dans la ville où il a grandi, Daniel se donne une ultime chance d'être heureux. S'il échoue, il laissera le VIH l'achever...
- Après avoir perdu ses parents, Kalinda a tiré un trait sur son avenir pour éduquer ses deux jeunes frères et sa soeur. Pourtant, elle ne peut se résoudre au sacrifice qu'est devenue sa vie...
Ils ne se connaissent pas, ne savent pas encore l'importance que l'un aura pour l'autre et vice-versa avant qu'un soir leur chemin ne se croise sur le parking où est garée leur voiture… Rapidement, l'espoir d'un rapprochement se fait jour. Sur quoi va-t-il se développer ? Se transformera-t-il en un amour ? Dans l'affirmatif, sera-t-il construit sur des bases solides ou au contraire risque-t-il de s'effondrer sous le poids des non-dits et du mensonge ?
Les réponses à ces questions sont disséminées à travers cet opus. Elles vous attendent.
En prenant comme trame le deuil et le V.I.H, La jeune romancière aborde talentueusement sous couvert d'une histoire d'amour des sujets difficiles, forts émotionnellement, délicats à traiter. Elle ose s'attaquer à des tabous de la société et par une habile construction nous tient en haleine de bout en bout.
Elle s'est visiblement bien documentée pour coller au mieux de la réalité dans la description de ce syndrome, de la séropositivité et des relations dans un couple sérodifférent.
Ce livre-documentaire est riche d'enseignement. Il permet au lecteur de prendre conscience de l'impact du virus de l'immunodéficience humaine sur l'existence du porteur, de son entourage. A. W. ne cache rien. Elle travaille excellemment en montrant la peur, la méchanceté de certains face à cette maladie. Elle décrit avec justesse ce que l'individu atteint ressent quand le monde alentour voit sa particularité avant lui-même.
Merci de m'avoir permis d'en apprendre davantage sur cette infection. Mon souhait le plus cher étant qu'à la fin de cette bouleversante aventure, chacun comprenne que les gens touchés par cette pathologie sont des êtres normaux et non déviants. Que toute différence soit gommée.
Ce récit nous permet, également, de mieux appréhender le deuil. Nous pouvons y trouver quelques clés pour survivre au choc, au manque, à l'absence. C'est un hymne au courage, à l'acceptation, à la reconstruction sans l'être aimé.
Je ne peux le classer dans la catégorie feel good (comme j'ai pu le lire). Il est instructif, véridique, poignant, voir dur sur quelques passages. Il n'est en aucun cas léger même si l'optimisme y est présent. Ne vous attendez pas à une lecture détente, sans prise de tête. Cet écrit est un condensé de réflexion, de remise en question.
Plume délicate, douce, sensible, brillante qui se dévore avec une grande facilité.
Les personnages sont bien représentés. Dans l'ensemble, ils sont attachants, attendrissants, intéressants. Nous nous prenons rapidement d'affection pour eux.
J'ai eu un faible pour Kalinda. J'ai été charmée par son courage, son sens du devoir, sa force de caractère mais en même temps j'ai eu le coeur brisé quant à sa situation : orpheline au commencement de sa vie d'adulte, soutien de famille, exempte de vie sociale, seule face à la perte.
J'ai adoré les trois enfants, matures, sensibles. Leur dynamisme est des plus bénéfique.
J'ai moins été convaincue par Daniel. Son parcours, son combat contre la maladie est admirable. Son amour pour sa dulcinée est évidant. Ses brusques colères m'ont gênée et je lui reproche un renoncement facile.
A mon humble avis, la fin est trop abrupte. Quelques pages supplémentaires auraient été nécessaire pour en savoir davantage sur leur avenir.
A lire ? Oui sans aucune hésitation. Ce troisième roman est une jolie réussite. Texte fort, empli de vérités et qui nous confronte à des épreuves bien réelles. Par des mots, des phrases, des pages entières nous voyageons au centre des relations humaines. Je ne suis pas ressortie indemne de ce gracieux moment de lecture qui m'a arrachée quelques larmes 😪.
Je n'ai qu'un conseil à vous donner : Lancez-vous !
Dans un futur proche, je lirai les autres oeuvres d'Anaïs W. Elle le mérite.














