AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Michel Butor (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070300080
Éditeur : Gallimard (29/04/1966)

Note moyenne : 3.99/5 (sur 401 notes)
Résumé :
Prenez des lettres, des mots, des phrases. Disposez-les sur une feuille blanche de façon que les phrases, les mots, les lettres composent des figures. Plissez les yeux, et apparaissent une montre, une cravate, un jet d'eau. Associés l'un à l'autre, le dessin et l'écriture créent une forme neuve et intrigante. Et si la guerre de 14-18 accable le monde, dans le même temps, l'esprit nouveau surgit et souffle sur la poésie avec enthousiasme. Le poète-soldat Guillaume Ap... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
candlemas
  01 février 2018
Apollinaire me semble être un peu le Picasso –dont il était d'ailleurs l'ami- de la poésie du XXème siècle : comme lui virtuose et créateur, précurseur, mais mort trop tôt en 1919, il aura participé à lancer le surréalisme, participant à l'émergence du dadaïsme et du cubisme. Ses calligrammes, dont il est l'inventeur, peuvent ainsi nous faire penser aussi bien aux haïku japonais qu'à l'art naïf du Douanier Rousseau, et illustrent bien sa recherche permanente à la fois d'inventivité et de spontanéité, d'authenticité.
Dans mon parcours personnel, après la lecture des poètes maudits et romantiques, et avant les surréalistes, son oeuvre poétique est l'une des plus abouties, des plus équilibrées. Malgré son côté parfois expérimental, sa poésie ne perd jamais le contact avec l'intuition , la sensation, ce qui la rend très abordable. Passé le premier mouvement déstabilisant face au poème-dessin qu'on ne sait par où aborder, il est aisé de se laisser porter par sa propre inspiration… par un mouvement de libération de la lecture comme de l'écriture, voulu et pensé par Apollinaire.
Ce recueil, qui ne comporte en fait de poèmes-dessins que pour moitié, est aussi composé de poèmes en vers libres, de sonnets déstructurés, comme chez Blaise Cendrars. Beaucoup traitent de son expérience de guerre, alternant avec l'espoir d'un retour à la paix… et ses amours, riches et inspirant nombre de ses poèmes. La colombe et l'obus, l'appel de la femme et celui du voyage, s'opposent et s'entremêlent, en mots comme en images.
L'écriture elle-même oscille entre un lyrisme somme toute classique, qui nous parle du temps, des saisons, des étoiles et de l'oiseau qui chante, nous chante la ville et la campagne, et puis la cassure survient : le mégaphone crie, la mitrailleuse claque, le riz brûle, et « la souris verte file parmi la mousse ».
Volontiers malicieux, Apollinaire dévoile son intention dans le dernier poème du recueil :
« Vous dont la bouche est faite à l'image de celle de Dieu
Bouche qui est l'ordre même
Soyez indulgents quand vous nous comparez
A ceux qui furent la perfection de l'ordre
Nous qui quêtons partout l'aventure
Nous ne sommes pas vos ennemis
Nous voulons vous donner de vastes et d'étranges domaines
Où le mystère en fleurs s'offre à qui veut le cueillir
Il y a là des feux nouveaux des couleurs jamais vues
Mille phantasmes impondérables
Auxquels il faut donner de la réalité
Nous voulons explorer la bonté contrée énorme où tout se tait
Il y a aussi le temps qu'on peut chasser ou faire revenir
Pitié pour nous qui combattons toujours aux frontières
De l'illimité et de l'erreur
Pitié pour nos erreurs pitié pour nos péchés
Belle découverte, mais j'ai quand même préféré Alcools...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          294
Tempuslegendae
  30 mars 2013
APOLLINAIRE est-il ce poète démarqué dont bon nombre de personnes ont parfois du mal à saisir l'essence de ses textes? Ce n'est pas dans le lourd héritage du fatras symbolique, fût-il déplacé par le goût baroque de l'insolite, l'hostilité à la mère et le complexe de castration, que se trouve le meilleur d'Apollinaire. On doit le dire, ce que des millions de lecteurs, amateur de sa poésie, ont apprécié chez lui, c'est la simplicité des émotions, la nudité du lyrisme élégiaque, la sienne, unique, un sens savant du murmure plaintif, du soupir enfantin et du dépouillement essentiel, qui le rattache de façon subtile aux lais des confidences de Verlaine et aux naïvetés de la chanson populaire. Á jamais, et je le crie haut pour que chacun l'entende, APOLLINAIRE restera celui qui a donné au pleur du coeur dolent une expression à la fois moderne et sans âge. Certes, pour l'amour de sa poésie, nous sommes prêts à croire traîtresses toutes les femmes et destructeurs tous les ennemis (à ce dernier propos, je sens bien que je vais m'en attirer beaucoup, des ennemi(e)s, à les traiter ainsi).
«Le chant d'amour,
Voici de quoi est fait le chant symphonique de l'amour
Il y a le chant de l'amour de jadis
Le bruit des baisers éperdus des amants illustres
Les cris d'amour des mortelles violées par les dieux
Les virilités des héros fabuleux érigées comme des pièces contre avions
