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ISBN : 1549806963
Éditeur : Auto édition (09/11/2017)

Note moyenne : 4.42/5 (sur 36 notes)
Résumé :
Il était une fois une famille heureuse et unie.
Des jumelles de six ans qui se ressemblaient comme deux gouttes d'eau..
Des enfants fusionnelles qui grandissaient ensemble et s’adoraient.
Jusqu’à un soir de feu d’artifice où l’une d’elle se volatilise brutalement.
 
Il était une fois deux fillettes inséparables.
Jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’une.
Il était une fois une histoire qui n’a rien d’un conte de fées.>Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
Antyryia
  13 novembre 2017

Vous connaissez probablement le jeu du cadavre exquis qui consiste à écrire une phrase à plusieurs sans connaître ce que son prédecesseur a rédigé, et qui a déjà été décliné en littérature dans des récits à plusieurs mains au résultat parfois rocambolesque ? 
Les deux jumelles littéraires que sont Amélie Antoine et Solène Bakowski, particulièrement reconnues dans le milieu de l'auto-édition qu'elles retrouvent d'ailleurs au moins le temps de leur projet commun, innovent en proposant à leurs lecteurs une expérience unique et très originale. 
Elles ont publié le même jour leur dernier roman, Sans elle et Avec Elle, qui sont comme les deux faces d'une même pièce. 
Deux romans qui commencent en effet exactement de la même façon, du prologue évoquant une jolie femme ensanglantée qui s'endort dans le froid aux deux tiers environ du premier chapitre. 
Les personnages sont exactement les mêmes : leur entourage, leur métier, leur caractère, leur lieu de vie... 
Au centre de l'intrigue, la famille Simoëns, qui habite à le Quesnoy, dans le Nord. 
Nous sommes le 14 juillet 2004. Patricia, la mère, se rend avec Jessica, une de ses jumelles de six ans, au feu d'artifice près de l'étang. Sa soeur Coline a quant à elle été punie pour avoir renversé un flacon de parfum et devra rester ce soir-là avec son père, Thierry, à la maison. 
Quand Jessica va repérer un employé de mairie distribuant des colliers fluorescents, elle voudra à tout prix aller en chercher un, tandis que sa mère est en grande discussion avec l'institutrice de ses filles. 
Dans le roman de Solène Bakowski, Patricia ne prendra pas le temps de renouer le lacet défait de sa fille, qui s'écroulera à quelques mètres et assistera au spectacle pyrotechnique avant de rentrer retrouver sa soeur. 
Dans celui d'Amélie Antoine, le lacet sera remis en place. La mère perdra de vue quelques instants Jessica, des secondes qu'elle ne se pardonnera jamais puisque ce soir-là, sa fille va disparaître.
A partir d'un début similaire et d'éléments identiques, les deux romans prendront alors une direction radicalement différente même si on y retrouve de nombreux points communs. Solène Bakowski va s'attarder notamment sur la rivalité entre les deux soeurs, tandis que celui d'Amélie Antoine commencera davantage comme un thriller psychologique et parlera de la séparation de ces mêmes soeurs.
Comme si on leur avait offert un même point de départ et que chacune avait imaginé une suite totalement différente.
Parce qu'un seul petit détail peut changer nos vies à jamais. 
"Lorsque tout bascule dans la vie, n'est-ce pas à chaque fois intimement lié à un petit détail qui aurait pu être différent, un détail insignifiant qui aurait pu changer toute la donne sans que jamais on ne puisse s'en douter ?"
"Si elle n'avait pas lâché la main de Jessica, si elle avait été plus ferme, si ..." 
Ces regrets de Patricia trouvent leur réponse dans le second roman, et rien que pour ça, l'initiative de ces deux romans indépendants qui s'opposent autant qu'ils se complètent se doit d'être saluée.
D'autant plus que le résultat est assez exceptionnel. 
Jusqu'aux couvertures et aux titres des chapitres qui se complètent. 
 
Depuis mes lectures de Fidèle au poste et Au nom de quoi, Amélie Antoine fait partie des auteurs que j'affectionne tout particulièrement, et c'est naturellement que j'ai commencé par son histoire : Celle d'une enfant disparue.
