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ISBN : 2749932653
Éditeur : Michel Lafon (04/05/2017)

Note moyenne : 4.43/5 (sur 61 notes)
Résumé :
C’est l’histoire d’un humoriste en pleine gloire, adulé de tous, mais qui pense ne pas le mériter.
Un homme que tout le monde envie et admire, mais que personne ne connaît vraiment.
Un homme blessé qui s’est accroché au rire comme on se cramponne à une bouée de sauvetage.
C’est aussi l’histoire d’un garçon qui aurait voulu un père plus présent.
Un garçon qui a grandi dans l’attente et l’incompréhension.
Un garçon qui a laissé la co... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (49) Voir plus Ajouter une critique
Antyryia
  28 juin 2017

Un  seul être vous manque et tout est dépeuplé.
C'est ce que doit ressentir Edouard Bresson, face aux cinquante mille personnes qui sont venues l'acclamer au stade de France.
Cinquante mille moins une. Son fils Arthur n'est pas venu l'applaudir, sans même daigner prévenir qu'il serait absent.
Humoriste surdoué de sa génération, Edouard semble né pour faire rire depuis qu'il est gamin. Ce soir, c'est l'apothéose avec ce spectacle diffusé en prime time sur TF1.
"On a passé la barre des dix millions de téléspectateurs."
Faire rire avec ses sketches, amuser la galerie avec des personnages caricaturaux devenus incontournables pour le public, c'est une véritable vocation.
Devenue une obligation.
Célébrité incontournable, il se doit d'être toujours à la hauteur pour ce public qui l'adule. L'échec ou la médiocrité ne sont pas envisageables.
"Savourer ce plaisir indicible de se savoir pleinement aimé."
Ne pas tomber de son piédestal, faire rire à tout prix. Au détriment de soi. Comme une mission à accomplir envers et contre tout.
Subir la pression médiatique, stresser soir après soir avant chaque représentation, être hanté par la peur de décevoir son public.
"Ca a toujours été à lui d'être le plus drôle."
Derrière ce personnage farceur aux mimiques et aux répliques hilarantes, derrière le masque de scène se cache pourtant un homme infiniment seul, infiniment triste.
Entre deux clowneries ce fameux soir de triomphe, il revient sur son passé et c'est une toute autre facette de son personnage qui émerge lorsque le vernis se craquelle.
"Edouard est le meilleur ami de tout le monde, lui qui n'en n'a aucun."
"Il est toujours, irrémédiablement seul."
Il raconte son enfance avec des parents distants, un père qui ne l'a jamais encouragé.
Il parle de son frère Jonathan qui a été victime enfant d'un grave accident, un frère devenu aujourd'hui son plus fervent supporter et à qui la vie a fini par sourire.
Sourire ... C'était devenu l'unique objectif d'Edouard, maintenir un éclat de jovialité sur le visage de son frère comme pour le soustraire à la tristesse, pour échapper aussi à sa propre culpabilité.
Et c'est comme ça que tout a commencé, que son talent a été révélé.
Il évoque sa rencontre avec Magda et la naissance de leur fils Arthur. Il parle de ses premières auditions, de ses premiers spectacles, de ses premiers fans. Une biographie en accéléré, en quelques flashs, qui cachent un étrange mal-être.
Comme s'il manquait quelque chose dans la vie qu'un humour de tous les instants ne pourrait jamais combler. Plus qu'une faille : un trou béant.
A force de protéger sa carrière, de tout faire pour continuer à vivre avec cette illusion d'être aimé de tous, Edouard va voir les liens avec sa famille se briser.
"Au fil du temps, la distance avec son fils s'était creusée, de déceptions en incompréhensions, de ressentiment en abdication."
A force de n'être présent qu'une moitié du temps au Havre ( une ville au nom si paisible qu'elle n'a pas pu être choisie au hasard ) et d'être monopolisé sur les planches parisiennes l'autre moitié, Edouard assistera presque passivement à son inéluctable séparation. Magda avait d'autres perspectives d'avenir.
La notoriété qui grandissait, l'angoisse de décevoir son public, le travail qu'exigeait son métier étaient en totale inadéquation avec ce que demandait son autre travail : Etre un mari et être un père.
