AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
>

Critique de Tachan


Tachan
  17 janvier 2021
Après un premier tome qui avait sonné comme un coup de poing, l'autrice récidive avec un second tome tout aussi riche en réflexions pertinentes sur la façon dont on voit les femmes et leur corps, idols ou non.

Le titre offre vraiment un mélange de thriller et de dénonciation des violences faites aux femmes qui fonctionne très bien. Pourquoi ? Parce que l'autrice a un bon sens du rythme pour raconter cette histoire, ce qui rend la lecture vraiment pêchue, même si elle tombe parfois dans les travers propres aux titres paraissant dans ce magazine japonais (il est publié dans le Ribon au Japon) en mettant une couche trop épaisse de mélo. Mais dans l'ensemble c'est très bien fichu et prenant car le ton reste dur.

Le tome alterne entre deux-trois thèmes : la reconstruction de Nina, qui redécouvre ce que c'est que de faire confiance ; les sales plans de son harceleur, qui impliquent une de ses camarades de classe ; et le thème de la vision par les hommes du corps des femmes.

Le premier thème est peut-être celui qui m'a le moins intéressée. Certes, Nina est mignonne, attachante et ça fait plaisir de la voir s'ouvrir. Mais l'autrice couple ça avec la naissance d'une romance qui n'était pas essentielle pour moi et qui est bien trop source de mélodrames inutiles. Ainsi la romance et le triangle amoureux qui se profile me font lever les yeux au ciel tellement ils sont vus et revus.

J'ai été en revanche bien plus intéressée par le deuxième thème. En effet, l'autrice avait bien joué avec nos nerfs à la fin du tome précédent, nous faisant croire qu'on avait l'identité du coupable et qu'il était bien plus proche qu'on ne le croyait. J'ai été ravie d'être vite détrompée car c'était un peu too much sinon, même si la surprise aurait été totalement. Je préfère du coup qu'on nous cache encore son identité et qu'on le voit en revanche préparer ses sales coups en sous-main. Cela fait bien monter la tension et ça fait comprendre combien ce genre de type est dangereux.

Mais clairement, c'est le tout dernier thème qui me passionne le plus et sur lequel j'ai le plus de mal à poser mes mots. L'autrice aussi, je crois, tant que je trouve parfois son expression brouillonne sur le sujet. du coup, je n'ai retenu que ce qui m'intéressait. J'ai beaucoup aimé tout d'abord le travail sur la culpabilité de la victime mais aussi de ceux n'ayant rien vu autour d'elle. Cela en dit long malheureusement sur notre aveuglement à ce sujet. Ensuite, j'ai été frappé par le discours qu'elle fait sur le corps des femmes. J'ai trouvé surprenant, mais de manière fort agréable, de retrouver ce genre de propos dans un shojo destinée aux adolescentes dans un magazine comme le Ribon où on n'a pas toujours entendu/vu ça. Les moeurs évoluent dans le bon sens. Ainsi, elle dit clairement qu'on a le droit d'être une idol si on le souhaite et qu'on a le droit de vouloir plaire, sans que pour autant ce soit un appel à être considérée comme de la viande, un objet sexuel ou à se faire agresser / tripoter. le problème ne vient pas des femmes, de leur comportement ou de leur tenue, mais du regard que certains hommes posent en permanence sur elles. Ce problème n'existe pas (ou peu ?) dans le sens inverse. On ne sexualise pas autant les hommes et ce n'est pas normal qu'on le fasse pour les femmes et a fortiori pour les petites filles et adolescentes.

Ce titre a donc une vocation sociale forte qu'il est nécessaire de promouvoir. Il faut parler de problématique forte, notamment dans un pays où "la honte sociale" empêche bien des filles de parler. C'est cependant dur à lire car cela énerve, cela révolte, en particulier à travers le personnage de Miku, mais il ne faut pas laisser tomber. le seul vrai gros défaut du titre, c'est son rythme de parution hyper lent au Japon et chez nous par extension.
Lien : https://lesblablasdetachan.w..
Commenter  J’apprécie          50



Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Ont apprécié cette critique (5)voir plus