Pas très original ? C'est ce que j'ai pensé au début, qui m'a rappelé le couple d'à côté de Shari Lapena, avec les soupçons des gendarmes emmenés par le capitaine Le Meur qui se concentrent sur la famille. 
"On ne connaît jamais l'intimité, les secrets, les travers d'une famille que tous pourraient juger ordinaire, ordinaire à pleurer."
Mais qui s'étendront rapidement à toutes les connaissances des Simoëns, chacun ayant ses soupçons, son témoignage ambiguë, jusqu'à créer un climat d'hostilité dans toute la ville. 
Mais attention, Amélie Antoine a toujours la même écriture empreinte d'humanité et de sensibilité, et même dans son aspect policier, son roman demeure avant tout psychologique et son écriture permet de restituer tout en finesse les réactions de chacun, préférant s'attarder sur les ressentis de chacun des protagonistes que sur l'enquête, dont chaque avancée et chaque détail est toujours un prétexte pour nous faire vivre l'angoisse, l'espoir ou la culpabilité des principaux intéressés. 
 
Evoquer le deuil fait partie intégrante de la bibliographie de la jeune Lilloise. Dans chacun de ses romans, ce thème est prépondérant même s'il est toujours abordé différemment. 
Ici, c'est d'absence de deuil dont il est question. Tant qu'aucun corps n'a été retrouvé, aucune sépulture n'est possible. Peut-être Jessica est-elle encore en vie, peut-être pas, et ce doute est un acide.
Ne pas savoir. On dit toujours que c'est pire de n'avoir aucune certitude plutôt que d'être fixé sur la mort d'un être cher, au détriment de tout espoir, pour enfin pouvoir avancer. 
"Kidnappée, noyée, écrasée. Volée ou tuée. Torturée, violée, laissée pour morte."
Les hypothèses sont nombreuses, et la famille fait quant à elle du sur place. Allant jusqu'à s'interdire de rire tellement ça paraîtrait indécent. 
Toute l'ampleur du malaise, de la torture d'ignorer ce qui est réellement arrivé à leur soeur, à leur fille prend ici toute sa signification, au sein de cette famille qui fait d'abord front commun, mais qui va bientôt se fissurer. 
 
Même si de nouveaux éléments et différents rebondissements ou fausses pistes offriront à l'enquête policière de nouvelles perspectives, de nouvelles pistes à explorer et donc de nouveaux espoirs, l'aspect thriller s'effacera doucement pour ne plus offrir qu'un aspect psychologique fascinant de réalisme, où le lecteur partagera les pensées les plus intimes de toute la famille, au travers d'une succession de moments apportant chacun leur pierre à un édifice de culpabilité. Parfois anodins, souvent cruels, chacun de ces épisodes fait avancer l'histoire dans sa chronologie tandis que Patricia et sa fille restent à l'inverse figées dans le passé, quand leur vie a basculé ce 14 juillet 2004. 
Le père s'efforcera quant à lui de continuer à vivre, tant bien que mal. 
Mais avec tant de douleur, tant de rancoeurs, la machine à broyer est en marche. 
"Chacun est enfermé dans sa propre souffrance, incapable de la partager, incapable de soutenir l'autre."
Et pour le lecteur, c'est terrible de voir cette famille si proche se fissurer, sous l'implacable analyse de l'auteure qui décrit à la perfection comment le doute, la colère et l'incompréhension s'installent quand un enfant disparaît ainsi de son foyer, sans que nul ne sache ce qu'il en est advenu. 
Rongée par sa responsabilité dans le drame, Patricia ne prête quasiment plus attention à sa seconde fille, qui elle est pourtant bien présente. Ses réactions se font disproportionnées.
"Patricia est trop obnubilée par l'idée fixe de retrouver son autre fille pour pouvoir profiter de celle qui lui reste."
Quant à Coline, elle ne sait plus vraiment où est sa place. Elle qui ressemble comme deux gouttes d'eau à la disparue, en dépit d'une personnalité différente et plus solitaire. 
"Est-ce que ses parents seraient moins tristes si c'était elle qui était partie ?"
"Comment surmonter une telle épreuve, comment ne pas se sentir coupable d'être la soeur qui a eu la chance d'être épargnée ce soir-là ?"
Au-delà de son aspect policier initial, Sans elle pose donc surtout la question : Comment se reconstruire sans même savoir ce qu'il est advenu d'un de ses enfants ? Est-ce seulement possible ? 
