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Critique de PoisonLady


PoisonLady
  11 mai 2017
S'il est toujours bon de satisfaire sa curiosité "pour ne pas mourir idiot", force est de constater que "classique" ne rime pas forcément avec "intéressant"... ce qui est, malheureusement, le cas ici.

Les sept chapitres de "La Reine des Neiges" occupent la moitié du recueil, mais malgré sa longueur, l'histoire se révèle en définitive assez vide. La quête de la petite fille partant à la recherche de son ami n'est pas bien passionnante, d'autant que tout le monde lui vient naturellement en aide "parce qu'elle est meuuuugnoooonne", et ce, même en dépit de TOUTE logique (). Passons également sur un personnage dont on nous dit en toutes lettres qu'il "n'est pas méchant et ne lui veut aucun mal" mais s'arrange pour lui faire passer l'envie de repartir afin de la garder en sa compagnie... qui a dit "nauséabond"? Le pire, c'est encore qu'étape après étape, les péripéties de Gerda ne font que perdre en intérêt, pour expédier la résolution du problème en deux temps trois mouvements. Et tant pis pour la cohérence ().

Et ce n'est pas "La petite Poucette" qui arrange les choses, où l'on se retrouve avec une héroïne absolument insupportable, à laquelle tout le monde vient en aide "parce qu'elle est jolie", mais qui fait preuve d'une ingratitude à toute épreuve envers eux (). Mais c'est une fille charmante, on vous dit!

Dans "Les cygnes sauvages", on a ENCORE une héroïne à la beauté parfaite, que tout le monde ne peut s'empêcher d'aider. Le message d'Andersen est donc définitivement clair, il suffit d'avoir une belle gueule pour s'en sortir dans la vie! Encore qu'Elisa a beau avoir de la chance, elle n'en bave pas moins et s'avère beaucoup moins tête à claques que Poucette avec son caractère déterminé, ce qui rend le conte nettement moins désagréable à suivre.

Cependant, reste que seules deux histoires parviennent à tirer leur épingle du jeu.
"Les fleurs de la petite Ida" possède une ambiance incroyable, onirique, légèrement absurde, semblable à ce que l'on peut trouver dans Alice au pays des merveilles, et rappelle également la nouvelle "La cafetière" de Théophile Gautier. Andersen parvient à y introduire un certain suspense autant qu'une légère mélancolie, bref, c'est bon et sans réel défaut.
Mais la vraie surprise provient de "La cloche", où un carillon mystérieux intrigue les habitants d'une ville... On quitte peu à peu l'ordinaire pour s'enfoncer dans les bois, jusqu'à la fin, à couper le souffle, véritable ode à la beauté de la nature. L'auteur s'est fait plaisir avec ses paysages, et ça se ressent. Il y a dans ce texte beaucoup de poésie, ainsi qu'un joli message d'encouragement à la rêverie et à la contemplation dans un monde où tout n'est que trop terre-à-terre. C'est beau, c'est subtil, et justifie presque entièrement les 2€ investis dans le recueil.

Reste que "La cloche" ne fait pas de miracles. Ne parvient pas à dissiper l'impression mitigée laissée par l'ouvrage dans son ensemble, notamment le creux de "La reine des neiges" ni le malaise introduit par l'un de ses chapitres et l'histoire de Poucette. Dans ces conditions, si le merveilleux est omniprésent dans toutes les histoires, difficile d'être emballé.
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