AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2081249685
Éditeur : Flammarion (19/02/2014)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 141 notes)
Résumé :
Médée, terrible Médée ! Femme révoltée qui trahit son père, tua son frère pour l'amour de Jason et la conquête de la Toison d'or. Dix ans après, Jason se déprend de Médée et s'apprête à épouser la fille de Créon, roi de Corinthe. Refusant la fuite et le 'bonheur, le pauvre bonheur', Médée va continuer à semer le feu... Après Euripide, Ovide, Sénèque, Corneille, Jean Anouilh réécrit le mythe de Médée dans un français éclatant.

Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
cathcor
  12 février 2012
Superbe relecture par Anouilh de l'histoire de Médée et de Jason.
On revoit leur passé,la fuite éperdue à travers la Colchide,leur passion toute neuve, leur compagnonnage de " petits soldats". Et maintenant le présent,l'amour qui se délite,l'abandon de Médée pour la jeune Créuse.
Et surtout,à travers la violente confrontation des deux anciens amants,ce questionnement qui parcourt la plupart des pièces d'Anouilh:faut-il opter pour un bonheur à mesure humaine,tranquille,raisonnable,sans doute médiocre-c'est le choix de Jason et du Créon d'ANTIGONE-ou pour une vie d'intransigeance,de refus,de luttes solitaires,de crimes peut-être,comme Médée,pour atteindre un absolu qui ne peut déboucher que sur la mort,chez Antigone comme chez Médée?
Commenter  J’apprécie          320
chapochapi
  27 avril 2014
Je ne connaissais pas la version d'Anouilh et ne regrette vraiment pas de m'être lancée ! le sujet de la pièce est bien sûr le même en faisant de Médée une figure centrale, mais il est légèrement déplacé vers le couple. Dans cette pièce moderne, Médée est plus que jamais une femme blessée et l'histoire est bien celle d'un couple qui se déchire. D'ailleurs, la construction même de l'intrigue le prouve sans nul doute : un tiers du livre construit le dialogue attendu entre Jason et Médée. Un tiers du livre pour voir un couple se déchirer, pour voir Jason expliquer qu'il n'aime plus Médée, que leur couple s'est effondré depuis trop longtemps, que le monde, tel qu'il le perçoit, s'est détaché d'elle. Superbes pages pour raconter un amour qui n'existe plus et une séparation inévitable après des années de passion sincère.
Là réside l'une des nouveautés de cette pièce : Jason n'a pas gardé Médée toutes ces années auprès de lui pour de simples raisons politiques ; au contraire, il l'a aimée, plus que tout, avant de s'en détacher progressivement. Si lui l'a reconnu, Médée se voile encore la face et croit encore à une cohésion entre eux, tout en reconnaissant être incapable de changer pour celui qu'elle aime encore.
Car, deuxième nouveauté, Jason a besoin de changements. Pas pour survivre politiquement et physiquement. Nous ne sommes plus chez Corneille où Jason, lâche et intriguant, est prêt à tout pour obtenir un trône. Chez Anouilh, Jason est fort, il ose affronter Médée car il la respecte plus encore qu'il ne la craint. Il l'affronte aussi car il sait que ses raisons de la quitter sont bonnes : il veut vivre simplement, et trouver le bonheur, notion moderne par excellence. Cet homme qui a tout fui n'en peut plus et aspire à la paix, au repos. Il ne veut plus être un héros mais simplement un homme qui peut espérer passer ses dernières années au calme et en sécurité. C'est un homme tristement banal malgré son passé extraordinaire.
Quant à Médée, c'est une femme désespérée, abattue par ce départ imprévu de l'homme qu'elle a toujours suivi et avec qui elle ne semblait ne former qu'une seule entité. Rien à voir avec cette harpie haineuse que l'on a coutume de nous montrer. Après des années ensemble, elle n'envisage pas la séparation ; elle qui n'a d'autres perspectives que la fuite, encore, elle ne peut se résoudre à perdre son seul point d'ancrage, sa seule bouée. Presque noyée, elle veut attirer l'attention, exprimer son désespoir. A genoux, elle n'attend qu'un geste de Jason pour lui pardonner, pour se faire petite et renoncer aux crimes qu'elle a envisagés. Que Jason se retourne seulement, au moment de la quitter, et les enfants seront saufs. Mais la décision de Jason est prise et il ne se retourne pas, refuse de revenir sur le passé. Médée n'a d'autre choix que de la balayer, elle aussi.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
nathalie_MarketMarcel
  03 août 2013
l y a un vrai contraste avec les tragédies antiques dans le fait qu'il n'y a plus ni dieux ni destin. Jason et Médée sont un couple d'aventuriers, fuyant un pays, réfugiés dans un autre, un vieux couple, dont l'amour a existé et n'est plus. Les personnages sont plus petits. Ne plus être sous le regard du destin, c'est redevenir simple être humain. le tragique fait place au pathétique. J'ai aussi eu l'impression que la barbarie de Médée avait changé : non grecque, exilée chez Euripide, magicienne incontrôlable et infréquentable chez Corneille, elle est ici d'une sauvagerie plus familière : du côté de la nuit et des bêtes, comme une sorcière du Moyen Âge chrétien. Jason en revanche en gagne, il apparaît moins lâche, moins violent, plus humain, et plus touchant dans ses émotions contradictoires. J'ai eu le sentiment que les personnages étaient trop petits pour porter le mythe et qu'ils y renonçaient, à l'exception de Médée, sourde à tout, qui s'efforce d'être à la hauteur de son destin.