 
Cette famille devenue bancale, vous allez vous y attacher. Malgré ses imperfections, malgré sa déraison, ses attitudes qui pourraient être jugées parfois excessives, il s'agit d'une famille comme il en existe tant d'autres et l'identification aux personnages n'en est que plus aisée.
Qui peut affirmer qu'il n'aurait pas réagi exactement de la même façon, comment ne pas se mettre à la place de ce père, de cette mère et de cette soeur jumelle qui sont dans une perpétuelle attente ? Dont l'attitude des voisins et amis se met à changer, les plongeant dans une solitude encore plus infinie ?
Comment ne pas comprendre qu'ils se raccrochent à la moindre bribe d'espoir ? Qu'ils imaginent voir Jessica en permanence ? Ou qu'au contraire leurs souvenirs commencent à s'évanouir ?
Combien de temps devront-ils endurer ce cauchemar éveillé ?
 
Amélie Antoine signe donc de nouveau un roman qui ne peut pas laisser indifférent. Sans elle est à la croisée de différents genres, laissant cependant au drame une place privilégiée. Jusqu'à l'éblouissant final dont je me rappellerai longtemps. 
Elle confirme de nouveau tout le bien que je pensais d'elle, signant à nouveau une oeuvre marquante et empreinte de sensibilité.
Et souvenez-vous que si vous trouvez le destin de la famille Simoëns trop tragique, Solène Bakowski vous offre quant à elle la chance de les retrouver dans une version où Jessica n'a jamais disparu ce soir du feu d'artifice, dans son roman "Avec elle". 
Mais la Parisienne n'est pas non plus réputée pour l'humour, la joie et l'optimisme qui se dégagent de ses livres, aussi je ne pense pas qu'il faille s'attendre à un conte de fées dans la version qu'elle propose, que j'ai commencée, et dont je ne manquerai pas de faire un compte-rendu dans quelques jours. 
Est-ce que le chemin emprunté dans cette version alternative sera si différent ou est-ce qu'au fond, peu importe l'itinéraire, la destination sera sensiblement la même ? 
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sonfiljuliesuit
  14 novembre 2017
Je remercie Solène Bakowski et Amélie Antoine pour leur confiance et la faveur qu'elles m'ont faite en me permettant de découvrir leurs livres avant leur sortie officielle. J'ai tout de suite été emballée par ce projet et son originalité. Un pari osé qui entraine le lecteur dans deux lectures parallèles, deux romans qui débutent de la même manière, mais qu'un événement vient chambouler. La vie d'une famille sera bouleversée, mais surtout la vie de des deux soeurs jumelles, qui se ressemblent comme deux gouttes d'eau… Mais jusqu'où la ressemblance peut-elle aller
Dans la version d'Amélie Antoine, "Sans elle", par laquelle j'ai commencé, une des jumelles, disparaît le soir du 14 juillet, sa soeur va apprendre à vivre seule « sans elle »
Dans la version de Solène Bakowski, "Avec elle", le fameux soir du 14 juillet, un lacet fera basculer la vie de cette famille, toujours un drame mais les jumelles grandissent ensemble, s'aiment, se détestent tout à la fois…
Deux versions aussi passionnantes l'une que l'autre, qui peuvent parfaitement se lire indépendamment, mais cette lecture simultanée apporte une saveur toute particulière, car les deux récits, même s'ils sont différents sont complémentaires, au point que parfois les plumes de ces deux auteurs se confondent comme pour n'en faire qu'une.
La question qui se posera, obligera le lecteur à une introspection : « Et si j'avais fait ça au lieu de cela ? Si un seul détail de ma vie avait été différent… Est-ce que ma vie aurait été identique ?
La plume de Solène Bakowski me fascine toujours autant. A chaque fois que je plonge dans un de ses livres, je suis Bouleversée par sa vision de l'être humain, pas son analyse de la psychologique face aux drames qui jalonnent les vies de ses personnages. Des personnages qu'elle rend vivants tellement ils nous ressemblent et tellement le lecteur peut transposer leur vécu au notre.
« Avec elle » ne déroge pas à la règle des écrits de qualité et sa plume reste aussi incisive, directe et parfois poétique que dans ses autres écrits.
