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ISBN : 2763790925
Éditeur : Les Presses de l'université Laval (24/03/2011)

Note moyenne : 3.25/5 (sur 6 notes)
Résumé :


Ecrite au XIIIe siècle par un auteur inconnu, "La saga de Njall le Brûlé" est sans doute l'une des plus grandes sagas que l'Islande ait produites.
Racontant des faits qui se seraient déroulés aux alentours de l'an 1000, en pleine civilisation viking, le récit détaille ce qui s'est passé entre 930 et 1020, période qui couvre la christianisation de l'île, en l'an 1000, ainsi que la bataille de Clontarf, près de Dublin, en 1014.

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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
Nastasia-B
  28 novembre 2014
La lecture d'une saga islandaise (peu importe laquelle, celle d'Eirík le Rouge, celle de Gísli Súrsson ou toute autre) est toujours une expérience littéraire étonnante et enrichissante. Issues de la tradition orale, elles ne sont ni un conte comme ont pu en fixer les frères Grimm, ni un récit mythique à la Homère.
Il s'agirait plutôt ici d'une volonté de conserver la mémoire d'événements anciens à une époque où l'écriture n'était pas courante. Donc, ni plus ni moins qu'une chronique historique plus ou moins romancée. Ainsi, dans la Saga de Njáll le Brûlé, nous avons affaire à une tradition orale, mise par écrit autour du XIIème siècle mais relatant des événements survenus un peu avant et un peu après l'an mil, c'est-à-dire quasi contemporains de la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant.
C'est l'une des plus fameuses sagas islandaises et j'y ai été enthousiasmée au départ par cette surprenante façon de présenter les personnages, par le détail de leur généalogie, ainsi que d'embrasser, d'un coup, l'intimité d'un mode de vie et de pensée aujourd'hui disparus depuis des lustres, notamment les dettes d'honneur. (Je tiens à préciser au passage que ce côté généalogique de la présentation des personnages peut en rebuter certains qui ne seraient pas familier avec la façon très moyenâgeuse de faire des portraits.)
Ce n'est pas la qualité littéraire qui m'a séduite, mais bien plutôt la valeur du témoignage ethnographique, l'importance accordée de la justice (au sens d'un système judiciaire) à cette époque, le fait que chaque jeune noble, en guise de rite de passage, doive aller se faire la main en faisant une petite razzia sanguinaire en pays étranger (ces fameuses descentes de Vikings qui terrorisaient nos " paisibles " populations) presque comme on fait un échange Erasmus aujourd'hui, comment le christianisme s'est implanté en Islande autour de l'an mil, etc.
Par contre, au bout d'un moment, je ne vous cache pas que pour moi, les querelles, batailles, vengeances puis contre vengeances sont un peu lassantes...
Deux personnages ressortent de cette saga, évidemment, le sage et malicieux Njáll (surnommé, vous saurez pourquoi " le brûlé ") qui brille plus par son cerveau que par ses muscles et le flamboyant Gunnar, qui lui brille plus par ses muscles que son cerveau.
Pourtant, à choisir, en femme béate du XXIème siècle, j'aurais tendance à préférer Gunnar, une manière de Cyrano viking, plutôt que Njáll, manière de sage, très sage, trop sage politicien bienveillant. Bref, une lecture exotique sans soleil ni cocotier qui a le don de nous transporter très loin de notre quotidien. Mais ce que j'exprime ici, n'est évidemment que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Nelja
  29 novembre 2014
Ha, la saga de Njall le Brûlé ! Déjà, pendant ma lecture, je résumais cette histoire en "une histoire de Vikings qui se font des procès". En effet, quand quelqu'un de leur famille se fait tuer, que font les personnages ? Ils portent plainte !
*voix intérieure* Euh, c'est normal, non ?
*moi* Tiens, oui, je ferais pareil. Mais je ne suis pas censée être un personnage d'un drame de vengeance ! Voir des Vikings se comporter ainsi crée pour moi une impression de décalage qui m'a fait rire, même si ce n'est probablement pas fait exprès.
En général, je trouve que la loi et la justice ont un rôle central et intéressant dans cet univers. Dans les péripéties, il y a entre autres la création de la Quinte Cour (l'équivalent de notre Cour de Cassation) par Njäll, un duel épique de révocation de jurés basé sur des détails légaux très pointus, une quête sous une fausse identité juste pour trouver _la_ formule légale qui permettra de réouvrir un procès conclu, ou bien ce passage que je trouve plein d'humour noir avec deux femmes qui passent leur temps à faire tuer les esclaves les unes des autres, et les maris qui n'ouvrent même plus la bourse de l'amende et se l'échangent à chaque fois...
