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Gérald Antoine (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070388859
Éditeur : Gallimard (06/09/1994)

Note moyenne : 3.51/5 (sur 94 notes)
Résumé :
Cette édition constitue une événement. La pièce, qui date de 1906, est le chef-d'œuvre de Claudel. Il y a enclos, dans un style brûlant et poétique, mariage de Shakespeare et de Rimbaud, le bonheur et le drame de sa vie. Ysé a abandonné son mari pour vivre avec Mesa ; elle quitte ce dernier pour un troisième homme qui ne la comble pas. Les deux protagonistes sont liés l'un à l'autre. L'homme, épris d'absolu et de Dieu, ne peut ni être satisfait par la femme ni s'en... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
5Arabella
  12 février 2019
Ecrit rapidement d'après les dires de l'auteur en 1905, le texte de cette pièce paraît pour la première fois en 1906 à compte d'auteur. Mais Claudel va refuser jusqu'en 1948 que la pièce soit portée sur la scène. Ce n'est qu'à cette date qu'il autorisera Jean-Louis Barrault avec qui il entretenait des liens privilégiés, à mettre en scène la pièce dans laquelle Barrault jouera également le rôle de Mesa.
Il faut dire que d'après Claudel lui-même, cette pièce est l'histoire un peu arrangée de l'aventure amoureuse qu'il a vécue de 1900 à 1905 avec Rosalie Ścibor-Rylska. Ils se sont rencontré sur un bateau qui les amenait en Chine en 1900. Elle est mariée à Francis Vetch avec qui elle a quatre fils. Malgré ce mari qui s'éclipse, elle va devenir la maîtresse de Claudel dont elle va partager la vie, habitant même avec ses enfants au consulat, ce qui finira par devenir scandaleux. Elle va disparaître en 1904, enceinte de Claudel. Elle ne donnera de ses nouvelles qu'en 1917, ils se retrouveront en 1920. Malgré le mariage qu'il a contracté entre temps, et les enfants qui en sont issus, il continuera à lui vouer, ainsi qu'à leur fille Louise, un attachement très fort jusqu'à sa mort et elle sera une grande source d'inspiration pour son oeuvre.
La pièce commence sur un bateau en route vers la Chine. Une femme, Ysé et trois hommes qui d'une façon ou d'une autre sont les hommes de sa vie : son mari, de Ciz, Amalric, un homme qu'elle a connu avant son mariage avec qui elle a vécu une histoire d'amour qui n'est pas forcément terminée, et enfin Mesa, qu'elle vient de rencontrer et avec qui une relation privilégiée est en train de se nouer.
Au deuxième acte, de Ciz est sur le point de partir pour une durée indéterminée dans une expédition risquée. Ysé essaie de le retenir, mais il est décidé. Survient Mesa, Ysé lui demande de conforter de Ciz dans son intention de partir. Ce que Mesa fait sans en avoir l'air. L'histoire d'amour peut commencer.
Au troisième acte, le décor change. Ysé et Amalric, avec qui elle vit à présent, même si elle a donné naissance à l'enfant de Mesa qui est avec eux, sont au coeur d'un soulèvement autochtone. Amalric a l'intention de faire sauter la maison plutôt que d'être pris. Survient Mesa qui veut décider Ysé à partir avec lui en amenant son enfant, il a un sauf-conduit. Elle refuse. Mais elle va revenir vers Mesa blessé pour mourir avec lui.
Après un premier acte réaliste, la rencontre des personnages sur le bateau, avec l'évocation des rituels de ce type de voyages, des situations concrètes, la pièce s'oriente dans le deuxième et encore plus le troisième acte, vers autre chose, une aventure symbolique et mystique, jusqu'à a fin dans laquelle nous assistons à une sorte de mariage, de rituel à la fois profane et sacré, où le sacrifice final permet d'une certaine façon de sanctifier et d'effacer le poids du pêché, par lequel les amants se purifient et se rejoignent dans et pour l'éternité. le trivial et les souillures de la vie se lavent dans le sang du martyre, permettant aux personnages de se rejoindre dans un monde héroïque. le désir charnel du début de la pièce se transforme en un amour qui touche au divin, qui est en quelque sorte un pont pour atteindre l'au-delà, la transcendance. L'union des deux amants leur permettant de se sauver conjointement dans la mort partagée.