"Même quand tu es là, tu es absent, tu le sais, ça ?"
Et de son rôle paternel - lui qui avait tout fait pour ne pas reproduire son propre schéma et toujours encourager son fils - il ne restera bientôt plus rien.
La construction est très bien pensée. Outre des transitions parfaites entre chaque partie, chaque petite anecdote qui nous est relatée n'est pas là par hasard. Tous les éléments vont trouver leur importance dans une seconde partie habilement amenée. Elle se déroulera sur plusieurs mois tandis que la première se déroulait sur une unique soirée. Et nous offrira un nouveau narrateur en la personne d'Arthur, le fils, qui nous offrira un second point de vue.
"Mon père a toujours eu le chic pour faire ressortir la part la plus mesquine, la plus mauvaise, de moi-même."
Est-ce qu'elle va nous refaire le même coup que dans Fidèle au poste ? Sans trop en dévoiler c'est l'une des questions que j'ai été amené à me poser, avec le même doute mais sans impression de redondance, au sein d'un roman dont les ressorts sont cette fois davantage dramatiques. Nous ne sommes plus dans un thriller, mais on retrouve des thèmes communs : le deuil, l'argent et la notoriété qui ne font pas le bonheur ...
En tout cas ce roman totalement indépendant est un nouvel exemple de l'intérêt qu'il peut y avoir à respecter la chronologie des parutions d'un même auteur. C'est avec beaucoup de plaisir que j'ai retrouvé, le temps d'un chapitre, les personnages de Chloé et de Gabriel venus assister en 2010 à l'un des spectacles de l'humoriste. Merci Amélie Antoine pour ce clin d'oeil à vos lecteurs.
Malgré son titre, le livre n'a rien d'amusant. L'un des objectifs de ce roman est de montrer la douleur qui peut exister derrière ces comédiens dont on oublie qu'ils sont aussi des êtres humains à part entière, avec leurs blessures.
"J'ai envie d'éclater de rire, mais j'éclate en sanglots."
"La frontière entre le rire et les larmes est pourtant souvent bien mince, quasiment intangible."
J'aurais aimé m'amuser davantage avec le spectacle d'Edouard, pour croire à cette adulation du public, pour vivre davantage cette histoire et ce basculement constant entre humour et tragique, rire et larmes. Mais non, je n'ai personnellement pas pu visualiser un quelconque humoriste célèbre et je n'ai que peu adhéré aux blagues et aux imitations parfois lourdes. J'ai d'ailleurs eu un peu de mal avec les cent premières pages, qui se sont bien enchaînées mais sans me transporter. Mais même si cette partie "spectacle" est un peu bancale, amuser le lecteur n'était pas le but. le récit est juste poignant, y compris dans ce show qui se vit comme une condamnation à amuser le public une nouvelle fois, sans même rester maître du déroulé du spectacle.
Poignant, mais pas larmoyant. Amélie Antoine aurait pu franchir la frontière mais elle ne l'a pas fait. La petite larme prête à être versée m'est finalement restée dans l'oeil. Je ne sais pas s'il faut saluer l'auteure d'avoir réussi à rédiger un texte fort sans jamais céder à la facilité d'un pathos dégoulinant ou si, quitte à lire un roman émouvant, je n'aurais pas préféré que ma gorge se noue davantage encore. Mais ce drame est aussi un roman où subsiste une forme d'espoir, le ton donné se veut le plus juste possible.
Le vrai sujet, au-delà des paillettes, c'est donc cette relation entre un père et son fils.
La distance entre eux s'est creusée au fur et à mesure jusqu'à former un fossé infranchissable.
Son père, égoïste, n'a semble-t-il jamais pris la peine d'essayer de le comprendre.
Est-il encore temps de se retrouver ?
La séparation semble irréversible. Une rupture bien plus dévastatrice que ne le serait celle d'un couple.
Pour le fils, plus rien n'est à sauver. Il ne veut pas de ce nom, Bresson, trop difficile à porter. Il est en colère après son père de ne jamais avoir su s'intéresser à ses projets professionnels, plus conventionnels. Il lui en veut surtout de ne jamais avoir été là. Ni pour sa fracture du bras, ni même pour venir le chercher à l'école.
