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ISBN : 2251448047
Éditeur : Les Belles Lettres (16/03/2018)

Note moyenne : 4.85/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Au lourd secret qui entoure le véritable rôle de la France et de son armée lors du génocide des Tutsi au Rwanda, Guillaume Ancel oppose la vérité de ses carnets de terrain, témoignage des missions auxquelles il a participé durant l’opération Turquoise. La fin du silence est aussi le récit du combat mené par cet ancien officier pour faire savoir ce qui s’est réellement passé durant cet été 1994 et « rendre hommage, dignement, aux centaines de milliers de victimes rwa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Iamnonumber
  22 mars 2018
J'ai dévoré presque totalement (il me reste une vingtaine de pages) ce que l'auteur appelle fort justement un carnet d'opération, à la concision toute militaire, presque froide.
Ça m'a fait l'effet d'une grande claque, tant du point de vue de ce choix stylistique, que des faits qui sont décrits.
Et ce choix formel rend puissamment réels ces faits inouïs, parfois même de dérision.
Je pense qu'en réalité, au-delà de la fascination que peuvent exercer les récits de guerre, ce sont les raisons pour lesquelles ils sont écrits qui importent.
Guillaume Ancel saisit donc à plein ton honneur de soldat et d'être humain, et la brandit aux yeux de ceux qui en sont dépourvus.
Froide concision, froide colère, glacial constat d'impuissance.
Certains auront compris que ce livre fait écho (et non pastiche) à son précédent ouvrage "Vents Sombres sur le lac Kivu".
Mais l'objet n'est bien entendu pas le même, et du procédé plus romantique qui était précisément utilisé dans cet ouvrage, procédé qui ne permet qu'à la marge de relater les faits, il répond avec humilité par ce carnet d'opération, froid et chirurgical, à certaines critiques de ses pairs que ce témoignage honnête et sincère dérange.
Il y fait d'ailleurs référence de manière transparente dans ce nouvel ouvrage.
J'espère que cela lancera le débat nécessaire sur l'échec de la France au Rwanda, mais aussi sur la manière dont le pouvoir politique doit rendre compte de ses décisions, plus particulièrement en matière militaire, aux citoyens au nom desquels il agit.
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JYG
  12 novembre 2018
Dès lors que j'ai ouvert l'ouvrage, je ne l'ai plus refermé ! le style tout d'abord : vif, clair, concis. Les faits : en mission de courte durée en juillet-août 1994 pour le Comité international de la Croix-Rouge, j'ai eu l'occasion de rencontrer le Cap Guillaume Ancel et l'Etat-Major de la force Turquoise basée à Cyangugu. Je puis confirmer les faits suivants :
a)assistance & protection du camp de Nyarushishi, soit environ 8-10'000 Tutsi : si l'assistance médico-nutritionnelle était fournie par le CICR, la protection du camp fut assurée par des éléments de la Légion étrangère, ce qui a évité une tuerie de ces rescapés.
b) l'auteur évoque les "extractions" de Tutsis rescapés dans des villages mais voués très probablement à la mort. Je puis confirmer que l'extraction de la famille Moreira a bien eu lieu et en ai été témoin dans ses préparatifs. de telles opérations devaient conjuguer la fiabilité des informations relatives aux localisations, la rapidité et la légèreté des moyens militaires mis en oeuvre. Je sais par d'autres témoignages que des sauvetages analogues furent entrepris par le Cap Ancel
c) l'auteur distingue l'action de ses compagnons d'armes, censés obéir et astreints à ne rien dévoiler de celle de l'Elysée. L'opération Turquoise devait à ses débuts sécuriser la zone du sud-ouest du Rwanda en empêchant les forces du RPR d'y pénétrer avec le risque politique pour Paris de se trouver en appui du gouvernement génocidaire.
d) le génocide rwandais s'est déroulé sur une période de 4 mois faisant 800'000 victimes ce qui démontre son intensité. Il fut le fait de soldats, de gendarmes, de simples citoyens et même d'enfants, attisés par la propagande de la radio des Mille Collines qui demandait d'écraser ceux qu'elle nommait les cancrelats. L'identification des Tutsi fut facilitée par l'inscription de leur ethnie sur leurs cartes d'identité.
e) je ne puis me prononcer sur la livraison d'armes effectuées par l'armée française aux milices dès lors qu'elles passèrent la frontière zaïroise; cette action qui m'était inconnue jette un discrédit indélébile sur la politique française. S'agissant de la fuite des troupes rwandaises sur sol zaïrois dans une débandade totale, les armes en leur possession furent bien remises au poste frontière. Que devinrent-elles ? Furent-elles revendues ou simplement redonnées ? Il est évident que la Kalachnikov a toujours voyagé en Afrique. Pourquoi, pour le moins, une tentative de désarmement n'a pas été décidée par l'EM alors que la soldatesque gouvernementale était sans chefs et totalement démoralisée ? du génocide rwandais, on passait alors aux tueries zaïroises, moins médiatisées.
f) si l'ouvrage relate des faits précis, il interroge aussi et apporte des éléments nouveaux pour la compréhension du drame rwandais. Cet ouvrage va faire date, alors que les commémorations du 25ème anniversaire approchent.Ouvrage à lire d'urgence !