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Début juillet, j'ai été contactée par Anaïs pour lire en avant-première son nouveau roman et en être partenaire pour la sortie le 23 septembre. Si c'est la première fois qu'elle me propose ce partenariat, ce n'est pas la première fois que j'ai entendu parler de ses romans. En effet, lorsque j'avais parlé d'un de mes gros coups de coeur en 2016, Anaïs s'était tournée vers moi pour me présenter un de ses romans qui était dans la même veine. Etant curieuse, j'ai été découvrir son univers. Et croyez le ou non mais j'ai adoré sa plume. Elle a réussi à me captiver et me donner envie de lire ses livres. Et avant que je me lance dans un de ses romans, Anaïs me propose son tout dernier. Ô joie ! le résumé de L'espoir au corps me donne très envie de le découvrir et dès qu'il fut commencé, je n'ai pas réussi à m'arrêter. C'est fluide, haletant, captivant. On a qu'une envie : savourer sa lecture tout en la dévorant ! Pour réussir cet objectif, je me réservais ma soirée pour lire uniquement L'espoir au corps. Résultat : ça a été un gros coup de coeur ! Mon deuxième coup de coeur de l'année ! Alors si j'étais vous, je ne résisterais pas à lire ce roman ! D'ailleurs, si vous avez envie de découvrir ce roman, la première partie est disponible par ici : lire la première partie et si vous avez envie d'aller plus loin, ce roman est en prévente* (version papier) du 15 août au 15 septembre ! Quelques bonus vous attendent en le précommandant ! ;)

Incisif. Voilà le premier mot qui m'ait venu en tête pour définir le style de l'auteure. C'est percutant et direct.

Le prologue est très bien réalisé. Il amorce totalement les deux histoires que l'on va découvrir sans vraiment les révéler.

Ainsi, dans ce roman, nous suivons Kalinda qui essaye de se reconstruire suite au décès de ses parents dans un accident de voiture. Il n'est plus question d'elle mais de ses proches. Kalinda doit s'occuper de ses frères et sa soeur, tout en essayant un autre métier : celui de secrétaire médicale.

En perdant ses parents, Kalinda a dû renoncer à sa vie d'avant.

De l'autre côté, on découvre le portrait de Daniel, atteint du VIH depuis sa tendre enfance. Ça n'a pas toujours était simple dans sa vie. Il a toujours connu les mauvais regards, les jugements, les critiques, les mensonges... même auprès de personnes atteintes elles-même du VIH. Daniel pense qu'il ne connaitra jamais de stabilité surtout dans sa vie amoureuse. C'est inconcevable. Pourtant, il pourrait bien se remettre en question lorsqu'il rencontre une jeune femme.

A moins que de lourds secrets se cachent et anéantissent toute relation ?

On découvrira alors que Kalinda & Daniel vont se rencontrer de façon hasardeuse et se retrouver de façon curieuse.

Parfois la vie est composée de rencontres furtives. Quelques instants peuvent bouleverser le cours de notre vie.

Quand j'ai commencé cette histoire, je ne pouvais plus la lâcher. J'avais toujours Kalinda & Daniel en tête. Je voulais connaître leur histoire. C'est pour cette raison que j'ai pris plaisir à lire ce roman tranquillement. J'ai savouré chaque moment avec nos personnages. Ils sont si attachants qu'on leur souhaite que le meilleur.

Au fil des pages, Kalinda & Daniel apprennent à se connaitre malgré les contraintes de chacun, les questions, les peurs.

Difficile pour Kalinda de vivre sa vie quand elle doit s'occuper de ses frères et sa soeur. Kalinda n'a pas envie de dévoiler cette partie de vie à Daniel par peur de le voir partir, de l'abandonner comme son ex après 3 ans de vie commune... Elle n'a pas envie de commettre de nouveau cette erreur et de revivre ça. Elle ne pourrait pas tenir le choc.

Daniel lui n'a pas le courage de parler de sa maladie. Il a peur que Kalinda se fasse la malle comme les autres. Il a peur de la perdre car finalement il l'aime éperdument. Alors quand Kalinda lui échappe, il pense que c'est à cause de sa maladie. Il rejette la faute sur lui alors que pourtant une tout autre vérité se cache derrière tout ça...

Ce livre m'a déchiré le coeur. L'auteure nous déverse une montagne d'émotions à travers nos deux personnages principaux. C'est bouleversant, marquant. Elle arrive à nous faire ressentir de la compassion, de l'empathie pour eux et c'est fatalement poignant.


