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Critique de Missnefer13500


Missnefer13500
  24 août 2019
Je me contente assez souvent de survoler les résumés, me fiant à la couverture. Celle de ces 2 petites filles et quelques commentaires élogieux sur des pages FB titillaient ma curiosité. C'est donc avec grand plaisir que j'ai tenté ma chance sur un concours proposé sur Insta par les auteures, plaisir encore plus grand quand le livre est arrivé. Un format peu commun, une édition recto-verso des 2 versions de l'histoire concoctés par Amélie Antoine et Solène Bakowski. Un défi de taille que se sont lancés ces 2 auteures. Un idée on ne peut plus originale qui me fait penser à celui de U4, mais une série en 4 tomes qui, elle, est vue à travers chaque personnage et narrée par un auteur différent.

J'ai débuté l'aventure par l'approche de Solène Bakowski tant il me semblait logique de commencer par Avec Elle.
Dans ce tome, on se laisse transporter dans les relations complexes, ambivalentes évoluant entre " je t'aime, moi non plus" que vivent les jumelles. le contexte est très réaliste, prend ses sources dans la vie quotidienne, celle de Thierry et Patricia qui se délite au fil du temps, la complexité de la vie de couple, l'usure du quotidien que les enfants compliquent, parfois, innocemment.
Patricia éprouve des sentiments communs à beaucoup de mères, il suffit de tendre l'oreille, à droite à gauche, de près ou de loin, des Patricia ont en a toutes une dans notre entourage, quant on a pas, soi-même eu quelques fois, ressenti ce sentiment d'étouffement lié à ce quotidien répétitif. N 'explique-t-il pas, parfois, l'adultère, les séparations ? Dans cette ambiance délétère, les enfants saisissent des bribes de conversation, enregistrent, assimilent, interprètent. Tout est là en ces 2 mots, ressenti, interprétation. Face une même situation, chacun le vit à sa manière et quand les non-dits prennent toute la place, eh bien... personne ne sait ce que l'autre éprouve réellement.
J'ai été happée par la curiosité une grande part du récit, vibrant d'impatience de découvrir les effets et aboutissants d'une telle relation "toxique" toute en ambiguïté entre les 2 soeurs. Mais l'issue est longue à se mettre en place ,et j'avoue m'être un peu ennuyée, les passages devenant redondants. de plus cette connectivité propre à la relation entre les filles, je ne l'ai pas trouvée spécifique à des jumelles. Elle sert juste à l'intrigue, car l'on peut voir tout aussi bien de tels liens entre soeurs.
Cependant, l'auteure joue avec nos émotions. Elle sait s'y prendre pour nous faire prendre parti pour l'une des jumelles, celle qui sera responsable du drame qui se trame. Jessica/Coline physiquement semblables, aux personnalités contrastées et si dissonantes. Et quand la mère ne reste pas impartiale dans certaines situations forcement, on s'en agace.
La plume de l'auteure est fluide et plaisante. Elle sait planter les décors, brosser des portraits vibrants de réalisme, attiser l'intérêt du lecteur et le surprendre par son dénouement. L'approche psychologique choisie par l'auteure est intéressante, prend le pas sur côté thriller et suspens. Peut-être est-ce l'explication au fait que j'ai trouvé, certains passages répétitifs et momentanément ennuyeux ?

L'approche d'Amélie Antoine dans Sans elle, est toute aussi psychologique, avec le coté thriller en plus. Les auteures suivent une trame commune et les protagonistes prennent des chemins proches et parfois totalement différents. On y retrouve des personnages assez importants de la version de Solène Bakowski avec des variantes plutôt étonnantes.
Dans cet opus, Amélie Antoine s'attache à traiter les répercussions de la disparition de Jessica sur la famille et développe les sentiments de chaque protagoniste principal. La psychologie de chacun y ait brossée avec justesse, réalisme. Tout comme dans Avec elle, cette soirée du 14 juillet va ébranler les fondations de cette famille unie. Les liens qui les unissent s'y délitent, et ici encore les non-dits auront des conséquences néfastes sur tout un chacun. Cette fois les raisons sont à mille lieux de la précédente version.
Les thèmes abordés sont, au vue de cette approche de l'histoire, sensiblement différents, du tome de Solène Bakowski. Ici la culpabilité y règne pour la plus grande part, avec des multiples raisons. Chaque personnage ayant les siennes.
Coline, reste un des protagonistes les plus attachants, mon préféré comme dans le roman précédent. Sa souffrance, sa position dans la famille, la culpabilité du survivant, le sentiment de désamour, nous touche en plein coeur. On aspire à la voir heureuse, faire le deuil de sa soeur disparue, sans pour autant l'oublier, afin de pouvoir se reconstruire. On espère, on y croit .
Le roman est particulièrement bien construit, évoluant tout au long des diverses étapes : après le choc, l'espoir que personne ne veut abandonner, et surtout pas Patricia, mais aussi les incertitudes quotidiennes, le mal être que provoque le fait de ne pas savoir. Puis devrait venir la résignation, le besoin d'avancer, mais certains protagonistes n'y parviennent pas, se refusant à cette alternative. Chaque partie de cette histoire suit le cheminement du deuil, selon Elisabeth Kruler-Ross. L'auteure nous y plonge de manière magistrale, au gré de sa belle plume et nous entraîne dans des montagnes russes d'émotions. le style est addictif, et l'on s'interroge sur la finalité de cette intrigue. Découvrirons nous la vérité sur ce drame familial ?
Le dénouement va me clouer sur place. J'envisageais tout et rien, m'interrogeant au fil des chapitres : serait-elle similaire à celle de Solène Bakowski, tant la trame de base semble être suivie, ou différera-t-elle comme parfois en conservant ce tronc commun ?
Car les auteures ont abordé, chacune, des pistes différentes tout en glissant toutes 2 les mêmes protagonistes secondaires. On retrouve donc : Enis, l'instituteur, Valentin, Loîc qui croisent Patricia et Coline.

Dans cette duologie,un véritable challenge littéraire, chacune des auteures nous offre une vie parallèle faite de tous ces ET Si, que nous même envisageons parfois. Un ET SI qui pourrait dans une version comme dans l'autre changer le tragique des l'histoires. Car drame il y a. Mais pas forcement celui auquel on s'attend. L'intrigue même n'évolue pas dans ce sens là, certains questions resteront sans réponses dans l'abord d' Amélie Antoine. Ce pourrait être frustrant, mais ne pas les avoir reste logique, car tout est réaliste et que le thème le plus important n'est pas de résoudre le mystère de la disparition de Jessica mais les effets secondaires sur toute la vie d'une famille, de parents suspectés et les effets néfastes à long terme.

Je conclurais en remerciant Amélie Antoine et Solène Bakwoski pour ce concours sur Instagram qui m'a permis de découvrir leur plume et donner envie de lire leurs romans.
Je rajouterai que j'ai eu une petite préférence pour le texte d'Amélie Antoine.

Pour infos, je ne pense pas qu'il y ait un ordre de lecture dans ce livre recto-verso.


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