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Critique de Pois0n


Pois0n
  15 août 2019
Les récits rassemblés dans les recueils Harlequin ont souvent un point commun, selon les cas plus ou moins facile à trouver. Ici, il faut attendre la dernière histoire pour enfin mettre le doigt dessus : la méfiance ! Chacun pour des raisons qui leur sont propres, certains des protagonistes sont en effet ici très réticents à l'idée d'ouvrir leur cœur !

Ne vous fiez pas à son titre, « L'enfant surprise du cheikh » n'est *pas* une romance orientale. L'intégralité de l'histoire se passe en effet dans une petite ville rurale du Texas posée au milieu d'immenses pâturages. Embarquement immédiat pour la campagne !
Au ranch Double M, c'est notre héroïne, Violet, la patronne. Une authentique cow-girl aimant sa vie ici plus que tout, mais qui étouffe, surprotégée par son frère au point de ne pas avoir de vie privée. Voilà comment un soir, elle se retrouve dans la ville voisine à flirter avec un étranger... Ce que tous deux ignorent, c'est que le bel inconnu n'est autre qu'un ancien ami de son frère venu pour se venger. Il faut dire que si découvrir sa sœur dans le lit de son meilleur pote fait déjà rarement plaisir, quand la sœur en question est une princesse, ça n'est pas sans causer quelques problèmes et leur père a fait payer très cher à Rafiq son incapacité à chaperonner sa sœur.
Mais comme la vie est une grosse blagueuse, un incident de capote plus tard, voilà Violet enceinte. De quoi compliquer sérieusement les plans de Rafe, qui n'a pas envie d'impliquer la jeune femme et encore moins leur enfant dans ses histoires.
La narration alterne entre le point de vue de Violet, totalement paumée suite à la découverte de sa grossesse et de l'identité du père de son bébé, avec celui de Rafe, tiraillé entre son attirance pour la jeune femme et le besoin d'aller au bout de sa vengeance longuement mûrie. Si la première, ignorant tout des intentions réelles du second, s'inquiète surtout de leur différence de milieu social, du gouffre culturel qui les sépare, tout en souhaitant plus que jamais prendre son indépendance vis à vis de son frère, Rafiq, lui, se retrouve à devoir gérer des sentiments imprévus et vouloir le beurre et l'argent du beurre. Autrement dit ruiner Mac et le reste de la ville avec lui, mais si possible sans blesser Violet. Des objectifs à priori contradictoires, qui ne lui facilitent pas la vie.
Le tout s'articule autour des secrets de chacun, à savoir ceux de Violet envers son frère et de Rafe envers le duo, ainsi que de l'acquisition du Wild Aces, le ranch voisin du Double M qui les pourvoie en eau. Vous vous en doutez, avec autant de cachotteries dans tous les coins, la vérité finit forcément par éclater, et au plus mauvais moment possible...
Assez court, le roman se déroule sur quelques jours et s'avère finalement assez linéaire. Il n'y a pas vraiment de développement de la romance ici, Violet et Rafe en pinçant toujours l'un pour l'autre quatre mois après leur aventure d'un soir. Néanmoins, Sarah M. Anderson parvient à rendre leur histoire crédible, transformant leur attirance en quelque chose de plus solide. L'intrigue se veut assez pauvre en rebondissements et prévisible d'un bout à l'autre, mais se suit sans déplaisir, notamment grâce à l'alternance de la narration et un bon dosage de son rythme. Tout au plus trouvera-t-on la fin rapide et un peu too much, surtout compte tenu du fait que ces deux-là se connaissent depuis quoi, moins d'une semaine ? Mais bon, après autant de montagnes russes émotionnelles et vu les enjeux, pourquoi pas. On a déjà vu bien plus capillotracté que ça.
Au final, « L'enfant surprise du cheikh » fait passer un bon moment, avec le cerveau sur la table de chevet certes, mais sans longueurs et en développant suffisamment ses personnages. (6/10)