Si vous devez lire un livre cette année, c'est bien celui-ci ! J'ai complètement perdu pied en le lisant. Il m'a bouleversé au point de vivre cette histoire comme si c'était la mienne.
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J'ai l'impression de lire un peu plus de contemporain qu'à l'accoutumée cette année. En revanche, si quelque chose ne change pas, c'est que mes lectures dans ce genre s'échafaudent autour d'une maladie. C'est le cas ici pour « L'espoir au corps », mais encore une fois, la patte de l'autrice permet un traitement spécial de la chose et au roman de sortir du lot.
Quand je me suis lancée dans l'aventure du partenariat, je ne cache pas avoir été tout de suite interpellée par la cause que semblait défendre le roman. Je pensais y trouver un message d'espoir vis‑à‑vis de la séropositivité, un message de tolérance aussi. Je dois avouer que mon sentiment final s'en trouve changé. « L'espoir au corps » est plus que ça et au delà de l'émotion véhiculée par le personnage de Daniel, j'ai avant tout été bouleversée par Kalinda. La différence de chacun tend à les lier d'une façon à la fois étrange et incertaine mais tellement, tellement naturelle. J'ai aimé cette dualité des comportements, comment les agissement de Kalinda que Daniel peine à comprendre parfois, trouvent leur écho dans son propre passé, dans ses propres faits et gestes. J'ai également apprécié la fragilité de Kalinda qui renferme une force inouïe. Aussi, la romance qui s'installe lentement m'a littéralement conquise. Loin des stéréotypes et autres clichés, leur relation s'inscrit dans une sorte de réalité qui fait mal mais qui éveille un quelque chose de grandiose.
J'ai parfois trouvé Daniel dur, très dur et même intransigeant. Son passé explique certaines choses, je pense toutefois qu'il n'explique pas tout et je me suis plus d'une fois énervée contre lui. Cet énervement, je le dois à Kalinda et c'est à ce moment que j'ai compris à quel point je m'étais attachée à elle. Peut‑être parce qu'elle souffre trop, peut‑être parce que la perte de mes proches me terrifie ou peut‑être juste parce qu'elle est authentique... Je ne saurais le dire et pourtant je pense que c'est elle qui incarne le véritable espoir de cette histoire et ce sur les deux versants : elle l'apporte et elle le cherche.
Si les personnages principaux portent évidemment l'histoire à bout de bras, les personnages secondaires ne sont pas seulement là pour décorer l'intrigue : chacun a son entité, son caractère, ses actions et ses incidences sur le déroulement de l'histoire. Les enfants d'abord, sont les personnages qui m'ont le plus touchée. Peut être à cause de la candeur qui teinte leurs paroles, leur naïveté ou leur simplicité. Ils sont perdus, mais décidés à faire face et ce malgré leur jeune âge. Viviane et Papé, les deux anges gardiens en quelque sorte, allègent le récit tout en le rendant plus cruel encore. Même les personnages complètement annexes comme les employeurs de Daniel ou de Kalinda, Monsieur Nicolas ou le père de Daniel servent à mettre à nu l'un des traits de caractère de nos protagonistes.
La visée pédagogique n'est pas en reste et pourtant elle s'oublie. le but de l'autrice est d'informer, pas de noyer et j'ai été étonnée d'apprendre certaines choses. « L'espoir au corps » n'est pas une revue scientifique sur la maladie, ni un témoignage, il ne donne pas de conseils, ne montre pas la marche à suivre : il est une une histoire comme il s'en vit probablement d'autres, mais d'une histoire contée dans le but de mettre en lumière d'hypothétiques problèmes et d'abattre les barrières entre les individus. Les thématiques s'entremêlent. Deuil, maladie, rupture, décisions irrévocables... Certaines situations compliquées semblent simplifiées une fois maquillées, oubliées ou modifiées. Mais un mensonge reste un mensonge et la vérité, le seul moyen valable pour espérer un retour à la vie, la vraie vie.
La fin, sur laquelle je ne m'étendrai pas au risque d'en abîmer l'importance à la lecture, laisse la porte ouverte à l'imagination, laisse libre cours à la vie...
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Citations et extraits (80) Voir plus Ajouter une citation