Le hurlement précieux de Jason
Le chant mortel du cygne
Et l'hymne victorieux que les premiers rayons de soleil ont fait chanter à Memnon l'immobile
Il y a le cri des sabines au moment de l'enlèvement
Il y a aussi le cri d'amour des félins dans les jongles
La rumeur sourde des sèves montant dans les plantes tropicales
Le tonnerre des artilleries qui accomplissent le terrible amour des peuples
Les vagues de la mer où nait la vie et la beauté
Il y a le chant de tout l'amour du monde.»
(sans ponctuation, tout est écrit avec passion)
J'en avais déjà fait l'allusion, je le répète ici, APOLLINAIRE a toujours assumé son goût pour le langage cru (je n'ai pas dit vulgaire), la littérature libertine et, reconnaissons-le une fois pour toutes, une certaine façade de virilité fanfaronne sur quoi se fondent bien des complicités masculines dont il est inutile de nommer ici. Si ses recueils de poèmes maudits trahissent leur auteur, c'est plus, par l'amour des mots, le brio du style et de la narration que par la perversité des épisodes.
Le poète a voulu chanter l'héroïsme de son siècle. Certes, il a cherché une certaine universalité épique orientée vers l'avenir; mais, ce fut sa grandeur et son échec.
APOLLINAIRE est un de ceux qui m'ont fait aimer la poésie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          222
Mirliton
  18 avril 2012
Apollinaire ne se contente pas de moderniser la poésie par la forme (le poème-dessin du calligramme) et les thèmes. Il associe l'élévation et un lyrisme singulier à des thèmes inhabituels (effectivement, la guerre, les techniques modernes,...). Il parvient ainsi à redécouvrir le mystère de la vie dans une société en pleine transformation, en marche vers un avenir qu'il voit radieux - même sous les obus de la Première Guerre mondiale.
Celui qui se désigne souvent comme la "flamme rousse", "torche que rien ne peut éteindre", est brûlé par la vie, mais utilise ce feu étincelant pour alimenter sa poésie, "comme une flamme / Dont tu as toute la souffrance / Toute l'ardeur et tout l'éclat"
Commenter  J’apprécie          140
chartel
  22 février 2012
Si Apollinaire n'a rien inventé avec ses "Calligrammes", il a toutefois permis de mettre en lumière ce procédé associant littérature et arts visuels. Mais quand le langage écrit devient le matériau du tableau-poème, la linéarité et l'horizontalité de lecture sont quelque peu lézardées. On pourra donc reprocher à ces calligrammes leur manque de lisibilité. Mais il ne faudrait pas réduire ce célèbre recueil à un procédé. La majorité des poèmes garde la classique forme linéaire. Et au-delà de la forme, la modernité des poèmes d'Apollinaire résidait dans leurs sujets : les progrès technologiques, à la fois dans ce qu'ils avaient de meilleur pour la communication (gramophone, TSF, photographie et cinéma), mais aussi dans ce qu'ils avaient d'atroce dans leurs usages guerriers et destructeurs. Ce témoignage d'un changement de société dû aux nouvelles technologies est captivant. Je me suis amusé à imaginer Apollinaire confronté à l'univers d'Internet. Qu'aurait-il pu en faire ? … Aurait-il pu placer un calligramme sur babelio.com ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
frandj
  23 février 2017
Comme tout le monde, je connaissais "La colombe poignardée et le jet d'eau" (esthétiquement remarquable) et quelques autres calligrammes. Par contre, j'ignorais la plupart des autres poésies incluses dans le livre que je viens de lire. En particulier, j'avais de grosses lacunes sur les textes écrits pendant qu'Apollinaire était soldat. C'est d'ailleurs une surprise de constater qu'un poète du XXème siècle fût ardemment patriote, alors que les autres ont été en général antimilitaristes (et certains grossièrement). Les circonstances ont donc conduit l'auteur à évoquer la guerre de 14-18 (qu'il a vécue en première ligne) - plus que l'amour et d'autres sujets connexes. En fait, je n'adore pas toutes les poésies du présent recueil, qui m'a globalement moins plu que "Alcools". Mais j'ai souvent retrouvé le langage si particulier du poète, que mon "oreille intérieure" aime à entendre. Pour moi, le sens est secondaire par rapport à la beauté du chant et à la richesse de l’imaginaire. Chez Apollinaire, on trouve une grande liberté de forme, mais quand même pas de l'ésotérisme ou des envolées absconses. Tout est accessible.
A titre d'exemple, j'ai mis en citation un extrait de "La nuit d'Avril 1915" (provenant de "La case d'Armons"), à la fois grave et presque joyeux.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Citations et extraits (62) Voir plus Ajouter une citation
BrochmaelBrochmael   14 février 2018
Cher monsieur
Vous êtes un mec à la mie de pain
Cette dame a la nez comme un ver solitaire
Louise a oublié sa fourrure
Moi je n'ai pas de fourrure et je n'ai pas froid
Le Danois fume sa cigarette en consultant l'horaire
La chat noir traverse la brasserie