Mais s'il vit très bien cette séparation, ça n'est pas le cas pour son père, d'où ce sentiment d'être désespérément seul.
Tout le monde l'aime. Sauf l'unique personne dont l'émerveillement lui aurait apporté du baume au coeur.
"Voir dans les yeux émerveillés de son enfant la preuve qu'il vaut quelque chose."
Amélie Antoine arrive à très bien retranscrire la douleur et l'incompréhension de ce père et de ce fils qui se sont perdus, pas forcément pour les raisons qu'on croit.
Et si la mémoire faussait la réalité ?
"Tu sais, les souvenirs qu'on se forge sont toujours partiaux et partiels."
Est-il désormais trop tard ou, si chacun fait un pas vers l'autre, se retrouver est-il encore envisageable ?
"Est-ce qu'on peut en vouloir à quelqu'un tout en cherchant à se rapprocher ?"
L'accession au bonheur n'a rien d'inné et être un comique reconnu ne prédispose en rien à avoir une vie parfaite composée uniquement de rires et de joies. En grattant sous ces apparences, cette superficialité, Amélie Antoine privilégie comme angle d'attaque l'impossibilité d'avoir une relation familiale normale. Cette complexité de créer des liens père / fils sera décortiquée avec une plume sensible et juste. Certes, c'est romancé mais rien n'est grandiloquent, rien n'est manichéen, et de ce fait le roman résonne comme une histoire vraie, sincère, profonde.
Laissez-vous tenter par cette écriture douce, toute en émotions retenues.
Alors, tout ira bien.
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Franckync
  05 septembre 2017
Titre : Quand on a que l'humour…
Année : 2017
Auteur : Amélie Antoine
Editeur : Michel Lafon
Résumé : Edouard est le plus grand humoriste de son temps, une star adulée et choyée par des millions d'admirateurs. Terré dans sa loge, submergé par le trac, il entend la foule venu l'acclamer qui s'amasse dans les travées du stade de France. L'humoriste est pourtant un homme tourmenté par un passé douloureux, un homme qui doute et se raccroche au rire comme à une bouée de sauvetage. Dans la salle le siège réservé à son fils reste désespérément vide…
Mon humble avis : Comme tout un chacun, la vie d'un blogueur littéraire est faite de hauts et de bas, de découvertes enivrantes mais aussi d'échecs cuisants. Ce fut récemment le cas avec le pourtant très estimé Vilnius Poker de Ricardas Gavelis. Un bouquin considéré par beaucoup comme un chef d'oeuvre mais dont je dus arrêter la lecture au bout d'une centaine de pages. Trop confus, trop abscons, je me suis résigné à laisser ce bouquin de côté pour l'instant. Je sortais donc de cette demi lecture avec un sentiment de frustration et d'inachevé qui me donnait l'envie de me plonger dans un texte plus léger et abordable. Quand on n'a que l'humour, le dernier roman d'Amélie Antoine me parut être alors la lecture parfaite pour retrouver le plaisir de lire. J'abordais donc ce texte avec curiosité et envie mais aussi je dois bien l'avouer, une once de soulagement. Les premières pages me confirmèrent rapidement ce sentiment : l'écriture d'Antoine est simple et directe, l'auteur n'est pas une grande styliste mais quelques trouvailles d'écriture viennent agrémenter son oeuvre de manière efficace et originale (chaque phrase de fin de chapitre se retrouve au commencement du suivant par exemple). Les pages s'enchaînent sans que l'on s'en aperçoive et s'il m'arrive (trop?) souvent de parler de lecture addictive nous sommes ici devant l'un des exemples les plus marquants qu'il m'ait été donné de lire. En effet l'histoire de cet humoriste malheureux est tout simplement captivante, le ton juste et empathique. Tout le talent d'Antoine réside dans la description de ses personnages, dans l'acuité de sa description d'un homme perclus de doutes, d'espoir et de contradictions. Nous sommes ici dans l'humain, dans la réaction d'un homme face à la gloire mais aussi et surtout dans la relation d'un père avec son fils. C'est joli, émouvant, jamais mièvre et encore une fois addictif au possible. C'est populaire aussi, ce mot me revenait sans cesse en tête au cours de cette lecture, Oui Quand on n'a que l'humour est un roman populaire dans le sens noble du terme. Un livre qu'on voudrait offrir à ceux qui ne lisent pas, le roman que tout le monde devrait aimer… Oui j'aurais aimé plus de pathos, moins de retenue dans les sentiments mais aussi une fin plus surprenante (ceux qui l'ont lu sauront exactement de quoi je parle et ce n'est là que mon humble avis) mais malgré ces quelques regrets je garderais de cette lecture un souvenir ému et pour cela je ne peux que m'incliner devant le talent de l'auteur : Merci Amélie pour ces quelques heures de plaisir et pour cette histoire simple et passionnante.