Elle avait aimé Fabien pendant trois ans mais jamais elle n’avait ressenti une telle symbiose. Pour comprendre Fabien et se faire comprendre, ça avait été une lutte de tous les jours. Avec Daniel, ça avait été évident dès le départ. Ils n’avaient pas besoin de se parler, ils lisaient l’un dans l’autre. Bien sûr, leurs débuts n’avaient pas été sans embûches, Daniel se braquait, elle aussi… Kalinda n’avait pas fait beaucoup d’efforts mais elle avait vu ceux de Daniel, jour après jour, pour lui révéler ses faiblesses et ses craintes. Dans ses yeux, dans ses hésitations, elle avait deviné qu’elle était la première femme devant laquelle il se mettait ainsi à nu. Elle comprenait pourquoi il pensait avoir été trahi, manipulé. Il devait avoir l’impression qu’elle avait abusé de lui en l’amadouant. Sa colère était légitime mais Kalinda aurait aimé qu’il voie au-delà : l’amour qu’elle lui portait, inconditionnel. Elle resserra ses bras autour de sa poitrine. Avait-elle encore une chance, même infime, de le convaincre ? Elle se remémora la dispute avec son père, qui avait finalement permis à Daniel de rebondir. À ce moment-là, il s’était regardé en face et s’était remis en question. Il avait fait son maximum pour avancer. Lorsqu’il s’agissait des femmes, Daniel s’enfuyait parce qu’il n’avait jamais appris à faire autre chose. C’est ce que Kalinda pensait : il n’avait pas confiance en lui et il ne se croyait pas capable de faire face au chagrin et à la déception. Kalinda se leva pour se remettre au chaud, lorsqu’une question vint titiller son esprit : est-ce que les précédentes amies de Daniel avaient tout fait pour le récupérer ? Aussitôt, elle préféra croire que non et elle se demanda si sa dernière chance n’était finalement pas là…   ~   Toute la semaine, Papé avait surveillé ses allées et venues. Il avait retardé ce moment mais voyant que la caravane était de sortie, il prit son courage à deux mains. En ce samedi matin, un crachin poisseux recouvrait la région, on ne voyait pas à un kilomètre à la ronde. Il retrouva Daniel dans la cour à charger une énième remorque. – Alors, ça y est, tu t’en vas, déclara-t-il sans introduction. Daniel serra les tendeurs en lui jetant un bref coup d’œil. Papé vit à son regard que le gamin n’était plus sûr de rien. Il était loin de la colère du début de la semaine. Il avait l’air au bout du rouleau, le visage rongé par les cernes et une barbe de trois jours. – J’ai vu le panneau « à vendre » sur la nationale, ajouta-t-il alors que Daniel ne répondait pas. Papé suivit Daniel à l’intérieur, ce dernier continua à l’ignorer. Daniel n’avait pas chômé, Papé comprenait où ses heures de sommeil étaient passées. La maison était pratiquement vide et ça lui brisa le cœur. – Tu as tout amené à Emmaus ? demanda Papé pour la forme. – Oui, Papé. Qu’est-ce que tu me veux ? Le vieillard fixa l’homme qui s’était immobilisé à quelques pas de lui. Il se tenait voûté, comme s’il portait un poids immense sur ses épaules. Papé avait envie de lui demander s’il était sûr de vouloir partir, mais il préféra s’abstenir. Si Daniel prenait la route dans les heures prochaines, il préférait lui avoir dit au revoir sans haine. – Je vois que tu as changé de voiture, fit-il remarquer en retournant dehors. – J’ai vendu la Lexus ce matin, expliqua Daniel en le suivant. – C’est sûr que pour la caravane, le Ford est plus approprié. – Qu’est ce que tu veux ? répéta Daniel en fermant la maison à clef. Le grand-père se tourna vers lui, en hochant la tête. – Savoir quand tu partais, pour avoir une chance de te dire au revoir. Je vois que tu n’en es plus très loin… – Demain ou lundi matin au plus tard. Le ventre de Papé se noua. Daniel ouvrit la portière de son nouveau 4x4, auquel était attelée la remorque. Daniel hésita. – Je passerai te voir, annonça-t-il sans le regarder. Il claqua ensuite sa porte et s’empressa de quitter sa propriété. Papé resta un long moment au milieu de la cour, douché par la bruine. Il finit par secouer la tête pour chasser ses pensées douloureuses et retourna chez lui en espérant que Daniel ne lui avait pas menti. Il voulait dire au revoir à ce gamin… il savait qu’il ne le reverrait plus. D’ici qu’il remette un pied dans la région, il n’allait pas faire de vieux os. Daniel serra les dents, se concentra sur la chaussée glissante. Dernier voyage à Emmaus, il ne restait que ses affaires personnelles, deux valises, une caisse de vaisselle, un carton de bricoles et son chien. Demain, il installerait le tout dans la caravane et finirait le ménage s’il en avait le courage. La femme de l’agence immobilière ne s’était pas fait prier pour venir récupérer le double des clefs un dimanche avec la marge qu’elle allait réaliser sur cette vente. En revenant une heure plus tard, la nuit était tombée. Il se réchauffa sous une douche brûlante puis se résigna à raccourcir sa barbe. Il avait vraiment l’air d’un