AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2842614968
Éditeur : Le Serpent à plumes (22/04/2004)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Tout comme Vuillard peignait ce qu'il voyait, Ivo Andric raconte. Son regard aigu scrute inlassablement le passé et observe le monde de son époque avec la même curiosité et la même sagacité. Emporté par sa fureur d'écrire, il narre, sur le même ton impavide, tel un conteur oriental. Et, qu'il nous emmène dans les profondeurs opaques de la Bosnie ottomane ou autrichienne, dans un couvent franciscain ou une ville turque, sur un bateau au fil du Danube, à Sarajevo ou à... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Sachenka
  25 décembre 2017
Le seul nom d'Ivo Andric m'a convaincu d'emprunter ce bouquin à la bibliothèque. Ce n'est pas du tout une déception mais, toutefois, je m'attendais à autre chose. Peut-être à un peu plus. Il faut dire que j'étais sorti enthousiasmé de ma lecture du Pont sur la Drina. Assez difficile à surpasser. Contes au fil du temps est un recueil de nouvelles (malgré le titre, faisant mention de contes), que pas grand chose relie entre elles, si ce n'est qu'elles se déroulent dans cette Mitteleuropa, principalement bosniaque, et sans doute un état d'esprit que je n'ai pas encore tout à fait saisi.
L'auteur nous promène entre le 19e et le milieu du 20e siècle. D'abord, dans un village en Herzégovine où des insurgés serbes se réfugient dans une tour et tiennent tête à des soldats turcs. D'autres trouvent refuge près d'un couvent excentré et les moines hésitent quant aux actions à entreprendre. À Bistik, une vieille matriarche refuse d'acheter à des Autrichiens des marchandises que ces derniers ont dérobées chez les musulmans exilés. Puis le lecteur continue son voyage à Sarajevo, dans une pension à Vienne, sur un bateau sur le Danube, etc.
Je ne résumerai pas toutes les nouvelles, il y a en a quatorze. Celle qui m'a le plus touché s'intitule Livre et elle raconte l'histoire de ce jeune garçon, orphelin, qui abime un livre prêté par l'école (la couverture s'en est détachée). le pauvre garçon se tourmente pendant une session complète, craignant les conséquences de ce « crime irréparable et inavouable ». J'ai vraiment eu un petit pincement de coeur à l'idée de ce petit bonhomme qui vivait dans la hantise de devoir remettre au terrible bibliothécaire un bouquin en pareil état.
La plupart n'ont pas vraiment de chute. de ce fait, j'en avais entamé la lecture avec plaisir pour la finir, non pas désenchanté mais avec un petit « c'est tout ? ». C'est le cas avec Les voisins, qui raconte l'histoire de ce jeune homme parti faire ses études dans une ville autrichienne et se retrouvant dans la pension de mademoiselle Mariana. Ses activités le pousse à faire la sieste l'après-midi et à entendre à travers la cloison les échanges entre la maitresse de la maison et son vieil ami le baron. Intrigante d'abord, cette nouvelle finit en queue de poisson. Ceci dit, c'est sans doute une fin appropriée et réaliste, il ne faut pas s'attendre à de grands éclats à chaque histoire.
Au final, Contes au fil du temps est recueil d'histoires assez disparates, mélangeant des portraits (anecdotiques), des aventures s'approchant de la légende et des nouvelles psychologiques. Dans tous les cas, des histoires individuelles, presque anodines, qui auraient pu arriver à n'importe qui. Mais, étrangement, si ces histoires elles-mêmes se transforment en un vague souvenir et finissent par se confondre dans ma tête, quelque chose demeure et persiste, comme une réminiscence. Est-ce cet état d'esprit auquel je faisais référence plus haut ? Alors qu'elles ne m'avaient pas marqué pendant ma lecture, j'y repense beaucoup une fois le livre refermé.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          280
5Arabella
  27 juillet 2016
Il s'agit d'un recueil de nouvelles, sans véritable fil conducteur. Ces nouvelles sont plus diversifiées que dans Les contes de la solitudes, les lieux évoqués mais aussi les époques et les thématiques sont plus diverses. Il y a des nouvelles plus contemporaines, centrées sur la psychologie des personnages, sans véritable lien avec une situation historique. Néanmoins, la nostalgie et une sorte de mélancolie de choses inaccomplies et qui auraient pu être, est présente. Les être portent une sorte de faille qui les rend plus apte à ressentir et donc à souffrir que la moyenne, sensibilité exacerbée. Même lorsqu'il parle de son temps, des gens croisés dans la rue tous les jours, l'univers d'Ivo Andric est toujours un peu le même, et une conversation banale dans la chambre voisine peut devenir évocatrice et porteuse de légende, ouvrir sur un imaginaire presque infini. le monde est plein de nostalgiques mystères pour celui qui sait regarder avec suffisamment d'acuité.
