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ISBN : 2070363163
Éditeur : Gallimard (25/01/1973)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 27 notes)
Résumé :
«Pourquoi n'écris-tu plus de pièces ?»
M'a demandé Nicolas tout de go,
Moi qui me crois Victor Hugo,
Œuvrant, face à la mer dans ma petite pièce,
Sur son rocher de Guernesey
(La conjoncture politique
Rappelant, par ailleurs, le règne de la trique),
Je réponds, supérieur : «Non, vois-tu, cet été,
J'ai décidé
(J'ai l'air badin et amusé -
Ça me va bien) que j'écrirais plutôt des fables.»
«Tu m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Floccus
  06 décembre 2013
Jean Anouilh est l'ami du petit déjeuner. Lues le nez dans le bol de thé et la lampe calée entre les tartines chaque matin, ces fables mettent les neurones en train pour la journée. J'ai testé en couple pendant 2 mois et ce fut un vrai plaisir. Une surprise guillerette, piquante, ironique ou méchante chaque jour au lever.
Concises, rythmiques, sans un mot de trop, elles sonnent juste. Les caractères sont finement vus, habilement rendus. Qui n'a pas croisé un rat « portant beau, poil lustré et ras » ou un bernard-l'hermite présentant « l'âme émue des propriétaires » ? Jean Anouilh renouvelle et modernise la fable avec bonheur. Certes ses morales frisent souvent la cocasserie, mais on ne s'en amuse que plus !
« Dévorée par son cher pasteur,
L'écrevisse, enfin, connut le bonheur.
Le Seigneur a toujours pitié des pécheresses. (84) »
Mon problème désormais c'est que j'y ai pris goût. Textes courts, rythmés et amusants, que lire au petit déjeuner ?
Lien : http://versautrechose.fr/blo..
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   06 mai 2017
LE BERNARD-L’HERMITE

Un bernard-l'hermite rêvait
Au balcon de son coquillage.
Il aimait sa maison, y avait fait des frais,
Et comptait y finir le reste de son âge.
Un beau soir en tombant baigne de componction
L'âme émue des propriétaires.
Jugeant de loin le flux des humaines passions,
Ils se figurent que la terre
S'arrête au bout de leur jardin
Et le sien lui semblait sans fin...
(Jusqu'à la marée prochaine).
«Terre, s'écriait-il, terre de mes aînés,
Payée de sueur et de peine !
Vieilles pierres où je suis né !
Lit ancien où conçut ma mère !
Seuil, où le père de mon père
Rêvait déjà devant la mort d'un soir d'été...
Aux gens bien nés, mon Dieu, que la patrie est chère !... »
Il eût continué jusqu'au bout sur ce ton,
Se croyant tout de bon gentilhomme breton ;
Si un crabe passant, la démarche incertaine,
Fuyant on ne sait quoi, ne lui avait crié :
"Va te faire lan laine !
Grouille donc, crabe comme moi !
Tu fuis depuis le temps d'Hérode.
J'ai connu le gastéropode,
De qui tu occupes le toit."
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KahlanAmnellKahlanAmnell   01 février 2014
LA FILLE ET LE LOUP

Une fille tomba amoureuse d'un loup
Q'un montreur d'animaux exhibait sur la place,
Le jour de sa noce, au village.
Il était fier et sombre, et de mauvaise grâce,
Il faisait quelques tours navrants,
Ne semblant pas sentir les coups.
Voir un loup enchaîné redonne du courage
Au coeur mou des petites gens :
Dans le cortège, on s'amusait beaucoup.
Les lourds garçons d'honneur lui faisaient des grimaces,
Chacun rivalisait de bons mots et d'audaces ;
La mariée ne disait rien.
C'était un triste mariage,
Elle était belle, pure et sage,
Elle épousait un jeune richard du village,
Mal formé - avec la bénédiction des siens.
C'est le sort des filles sans bien.
Pendant que l'homme, fouet en main,
L'obligeait à faire sa danse,
Le regard du loup et le sien,
Se croisèrent dans le silence...
Ayant jeté sa maigre obole au bohémien
La noce l'entraîna vers les réjouissances
Interminables du festin,
Le principal de la cérémonie, en France.
Elle fut déflorée à la fin du repas.
Mais, pendant la nuit, laissant là
Le mari qui ronflait après le sacrifice,
Insoucieuse du sang qui coulait sur ses cuisses ;
Elle alla jusqu'à la roulotte endormie,
Ouvrit au loup et le suivit dans la forêt
Pour y devenir son amie...

Le lendemain le scandale éclatait.
Les paysans armés partirent en battue
On retrouva la fille demi-nue
Qui dormait près du loup. On les prit tous les deux.
Le loup fut égorgé et la fille jugée.
Qand on lui demanda ce qui l'avait poussée
A bafouer ainsi les Dieux
Les regardant bien dans les yeux,
Son mari haut comme trois pommes,
Le curé bedonnant, le juge fielleux,
Les paysans niais et communs,
Elle le leur dit : "J'aime les hommes,
Et seul le loup en était un."
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aleatoirealeatoire   14 avril 2013
L'enterrement
Le chien suivait l'enterrement du maître.
Il pensait aux caresses;
Et il pensait aux coups.
Les caresses étaient plus fortes...

