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Critique de Regis80


Regis80
  02 juillet 2021
Après nous avoir offert un thriller remarquable avec «Une Dette pour l'Enfer » voici que Dumé Antoni revient avec un recueil de nouvelles chez «Rivière Blanche»(ou étaient déjà parus trois de ces ouvrages).
Ce livre préfacé par l'indispensable Artikel Unbekannt va nous montrer l'étendue de la palette de l'auteur.
Nous avons droit à de la Science-Fic, du fantastique ou de l'Insolite. Mais, et le lecteur le découvrira comme le préfacier, beaucoup de ces textes tournent autour de ce qu'on pourrait appeler le faux-semblant, voir le double que ce soit par le biais de l'uchronie, du paradoxe temporel ou des Univers parallèles.
«Programme Schrödinger» qui ouvre le livre de fort belle façon nous entraîne sur les traces de CH , un des héros d'un roman de l'auteur «Le Sarcophage des Dieux» (Que l'on se rassure, nul besoin de lire ce roman pour apprécier cette histoire,) ; Cette histoire, propre à donner le vertige est traversé par une mélancolie certaine. Et cela en grande partie grâce à l'empathie que Dumé Antoni nous fait partager pour son personnage. On pourra trouver des échos du roman «Replay» de Kim Greenwood, mais l'auteur s'en éloigna en sachant créer une atmosphère très quotidienne et en balançant des coups de griffe salutaires à certaines administrations à la fois autoritaires et pusillanimes. Cette novella est passionnante de bout en bout. Impossible de décrocher avant une conclusion qui en surprendra plus d'un.
« S.O.S »va nous entraîner dans un paradoxe temporel horrifique à la limite du Fantastique. Cela démarre comme un space-opéra classique pour adopter ensuite le ton d'un récit fantastique dont les protagonistes affrontent un monstre imprévisible. Difficile d'en dire plus sans spoiler ce magnifique récit ou l'écrivain sait nous tenir en haleine jusqu'au bout à un ton et à un style qui rappelle les meilleurs récits de l'âge d'or. (On pensera à certains textes de Philip K. Dick ou de Théodore Sturgeon)
« 13/11/2015 » est une uchronie  mais on bascule ensuite vers un univers parallèle ou l'absurde va confiner avec l'horreur et le fantastique. Si l'organisation de la société ou bascule le héros est très proche du surréalisme, certaines des rencontres du héros lors de son odyssée pourront évoquer des tableaux de Salvador Dali. L'auteur e profite pour évoquer le dérangement climatique avant de nous proposer en guide conclusion, une mise en abîme extraordinaire et inattendue. Là encore un sens du suspens et un soin tout particulier accordé à la peinture des personnages et particulièrement au héros subjugue le lecteur.
«Même les monstres ont une mère» qui mixe les codes du thriller et du fantastique vous saisit à la gorge comme un conte d'enfance revu par un Jean Ray ou un Thomas Owen. On bascule vers l'horreur avant qu'une conclusion superbe ramène à une réalité qui..( mais lisez plutôt).. Il est très difficile de ne pas spoiler. Mais cette nouvelle très courte est un vrai bijou.
«Quand le jour se lève à l'Ouest » est une pure nouvelle de Science-Fiction. Nous voici ici sur les rives de la dystopie et du Post( Pré)-Apo. C'est une histoire assez terrible à lire. En la lisant, on se dit que Dumé Antoni ne nourrit pas d'illusions sur la réaction de ses contemporains devant un éventuel cataclysme. Certaines scènes sont tellement réalistes qu'elles paraissent dignes d'une production à grand spectacle ( la remontée du Rhône, en particulier est une réussite absolue). Enfin comme dans chacun des récits précédemment évoqués, l'empathie pour le personnage principal et ici sa compagne est l'un des piliers d'un récit très attachant et remarquable. ( là aussi c'est une préquel au "Sarcophage des Dieux »).
« Du sang, des larmes et un cerveau » termine ce livre en beauté .Cette histoire , d'un romantisme noir arracherait des larmes au plus endurci des lecteurs. L'atmosphère de mélancolie, d'amour perdu mêlée à des odeurs de laboratoire résonnera encore longtemps dans la mémoire du lecteur .Il suscitera probablement la même colère et la même désespoir qu'au héros avant une conclusion qui apporte un peu de lumière. Ce petit chef d'oeuvre est un cri de rage vers le progrès aveugle qui fait souffrir les vivants. Dans les quelques lignes qui précédent , l'auteur évoque « La Belle et la Bête » mais on peut penser aussi à H.G. Wells et on gardera un oeil méfiant vers certains Docteur Folamour. Je recommande fortement la lecture de cette nouvelle , ma préférée.
Qu'on ne s'y trompe pas. J'ai apprécié de bout en out ce recueil de nouvelles, l'un des tout meilleurs de cette année. A lire de toute urgence et à ne pas laisser passer.
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