J'aime beaucoup la fin : les petites tragédies humaines sont ponctuelles et ne modifent pas l'ordre quotidien des choses. Les personnages hors normes se détruisent, restent les personnages secondaires, incarnant la permanence du monde.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
vicim
  07 janvier 2014
C'est d'abord une version "moderne" du mythe puisque Jean Anouilh l'a rédigée en 1946, au sortir de la seconde guerre mondiale. C'est un auteur que j'ai découvert par la lecture d'Antigone qui m'avait vraiment chamboulée. C'est donc avec plaisir que j'ai relu pour la dixième fois sa version de Médée. Je l'ai trouvée superbe, j'aime définitivement beaucoup cette héroïne !Anouilh focalise une bonne partie de son texte sur la rupture entre Jason et Médée. Effectivement, le point de départ de la douleur et de la folie de Médée et bien celui-là. C'est cet élément qui pousse Médée à commettre l'irréparable ! Il y a un superbe monologue de Jason (pp. 62 à 68 pour les amoureux du verbe) dans lequel il parle à Médée : "je ne peux pas t'empêcher d'être toi. (…) Mais ce que je peux, c'est tout dire, une fois (…) Je t'ai aimée, Médée." Et il scande son monologue de ces quelques mots "je t'ai aimée, Médée". Jason n'est pas le même que dans les pièces antiques. Il m'a semblée moins lâche, plus humain. Il ose parler, longuement, à Médée, lui dire l'Amour qu'il a eu pour elle.
C'est une pièce qui allie le charme du mythe en lui-même, de la tragédie et des mots d'Anouilh. C'est ce qui fait la force de cette pièce. Anouil réussit à analyser plus en profondeur l'Amour, la Passion entre deux êtres. Dans cette version, Médée est vraiment malade d'Amour pour Jason. Et même si elle arrive à tuer et devient donc une criminelle par Amour, on ne cesse d'être avec elle. Je ne sais pas si ceux qui ont lu cette pièce ont ressenti cela mais je me suis identifiée à Médée. Jusqu'au bout on souffre avec elle !
Ce mythe apporte de la modernité à la pièce. Ainsi Médée vit dans une roulotte. C'est une Médée du vingtième siècle que nous suivons. Ce sont des personnages moins héros, plus humains. Mais c'est bien ce qui fait de ce personnage un Mythe. Il vit avec le temps et ne se démode jamais. Au contraire, la peinture des relations hommes-femmes est on ne peut plus d'actualité, je trouve !
Ces éléments modernes font que les éléments tragiques antiques sont totalement délaissés. Ainsi, pas de char qui vient sauver Médée. Pas de Dieux qui conversent avec elle. La destinée de Médée n'est pas l'objet de cette version.