Dans le cortège, on s'indignait beaucoup.
On excusait la veuve - elle était comme morte.
On pardonnait à la maîtresse
(Elle était morte aussi).
Mais, qu'en présence du prêtre,
La bonne ait pu laisser vagabonder ainsi
Ce chien au milieu du cortège !
Ah ! Ces filles vraiment ne se font nul souci.
Quelqu'un, l'ordonnateur, la famille, que sais-je ?
Aurait dû l'obliger à attacher le chien !
Elle-même, voyons ! C'est une propre à rien
Qui n'avait même pas l'excuse du chagrin.
Pourquoi la gardaient-ils ? Un ménage d'artistes...
De véritables bohémiens.
Ce monde là vivait d'une étrange manière...
De coup de pied en coup de pied dans le derrière,
Rejeté à la queue du cortège, le chien
Songeait que seule la bonne était triste;
La bonne qui ne disait rien,
Et à qui ne parlait personne.
Il suivit jusqu'au bout aux côtés de la bonne.
Au cimetière, tous les deux au dernier rang
Ils écoutèrent le discours du président
De la Société des Auteurs Dramatiques.
A la fin, las du pathétique,
Le chien s'avança posément
Et, pour venger un peu la bonne,
Il pissa sur une couronne.
+ Lire la suite
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gdeshgdesh   25 novembre 2013
LE CHAT BOURGEOIS P53
Un chat tuait sans vrai désir.
C'était un chat très riche et il n'avait pas faim
Il faut bien se distraire enfin :
Chat bourgeois a tant de loisirs....
On ne peut pas toujours dormir sur un coussin.

De souris, il ne mangeait guère ;
Son pedigree fameux l’ayant mis au dessus
Des nourritures du vulgaire.
Son régime était strict. Cet immeuble cossu,
En outre visité, à des dates périodiques,
Par les services de la dératisation,
Gens aux procédés scientifiques,
Tuant sans joie ni passion,
Au nom de I’administration,
De rat, de vrai bon rat, qui fuit et qu’on rattrape
Négligemment, ne le tuant qu’à petits coups
Sans tuer son espoir - vrai plaisir de satrape -
Il n'y en avait plus du tout
Avec leurs poisons et leurs trappes.
Restaient quelques moineaux bêtes et citadins,
Race ingrate
Qu’on étendait d'un coup de patte :
Assez misérable fretin.
Oubliant les rats,
L’employé du service d'hygiène ne vint pas.
On l'avait convoqué
Sur une autre frontière.
Pour tuer cette fois des hommes. Et la guerre,
Approchant à grands pas des quartiers élégants,
Les maîtres de mon chat durent fuir sans leurs gants,
En un quart d'heure, sur les routes incertaines.
Dans l'impérieux souci de sauver leur bedaine
Ils oublièrent tout, les bonnes et le chat.
Les bonnes changèrent d'état.
Loin de Madame, violées par des militaires,
Elles si réservées, elles se révélèrent
Putains de beaucoup de talent.
Leur train de vie devint tout à coup opulent
Et elles prirent une bonne.
Après un temps de désarroi,
Le chat, devenu chat, comprit qu’il était roi;
Que la faim est divine et que la lutte est bonne.
D'un oeil blanc, d'une oreille arrachée aux combats
Dont il sorti vainqueur contre les autres chats,
Il paya ses amours royales sous la lune.
Sans régime et sans soin, ne mangeant que du rat
Il perdit son poil angora
Qui ne tenait qu’à sa fortune
Et auquel il ne tenait pas;
Il y gagna la mine altière
Et l’orgueil des chats de gouttière,
Et bénit à jamais la guerre
Qui offre aux chats maigris des chattes et des rats.

Jamais ce que l'on vous donne
Ne vaudra ce que l'on prend
Avec sa griffe et sa dent.
La vie ne donne à personne.
+ Lire la suite
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MijouetMijouet   08 septembre 2012
La jument

Une jument qui avait
Des obligations mondaines
(On croit que c'est pour s'amuser:
On est une femme de peine)
Décida de prendre une ânesse
Pour s' occuper de son bébé.
Ce n' était pas de la paresse,
Mais une jument élégante
A une vie si fatigante,
Que s' était trop lui demander.

Le petit poulain était tendre,
Et l'ânesse le léchait bien.
II se mit à tout en attendre.
L'ânesse ne lui passait rien
Mais Ie comblait de sa tendresse
Et Ie poulain, de jour en jour,
Nourri d'herbe tendre et d'amour,
Tendrement réprimé à chaque maladresse,
Grandit en se persuadant que
Malgré les oreilles, la queue,
Les mères étaient des ânesses.

Un beau jour, passant dans Ie pré,
En se rendant à queIque course,
Car eIle aimait beaucoup courir
(Son maître lui en savait gré
Car c' est lui qui palpait les bourses)
La jument pensa défaillir
En entendant son petit braire.
« Ce n'est rien, dit Monsieur Boussac.
II deviendra comme ses frères,
Songeons à gagner notre sac.
Tantôt, après notre victoire,
Je vous expliquerai l'histoire.
Les enfants adorent le bruit!»

Ce jour-la, la jument perdit,
Trop affectée par cette scène,
De plusieurs longueurs a Vincennes.
Monsieur Boussac, vexé, la remit au pacage.
Et, depuis, eIle y vit en sage
Léchant et reIéchant soi-même son petit.
Et l'ânesse mélancolique
Redevenue simple bourrique -
Car Ie poulain ingrat ne la reconnut plus-
Brouta exprès une mauvaise herbe et mourut.
+ Lire la suite
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