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EAN : SIE116475_958
Le Livre de Poche (30/11/-1)
3.52/5   20 notes
Résumé :
Un jour, aux courses, l'archiduc Rodolphe remarque une jeune fille dont la grâce sérieuse le frappe plus encore que sa beauté. Il demande son nom : c'est la baronne Marie Vetsera. Leurs regards se sont croisés et Marie s'est rendu compte de l'attention qu'on lui porte, mais n'en tire pas vanité. Que peut-il exister de commun entre le fils unique de l'empereur François-Joseph héritier du trône d'Autriche-Hongrie et elle-même qui, tout en appartenant à la haute sociét... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Ce livre est basé sur la version actuellement retenue du drame de Maeyerling, celle d'un suicide ; il évite donc de retenir les autres versions notamment celle d'un meurtre de l'archiduc Rodolphe, telle qu'aurait ardemment souhaité le faire croire la famille impériale d'Autriche.
L'auteur, Claude Anet, s'est basé sur des documents officiels qu'il a pu consulter. Il nous rappelle le mariage malheureux imposé au prince héritier, ses infidélités, ses opinions libérales en opposition aux idées de l'empereur son père, et les efforts déployés par les Habsbourg pour camoufler le suicide.

Cela dit, j'ai regretté que son récit soit romancé à ce point, on n'est pas loin d'un roman de la collection Harlequin !
Les sentiments des amants sont décrits avec force détails.

Je regrette aussi qu'il ne mentionne pas la blenorragie dont était atteint Rodolphe, maladie qu'il a transmise à son épouse Stéphanie, lui interdisant par là d'avoir d'autres enfants, et maladie qui agissait sur son mental, l'amenant à la dépression.

Petite remarque finale : Je serais curieux de voir comment notre société actuelle réagirait devant ce fait, j'en prends pour exemple les déboires actuels du prince Andrew d'Angleterre, sachant que Rodolphe a multiplié les conquêtes et que sa maîtresse, la baronne Marie Vetsera, n'avait que 17 ans lors de sa mort.
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Sublime !
Quelle émotion !

Trois fois heureux les princes imbéciles et oisifs qui peuplent les pages jet-set des torchons populeux qui s'auto-proclament journaux, trois fois heureux les ducs des Asturies, de Savoie, de Cornouailles et confrères qui, parce que les temps ont changé (heureusement !), peuvent choisir qui aimer et s'adonner à une vie de frasques pseudo-romanesques.

Dans cette très courte biographie romancée, Claude Anet (de son vrai nom Jean Schopfer), qui a erré toute sa vie sur les routes d'Europe, cultivant ainsi une curiosité érudite pour son histoire, lègue au lecteur, seulement un an avant sa disparition en 1931, un témoignage bien documenté et bien écrit sur la tragédie de Mayerling ou comment l'archiduc Rodolphe, héritier présomptif de la double monarchie austro-hongroise, s'est suicidé avec sa dernière maîtresse, la jeune baronne Marie Vetsera, dans son pavillon de chasse, au coeur de la forêt viennoise.

Etrange comment la culture populaire, aidée en cela par les films d'Ernst Marischka et le jeu lumineux de Romy Schneider dans le rôle principal, a forgé autour de François-Joseph et d'Elisabeth, empereurs d'Autriche et rois de Hongrie, un mythe romantique alors que leur union fut un réel désastre sur le plan sentimental, les deux époux n'ayant jamais été capables de s'aimer au point d'être heureux et Sissi ayant subi son existence comme un prisonnier traîne son boulet. Etrange, dis-je, car combien plus poignante est la tragédie ayant marqué de son fer rouge la vie de leur fils unique Rodolphe, ce prince aux idées libérales, contraint d'épouser une femme qu'il méprisait, la princesse Stéphanie de Belgique, et écrasé par l'exercice d'un pouvoir qu'il méprisait tout autant, se sachant totalement impuissant à renverser la sécularité figée de la maison Habsbourg qu'il était pourtant promis à diriger après son père.

Claude Anet, avec des mots simples et une érudition qui n'empiète jamais sur la narration au point de la rendre pesante, retrace la genèse de la passion qui a uni pendant huit mois et deux nuits, de mai 1888 à janvier 1889, Rodolphe à la très jeune Marie Vetsera, 16 ans, reine de beauté de Vienne, éperdument amoureuse de lui et qui, avec une maturité exceptionnelle chez un être aussi jeune et conditionné par sa condition d'aristocrate, se donnera entièrement, jusqu'à suivre son impérial amant jusque dans la mort, la seule issue qui leur soit laissée par une société résolue à les emprisonner, lui entre les murs de la redoutable Hofburg, le palais impérial, elle dans le carcan d'une morale qui exclut toute idée d'amour non-légitimé.