J'achète ? : Evidemment que oui. Pour toutes les raisons évoquées plus haut mais aussi parce qu'il s'agit d'une belle histoire, d'un récit poignant et universel : un père et un fils qui n'auront pas eu assez d'une vie pour se retrouver.
Lien : http://francksbooks.wordpres..
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gruz
  08 mai 2017
Dès les premières phrases, j'ai su. Dès les premier mots, j'ai compris. Ce livre allait me parler, me toucher, résonner en moi. C'est un peu magique que de ressentir les prémisses de telles émotions rien qu'en ne lisant que quelques mots.
Un terme résume le style d'Amélie Antoine : empathie. Ils se comptent sur les doigts d'une main les romans que j'ai lus avec autant d'empathie au cm². On a l'impression que l'auteure a déjà vécu mille vies pour ainsi décrire avec autant de justesse les émotions, pour ainsi façonner des personnages qui sonnent aussi vrai. Et pourtant, elle n'est que trentenaire…
Quand on n'a que l'humour est un roman rare, à la fois lumineux et empreint de mélancolie. Admirablement construite, la trame se met au service de personnages inoubliables. Formidablement bien trouvée, l'histoire est prenante de bout en bout, sur la base d'une belle idée de départ.
Une histoire d'un père et de son fils. Un récit d'une quête de soi, d'une quête de l'autre. En tant que lecteur attentif aux autres, comment ne pas s'identifier à ce duo, comment ne pas être profondément touché par la compassion et la sollicitude qui se dégage des mots de l'auteure…
C'est l'histoire d'un humoriste à qui tout réussit, et qui sait mieux que personne s'amuser des petits travers du quotidien (J'ai plusieurs fois pensé à des hommes comme Gad Elmaleh ou Robin Williams en lisant les passages concernant cet amuseur public). C'est le récit de son fils aussi, loin des paillettes.
Ce roman poignant, émouvant et saisissant aura su toucher mon âme. Par le charme de l'écriture d'Amélie Antoine, particulièrement expressive et joliment travaillée. Par le fait que tout sonne simple, juste, authentique. Des émotions en pagaille sans que jamais l'auteure ne tombe dans le piège de l'artificiellement larmoyant. Elle sait doser l'émotion à la perfection, avec une bienveillance de tous les instants, pour que le récit reste crédible et l'attachement aux personnages sincère.
Je n'imaginais pas être autant bouleversé en commençant ce roman. Je ne pensais pas entrer moi-même en telle empathie avec l'empathie d'Amélie Antoine. Il faut croire qu'elle est contagieuse. Quand on n'a que l'humour est une expérience de lecture singulière, grand public dans le sens le plus noble du terme. du genre qui réconcilie ce qu'il y a de meilleur en nous, même si le prix à payer peut être douloureux.
Lien : https://gruznamur.wordpress...
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Sourisetdeslivres
  12 mai 2017
[Chronique]
❤coup de coeur❤
Ne me demandez pas pourquoi je voulais absolument ce livre, non ! Je viens de vous le dire ne me le demandez pas car je ne sais pas pourquoi.
Je me baladais sur le site *dontonnedoitpasprononcerlenom* et le titre m'a happée, oui juste ça.
Hop panier, précommandé, reçu et lu directement.