bagnard. Il avait aussi maigri, trop de sport, de fatigue, pas assez d’appétit. Plus rien n’avait de goût, il avait la nausée en permanence. Une nouvelle fois, lorsqu’il ouvrit le frigo rien ne le tenta mais il se força à avaler un yaourt, le cœur serré. À 22h30, Daniel décida de préparer le dernier carton de bouffe pour pouvoir ensuite nettoyer les placards. En disposant les petits gâteaux dans le carton, les pâtes multicolores, la sauce épicée, son esprit chavira. Toutes ces choses qu’il n’avait pas l’habitude d’acheter étaient maintenant là à cause de Kalinda. Il sourit malgré lui en prenant un paquet de farfalles. Kalinda les aimait plus que toutes les autres pâtes. Elle lui avait expliqué que le cœur du papillon restait toujours al dente et que c’était ça, la magie des farfalles. Elle les aimait particulièrement avec un bout de jambon blanc froid et un trait de ketchup. Il rangea le paquet avec les autres en soupirant. Kalinda avait laissé une empreinte partout dans cette maison. Il y avait ce casse-noix qu’elle avait acheté car elle n’aimait pas sa manière forte de les briser entre ses mains. – C’est toi qui disais que j’avais des mains trop fragiles quand tu changeais ma roue, lui avait-elle rappelé. Il y avait aussi la bougie à l’eucalyptus sur le comptoir qu’elle avait ramenée pour le rendre plus zen. Le plus souvent il vivait directement chez ses amies… pour mieux pouvoir repartir. Il savait à présent ce qu’il leur avait fait endurer. Andy vint se glisser entre ses jambes, Daniel sortit de ses pensées. Il s’efforça de terminer ce qu’il avait entrepris, mais la volonté n’y était plus. Harassé, il regarda l’horloge au-dessus de la cheminée qui indiquait minuit passé. Lentement, il éteignit toutes les lumières, vérifia que tout était bien fermé et se dirigea vers sa chambre. – Viens, dit-il à Andy. Le chien, assis au bout de couloir, le regardait tête penchée sur le côté. – Allez, viens. Daniel siffla et le chien obéit. Après tout, son maître changeait toutes les règles ces derniers temps. Andy partit à la découverte de la seconde partie de la maison puis vint rejoindre Daniel dans la chambre. Ce dernier, glissé sous les draps, lui fit signe de monter. Sans attendre, Andy s’exécuta et se colla à lui. C’était sûrement sa dernière nuit ici. Plus jamais aucune femme ne partagerait son lit… plus jamais Kalinda.
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C’étaient des conneries de dire que l’amour était plus fort que tout. L’amour c’était de la merde, un truc immonde qui finissait toujours par vous dégoûter et vous donner la gerbe. Un truc tellement dégueulasse, qu’il fallait des mois pour s’y risquer de nouveau sans avoir envie de dégobiller. Pourquoi c’était si important pour lui de vivre à deux ? On était toujours mieux servi par soi-même, ça aussi on le disait à qui voulait l’entendre !
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" Cette phrase lui fit l'effet d'une gifle, Daniel ramena ses jambes sur le fauteuil. L'alcool aidant, son menton se mit à trembler. Daniel fixa le feu, dont les flammes commençaient à se brouiller. C'était quand même moche, la vie, toute cette merde que l'on trimballait et ces murailles que l'on bâtissait ... qui nous préservaient finalement plus du bien que du mal. Peut-être que personne ne s'était sacrifié pour Kalinda et qu'elle non plus ne voulait pas lâcher prise ..."
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"Je t'en supplie Kalinda, fais-moi confiance. Autorise-toi à être heureuse. Tu dois comprendre et sentir au plus profond de toi-même, qu'en ouvrant ton cœur à l'amour, à la légèreté, à l'amitié, tu trouveras une énergie nouvelle pour affronter ton quotidien. Cet amour débordera aussi sur les enfants.C'est la clef ma Kalinda. Tu dois revivre, respirer à nouveau.
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 Fini ! Tu comprends ? Fini, plus de traitement, basta !Et il jeta la plaquette de comprimés dans la poubelle. Le chien aboya pour protester, Daniel le traîna dehors par le collier avant de claquer la porte. Il se laissa tomber sur une chaise, le souffle court. Il ne mesurait pas l’étendue de cette décision… ou si, il la mesurait très bien : il se suicidait à petit feu. Maintenant qu’il n’était plus sous traitement, le virus allait lentement sortir de son sommeil et reprendre sa prolifération. Pendant quelque temps son système immunitaire allait batailler, mais le VIH allait décimer les troupes pendant de longs mois, de longues années.
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