En seulement 250 pages, l'auteur dresse un tableau très juste du contexte politique et social de l'Empire Habsbourg à cette période charnière de la fin du XIXème siècle où déjà, avec l'avancée des idées politico-sociales et en raison de son cosmopolitisme bancal, il tremble sur ses bases et vacillera quelques années plus tard à Sarajevo.

La narration, épurée et simple, s'exprime cependant à travers une belle montée en puissance émotionnelle qui ne pourra laisser aucun lecteur insensible quand éclatera le drame, dans une apogée de violence morale et physique. "La mort est-elle vraiment le seul refuge où les amants malheureux se retrouvent, mais pour l'éternité ?" questionne l'auteur. Nul ne peut l'affirmer mais on se prend à espérer de toute notre âme que Rodolphe et Marie ont fait le bon choix même si ce n'en était pas vraiment un.


PS : je déconseille vivement le film de Terence Young (1968) avec Catherine Deneuve et Omar Sharif en têtes d'affiche ; n'est pas Romy Schneider qui veut.
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La plus belle histoire d'amour qui se trouve être aussi la plus tragique puisque vécue réellement dans un contexte historique laissant peu de place à l'amour véritable d'un prince et d'une bergère.
Pour que leur amour soit scellé éternellement dans leur coeur plutôt que dans leur vie, le sacrifice de celle-ci s'imposait pour qu'elle ne soit pas contrariée et soumise à la loi des hommes.
L'amour sera toujours plus fort que la mort pourrait être la devise de la tragédie de Mayerling qui intrigue encore depuis.
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Que du bonheur.....
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Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
— Puisque nous parlons aujourd’hui de sujets défendus, mon cher Szeps, avez-vous jamais réfléchi à ce que peut être la vie privée d’un homme comme moi ? Le plus pauvre bougre a le droit de choisir sa femme. « Il faut que chaque Jeannot trouve sa Jeannette » dit Voltaire. Mais pour nous autres, princes, la raison d’Etat décide… Et si je n’ai pas trouvé ma Jeannette ?… Tant pis, je suis bouclé jusqu’à la fin. Vous me direz que je puis avoir des distractions au dehors et qu’elles ne manquent pas. Parbleu, je le sais bien. Mais quand on a une femme querelleuse, ce n’est pas la distraction que l’on cherche hors de chez soi, c’est l’oubli… C’est un peu plus grave.
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- [...] On ne connaît pas la nature quand on a été élevé dans un jardin ou un parc. Je plains les enfants des villes, riches ou pauvres ! Ils ne sauront jamais ce qu'est une forêt. Il faut avoir été dans une forêt dès qu'on tient sur ses jambes, y avoir marché beaucoup, dormi dans la chaleur du jour, frissonné de peur quand l'ombre vient et qu'on ne sait pas si on en sera sorti avant la nuit.
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Dans les opérettes qui ont porté l'humeur de Vienne à travers le monde entier, tout se passe sur un rythme de valse qui touche le cœur et le caresse sans y pénétrer ; au troisième acte, il y a traditionnellement un moment dramatique : les amants se brouillent, vont se tuer, ou se quitter, ce qui est pire.
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Il [François-Joseph, empereur d'Autriche et roi de Hongrie] était le seul maître de la double monarchie ; les problèmes les plus compliqués de dix Etats faits de pièces et de morceaux, où partis et nationalités se combattaient âprement, où les luttes personnelles étaient rendues plus vives par l'opposition des races, n'attendaient que de lui leur solution. Il était pour ces peuples l'unité vivante de l'empire.
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Parfois elle l'avait quelques instants pour elle seule. Elle lui racontait des contes de fées et l'entraînait à sa suite dans un monde merveilleux. Tous deux aimaient à parler de l'existence mystérieuse des lutins, des nains barbus et des gnomes qui habitent au fond des bois. De tels moments étaient rares et, avec les années, le devinrent de plus en plus.
Bien qu'elle fût attachée à son fils, l'impératrice acceptait cette séparation avec fatalisme. "Toutes les vies sont isolées, pensait-elle, et les nôtres plus que celles des autres."
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