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ISBN : 2960155998
Éditeur : Vies Parallèles Editions (08/05/2017)
Résumé :
Nous sommes en avril 1972. Cela fait déjà quelque temps que David Antin, linguiste, critique d’art, traducteur, est invité par des musées, des galeries d’art, des universités, à donner des conférences sur des sujets très divers. Ce soir-là, au Olloma College, dans la lointaine banlieue de Los Angeles, il doit parler à des étudiants en art de ce que signifie encore « faire de l’art » à cette époque. Avant de se lancer dans son entreprise, il appuie sur le bouton « RE... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Elouan00
  19 juin 2017
Je me souviens avoir entendu quelqu'un à la radio – je ne sais plus qui – parler de l'évolution de la musique comme allant de pair avec l'évolution de notre mode de vie. L'apparition du train a été quelque chose de déterminant. Au niveau de la littérature, prétendre que la parole a maintenant une importance secondaire serait une erreur il me semble, surtout maintenant. Mais il est peut-être vrai que moins de choses passent par de bouche à oreille, quoiqu'en dise la page d'accueil de senscritique (« Nous croyons à la puissance du bouche à oreille. ») on est plus dans un rapport écrit, de clavier à écran, et ça change vraiment les choses. David Antin en parle dans un de ses huit « talk poems » réunis dans ce livre. En lisant le livre je me suis justement demander comment peut-on restituer, par écrit, ce qui doit essentiellement resté une parole ?
Les « talk poems » ont tous été des occasions momentanées, dans lesquelles David Antin parlait en public. Ces « interventions » étaient improvisées puis enregistrées par un dictaphone, un jour, sa femme, en écoutant l'un de ces enregistrements s'exclame : « Mais c'est un poème ! » de là s'est lancé les fameux « talk poems » où Antin s'interroge humblement sur la nature de ses poèmes. Les enregistrements ont été retranscrit ici, on oublie la ponctuation, on laisse simplement des espaces plus grands lorsque Antin laissait un temps, reprenait sa respiration. Et puis, il faut dire qu'il ne s'agit pas vraiment de discours. Au contraire, Antin est assez habile pour conserver, dans le contenu même de sa parole, quelque chose de flottant, de léger. Et l'effet de ces « talk poems » m'a paru comparable à la vitesse du train… Antin aborde une ou plusieurs questions, il digresse, parle d'autre chose, on pourrait presque dire qu'il noie le poisson si, à chaque fois, il ne retombait pas avec justesse sur ses pieds.
"ce qui revient à me demander pourquoi / lorsque je propose un livre au monde / il finit classé / par la bibliothèque du congrès / dans la section appelée poésie / je trouve ça déconcertant / mais logique / car comment pourraient-ils appeler ça autrement ? / j'ai examiné le système de classification de la bibliothèque du congrès et / j'ai été incapable de trouver une classification appelée parler / il m'a semblé qu'ils n'avaient pas cette classification / ils avaient les belles lettres / ils avaient la littérature / ils avaient les essais / ils avaient la géographie / mais ils n'avaient pas parler / et j'ai pensé que quelque chose avait été laissé de côté"
Dresser la liste de tout ce dont il est question dans le livre s'avère aussi (peu) évident que de rendre compte d'une conversation qu'on a eût la veille avec quelqu'un. Antin parle justement de la mémoire, de la mémoire à propos de la parole, de la photographie, du regard, des faits, de la traduction, de l'histoire et de sa représentation ou de la fidélité conjugale… on dirait qu'il part d'un point situé en lui, des interrogations transformées par des comparaisons et qu'il partage. Et, bien sûr qu'il fait réfléchir sur les différents points de vue qu'il propose, inutile de les exposer moins bien que lui, ce qui compte c'est la magie qui opère lors de l'échange. Antin paraît toujours avoir de l'inspiration, pour ce qu'André Markowicz, que j'adore écouter sur Youtube, appellerait « l'ami inconnu » selon l'expression de Jules Supervieille. Lui non plus ne prépare pas un discours pour un public qu'il ne connaît pas à l'avance, et c'est ce qui rend la beauté de l'échange possible. Dans les livres de W. G. Sebald aussi, il semble y avoir une improvisation de cet ordre-là. C'est ce qui m'avait poussé à lire Antin. C'est vrai qu'on a pas les moyens d'être « au moment » de la parole… nous sommes différés, que ce soit avec l'écrit ou avec un enregistrement au dictaphone… c'est là tout le défi de ce qu'on tente de conserver autant que faire se peut, par la mémoire ou par la retranscription. Ce moment privilégié, qui ne concerne que le public vu par Antin, peut devenir le moment privilégié que constitue la lecture d'un livre étonnant.
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