En plongée totale, en apnée même, car je ne connaissais pas l'écriture de l'auteure (pardon Amélie je suis passée à côté de Fidèle au poste mais promis je vais me rattraper), j'ouvre mon livre et là en quelques pages, embarquée la souris, Edouard, tu es un personnage masculin, un être de papier et pourtant je t'aime, comme j'aimerais un ami. D'ailleurs je me permets de te tutoyer.
Arthur, toi le fils d'Edouard, j'espère que je serai une mère à la hauteur pour mes 3 enfants, je te le promets je fais du mieux que je peux et alors tout ira bien.
Amélie Antoine nous narre l'histoire d'un père et son fils, d'abord le père d'Edouard, ouvrier dans une raffinerie, révolté et en colère, peut-être juste trop fatigué, le silence il le réclame. Tout le temps.
Édouard il a un petit frère Jonathan, comme c'est l'aîné il doit le surveiller, logique il ne faut pas faire de bruit et jouer dehors.
Il n'est pas très heureux Édouard mais il décide suite à un événement de son enfance de devenir humoriste et il réussit. Même très bien puisqu'il fait le stade de France.
Première partie, alertance passé/présent.
La relation père fils en miroir : Édouard/Lucien et Édouard/Arthur.
Des fins de chapitres identiques aux débuts des chapitres suivant : chapeau l'artiste, j'ai aimé ce processus, ce tempo.
Première partie terminée et hop nous voilà avec un autre narrateur, et c'est encore plus addictif, il me fallait savoir.
Non je ne peux pas tout vous raconter, désolée. Il faut le lire.
J'ai été rarement prise d'autant d'empathie pour des personnages, masculins en plus, plus difficile pour moi de m'identifier à eux et ici la magie opère.
Un style d'écriture que tu as l'impression que l'auteure est assise à côté de toi et te chuchote son histoire. Elle te la chuchote son histoire mais toi tu prends les mots en plein coeur.
En résumé c'est un roman sur l'amour filiale, l'amour fraternel, l'amour simple mais fort, l'amour qu'on ne sait pas montrer et les mots qu'on n'ose/ne sait pas/plus prononcer.
Un livre sur la quête de l'amour, de l'infini à l'au-delà, le pardon, de buzz l'éclair, la culpabilité, une chasse au trésor...
...un sourire peut cacher tellement, ne vous fiez pas aux apparences.
Amélie Antoine vous mène pas le bout du nez jusqu'à la fin.
J'ai endossé les mots comme Édouard endosse son costume de clown triste tous les soirs. J'ai refermé mon livre et j'y ai déposé une partie enfouie de mon vécut, comme Édouard le fait chaque soir sur scène. C'est peut-être aussi pour ça qu'il a fait autant écho en moi.
Ce livre est parfait, dans son récit, dans son écriture, dans la force d'aimer, pour ses personnages devenus réels (Magda, Jonathan je ne vous ai pas oubliés).
+ Lire la suite
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NicolasElie
  14 septembre 2017
Tu me connais. Tu commences aussi à connaître mes lectures… Tu sais que pour me faire transpirer du cerveau, faut quand même s'accrocher pas mal. Alors pour ce qui est de ces bouquins que tu ranges dans la catégorie « littérature blanche », je te raconte pas.
Ben si, comme disait je sais plus qui, je te raconte, justement.
Ce roman, il est sur mon bureau où je dépose délicatement les bouquins que je vais lire « un jour » depuis un certain temps. C'est même Amélie qui me l'a fait envoyer par Michel. Ouais, je l'appelle Michel. Je lui ai envoyé tellement de manuscrits que maintenant, on est intimes…
Donc, je l'ai ouvert, un peu décontenancé de pas me retrouver au bout de 10 pages avec des cadavres sur les bras. Et puis j'ai continué à lire. Petit à petit.
Pas parce que je m'ennuyais mais parce qu'il m'a envoyé dans la tête des uppercuts à peu près toutes les deux pages. Et que même si je suis assez solide, il faut pouvoir tenir pendant plus de 400 pages, même si t'en prends qu'un sur deux. J'ai bien essayé d'esquiver, mais comme dirait un mec que je connais bien, juste après qu'il m'a pété deux côtes, « Baisse ta garde, sinon, tu vas avoir mal… »
J'aurais dû l'écouter.