Je trouve que la loi est presque une forme de magie dans ce récit. Des mots qui, s'ils sont exactement parfaits, obtiendront l'effet désiré et sinon peuvent être dangereux, des duels pour savoir qui est le plus fort... quand quelqu'un prévoit l'issue d'un procès à l'avance, est-il très doué en loi, ou a-t-il le don de prophétie ? Quelle est la différence ?
Il en est de même pour la poésie, d'ailleurs. La façon dont une épigramme pointue ruine la réputation de quelqu'un est presque magique aussi, dans la catégorie des mots qui deviennent des actes. Mais pour cela, c'est beaucoup moins central, dans cette saga-là au moins
Bien sûr, il n'y a pas que des procès. Il y a, donc, des disputes familiales, des meurtres, des razzias, des combats, des vengeances, des mariages, un peu de magie... mais c'était moins une surprise
Autant dire tout de suite les deux reproches principaux que j'ai à faire à ce livre.
D'abord, il y a 123 personnages récurrents (il y a un lexique à la fin, il m'a été bien utile), et même si tous agissent selon les traits de caractère qu'on leur définit, on ne peut pas parler de grand développement psychologique pour chacun d'entre eux. Il n'y a pas assez de place. On passe sans cesse d'un personnage à un autre. Même Njall, qui est dans le titre, n'est pas là dans le premier cinquième, ni dans le dernier, et même quand il est là une bonne partie de son temps de présence est consacré à donner de bons conseils à des gens qui ne l'écouteront pas forcément. Cela empêche un peu de s'attacher à quelqu'un, et de fait, personne ne m'a marquée.
Ensuite, il est un peu répétitif. Forcément, vu tous les personnages différents qui font partie de l'histoire, il y a beaucoup de demandes en mariage et d'alliances entre familles, de voyages à l'étranger pour se former une réputation, de combats - et surtout de procès. J'aime la façon dont sont tournés chacun de ces faits, les demandes en mariage très pragmatiques, les combats très descriptifs et visuels, les procès plein de magouilles, mais au bout d'un certain temps ils se ressemblent un peu tous.
L'auteur de la préface prétend que le centre de ce livre est l'arrivée du christianisme en Islande, que cela sous-tend tout le livre, que ce n'est pas qu'une digression. Moi je l'ai vue comme séparé du reste (ainsi que le duel pour le trône d'Irlande qui intervient comme un cheveu sur la soupe à deux doigts du dénouement), mais au moins, justement, ces passages, comme l'incendie, ne se répètent pas ! Ils font donc partie de mes préférés !
L'auteur de la préface dit aussi qu'il s'agit là, même à l'époque, de romans historiques, visant à exalter des vertus qui n'ont peut-être jamais existé et à glorifier l'ancienne Islande. Cela explique toutes les apparitions de personnages récurrents sans être centraux ou cruciaux qui dans un roman moderne ne serviraient à rien d'autre qu'à distraire le lecteur, mais ici, ont peut-être existé, peut-être même été dans les ancêtres des gens qui écoutaient la saga. Cela explique aussi que plein de personnes connaissent plus ou moins la fin, au point qu'il y a un spoiler dans le titre.
Pour moi, pas un coup de coeur, mais quelques passages hilarants, ou épiques, ou étrangement poétiques, et un trou dans ma culture comblé. Si je retombe sur cette catégorie, je lirai probablement une autre saga islandaise, mais une plus centrée sur le surnaturel. Certains de mes passages préférés (la terrible malédiction sur Hurtur qui fait qu'il ne pouvait satisfaire sa femme, les Valkyries tissant avec des entrailles humaines à la fin, la dernière poésie composée par Scarphedinn ou peut-être par son fantôme) sont ceux qui sont surnaturels.
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patricebellocq
  30 octobre 2016
Suite de récits de l'Islande médiévale racontant les faits de personnages ayant existés mais magnifiés par la tradition orale. Pas toujours facile à lire à cause des noms propres islandais et des généalogies qui présentent chaque personnage. Ce livre se rapproche de l'illiade et l'odyssée, de Tristan et Yseult ou du récit des chevaliers de la table ronde. Trés interessant du point de vue historique, sur les moeurs rudes et belliqueuses de l'Islande au tournant de la christianisation et sur une des premières démocratie du monde.
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Citations & extraits (5) Ajouter une citation
NeljaNelja   27 novembre 2014
Elle sortit de la pièce et alla ouvrir son coffre. Elle en tira la cape que Flosi avait offerte à Höskuldur et qu'il portait quand il fut tué ; elle y avait conservé tout son sang. Elle revint avec la cape et alla jusqu'à Flosi sans mot dire. Flosi avait fini de manger et la table était maintenant desservie. Elle jeta la cape sur les épaules de Flosi et le sang coagulé tomba en pluie sur lui.