Lien : http://lesbavardagesdesophie..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Anadyomede
  10 octobre 2013
On retrouve dans cette pièce la beauté de l'écriture d'Anouilh dans toute sa simplicité. Médée est fascinante, peut-être même plus qu'Antigone, en ce qu'elle semble sans pitié. Elle est cette magicienne, cette femme amoureuse, qui n'a pas hésité à démembrer son propre frère et à convaincre les filles de Pélias de mettre à mort leur père. Depuis, la voilà toujours en fuite avec Jason jusqu'à la trahison. C'est à Corinthe, bien sûr, que s'ouvre la pièce. Sur cette petite Médée, l'orgueilleuse, la révolté du bonheur, qui n'a jamais su que détruire autours d'elle, que tout flamber - jusqu'à son amour. Jason n'apparaît pas vraiment comme lâche, contrairement aux tragédies antiques. Il est plutôt le résigné. Il est celui qui se détourne des cendres pour chercher un bonheur simple, posé. Tout éloigné de celui de Médée. Alors il est temps pour elle d'allumer la dernière flamme, parce que c'est sa destinée, parce que c'est ce pour quoi elle a vécu, et qu'elle veut endosser son rôle jusqu'à la fin. C'est en superbe, donc, qu'elle précipite la mort, jusqu'à tout détruire en elle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
AauroraAaurora   01 juillet 2012
J’AI MENTI, J’AI TRICHÉ, J’AI VOLÉ, JE SUIS SALE… C’EST À CAUSE DE MOI QUE TU FUIS ET QUE TOUT EST TÂCHÉ DE SANG AUTOUR DE TOI. JE SUIS TON MALHEUR. JE SUIS TA JEUNESSE PERDUE, TON FOYER DISPERSÉ, TA VIE ERRANTE, TA SOLITUDE, TON MAL HONTEUX. ALORS, PUISQUE TU LE SAIS, POURQUOI N’ARRÊTES-TU PAS DE ME REGARDER AINSI ? JE N’EN VEUX PAS DE TA TENDRESSE. JE N’EN VEUX PAS DE TES BONS YEUX.
Commenter  J’apprécie          190
AnadyomedeAnadyomede   07 octobre 2013
Je ne peux pas t'empêcher d'être toi. Je ne peux pas t'empêcher de faire le mal que tu portes en toi. Les dés sont jetés, d'ailleurs. Ces conflits insolubles se dénouent, comme les autres, et quelqu'un sait sans doute déjà comment tout cela finira. Je ne peux rien empêcher. Tout juste jouer le rôle qui m'est dévolu, depuis toujours. Mais je peux tout dire, une fois. Les mots ne sont rien, mais il faut qu'ils soient dit tout de même. Et si je dois être, ce soir, au nombre des morts de cette histoire, je veux mourir lavé de mes mots...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
cathcorcathcor   12 février 2012
J'ai aimé ton monde noir,ta révolte,ta connivence avec l'horreur et la mort,ta rage de tout détruire..C'est toi qui as raison sans doute en disant qu'il n'est pas de raison,pas de lumière,pas de halte,qu'il faut toujours fouiller les mains sanglantes...Mais je veux m'arrêter,moi,maintenant,être un homme.Faire sans illusions peut-être,ce qu'ont fait mon père et le père de mon père et tous ceux qui ont accepté avant nous,et plus simplement que nous,de déblayer une petite place où tienne l'homme dans ce désordre et cette nuit..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
cathcorcathcor   12 février 2012
Il y a eu une petite fille Médée exigeante et pure autrefois...J'aurais voulu,Jason,j'aurais peut-être voulu moi aussi que cela dure toujours et que ce soit comme dans les histoires! Mais Médée innocente a été choisie pour être la proie et le lieu de la lutte...D'autres plus frêles ou plus médiocres peuvent glisser à travers les mailles du filet jusqu'aux eaux calmes ou à la vase; le fretin,les dieux l'abandonnent. Médée,elle,était un trop beau gibier dans le piège...Ce n'est pas tous les jours qu'ils ont cette aubaine,les dieux,une âme assez forte pour leurs rencontres,leurs sales jeux.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
zorazurzorazur   15 mars 2012
Oui, je t'oublierai. Oui, je vivrai, et malgré la trace sanglante de ton passage à coté de moi, je referai demain, avec patience, mon pauvre échafaudage d'homme sous l'oeil indifférent des dieux. Il faut vivre maintenant, assurer l'ordre, donner des lois à Corinthe, et rebâtir sans illusion un monde à notre mesure pour y attendre de mourir.
Commenter  J’apprécie          110
Videos de Jean Anouilh (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Anouilh
Le magazine culturel quotidien s'associe à l'opération «Coups de théâtre» et propose toute la semaine des rencontres et des reportages sur le 6ème art. Au sommaire :
Michel Bouquet est au théâtre Hébertot jusqu'au 19 juin dans "A tort et à raison". Entrée Libre a rencontré ce "monstre" de théâtre qui a joué les plus grands rôles de théâtre de "L'Avare" à "Mac Beth", et qui a connu et interprété les auteurs les plus prestigieux : Harold Pinter, Jean Anouilh et Eugène Ionesco..
autres livres classés : théâtreVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Oh, Antigone !

Comment se prénomme la sœur d'Antigone ?

Sophie
Hermine
Ismène

10 questions
1531 lecteurs ont répondu
Thème : Antigone de Jean AnouilhCréer un quiz sur ce livre
.. ..