J'ai eu deux côtes cassées, et deux ou trois fêlées, et ça m'a fait mal. Grave mal. Au point que je pouvais plus trop respirer sans avoir envie de le buter à coup de Magnum 357…
J'ai pas tellement envie de te raconter ma vie, ça aussi tu le sais. Cherche des photos de moi sur le réseau, tu vas avoir du mal à en trouver, et quant à mes expériences personnelles et non pas littéraires, genre « Je suis bien allé à la selle ce matin, et je tenais à vous en informer… », pareil. Tu trouveras pas.
Je vais changer de sujet, parce que je sens un truc qui se passe. J'avais bien aimé le premier bouquin de la dame. Une vraie bonne idée, et c'est pas si fréquent. Depuis « Running man » de Monsieur King, on m'avait pas parlé d'un jeu télévisé avec autant d'intelligence. Si t'as l'occasion, et si tu fais partie de ceux qui l'ont pas encore lu, va le chercher… Ça s'appelle « Fidèle au poste ».
Bon.
Donc, ce roman.
Je t'ai dit que je l'ai lu petit à petit. C'est même pas vrai.
J'ai voulu commencer autre chose en même temps. Je fais souvent ça quand j'ai peur de m'ennuyer. Tu vois, je mens pas. Eh ben hier soir, après avoir refermé le roman d'Amélie Antoine, je me suis rendu compte que je devais relire les quelques pages de celui que je viens de commencer.
Les personnages de « Quand on n'a que l'humour… » étaient tellement présents, vivants, que j'avais fait abstraction de ceux que Séverine Chevalier venait de me présenter, et ce n'était pas juste pour elle de continuer ma lecture, comme si de rien n'était.
Comme d'hab, je me rends compte que je t'ai rien dit sur cette histoire.
Sans doute parce qu'il n'y a rien à en dire. C'est une histoire. Une histoire qui m'a renvoyé à mon enfance. À cette sensation d'être incompris par celui qui était théoriquement là pour m'élever, au premier sens du terme. À ces images qui sont venues se superposer à celles du roman dont je tournais les pages. À ces questions que je me suis posées après qu'il fut parti ailleurs, sans doute aux Enfers ou au Paradis, bien que je doute qu'il en ait eu les clés…
Et ça, c'est pas donné à tout le monde, de me faire toucher du doigt les réalités qui ont sans doute été les miennes, bien que j'ai décidé de les enterrer au fond de mon jardin à moi.
Les premières phrases de ce roman ont résonné, au point que j'ai essayé de me revoir, môme, face à mon père à moi. C'était pas gagné.
D'ailleurs j'ai perdu…
La capacité de cette nana à se mettre à la place de ceux qui te racontent l'histoire, le père, d'abord, puis le fils, c'est juste ahurissant. La capacité à mettre de la lumière, juste à l'endroit où il ne pourrait y avoir que du noir, celui qui fait peur quand tu te relèves la nuit (je déconne, j'ai pas peur quand je me lève la nuit…), c'est vraiment du bon boulot d'écriveur. Tout sonne juste, et c'était pas gagné.
Te rendre mélancolique, sans jamais sombrer dans le mélodrame, ça non plus, c'était pas gagné.
L'histoire, en deux mots.
Un type, humoriste, qui connaît un succès sans faille, qui va sans doute t'en rappeler certains, notamment Robin Williams (RIP) que j'adorais. L'intelligence qu'il a fallu à cet acteur pour passer du rire aux larmes, et rester juste… Mais bon, je m'égare.
En même temps, c'est ma chronique, je fais ce que je veux.
La première partie, donc, c'est l'histoire de cet homme, Édouard, un humoriste à qui tout semble réussir, et à qui il manque pourtant l'essentiel, ce qui est invisible pour les yeux, comme disait le blondinet.
La seconde partie, quant à elle, est écrite par le fils. Arthur. C'est sans doute là que je me suis le plus retrouvé face à moi. Je sais pas si je dois te dire merci, Amélie.