"C'est la cape que tu as donnée à Höskuldur, Flosi, et maintenant je t'en fais présent. Il la portait quand il a été tué. J'en appelle à Dieu et à tous les hommes de qualité pour témoigner que je te conjure au nom de tous les pouvoirs de ton Christ et au nom de ton courage et de ta virilité de venger chaque blessure de son corps, ou alors d'être l'objet du mépris de tous."
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NeljaNelja   27 novembre 2014
"Le problème est délicat", dit Eyjolfur, "mais j'ai une idée à te proposer. Tu dois transférer ta chefferie à ton frère Thorgeir et te placer parmi les administrés d'Askell Godi Thorketilsson de la Vallée de la Fumée, dans le District Nord. Si tes adversaires ne l'apprennent pas, ils commettront une erreur fatale en plaidant le cas devant la Quarte Cour de l'Est au lieu de la Quarte Cour du Nord ; c'est un fait qu'ils négligeront et plainte pourra être portée contre eux devant la Quinte Cour pour avoir plaidé contre une cour qui n'était pas compétente. [...]
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NeljaNelja   27 novembre 2014
"Scarphedinn est-il mort, maintenant ?" se demanda Glumur.

Les autres dirent qu'il devait être mort depuis longtemps. Le feu se ravivait par intermittence, flamboyait et mourait. Alors ils entendirent ces vers monter du fond des flammes :

La femme l'ondée des yeux
Ne pourra retenir
Quand les armes de l'homme
Avec d'autres se querellent
. . . . . . . . . .

"Scarphedinn était-il mort ou était-il vivant quand il a composé ces vers ?" dit Grani Gunnarsson.

"Je ne chercherai pas à le savoir." dit Flosi.
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NeljaNelja   27 novembre 2014
"As-tu entendu dire", demanda-t-elle, "que Thor a provoqué le Christ en combat singulier, et que le Christ n'a pas osé relever le défi ?"

"J'ai entendu dire", répliqua Thangbrandur, "que Thor ne serait que cendres et poussières si Dieu ne lui permettait de vivre."
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NeljaNelja   27 novembre 2014
A la Butte-Bergthor, Bergthora dit aux membres de sa maison :

"Chacun doit choisir ce dont il a le plus envie ce soir, car ce sera la dernière fois que je servira un repas à mes gens."
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