Dans « Pour toujours à ses côtés », trois vieilles dames qui ne savent pas trop quoi faire de leur temps libre ont pour passe-temps de jouer les entremetteuses. Et pourquoi ne pas précipiter dans les bras l'un de l'autre la jolie veuve bénévole au foyer des femmes SDF et un médecin du coin ignorant jusqu'au concept de « vie personnelle en dehors du travail » ? Allez hop, ça tombe bien, les pensionnaires du foyer auraient grand besoin d'un toubib.
Autant le dire tout de suite, le résumé de quatrième de couverture est, une fois de plus, totalement à côté de la plaque. Si Mitch ressent effectivement une attirance marquée la première fois qu'il pose les yeux sur Melanie, on échappe au dérapage immédiat. Véritable handicapé social, son unique intérêt dans la vie est la pratique de la médecine. Même communiquer avec ses patients lui pose problème ! En face, Melanie, elle, se noie dans le bénévolat pour éviter de penser au décès tragique de son fiancé. La thématique du deuil n'est néanmoins pas vraiment présente dans l'histoire ; la jeune femme se pose certes des questions et hésite en toute logique à se lancer dans une nouvelle relation, mais ce n'est pas ça qui ralentit l'histoire.
Car, hélas, celle-ci est effectivement leeeeeeente et il ne s'y passe pas grand-chose. Le récit n'est pas sans posséder un petit côté tranche-de-vie, s'articulant entièrement autour du foyer et de la situation des femmes qui y vivent, même si le tout est très survolé et évoqué uniquement à travers les deux protagonistes principaux. Il n'y a même qu'un seul véritable personnage secondaire, à être un minimum travaillé ! Enfin, si Melanie est particulièrement bien écrite, fragilisée mais sans tomber dans l'exagération, difficile de s'attacher au docteur froidasse, certes réussi dans son rôle d'ermite mais vraiment trop glacial pour qu'on s'y attache. le temps qu'il sorte un peu de sa coquille, il est vraiment trop tard.
Bref, pendant les trois quarts du roman, on s'ennuie un peu beaucoup quand même. Puis un rebondissement vient un peu secouer l'histoire... Le problème, c'est que l'émotion est aux abonnés absents tant le tout sonne trop téléphoné. A partir de là, les clichés s'enchaînent, jusqu'à un dénouement qui apparaît d'autant plus rapide comparé au rythme des évènements jusque-là...
Bref, malgré de bonnes idées, le cadre du foyer et la présence lumineuse de la petite April, cette romance médicale s'avère trop plate pour susciter le moindre intérêt. Dommage. (4/10)

Mais comment se débarrasser de son ex-femme ultra-collante, qui n'en a qu'après son portefeuille ? Tel est le problème de Max, le héros de « Bien plus qu'une nuit ». Et comme Max est certes riche, mais pas spécialement futé, il ne trouve rien de mieux à faire que de demander son aide à... Jeanine, son coup d'un soir. Un stratagème ne plaisant pas spécialement à la jeune femme, mais qu'elle n'est pas en mesure de refuser, ayant elle-même été arnaquée par son ex-fiancé.
Dans les grandes lignes, niveau scénario, c'est plus ou moins exactement ce à quoi vous vous attendez. Mais dans le détail, Maureen Child est parvenue à éviter les facilités inhérentes à ce type d'histoire. Si le début pouvait le laisser redouter, non, Jeanine et Max ne tombent pas comme par magie dans les bras l'un de l'autre ; c'est même tout l'inverse : chat échaudé craint l'eau froide ! En revanche, on regrettera que l'intrigue finisse par s'éloigner des enjeux initiaux, ainsi que certains rebondissements trop gros pour être crédibles... Le rythme est également assez lent, et l'atmosphère de vacances pourtant voulue aux abonnés absents... L'évocation régulière de la plage et de l'odeur des fleurs ne suffit hélas pas à poser un décor ! Néanmoins, le récit se suit avec plaisir, notamment grâce aux dialogues ciselés et souvent drôles. Qu'il s'agisse des échanges de piques entre Jeanine et Elizabeth ou des dialogues hilarants avec Debbie, la meilleure amie, les interactions entre les personnages sont souvent savoureuses. Et si le côté légèrement dominateur de Max ne manquera pas d'agacer quand il se manifeste, on apprécie le caractère bien trempé de Jeanine, qui reste d'un bout à l'autre loyale envers elle-même.
Au final, si le tout est assez creux et léger, on passe quand même un très bon moment. (6/10)

Si la première histoire s'avère réellement plaisante, les deux suivantes souffrent de facilités scénaristiques qui les pénalisent, bien que les dialogues de la dernière parviennent sans mal à la sauver. Pas un mauvais recueil, mais pas le meilleur non plus.
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