J'ai eu le plaisir de découvrir la plume d'Amélie Antoine que je trouve plus manipulatrice avec son lecteur avec une écriture plus directe. Elle prend moins de gants pour amener les choses et nous plonger dans l'horreur d'une enquête dans laquelle les parents et leur relation sera disséquée, au point que le doute s'immisce entre eux... le doute le pire ennemie face à une disparition d'enfant... Une mère à bout de force, la nervosité est palpable avec une atmosphère à découper au scalpel tellement elle est lourde et nous prend dans un étau pour nous étouffer..
Le lecteur va suivre cette famille sur une dizaine d'année... Une dizaine d'année qui seront horribles et qui seront l'antre de la chute du couple qui ne pourra résister ... Comment se construire lorsque sa soeur jumelle disparait ... Comment une petite fille se construit lorsqu'elle grandit dans l'ombre de "l'enfant aimé", Tout est disséqué avec brio, au point que l'on ne peut sortir indemne de ce genre de lecture qui touche à l'amour viscéral que l'on porte à son enfant... Comment continuer à vivre ? Survivre... Pour l'enfant qui reste... Qui devient une victime et otage des sentiments de culpabilité, otage du film que l'on se refait en boucle...
La vie ne tient pas à grand-chose… La vie peut basculer le jour où l'on prend le temps de faire un lacet… Un lacet, comme l'image du fil sur lequel s'étire la vie … le fil de la vie est tellement tenu… Tellement mince… Qu'il nous arrive de nous répéter inlassablement : « Et si je n'avais pas fait ça… Et si j'avais fait ça… »
Cette sensation que la vie a pris une tournure différente, que ce moment précis a fait basculer, reste vivace toute une vie au point d'affecter tous nos actes… Avec Solène Bakowski, je suis souvent ramené à mes propres choix… Sa plume me transporte et m'oblige à un retour en arrière. On pourrait penser que cela se fait dans la douleur, mais l'acceptation fait partie du processus de guérison et accepter que la vie puisse basculer en une fraction de seconde, permet de ne pas vivre dans les regrets…
Avec Amélie Antoine, j'ai vécu intimement l'enquête, la chute de cette famille qui ne peut se reconstruire. J'ai par moment eu l'impression de vivre au côté de cette famille et d'être spectatrice ... Un peu comme une petite souris qui voudrait se faire discrète mais qui continue à venir voir ce qui se passe pour ne pas en perdre une miette...
Ici la gémellité prend une place importante, mais surtout la question de la relation fusionnelle qui peut exister entre les deux. Les relations entre jumeaux sont-elles aussi parfaites que ce que le mythe laisse penser. N'y a-t-il pas un jumeau qui prend le dessus ? Un jumeau souffre-douleur de l'autre ? Un jumeau manipulateur ?
J'ai particulièrement apprécié la relation entre ces soeurs jumelles, on sent un réel travail de fait sur les relations gémellaires. le mythe tombe et enfin deux personnalités distinctes sont présentent et les jumelles sont tour à tour, amies, ennemies, dominante dominée. Avec la possibilité de se dissocier complètement et de construire sa propre personnalité... Une personnalité qui ne sera pas dans l'ombre de l'une... Mais cela peut-il se faire en présence des deux ?
Les oppositions entre les soeurs, avec leurs sentiments contradictoires, la violence qui caractérise les relations fraternelles, qui n'est pas réservée à la gémellité. Tout est abordé avec talent et retenue. La haine, l'amour, la violence.
Dans avec elle de Solène Bakowski, La place des parents est assez confuse… le père a une place assez effacée et la mère semble ne pas trouver sa place dans cette relation, au point de parfois les confondre… Oublier qu'elles sont deux… Et ne créer une relation qu'avec une…
Dans cette relation, chaque parent doit trouver sa place pour l'équilibre… du couple gémellaire mais aussi parental…
Alors que le couple parental est assez proche dans "sans elle", même si la relation s'étiole au fil des années, au fil des espoirs ...
Une expérience de lecture qui m'a chamboulé, tant par les intrigues que par la manière que ces auteurs ont abordé des sujets qui m'ont remué les tripes. La perte d'un enfant... La famille qui se disloque... C'est de l'art à l'état pur avec des plumes aussi addictives et talentueuses l'une que l'autre.