"Lundi rue Christine"
Commenter  J’apprécie          00
BrochmaelBrochmael   14 février 2018
Un chapeau haut de forme est sur
Une table chargée de fruits
Les gants sont morts près d'une pomme
Une dame se tord le cou
Auprès d'un monsieur qui s'avale

"Les Collines"
Commenter  J’apprécie          00
BrochmaelBrochmael   14 février 2018
Tous sont morts le maître d'hôtel
Leur verse un champagne irréel
Qui mousse comme un escargot
Ou comme un cerveau de poète
Tandis que chantait une rose

"Les Collines"
Commenter  J’apprécie          00
BrochmaelBrochmael   14 février 2018
Je me suis levé à 2H du matin et j'ai déjà bu un mouton

"Lettre-Océan"
Commenter  J’apprécie          00
BrochmaelBrochmael   14 février 2018
La serveuse rousse a été enlevée par un libraire

"Lundi rue Christine"
Commenter  J’apprécie          00
Videos de Guillaume Apollinaire (73) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Guillaume Apollinaire
Guillaume Apollinaire dit "Le Pont Mirabeau"
autres livres classés : poésieVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Apollinaire

Dans quelle capitale européenne est né Wilhelm Apollinaris de Kostrowitzky, dit Guillaume Apollinaire ?

Paris
Rome
Londres
Varsovie

10 questions
81 lecteurs ont répondu
Thème : Guillaume ApollinaireCréer un quiz sur ce livre