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ISBN : 2253150002
Éditeur : Le Livre de Poche (01/02/2001)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 35 notes)
Résumé :

L'été 1980, après lui avoir pendant cinq ans écrit d'innombrables lettres, Yann Andréa frappe à la porte de Marguerite Duras. Ils ne se quitteront plus.Seule la mort interrompra une relation intime, exigeante, tyrannique, à la fois intellectuelle et charnelle, entre l'étudiant à la recherche de lui-même et la romancière vieillissante, mondialement célèbre.C'est cette histoire qui est cont&#x... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
palamede
  07 avril 2018
Cet amour-là c'est l'amour inconcevable, intellectuel et physique, entre une vieille femme immensément célèbre et un jeune homosexuel. Incompréhensible et tellement humain, un amour contre toute logique, contre nature : Marguerite, exigeante, tyrannique, cassée, usée, au bout du rouleau, aime le jeune Andréa qui à son tour lui est indéfectiblement attaché, au-delà mort, au-delà de tout.
Dans ce livre dérangeant, magnifique et indélébile, Yann Andréa se met à nu, raconte sans filtre cet amour-là. Il nous laisse étonnés et interrogatifs devant son renoncement à vivre après la disparition de Duras, devant son amour absolu, négation de son moi intime.
Challenge MULTI-DÉFIS 2018
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AgatheDumaurier
  03 février 2017
OLNI : objet littéraire non-identifié.
ANC : amour non consensuel
Je ne fais rien, je ne pense rien comme tout le monde, et d'ailleurs j'emmerde le monde. Enfin, même pas, je m'en fous.
Elle est morte : il y a des imbéciles qui voudraient que je "fasse mon deuil". Comme si on faisait le deuil de soi-même sans mourir.
Je suis un homo, comme ils disent, et nous avons trente-huit ans d'écart : qui peut comprendre le lien qui nous unissait, cet amour-là. Charnel, spirituel, et surtout, d'écriture.
Je ne fais rien de mes journées, je suis là et elle me dicte. Je dois être attentif, elle barre, elle crayonne, elle tâtonne à l'oral. A la fin, elle relit, elle reprise, et il y a un texte. L'Amant, en toute modestie, et puis l'Amant de la Chine du Nord, et d'autres chef-d'oeuvres encore.
Je suis là aussi pour veiller sur elle quand elle est folle, saoule, malade. Et jusqu'au bout, jusqu'à la dernière heure.
Ensuite, je continue à lui parler, parce qu'elle est encore là. Sa voix m'a tellement traversé pendant seize ans que je l'entends sans effort. Et je la retranscris, elle m'habite. Alors n'allez pas me reprocher d'écrire comme elle.
Je ne suis pas comme vous, je suis un être différent, et j'ai cherché à aimer à la perfection.
Elle voulait que je la suive dans la mort, vous ne vous en sortirez pas sans moi, disait-elle. Je ne l'ai pas fait, pas tout de suite.
D'abord j'ai écrit cet amour-là.
Injustement critiqué et moi incompris.
Mais ce n'est pas grave à présent. C'est comme ça. Tout est bien.
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madameduberry
  28 mars 2014
Après M.D., chronique du retour à la vie de Marguerite Duras, après la seconde très longue hospitalisation de l'écrivaine (9 mois en réanimation),Yann Andrea va écrire l'histoire de son amour pour elle, de son amour à elle pour lui, amour qui contient comme tout amour sa part d'impossible. Un dimanche matin, après des semaines de maladie et de déclin, Marguerite Duras meurt. Yann Andrea va à son tour traverser une sorte de mort, affective, sociale. Cloîtré dans la chambre qu'elle lui a laissée, il s'enfonce de jour en jour dans l'absence au monde, l'absence à lui-même. Il existe, s'il ne vit plus, dans une incurie et une forme de rejet de sa personne ,dans la trivialité d'un corps réduit aux fonctions les plus basses, et qui se dégrade livré à luimême: obésité, crasse, apathie, apragmatisme et aboulie.. Personne ne venant forcer sa solitude, c'est lui-même qui un jour, au bout de trois ans de marasme et de clochardisation, émerge en faisant le constat qu'il n'est pas mort ,qu'il est vain de penser qu'il peut ainsi mourir.
Il revient vers la vie, auprès de sa mère qui vient avec son compagnon le chercher pour le ramener dans son terroir du Lot et Garonne, voyage en auto vers la vie, où la vision du panneau routier de Duras ne lui est même pas insupportable. Et écriture de ce livre qui fait oeuvre, Devant lequel on pense en effet que seul cet homme-là pouvait vivre, et écrire, cet amour-là.
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Sharon
  07 avril 2016
Ce livre est le plus connu de Yann Andrea. Il est aujourd'hui réédité par les éditions Pauvert. Yann Andrea y parle de son histoire d'amour avec Marguerite Duras, de sa mort et de sa vie (sa survie ?) après la mort de l'auteur.