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coquinnette1974
  10 janvier 2018
Après avoir dévoré grâce à net galley et Bookelis Avec elle de Solène Bakowski j'ai évidemment enchaîné avec Sans elle de Amélie Antoine.
Un même départ : deux fillettes de six ans, des jumelles physiquement identiques mais pas tout à fait pareilles à l'intérieur.
Jessica est un peu plus jolie, Jessica est un peu plus volubile, Jessica est la préférée de maman...
Colline est jolie elle aussi mais un peu moins, elle est plus renfermée...
Et maman l'a punie le 14 juillet pour une bêtise que Jessica lui a ordonnée de faire...
Jessica et maman sont allées au feu d'artifice pendant que Colline et papa étaient à la maison...
Jessica a lâché la main de maman quelques secondes.. et elle a disparue, totalement disparue ! Personne ne sait ce qu'elle est devenue.
Les années passent, Colline doit vivre sans elle, en se demandant sans cesse si les choses seraient différentes avec elle...
J'ai adoré ce roman, encore plus fort que Avec elle, que j'ai pourtant adoré. Mais Sans elle est encore plus fort, du fait qu'il traite de l'absence d'une soeur qui est aussi une fille, leur fille a ce couple qui évidemment risque de se déchirer...
Il y a des choses communes entre les deux romans, certains événement arrivent dans les deux romans.
Et cette fin. Déjà que dans Avec elle j'avais été surprise, ne m'attendant pas à ça.
Et bien là c'est pire, j'ai été scotchée par la fin de Sans elle ! C'est clair que je me m'attendait pas mais alors pas du tout à une telle fin.
Je vous invite vivement à lire Sans elle, ainsi que Avec elle évidemment, car il est vraiment très intéressant de découvrir les deux versions, aussi captivantes et bien écrites l'une que l'autre.
C'est avec un immense plaisir que je mets cinq étoiles :)
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parlesyeuxdesonia
  07 janvier 2018
Des histoires traitant de la gémellité j'en ai lues un certain nombre, le doute de S.K. Tremayne, Comme deux gouttes d'eau de Jacques Expert ou bien encore, Duelle de Barbara Abel. Des histoires qui m'ont énormément plu car elles mettaient en exergue les problèmes auxquels doivent faire parfois face des jumeaux monozygotes qui se ressemblent trait pour trait et qui ont des difficultés à se construire une personnalité qui leur est propre, l'ascendant aussi que peut avoir l'un sur l'autre et qui peuvent parfois conduire à des déviances. 
L'originalité ici réside dans le fait que "Sans elle" fait partie avec "Avec elle" de Solène Bakowski d'un projet commun pensé par les deux auteurs. L'idée est d'écrire à partir d'un début identique deux histoires différentes.
Les deux romans commencent donc de la même manière. Jessica et Coline sont deux jumelles monozygotes âgées de six ans. Deux blondinettes au visage angélique qui vivent entourées de leurs parents Patricia et Thierry Simoëns à Quesnoy dans le nord de la France.
Dans cette version de l'histoire comme dans celle de Solène Bakowski, les choses vont prendre un tournant à une date précise, le 14 juillet 2004. Nous sommes donc le 14 juillet 2004 jour de fête nationale et les deux fillettes comme beaucoup d'enfants de leur âge veulent assister au feu d'artifice qui doit être tiré dans leur ville à cette occasion. Seulement, voilà, comme beaucoup d'enfants de leur âge aussi, les deux enfants font beaucoup de bêtises et il se trouve qu'aujourd'hui Coline a renversé un parfum auquel sa mère tenait beaucoup. Pour la punir, la mère a décidé que sa fille serait privée de feu d'artifice et qu'elle resterait à la maison avec son père. Alors que Jessica et sa mère attendent que le feu d'artifice commence, la fillette repère un jeune homme qui distribue des bracelets fluorescents et houspille sa mère pour aller le chercher dans l'espoir d'en obtenir un pour elle et un pour sa soeur avant qu'il n'y en ait plus. Mais avant de laisser partir, la mère, constatant que sa fille a les lacets défaits, insiste pour les lui refaire pour ne pas qu'elle ne trébuche et n'aille se faire mal.
Alors que Patricia perd de vue Jessica qui était partie chercher les bracelets, la fillette disparaît sans laisser de traces. 