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lecomtee
  23 mai 2018
En 1994, j'avais 20 ans et la guerre ne me concernait pas. le phénomène du mort kilométrique permet la distance d'avec la réalité... Ce que nous rapportent les médias en deviendrait presque de la science-fiction. J'ai pris conscience de ce phénomène depuis le jour où j'ai foulé le sol de pays où la folie humaine et politique a conduit des hommes à exterminer leurs semblables. Un génocide, comment peut-on le comprendre? Depuis quelques mois, je marche dans les rues de Kigali et je ne peux m'empêcher d'imaginer l'histoire des rwandais aussi macabre qu'elle fut. C'est inévitable. Ici, je me sens autrement concernée. Je m'interroge, je cherche à comprendre même 24 années après les faits. Je m'informe, j'écoute, je lis. Il faut comprendre le peuple pour pouvoir vivre à ses côtés. Il faut pouvoir répondre aux questions de mes enfants qui en pleine période de Kwibuka (mémoire) sont confrontés à l'histoire de leur pays d'accueil. Et puis surtout il faut témoigner et surtout entretenir la mémoire pour les générations futures.
Le témoignage de Guillaume Ancel apporte la lumière sur une zone d'ombre si bien camouflée tant ces ombres sont gênantes et pourtant.... "Partager ces "évènements" , c'est éviter aussi qu'ils ne restent tapis dans l'ombre de nos mémoires et ne viennent nous hanter alors que nos horizons se rétrécissent."
e pourrais citer de nombreux extraits de ce livre tant le témoignage de G. Ancel sur l'opération Turquoise au Rwanda en 1994 transpire de justesse et apporte la lumière sur une période macabre de l'histoire qui aurait pu être évitée si les enjeux humanitaires l'emportaient une fois pour toutes sur la folie politique... Respect Monsieur Ancel et merci d'avoir affronté le silence.
Il n'y a ici ni pathos, ni dérapages. Ce récit est technique, clair et explique ce qui ne se dit pas officiellement. Chapeau MOnsieur Ancel, cela relève du courage ou tout simplement de l'envie dêtre honnête avec son prochain, de l'envie de ne pas jouer. On ne joue pas avec la vie des gens.
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EBeyerler
  17 avril 2018
Le récit de Guillaume Ancel se lit d'une traite. Il a l'art de conter les choses, et sans doute cela tient-il à sa personnalité d'homme qui a l'air sacrément trempée !
Au-delà de son style d'écriture très vif, ce témoignage nous amène à réfléchir à la façon dont un pouvoir politique de nature pourtant démocratique use cyniquement de l'art de dévoiler ou cacher la vérité. le témoignage de Guillaume Ancel est à la fois très radical, très engagé, et très nuancé. Il ne se pose pas en héros, il narre ce qu'il a vu, et il sait dire aussi ses propres limites et ses propres violences.
Il faut mettre fin au silence non seulement pour mettre face à leur responsabilité les acteurs français de cette complicité avec le pouvoir génocidaire rwandais mais aussi parce que quand les mots ne sont pas prononcés ou alors ne correspondent pas à la réalité, le silence envahit, hante, gangrène nos mémoires. Guillaume Ancel évoque ainsi le retour d'Algérie de nos pères et leur incapacité pour certains à en parler, le poids toxique de ce silence se transmettant alors aux générations suivantes.
Avec un beau courage, car il nous montre aussi à quel prix se paie un tel témoignage, Guillaume Ancel s'efforce de dire les mots les plus justes, les plus rigoureux sur ce qu'il ce qu'il a vécu dans le cadre de l'opération Turquoise. L'armée française n'en sort pas salie car Guillaume Ancel rend hommage à ses compagnons d'armes. C'est clairement au pouvoir politique de l'époque que par ce récit, Guillaume Ancel demande de répondre de ses engagements.
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Olivier_M
  22 mars 2018
Félicitations à l'auteur, témoin direct des faits relatés a la 1ère personne sur base de ses carnets de note et souvenirs personnels. Il ne s'agit pas dune copie de son roman Vents sombres sur le lac Kivu, même si celui-ci était inspiré par son expérience au Rwanda mais d'un vrai témoignage. Là, il sagit de faits réels vécus par l'auteur dont il rend compte fidèlement et de questions saines sur l'action des décideurs politiques et militaires au plus haut niveau de l'Etat qui ont engagé la France au Rwanda sans l'avis des citoyens français ni de ses représentants à l'Assemblee et sans en rendre compte!
Guillaume Ancel a eu le courage d'aller au bout de sa démarche malgré les intimidations et les menaces qu'il a subies. Ses questionnements pendant et après Turquoise sont d'une grande pertinence et rendent ce récit d'un grand intérêt pr compléter les études déjà nombreuses sur le sujet. Puissent ces écrits contribuer à briser la chape de plomb qui couvre encore l'ambiguité de l'action de la France au Rwanda.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
GuillaumeANCELGuillaumeANCEL   19 avril 2018
Alors que tout était sous mes yeux, j’ai mis des années à faire le lien entre l’opération Turquoise et cette intervention lors du siège de Sarajevo. (...) une politique d’intervention dont on ne sait plus réellement qui la dirige, dans une tradition d’opacité peu propice à la clairvoyance ; un mandat humanitaire de complaisance pour détourner l’attention de l’opinion publique et camoufler la réalité.
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GuillaumeANCELGuillaumeANCEL   17 avril 2018
Comment avons-nous fait pour ne jamais nous en prendre aux génocidaires alors que nous devions faire cesser les violences ? Pour quelles raisons avons-nous protégé leur fuite, les avons-nous laissés organiser cet exode dévastateur ? Et surtout, pourquoi leur avoir livré des armes dans des camps de réfugiés, au cours d’une mission humanitaire ?
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