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Michel Butor (Préfacier, etc.)
EAN : 9782070300082
192 pages
Gallimard (29/04/1966)
4.01/5   615 notes
Résumé :
Prenez des lettres, des mots, des phrases. Disposez-les sur une feuille blanche de façon que les phrases, les mots, les lettres composent des figures. Plissez les yeux, et apparaissent une montre, une cravate, un jet d'eau. Associés l'un à l'autre, le dessin et l'écriture créent une forme neuve et intrigante. Et si la guerre de 14-18 accable le monde, dans le même temps, l'esprit nouveau surgit et souffle sur la poésie avec enthousiasme. Le poète-soldat Guillaume Ap... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
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candlemas
  01 février 2018
Apollinaire me semble être un peu le Picasso –dont il était d'ailleurs l'ami- de la poésie du XXème siècle : comme lui virtuose et créateur, précurseur, mais mort trop tôt en 1919, il aura participé à lancer le surréalisme, participant à l'émergence du dadaïsme et du cubisme. Ses calligrammes, dont il est l'inventeur, peuvent ainsi nous faire penser aussi bien aux haïku japonais qu'à l'art naïf du Douanier Rousseau, et illustrent bien sa recherche permanente à la fois d'inventivité et de spontanéité, d'authenticité.
Dans mon parcours personnel, après la lecture des poètes maudits et romantiques, et avant les surréalistes, son oeuvre poétique est l'une des plus abouties, des plus équilibrées. Malgré son côté parfois expérimental, sa poésie ne perd jamais le contact avec l'intuition , la sensation, ce qui la rend très abordable. Passé le premier mouvement déstabilisant face au poème-dessin qu'on ne sait par où aborder, il est aisé de se laisser porter par sa propre inspiration… par un mouvement de libération de la lecture comme de l'écriture, voulu et pensé par Apollinaire.
Ce recueil, qui ne comporte en fait de poèmes-dessins que pour moitié, est aussi composé de poèmes en vers libres, de sonnets déstructurés, comme chez Blaise Cendrars. Beaucoup traitent de son expérience de guerre, alternant avec l'espoir d'un retour à la paix… et ses amours, riches et inspirant nombre de ses poèmes. La colombe et l'obus, l'appel de la femme et celui du voyage, s'opposent et s'entremêlent, en mots comme en images.
L'écriture elle-même oscille entre un lyrisme somme toute classique, qui nous parle du temps, des saisons, des étoiles et de l'oiseau qui chante, nous chante la ville et la campagne, et puis la cassure survient : le mégaphone crie, la mitrailleuse claque, le riz brûle, et « la souris verte file parmi la mousse ».
Volontiers malicieux, Apollinaire dévoile son intention dans le dernier poème du recueil :
« Vous dont la bouche est faite à l'image de celle de Dieu
Bouche qui est l'ordre même
Soyez indulgents quand vous nous comparez
A ceux qui furent la perfection de l'ordre
Nous qui quêtons partout l'aventure
Nous ne sommes pas vos ennemis
Nous voulons vous donner de vastes et d'étranges domaines
Où le mystère en fleurs s'offre à qui veut le cueillir
Il y a là des feux nouveaux des couleurs jamais vues
Mille phantasmes impondérables
Auxquels il faut donner de la réalité
Nous voulons explorer la bonté contrée énorme où tout se tait
Il y a aussi le temps qu'on peut chasser ou faire revenir
Pitié pour nous qui combattons toujours aux frontières
De l'illimité et de l'erreur
Pitié pour nos erreurs pitié pour nos péchés
Belle découverte, mais j'ai quand même préféré Alcools...
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Jeanmarc30
  11 novembre 2018
Calligrammes est un recueil de poèmes à avoir absolument dans sa bibliothèque. Nombre de poèmes sont inspirés de la vie de cet auteur génial et prolifique. Bien que Guillaume Apollinaire ne les ai pas inventés, les calligrammes existaient déjà au cours de l'Antiquité, mais les siens ont célèbres. L'auteur fait ainsi vivre son texte de manière originale, dynamique, émouvante parfois et souvent décalée, redonnant de la sorte à la poésie des figures nouvelles.
D'ailleurs à leur propos, l'auteur déclarait : "(.) ils sont une idéalisation de la poésie vers-libriste et une précision typographique à l'époque où la typographie termine brillamment sa carrière, à l'aurore des moyens nouveaux de reproduction que sont le cinéma et le phonographe" .
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mylena
  31 octobre 2021
Ce recueil, écrit pour l'essentiel pendant la guerre (et dédié à un ami d'enfance mort en 1917) rassemble des poèmes dont la première partie (Ondes) a été écrite avant la déclaration de guerre, à un moment où Apollinaire se sentait plein d'énergie créatrice et d'enthousiasme. Les parties suivantes ont une toute autre tonalité, même si la forme des calligrammes les unit. le plus célèbre et un des plus beaux c'est La colombe et le jet d'eau : quel dommage qu'il soit impossible de citer un calligramme ! « De souvenirs mon âme est pleine le jet d'eau pleure sur ma peine » Cependant il n'y a pas que des calligrammes dans ce recueil, mais aussi beaucoup de poèmes en vers libres ainsi que des sonnets déstructurés. Même sous les obus de la Première Guerre mondiale il veut entrevoir un avenir radieux et se saisit de tout, du son des mots, des formes qu'il crée pour faire naître poésie et rêve. Il cherche l'inspiration poétique là où il est, sur le front, ainsi que dans des objets du quotidien et de la modernité. C'est par ces sujets autant que par la forme que ce recueil est remarquable. A lire absolument, en passant les calligrammes dans un premier temps si leur forme gêne la lecture, il y a tant d'autres choses dans cet opus.
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Mirliton
  18 avril 2012
Apollinaire ne se contente pas de moderniser la poésie par la forme (le poème-dessin du calligramme) et les thèmes. Il associe l'élévation et un lyrisme singulier à des thèmes inhabituels (effectivement, la guerre, les techniques modernes,...). Il parvient ainsi à redécouvrir le mystère de la vie dans une société en pleine transformation, en marche vers un avenir qu'il voit radieux - même sous les obus de la Première Guerre mondiale.
Celui qui se désigne souvent comme la "flamme rousse", "torche que rien ne peut éteindre", est brûlé par la vie, mais utilise ce feu étincelant pour alimenter sa poésie, "comme une flamme / Dont tu as toute la souffrance / Toute l'ardeur et tout l'éclat"
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raime
  13 février 2022
Passé complétement à coté des poèmes formant le recueil "Alcools", je dirais que "Calligrammes" m'a fait découvrir Guillaume Apollinaire.
Peut être aussi parce que cette période de l'Histoire qu'est la première guerre mondiale m'a toujours impressionné et qu'elle est restée longtemps remémorée avec les derniers Poilus chaque 11 novembre.
De nos jours, encore, des romans tels qu' "Au revoir la-haut" de Pierre Lemaitre arrivent à nous émouvoir.
Si Calligrammes à su me plaire, c'est aussi par son inventivité, sa modernité immuable qu'apporte une grande diversité de forme, de ton, de rythme, de sujet et qu'ainsi on ne peut s'y ennuyer.
Le rôle du poète au sein d'un conflit est aussi abordé. Parfois stupéfiant... Trouver de la beauté à une pluie d'obus éclairants, comparer le bruit que font les douilles en tombant à un joli chant de cloche peut dérouter à première lecture.
A coté de cela la guerre est froidement décrite, avec beaucoup de réalisme, comme dans le poème "Il y a" qui procède à un décompte de ce qui constitue le quotidien du poète :
Il y a mille petits sapins brisés ...
Il y a un capitaine ...
Il y a un cimetière ...etc ..
Bref, une telle palette nous est offerte qu'on y trouve forcement son bonheur. Difficile de passer à coté cette fois.
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Citations et extraits (57) Voir plus Ajouter une citation
DerfuchsDerfuchs   06 mai 2022
Nuit violente et violette et sombre et pleine d'or par moments
Nuit des hommes seulement
Nuit du 24 septembre
Demain l'assaut
Nuit violente ô nuit dont l'épouvantable cri profond devenait plus intense de minute en minute
Nuit qui criait comme une femme qui accouche
Nuit des hommes seulement