Ce livre parle de gémellité mais il parle aussi de hasard, de destin, chacun ayant sa propre conception de la chose et cet aspect me fait penser à l'excellent livre de Jacques Expert Tu me plais dans lequel il est également question de cela. Un événement aussi anodin puisse-t-il paraître peut-il changer à jamais le cours de nos vies  ? C'est ce qu'ont voulu montrer les deux auteurs avec ces deux départs communs et ces suites on ne peut plus divergentes même si certains événements auront lieu dans des circonstances différentes. 
La tension qui règne dans ce nouveau livre d'Amélie Antoine m'a beaucoup plu comme cela avait été le cas de Fidèle au poste du même auteur. Je me suis laissée porter par cette histoire tragique. Je me suis mise à la place des parents, désormais orphelins d'une de leur petite fille. J'ai souffert avec eux, avec Coline amputée de son alter ego. J'ai ressenti beaucoup de peine pour cette fillette qui, en plus de perdre sa soeur, avait en partie perdu ses parents qui ne pensaient plus qu'à retrouver sa soeur et ne se rendaient pas compte du désarroi dans lequel elle se trouvait. Une double sanction pour une si jeune enfant, une vie bancale, faites de manques qui ne lui permettront pas de se bâtir une existence sereine.
Avec elle n'est en aucune manière un thriller car plus que de s'appesantir sur l'enquête même si celle-ci fait l'objet de nombreux passages, l'auteur a préféré se focaliser sur la vie des protagonistes après la disparition de Jessica, sur la difficulté à se reconstruire après un tel drame, sur les dommages collatéraux, sur le deuil lorsque l'on ne sait pas. 
Certains pourront essayer comme je l'ai fait de faire des conjectures mais le plus important comme je le disais n'est pas de savoir ce qu'il est advenu de Jessica. 
Lien : http://jasmineandviolet.com/..
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jg69
  29 novembre 2017
Ce livre fait partie d'un projet très atypique, deux auteurs Amélie Antoine et Solène Bakowski ont écrit deux romans dans lesquels elles ont imaginé deux histoires qui commencent pareil avec la même famille et deux jumelles inséparables mais qui partent chacune sur une voie différente à cause d'un seul détail. "Comment un seul détail suffit à tout changer".
Ces deux romans peuvent se lire séparément ou dans n'importe quel ordre, j'ai commencé par celui d'Amélie Antoine dont j'avais beaucoup apprécié le précédent roman "Quand on n'a que l'humour".
Coline et Jessica sont deux soeurs jumelles de 6 ans, elles sont tellement inséparables qu'elles n'ont jamais passé un moment l'une sans l'autre. Physiquement semblables elles diffèrent par leur caractère, Coline est l'ombre alors que Jessica est la lumière dans le couple fusionnel qu'elles forment, c'est un couple classique de jumelles où l'une domine l'autre.
Le soir du 14 juillet leur mère Patricia amène seulement Jessica admirer le feu d'artifice tiré sur un étang tout près de chez eux à le Quesnoy, une ville paisible du nord de la France car Coline a fait une bêtise et est punie. Patricia refait le lacet de Jessica qui veut aller chercher seule un collier fluorescent publicitaire distribué par un vendeur à quelques mètres. Quelques minutes d'inattention de la part de Patricia et Jessica disparait, volatilisée en pleine foule... La vie de cette famille bascule alors dans l'horreur car malgré les recherches engagées Jessica reste introuvable.
Amélie Antoine décortique finement les différentes étapes par lesquelles passent le couple et Coline dans les mois et années qui suivent cette disparition. La culpabilité qui assaille Patricia, la suspicion de la police qu'elle ressent douloureusement, les soupçons inévitables mais insupportables envers elle qui est toujours stressée à la limite du burn out...
Patricia et Thierry, au fil du temps qui passe, n'auront pas la même vision de la façon de poursuivre leur vie, tourner ou non la page..., renoncer ou non..., leurs réactions seront diamétralement opposées.
Quant à Coline, elle réalise brutalement à six ans que les adultes ne sont pas tout puissants comme elle l'imaginait, elle continue à faire comme si sa soeur était là, lui met son couvert à table, ressent l'absence de sa soeur puis un terrible manque, elle a le sentiment d'être incomplète et ne passe pas une journée sans penser à sa soeur jumelle.
