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ISBN : 2251446761
Éditeur : Les Belles Lettres (12/05/2017)

Note moyenne : 4.67/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Carnet de guerre d’un officier en première ligne lors du siège le plus long qu’ait connu une capitale à l’époque contemporaine, Vent glacial sur Sarajevo est un témoignage sans concession sur l’ambiguïté de la politique française durant le conflit en ex-Yougoslavie.

Cette « capitale assiégée que nous n’avons pas su protéger », Guillaume Ancel la rejoint en janvier 1995 avec un bataillon de la Légion étrangère. Sarajevo est encerclée depuis déjà trois ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
migdal
  22 avril 2018
L'éditeur « Les Belles Lettres » est réputé pour l'exigence avec laquelle il sélectionne les auteurs et les titres publiés et sa collection « Mémoires de Guerre » compte des oeuvres de Winston Churchill, Arthur Conan Doyle, David Galuga, Ernst Junger, Rudyard Kipling, Curzio Malaparte et du Maréchal Soult.
Rares y sont les auteurs édités de leur vivant, à l'exception de François Malye, le directeur de collection, et encore plus rares les auteurs ayant plusieurs ouvrages à ce catalogue, autant dire que la parution, à un an d'intervalle de deux carnets de guerre du Colonel Ancel, est un événement.
Saint Cyrien, officier de la Légion Etrangère, Guillaume Ancel est intervenu en OPEX au Cambodge, au Rwanda, à Sarajevo et revenu à la vie civile, publie « Rwanda, la fin du silence » et « vent glacial sur Sarajevo ».
Préfacés par l'historien Stéphane Audoin-Rouzeau (frère de la romancière Fred Vargas), directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), ces deux reportages diffèrent car l'opération au Rwanda fut une opération « humanitaire » sur un territoire privé d'état, d'ordre, au milieu de pillards et de génocidaires alors que Sarajevo plaça nos légionnaires entre deux armées et mit en oeuvre des moyens lourds et notamment aériens.
« Vent glacial sur Sarajevo » décrit avec force détails le métier d'un FAC, officier qui guide les tirs aériens, et sa lecture pourra être difficile à un lecteur peu au fait des techniques militaires.
« Rwanda, la fin du silence » est le témoignage d'un officier allant chercher les réfugiés au milieu d'une anarchie générale, et découvrant progressivement les preuves du génocide. Ces sauvetages sont lisibles sans culture militaire et ne laisseront personne indifférent. Elles sont sévères pour nos politiciens et ceci explique les pressions dont le Colonel Ancel est l'objet …
Ces pages d'histoire sont présentées comme romans et l'auteur camoufle le nom des officiers, dont beaucoup sont aujourd'hui généraux et commandent ou ont commandé nos armées. Figures contrastées, ces acteurs (militaires, humanitaires, journalistes, trafiquants) incarnent tous les caractères présents en contexte de crise ou héros et salopards se côtoient et l'auteur a un réel talent pour nous placer au coeur des actions.
Guillaume Ancel, avec sa plume trempée dans la sueur et le sang des légionnaires, s'inscrit ainsi sur les traces de Maurice Druon qui, en mai 1941 écrivait « la dernière brigade » et gravait l'épopée des Cadets de Saumur :
- « il parait qu'on a sauvé l'honneur de l'armée française … il y en a deux colonnes »
- Ils se penchèrent en rond sur la feuille, se mirent à commenter, à s'indigner des erreurs minuscules ou à rire des invraisemblances qu'on écrivait à leur sujet.
- Ils ne parvenaient pas à se reconnaitre dans le premier tableau qu'on faisait d'eux.
- Et ce fut ainsi qu'ils entrèrent dans la légende.
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DerAffe
  18 janvier 2018
C'est un livre fort, dense en émotions. Je l'ai dévoré comme un roman.
Sur la forme, d'abord. le choix du récit de guerre éphéméride s'avère adroit : pas d'effet de tunnel, des épisodes courts, du rythme et finalement l'impression de vivre les situations dans ce qu'elles ont de changeant, d'inattendu, d'intense et de surprenant. le style est soigné, mais frugal, épuré, avec peu de fioritures. C'est une langue sobre et précise, et en l'occurrence cette forme haletante sert le fond, fait d'ordres et d'annulations incessantes.