L'ordre chronologique strict n'est pas respecté, il revient à plusieurs reprises sur certains événements, sur l'impact qu'ils ont eu sur lui. Yann avait rencontré l'écrivain avant de rencontrer la femme, il aimait ses mots, son oeuvre avant de l'aimer elle.
Livre d'une renaissance ? Aussi. Parler de Duras est la rendre à nouveau vivante pour lui, mais surtout rendre leurs relations vivantes. Une relation pas si simple aux yeux du monde, Marguerite et Yann sont bien seuls dans leur amour et leurs déchirures.
Les chapitres sont courts, les phrases simples, de forme neutre, puis apparaissent des phrases complexes, avec des anaphores, comme si l'écrivain prenait de l'assurance. Il est toujours à la recherche du mot juste, peut-être parce que c'était ce que recherchait Marguerite Duras. L'importance de l'écriture dans sa vie est d'ailleurs au coeur de ce roman. de même que la mort de Marguerite Duras a pris toute la place dans la vie de Yann Andrea. Il ne s'agit pas seulement de sa représentation matérielle (cercueil, tombe, fleurs) mais aussi de la survie, de la transmission de son oeuvre.
Serait-ce une influence du style de Marguerite Duras ? Pas de dialogue, mais un monologue intérieur, et, pour retranscrire les paroles de Duras, le discours indirect libre qui intègre les paroles dans le récit. Peut-être aussi un moyen de redonner la parole à l'écrivain morte. Yann et Marguerite semblent presque seuls au monde, avec l'écriture comme compagnie exigeante.
Cet amour-là n'est pas une réponse à ceux qui se gaussaient de cette histoire d'amour hors norme. Elle est l'histoire d'un amour qui n'eut rien de banal.
Lien : https://deslivresetsharon.wo..
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johnny2770
  28 février 2017
Ce roman raconte l' histoire d'amour entre yann Andréa et marguerite Duras. Si l'histoire est assez simple , elle est magnifier par le style de yann Andréa. Très bonne lecture
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
palamedepalamede   09 avril 2018
J'ouvre la bouteille de vin. Le vin est très mauvais, bouchonné. Elle parle, j'écoute. Elle dit : c'est difficile cette chronique toutes les semaines, à chaque fois je crois que je ne vais pas y arriver. On boit. Elle parle. Je suis là. Je suis dans cet appartement des Roches Noires. Elle me dit, venez voir, c'est très beau, et il y a deux salles de bains, un luxe inouï, Proust venait ici avec sa grand-mère, avant Cabourg, vous savez, de l'autre côté, moi je préfère le côté cour. La mer toute la journée, nuit et jour, c'est impossible. Je ne dis rien, j'écoute. Et elle dit : venez voir le plus beau de tout, le balcon. Et en face Le Havre, le port pétrolier, et toutes les lumières la nuit, c'est un paquebot qui s'avance vers nous et qui ne bouge pas. J'adore ce balcon et ces cheminées, ces lumières de cristal.
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palamedepalamede   08 avril 2018
Je voudrais parler de ça : ces seize années entre l'été 80 et le 3 mars 1996. Ces années vécues avec elle. Je dis elle. J'ai toujours une difficulté à dire le mot. Je ne pouvais pas dire son nom. Sauf l'écrire. Je n'ai jamais pu la tutoyer. Parfois elle aurait aimé. Que je la tutoie, que je l'appelle par son prénom. Ça ne sortait pas de ma bouche, je ne pouvais pas. Je me débrouillais pour ne pas avoir à prononcer le mot. Et pour elle c'était une souffrance, je le savais, je le voyais, et cependant je ne pouvais pas passer outre.
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SharonSharon   22 mars 2016
A Frédéric, j'écris presque les mêmes mots. Pas tout à fait. Comment faire autrement ? On n'invente rien. Les mots sont là. Il suffit de les écrire dans un certain ordre, de les faire apparaître au moment juste dans la phrase, de ne pas s'occuper de l'ordre justement, tout laisser venir à soi. Après, on aperçoit la nécessité de laisser ce mot, seulement lui, et pas un autre.
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EphemeralEphemeral   09 novembre 2014
Elle est toujours au bord de ne pas écrire, elle est toujours sur le point de tout quitter, et les mots et la vie. Et cependant non. Elle vit. Elle écrit. Elle aime. Tout.
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Video de Yann Andréa (7) Voir plusAjouter une vidéo

OBSEQUES MARGUERITE DURAS
Obsèques de Marguerite DURAS à l'église St Germain des Prés en présence de son compagnon Yann ANDREA, le ministre Philippe DOUSTE BLAZY, Aurore CLEMENT, Pierre BERGE et la foule des admirateurs. Entrée et sortie du cerceuil recouvert de fleurs. Dans le cimetière de Montparnasse, des anonymes jettent des fleurs dans le caveau. PL plaque sur sa tombe.
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