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Philippe Ivernel (Traducteur)
EAN : 9782743619138
97 pages
Éditeur : Payot et Rivages (18/03/2009)
4.17/5   6 notes
Résumé :

Cet essai devait à l'origine figurer dans le troisième volume de L'Obsolescence de. l'homme, œuvre maîtresse de Günther Anders, volume qui n'a jamais vu le jour. Ce texte à demi dialogué, on pourrait dire théâtral, se montre riche en aperçus de tous genres, sous-tendu par une dialectique toujours surprenante. Un essai magistral, pratiquant l'exagération et le paradoxe comme sources d'insurrection perm... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
ErnestLONDON
  19 juin 2019
Ces « fragments » devaient constituer la troisième partie de « L'obsolescence de l'homme », comme l'explique la judicieuse préface de Philippe Ivernel. Ils complètent les réflexions de Günther Anders sur notre civilisation, sa critique de la science et de la technocratie qui nous conduisent à un « cannibalisme post-civilisationnel ».
(...)
Bref mais intéressant. Donne assurément envie de se plonger dans ses titres précédents.

Article complet sur le blog :

Lien : https://bibliothequefahrenhe..
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JulienDjeuks
  31 janvier 2021
Fragments d'une ébauche de tome 3 pour L'Obsolescence de l'homme. Poussant la réflexion jusqu'à son paroxysme, Anders en vient à un paradoxe choquant : la haine aurait disparu pendant ce XXe siècle ! Ces tueries massives, le génocide, ne sont-ils pas justement rendus possibles par la méconnaissance de l'ennemi, par sa mise à distance ? La destruction de l'ennemi est lointaine, abstraite, représentée par un nombre extravagant. Les historiens vont dans le même sens quand ils expliquent que les génocides du XXe (nazi, ou par exemple hutu) sont avant tout caractérisés par une industrialisation de la tuerie. Les génocidaires ne sont pas des "barbares", des "fous sanguinaires", mais bien des calculateurs froids, des scientifiques de la tuerie, des professionnels ayant diplômes et équipements. Ces bains de sang ne sont pas des régressions vers la bestialité mais des manifestations indésirables du progrès. Dans la continuité de la critique de la modernité d'Anders, c'est bien le progrès technologique qui permet une grande mise à distance de l'humain : appuyer sur un bouton dans sa chambre-cockpit avec des points sur un écran radar tient davantage du jeu vidéo que de l'affrontement. On pensera à l'épisode de Black Mirror, "Men Against Fire", traduit par "Tuer sans état-d'âme" où un soldat tue des sortes de zombies, en fait des sdf, handicapés ou rebelles, apparaissant à ses yeux comme des zombies à cause d'un implant... le but étant d'éloigner tout sentiment dans cette phase de nettoyage de la société. Dans le fonctionnement idéal de nos sociétés technologiques, les sentiments humains sont inutiles, déplacés et même contre-indiqués.
L'ennemi et la haine de celui-ci sont devenues des fictions qui servent à se cacher à soi-même les intérêts plus terre à terre d'une tuerie : l'appropriation des biens et richesses du mort ; primes et médailles permettant une ascension sociale. Les génocidaires hutus interviewés par Jean Hatzfeld (Une saison de machettes) expriment bien le plaisir qu'ils ont eu à s'abreuver, à faire la fête sans compter, et à récolter les biens des voisins tués, tutsis avec lesquels ils avaient de très bonnes relations auparavant.
Cependant, si la technologie participe à cette mise à distance des sentiments, de la compassion, à la propagande d'une haine fictive, il n'est pas certain que la haine collective n'est pas toujours été une fiction construite. C'est la thèse De Voltaire dans Micromégas, ou de Giono dans la Lettre aux paysans, la guerre semble toujours être une question d'accroissement de pouvoir (acquisition de territoire, marchés) dans le jeu de stratégie des rois, présidents, patrons et grandes familles...
Lien : https://leluronum.art.blog/2..
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PamRamos
  30 janvier 2019
« Seuls sont toujours aussi prudes dans leur langage
ceux qui ne connaissent pas la moindre pruderie dans leurs actes. »
(p 65)
Je dois avouer le plaisir coupable que je prends à relire La Haine de Günther Anders en plein milieu de l'après-midi un lundi, alors qu'il serait de bon ton que je travaille.
Je n'ai pas, à l'inverse de mon coreligionnaire Pascal Adam, d'obsession particulière pour le pouvoir, mais je nourris un hobby qui m'accompagne joyeusement à longueur de journées, toujours bien fringuant : je hais.
Cette activité périscolaire tonique, gratuite, qui me permet de me remettre de mon accouchement tout en gardant mes contacts dans le milieu du livre, est la seule d'ailleurs qui me permette de tenir dans mon environnement géographique, la campagne de Châteaudun, a-médiatisé, amorphe et utilitaire, alors que commencent à luire faiblement tout le long des routes défoncées les bandes réfléchissantes de gilets portés par la plupart, ici, toute l'année, dans une indifférence générale tout à fait entendue : il ne viendrait à l'idée de personne de se glorifier dans une vidéo carrée de réparer des routes ou de trier des papiers dans le bureau d'une sucrerie.