Chacun reste enfermé dans sa souffrance, le couple est fragilisé par les reproches que Thierry fait à sa femme qu'il juge responsable de la disparition de Jessica et Coline va trainer, à partir de ce funeste jour, un terrible mal être, elle va vivre une vie sans aucune légèreté, sans amies, une vie bien différente des autres jeunes. Pour Patricia va aussi se poser une terrible question comment aimer celle qui reste ? D'autant plus que celle qui a disparue a toujours été sa préférée…
Amélie Antoine dissèque la question de la gémellité et questionne sur la façon de se construire avec l'absence de celle qui était son reflet. Tous les sentiments des différents membres de la famille sont analysés avec une extrême finesse dans ce roman dont les pages se tournent toutes seules et qui se termine par un final qui m'a complètement scotchée.
Les deux auteurs ont parfaitement réussi à mener leur projet en parallèle,
leurs personnages ont le mêmes traits de caractère et les situations se rejoignent.
Elles ont développé des thèmes communs :
* L'importance du fait fondateur, du moment où tout bascule (disparition de Jessica pour Amélie Antoine) qui sont pour Coline, dans les deux cas, à l'origine d'une cassure dans sa vie qui après ses 6 ans ne sera plus jamais la même qu'avant ses 6 ans.
* La souffrance des enfants puis adolescents (les deux dans « Avec elle »,
seulement Coline dans « Sans elle ») qui subissent le manque d'attention de leurs parents englués dans leurs problèmes d'adultes, qui sont livrées à elles-mêmes et vont devenir le soutien de leur mère à la dérive.
* Leur isolement sans pouvoir compter sur aucune aide extérieure.
* La solitude d'une Coline au destin bouleversant qu'elle vive avec ou sans sa soeur.
Lien : http://leslivresdejoelle.blo..
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Stephy86Stephy86   17 janvier 2018
Les souvenirs sont des choses précieuses, aussi imprévisibles et étincelantes qu'une étoile filante. Pourquoi tel ou tel moment reste-t-il à jamais gravé dans la mémoire de quelqu'un ? Pourquoi d'autres s'effacent-ils au fil du temps malgré le souhait qu'on pourrait avoir de ne pas les perdre ?
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ValerieLacailleValerieLacaille   05 janvier 2018
Pourtant, la terre ne peut pas être peuplée que de monstres tapis dans l'ombre pour s'emparer de la moindre petite fille se retrouvant seule quelques minutes, si?
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AntyryiaAntyryia   08 novembre 2017
Les souvenirs sont des choses précieuses, aussi imprévisibles et étincelantes qu'une étoile filante. Pourquoi tel ou tel moment reste-t-il à jamais gravé dans la mémoire de quelqu'un ? Pourquoi d'autres s'effacent-ils au fil du temps, malgré le souhait qu'on pourrait avoir de ne pas les perdre ?
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TomelisofalTomelisofal   25 novembre 2017
A-t-on conscience, lorsqu'on vit quelque chose, que ce moment se transformera en un souvenir qu'on chérira de toutes nos forces plus tard ? La plupart du temps, non. Mais parfois, tout au fond de soi, on sent que quelques instants de joie sont en train de se graver dans notre mémoire au moment même où ils se produisent, on est capables de ressentir ce processus d'enregistrement, de se dire qu'on ne les oubliera pas.
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LadoryquilitLadoryquilit   15 novembre 2017
A-t-on conscience, lorsqu'on vit quelque chose, que ce moment se transformera en un souvenir qu'on chérira de toutes nos forces plus tard ? La plupart du temps, non. Mais parfois, tout au fond de soi, on sent que quelques instants de joie sont en train de se graver dans notre mémoire au moment même où ils se produisent, on est capables de ressentir ce processus d'enregistrement, de se dire qu'on ne les oubliera pas.
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Video de Amélie Antoine (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Amélie Antoine
Qu'est-il arrivé à Chloé, pourquoi son mari Gabriel n'arrive pas à faire son deuil ? Lisez Fidèle au poste avant que l'on vous spoile... Plus d'infos ici : http://www.michel-lafon.fr/livre/1694-Fidele_Au_poste.html Découvrez le tout premier ouvrage d'Amélie Antoine aux éditions Michel Lafon.
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