D'aucun, parmi les professionnels du ouaibe et de la chronique littéraire, ont « jugé » le style un peu trop désuet, voire simpliste…
Des crétins.
Mon grand-père disait que le secret de la cuisine, c'était la simplicité.
En littérature, c'est pareil.
Dans la vie, c'est pareil.
Et quand tu meurs, c'est encore pareil.
Que ces cuistres (t'as vu, je l'avais pas encore sorti celui-ci) jugent ce roman à l'aune de leur talent à eux… ça va forcément pas nous mener très loin.
J'ai vraiment aimé.
On est à des années-lumières de ce que je lis d'habitude, mais ça fait du bien.
Je l'ai refermé avec un sourire.
Et ça, c'est pas si fréquent.
Merci, Madame.

Lien : http://leslivresdelie.org
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Citations & extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
AntyryiaAntyryia   26 juin 2017
La boule d'angoisse grossit, se presse contre son diaphragme jusqu'à lui filer la gerbe, encore et toujours, même s'il sait que vomir n'apaise jamais bien longtemps le démon vorace, toujours prompt à reprendre des forces à la moindre occasion. L'angoisse n'est jamais domptée. Comme la marée, elle ne fait que se retirer provisoirement, laissant un peu d'écume de honte et de désespoir sur son passage.
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AntyryiaAntyryia   27 juin 2017
On s'habitue vite aux choses, même les plus incroyables, et peu à peu, elles deviennent simplement normales.
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AntyryiaAntyryia   28 juin 2017
Ce n'est pas parce qu'on a renoncé à quelque chose qu'on ne peut pas souffrir devant le bonheur dont on n'a soi-même pas réussi à se satisfaire, tu sais.
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calypsocalypso   14 juillet 2017
La première vague de solitude a toujours lieu dans la loge, pendant les quelques minutes de tranquillité où Edouard reprend son souffle après le spectacle. La seconde vague, la pire, se fracasse sur lui lorsqu’il rentre à son hôtel, ou à son appartement, au milieu de la nuit, seul. Il est toujours seul, qu’il soit accompagné ou non, qu’il ait cédé aux avances d’une femme plus entreprenante ou plus séduisante que les autres, qu’il y ait ou pas un autre corps que le sien dans son grand lit king size. Il est toujours, irrémédiablement, seul. Toute sa vie, il n’aura eu qu’une seule et unique raison de se lever, matin après matin : tenter de combler ce vide, tenter d’oublier ce sentiment d’isolement écrasant, celui-là même qui l’envahit dès qu’il n’est plus sur scène et qui lui donne l’impression de ne plus faire qu’errer.
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rkhettaouirkhettaoui   02 juin 2017
il ne sait plus s’exprimer autrement que de manière vindicative, agressive, comme si la terre entière s’acharnait contre lui, comme si tout, tout le temps, était un combat. Lucien, il trime, il mange, il dort, et il enrage. Pour tout, pour rien. C’est ça sa vie, mais Édouard est persuadé que ce n’est pas ça, la vie. Qu’il y a forcément autre chose, sinon à quoi bon ? Une vie où l’on peut supporter le bruit, les éclats de rire, les chatouilles à n’en plus finir, les verres qui échappent des mains pour s’écraser sur le carrelage à damiers blancs et turquoise, les fenêtres qui claquent à cause des courants d’air venus laver l’odeur infecte de tabac froid, le vent frais qui s’engouffre dans l’appartement et qui fait s’envoler le courrier oublié sur la table de la cuisine, la musique qui sort du mange-disque et la voix d’Eddy Mitchell qui envahit ces murs un peu trop étroits pour eux quatre. Cette vie-là existe forcément, ailleurs.
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Vidéo de Amélie Antoine
Qu'est-il arrivé à Chloé, pourquoi son mari Gabriel n'arrive pas à faire son deuil ? Lisez Fidèle au poste avant que l'on vous spoile... Plus d'infos ici : http://www.michel-lafon.fr/livre/1694-Fidele_Au_poste.html Découvrez le tout premier ouvrage d'Amélie Antoine aux éditions Michel Lafon.
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