C'est vrai, je ne peux plus le nier : je hais, encore que bien moins, malheureusement, que lorsque je tentais d'habiter à Paris.
Tout ce que je peux, et du fond du coeur, y passe. Je nourris ce petit démon furieux d'une rage que je muscle avec le yoga.
Car voyez-vous, plus je peux faire le vide et prendre une distance soporifique avec le monde, plus je reviens forte, décantée, défragmentée : une belle place s'est créée, de l'espace entre mes disques, et mes cloisons internes plus tendues et plus saines peuvent à nouveau claquer au vent d'une nouvelle haine vitale. Pour ménager cette endurance, tenir le cap année après année, je sais me livrer à une discipline régulière. Lire la suite sur mon blog
Lien : https://pamelaramos.fr/la-ha..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
JulienDjeuksJulienDjeuks   31 janvier 2021
p. 71-72 :
Alors pouvez-vous peut-être au moins me dire par quels moyens vous fabriquez cette haine totalement superflue ? […] Eh bien, je vais vous jeter la réponse à la figure : c’est en fabriquant des ennemis de substitution que vous le faites. C’est en diabolisant un quelconque type, un groupe, de préférence une minorité sans défense qui la plupart du temps n’a rien à voir avec ceux qu’il s’agit de combattre ou d’éradiquer. Si vous souhaitez que vos gens combattent ou éradiquent un élément A inconnu d’eux, non perçu par eux, également impossible à percevoir et à haïr, vous engendrez en eux, par le moyen de la caricature, la haine d’un B qu’ils croient connaître ; une haine qui les enflamme ou les intoxique assez pour qu’ils tuent ensuite le A. Qui pro quo.
+ Lire la suite
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JulienDjeuksJulienDjeuks   31 janvier 2021
p. 51 :
Ils ne haïssent pas les personnes ou les groupes parce qu’ils en connaissent les traits haïssables. C’est l’inverse : haïssent-ils quelqu’un, ils croient également le connaître par la haine qu’ils en ont.
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ErnestLONDONErnestLONDON   19 juin 2019
Je hais donc je suis.
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ErnestLONDONErnestLONDON   19 juin 2019
La fin de la haine pourrait bien signaler la fin de l’humanité.
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Videos de Günther Anders (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Günther Anders
Le 29.04.18, Claire Nouvian était l'invitée de Zoé Varier pour faire le récit d'une ??Journée particulière?? (France Inter) :
"Ce jour-là, la journaliste et future activiste navigue en famille dans le sud du pays. Suite à une avarie, le voilier mouille dans une crique protégée de l?île de Koh Phi Phi. de l'autre côté, s?étend la longue plage de sable blanc très prisée des touristes. Soudain, la mer se retire comme aspirée par un siphon...
Un sauveteur au milieu des débris de stations balnéaires et bungalows sur la plage de Khao Lak en Thaïlande, le 30 décembre 2004, après qu'un tsunami ai frappé les côtes du pays le 26 décembre.
Après la vague destructrice, le bateau parti au large pour éviter le naufrage, revient vers la côte. L'île a disparu sous les eaux, coupée du monde extérieur. A perte de vue un paysage apocalyptique. Un magma de débris, de cadavres et de gens blessés appelant à l'aide. « Je voulais me rendre utile, j?étais dans l?action », se souvient Claire Nouvian. Mais sans information fiable, la rumeur enfle qu'une seconde vague va survenir et ordre est donné par le skipper de remonter à bord, au grand désespoir de la jeune femme qui n?a pas réussi à convaincre l?équipage de rester sur place.
Claire Nouvian s?est trouvée une « béquille philosophique » pour mettre des mots sur le traumatisme vécu : Gunther Anders, juif allemand, élève de Martin Heidegger, comme Hannah Arendt dont il fut le premier mari. Il abandonna l?enseignement de la philosophie pour lutter contre le nazisme, puis milita contre la bombe nucléaire juste après Hiroshima et Nagasaki. Günther Anders est le théoricien du catastrophisme éclairé : si on ne nomme pas la catastrophe, on y va tout droit. Or l?Homme, doté d?un esprit en escalier, être de croyance plutôt que de connaissance, n?est pas capable d?appréhender le pire. La preuve avec les décisions iniques des pouvoirs publics face au changement climatique.
Une évidence pour Claire Nouvian face à la catastrophe. Un an plus tard, en 2005 elle décide d?appliquer ce précepte en fondant l?association Bloom pour la défense des océans et des fonds marins, auxquels elle a d'ailleurs consacré un film. Depuis, quelques victoires ont été remportées en bataillant à Bruxelles contre les lobbies tout puissants : en 2016, le parlement européen interdisait le chalutage en eaux profondes, et début 2018, la pêche électrique.
Le 23 avril 2018, Claire Nouvian recevait le Prix Goldman pour l'environnement, considéré comme le « Prix Nobel de l?écologie »."
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