Précisément le fond ; on n'en revient pas. Pour qui comme moi était biberonné du discours officiel, ce livre est une gifle, presque une honte. Il fait passer avec efficacité une version des faits, bien sûr, en disant la colère mais tout en conservant la retenue qui suggère plus qu'elle n'accuse et c'est extrêmement efficace. Même plus de 20 ans après, ce livre est utile, pas seulement pour les soldats, mais pour nous tous, notre histoire et la conscience collective.

L'auteur ne sombre pas dans l'accusation politique. Ce livre n'est donc pas à proprement parler un pamphlet, plutôt un hommage. Malgré son intensité, il se déroule avec ce qu'il faut de distance et de pudeur. Ne pas tomber dans le facile, juste dire. C'est ce qui en fait la force et qui place le lecteur -auquel on ne dicte pas la morale- au centre de sa propre réflexion.

C'est finalement une histoire de caractères, de responsabilité, d'honneur et d'hommes qui force le respect.
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Carolinedeboisredon
  02 juin 2017
Saisissant. Désarmant. Au sens figuré, et au sens propre. Bien plus qu'un carnet de guerre, ce témoignage nous interroge sur la force de nos valeurs. Comment rester debout et continuer quand on ne trouve pas le sens de ce qui nous est demandé ? Comment trouver des justifications à son action, ou plutôt à son manque d'action imposé, quand on voit des camarades et des civils tomber autour de soi et que l'on se fait tirer dessus ? Comment peut-on survivre à un tel sentiment d'impuissance ? La "foi du charbonnier", l'abnégation totale et entière du soldat qui choisit de s'engager physiquement pour défendre la paix, forcent le respect. Étonnant de précision, ce livre extrêmement bien documenté et factuel est avant tout un récit intimiste, inhabituel chez les membres de "la grande muette". Il est rare de trouver autant de sincérité, de finesse et d'humilité ; la force de l'auteur, c'est qu'il ne nous impose pas un plaidoyer "pour" ou "contre", il partage une aventure humaine saisissante... A nous de nous débrouiller avec nos émotions et nos valeurs. On ne sort pas indemne d'une telle lecture ; osez plonger dans ce récit et affronter la réalité.
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boutchiche
  03 juillet 2017
je recommande le dernier ouvrage de Guillaume Ancel "Vent glacial sur Sarajevo". le récit montre avec justesse et sincérité comment l'humiliation intense et récurrente peut conduire un être humain, décidé à accomplir son devoir, en pleine conscience de lui-même, vers des intentions d'une extrême agressivité. Aussi, il semble que lorsqu'on cherche à penser les actes terroristes suicidaires, pour mieux les combattre, une question s'impose d'elle-même : l'humiliation serait-elle la cause principale de la désorientation des esprits déjà très affaiblis par l' absence de repères ?
Le récit de l'arrivé du philosophe et son double à l'aéroport de Sarajevo est une étonnante confirmation des analyses prémonitoires de Guy Debord produites dans son essai "La société du spectacle".
Merci à l' auteur pour ce témoignage qui invite à se débarrasser des idées reçues et chercher les vérités profondes du mouvement de l'histoire...
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lmpons
  21 juillet 2017
"Vent glacial sur Sarajevo" est passionnant de bout en bout. On sort de cette lecture avec un sentiment mêlé de frustration et de colère devant la situation où se sont trouvés les soldats qui ont été envoyés combattre, leur mise en danger inutile et la souffrance des populations qui ne semble être qu'un élément annexe dans le raisonnement des décideurs politiques. Je ne peux qu'admirer la résilience dont ont su faire preuve l'auteur et ses camarades dans un contexte pareil.
Guillaume Ancel su retranscrire tous ces sentiments dans ton témoignage et nous faire revivre un épisode de cette période tragique au sujet de laquelle nous avons été abondamment désinformé.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
sjerlagicsjerlagic   23 mars 2018
Alors ce n’est plus qu’un réflexe de survie. Je me lève à moitié. Ils ne tirent pas. Je me lève complètement et je crie au pilote allongé derrière moi de courir , mais il me regarde hagard. Il est tétanisé.
Je le relève avec une force que je ne me connais pas, j’accroche ses mains à une sangle de mon gilet et je cours vers la sortie du réceptacle, 300 m, dans le sens de la descente. J’accélère, je sens mon compagnon d’infortune qui suit mécaniquement mes mouvements. Je le tire vers’ l’avant , j’essaie de m’accrocher jusqu’au tournant . Ma tête bourdonne, mes tempes bouillonnent , mes yeux se voilent , le tournant est tout proche , ma bouche est sèche, une branche casse comme un coup de feu...
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