"C'est avec une véritable angoisse que je me décide à écrire le court récit d'une longue et grande peur. Cette peur-là n'a rien de commun avec les frayeurs et craintes qui assaillent les êtres durant leur lutte pour survivre et pour posséder, pour avoir une vie meilleure, une situation, la gloire et la primauté, pour acquérir des biens, les garder et les accroître. Il s'agit d'une autre sorte de peur, de cette terreur difficile à expliquer que suscitent chez les créatures innocentes les phénomènes de ce monde. Il s'agit d'une peur d'enfant qui, selon la nature du premier contact avec la société et ses lois, disparaît ensuite au fil des années, grâce au développement intellectuel et à une saine éducation, ou, au contraire, grandit avec l'enfant, l'envahit tout entier, brise et détruit son âme et empoisonne sa vie comme un mal caché et un écrasant fardeau. Il s'agit de ces événements invisibles mais fatidiques qui, souvent, brisent l'âme de ces petits hommes que nous appelons enfants, et que les adultes, occupés de leurs propres soucis, prennent à la légère ou ne remarquent même pas."
Ainsi commence un des récits, qui nous conte l'histoire d'une de ces frayeurs d'enfants, mais Ivo Andric ne nous dit pas en fin de compte, si l'enfant de la nouvelle arrivera à surmonter ses terreurs, ou va rester marqué à jamais. C'est au lecteur de tirer ses conclusions. Et il en va de même avec les autres nouvelles de l'auteur, il nous laisse toujours tirer les conclusions définitives, après nous avoir dépeints des situations fortes et significatives, mais il nous donne suffisamment d'éléments pour nous faire réfléchir longtemps et pour avoir envie d'arriver à des conclusions. Même si celle-ci ne seront pas les mêmes pour tous.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
lenok
  04 septembre 2014
Recueil de nouvelles sur lequel je me suis jetée après avoir dévoré "Le pont sur la Drina". Certaines nouvelles reprennent les thèmes chers à Andric, comme l'occupation turque et la résistance serbe, mais certaines sont tout à fait uniques et hors catégorie. Une nouvelle, très marquante, " Un miracle à Olovo" met fort mal à l'aise et reste longtemps en tête...
Commenter  J’apprécie          40
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
SachenkaSachenka   24 décembre 2017
Au-delà, hors de la maison, s'étendait le vaste monde, la nuit cachait les ténébreux chemins et les dangereuses contrées où, toujours, quelqu'un se fourvoie et trébuche.
Commenter  J’apprécie          170
SharonSharon   20 mai 2014
Comme tous ceux qui ont eu beaucoup de malheur, ont vu mourir beaucoup de gens de leur entourage, et vivent à l'écart des autres et repliés sur eux-mêmes, elle comptait surtout, en toutes circonstances sur les puissances de l'au-delà et du monde invisible, dont elle se sentait très proche.
Commenter  J’apprécie          50
Videos de Ivo Andric (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ivo Andric
Le vendredi 13 juillet 2018, la librairie Charybde (129 rue de Charenton 75012 Paris - www.charybde.fr ) avait la joie de recevoir Emmanuel Ruben pour évoquer les récentes publications de "Le c?ur de l'Europe" (éditions La Contre Allée) et de "Terminus Schengen" (éditions le Réalgar), et pour effectuer un parcours au sein de la littérature d'ex-Yougoslavie. Il évoquait Milos Crnjanski, Ivo Andric, Aleksandar Tisma, Danilo Kis, Milorad Pavic et David Albahari, tandis que le librairie Charybde 2 évoquait Faruk Sehic, Miljenko Jergovic et Goran Petrovic.
Ceci est l'enregistrement de la première heure de la rencontre.
+ Lire la suite
>Littératures indo-européennes>Balto-slaves : Bulgare, macédonienne, serbo-croate>Littérature serbo-croate (36)
autres livres classés : littérature serbo-croateVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Tête de Turc !

De quelle pièce de Molière cette réplique est-elle extraite ? Que diable allait-il faire dans cette galère ? Ah maudite galère ! Traître de Turc à tous les diables !

Le bourgeois gentilhomme
Monsieur de Pourceaugnac
Les Fourberies de Scapin
La jalousie du barbouillé

10 questions
39 lecteurs ont répondu
Thèmes : turquie , turc , littérature , cinema , humour , Appréciation , évocationCréer un quiz sur ce livre