C'est une proposition littéraire forte et personnelle, à laquelle on peut ou ne pas adhérer. La langue somptueuse de Claudel, ses métaphores poétiques, son mysticisme, peuvent aussi bien séduire que rebuter. Cette vision des relations amoureuses, comme une porte vers un autre monde divin, comme si le monde des hommes ne suffisait pas, peut aussi apparaître comme une fuite de la réalité. Mais si on arrive à s'immerger dans le rythme des mots, dans la cascade d'images, c'est un magnifique voyage dans une sorte d'univers parallèle, peut-être juste celui de la poésie.
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JacobBenayoune
  16 novembre 2013
En lisant cette pièce je sentais bizarrement la même émotion que j'avais lors de la lecture de Péguy! le divin et le verset sont les points communs peut-être.
Quatre personnages seulement, une femme et trois hommes (ça nous rappelle le soleil se lève aussi, un voyage dans un lieu étranger et une femme qui est avec trois hommes).
Un excellent texte sur le conflit entre la chair et l'esprit, le religieux et le profane, l'amour divin et l'amour interdit.
Le point fort de ce drame n'est sans doute pas l'intrigue, ni les personnages (qui nous sont vraiment étrangers, loin!) mais le style de Claudel; son fameux verset sublime. On savoure les longs dialogues surtout au dernier acte.
Une pièce à lire même si l'on ne sympathise pas beaucoup avec le respectueux Claudel.
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zohar
  24 mai 2011
Il s'agit là d'une oeuvre autobiographique. La rencontre d'une femme mariée, la réponse qu'elle donne à son appel, à un moment où Dieu, qu'il interrogeait sur sa vocation monastique, s'est tu ; leur liaison tumultueuse, leur séparation, la naissance de l'enfant bâtard : ces épisodes concernent, bien évidemment, les protagonistes Mesa et Ysé.
Les héros du drame prendront des routes divergentes. le thème ici, c'est moins le débat entre l'adultère et le devoir, ou encore entre la Loi ou la Grâce, qu'une nouvelle naissance que les deux amants se sont données l'un à l'autre, que Dieu aussi leur donnera par la « transfiguration de Midi ».
Avec « Partage de midi » on a le sentiment que Paul Claudel réécrit sa propre vie.
Mais, c'est à partir de cette oeuvre que le thème du sacrifice devient dominant chez lui et, notamment, dans « le Soulier de satin ».
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Grapheus
  14 décembre 2009
« C'est un feu dévastateur, c'est un viol immense de la paix humaine, avec tout à coup de ces agenouillements au bord de l'abîme dont le seul Claudel a le secret ; c'est aussi un ramage sublime ».
Stanislas Fumet
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dadotiste
  12 août 2012
La première version de cette pièce est plus insoumise et et désespérée que la seconde...
"L'amour est un piège qui ne peut nous faire parvenir qu'à la déchéance", telle est l'idée que voulait nous faire parvenir Claudel dans cette pièce.
Elle est probablement celle qui lui a tenu le plus à coeur ; écriture dramatique et poétique, il y met des sentiments de sa propre histoire.
On se laisse emporter par sa poésie !
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
GrapheusGrapheus   14 décembre 2009
Adieu ! je t'ai vue pour la dernière fois!
Par quelles routes longues, pénibles,
Distants encore que ne cessant de peser
L'un sur l'autre, allons-nous
Mener nos âmes en travail ?
Souviens-toi, souviens-toi du signe !
Et le mien, ce n'est pas de vains cheveux dans la
tempête, et le petit mouchoir un moment,
Mais, tous voiles dissipés, moi-même, la forte
flamme fulminante, le grand mâle dans la gloire de Dieu,
L'homme dans la splendeur de l'août, l'Esprit
vainqueur dans la transfiguration de Midi !
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5Arabella5Arabella   13 février 2019
Quand il me regarde d'une certaine façon, j'ai honte.
Quand il me regarde de ses grands yeux aux longs cils (il a des yeux de femme tout à fait),
De ses grands yeux glauques (on ne peut rien voir dans ses yeux),
Le coeur me tourne, ah, j'ai plutôt fait de lui laisser faire ce qu'il veut. J'ai essayé, je ne puis lui résister (elle rit silencieusement) pas.
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5Arabella5Arabella   12 février 2019
Vous me sembliez trop fort, trop assuré, agaçant.
Trop sûr de vous-même, un peu ridicule - la confiance qu'on sent que vous avez en vous - une espèce de confiance religieuse.
Moi, je veux que l'on ait besoin de moi ! Vous voyez que l'on peut se passer de vous, tout de même.
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JacobBenayouneJacobBenayoune   08 novembre 2013
Il ne faut pas comprendre ... Il faut perdre connaissance.
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zoharzohar   24 mai 2011
Ce n'est point le temps qui manque, c'est nous qui lui manquons.
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