"Désir" Extrait.
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CielvariableCielvariable   13 janvier 2012
Moi j'ai ce soir une âme qui s'est creusée qui est vide
On dirait qu'on y tombe sans cesse et sans trouver de fond
Et qu'il n'y a rien pour se raccrocher
Ce qui y tombe et qui y vit c'est une sorte d'êtres laids qui me font mal et qui viennent de je ne sais où
Oui je crois qu'ils viennent de la vie d'une sorte de vie qui est dans l'avenir dans l'avenir brut qu'on n'a pu encore cultiver ou élever ou humaniser
Dans ce grand vide de mon âme il manque un soleil il manque ce qui éclaire
C'est aujourd'hui c'est ce soir et non toujours
Heureusement que ce n'est que ce soir
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flolunaireflolunaire   28 décembre 2014
Pendant le blanc et nocturne novembre
Tandis que chantaient épouvantablement les obus
Et que les fleurs mortes de la terre exhalaient
Leurs mortelles odeurs
Moi je décrivais tous les jours mon amour à Madeleine
La neige met de pâles fleurs sur les arbres
Et toisonne d’hermine les chevaux de frise
Que l’on voit partout
Abandonnés et sinistres
Chevaux muets
Non chevaux barbes mais barbelés
Et je les anime tout soudain
En troupeau de jolis chevaux pies
Qui vont vers toi comme de blanches vagues
Sur la Méditerranée
Et t’apportent mon amour
Roselys ô panthère ô colombes étoile bleue
Ô Madeleine
Je t’aime avec délices
Si je songe à tes yeux je songe aux sources fraîches
Si je pense à ta bouche les roses m’apparaissent
Si je songe à tes seins le Paraclet descend
Ô double colombe de ta poitrine
Et vient délier ma langue de poète
Pour te redire
Je t’aime

Chevaux de frise
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coco4649coco4649   16 décembre 2013
Un oiseau chante


Un oiseau chante ne sais où
C’est je crois ton âme qui veille
Parmi tous les soldats d’un sou
Et l’oiseau charme mon oreille

Écoute il chante tendrement
Je ne sais pas sur quelle branche
Et partout il va me charmant
Nuit et jour semaine et dimanche


Mais que dire de cet oiseau
Que dire des métamorphoses
De l’âme en chant dans l’arbrisseau
Du cœur en ciel du ciel en roses

L’oiseau des soldats c’est l’amour
Et mon amour c’est une fille
La rose est moins parfaite et pour
Moi seul l’oiseau bleu s’égosille

Oiseau bleu comme le cœur bleu
De mon amour au cœur céleste
Ton chant si doux répète-le
À la mitrailleuse funeste

Qui chaque à l’horizon et puis
Sont-ce les astres que l’on sème
Ainsi vont les jours et les nuits
Amour bleu comme est le cœur même
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petitourspetitours   13 mars 2011
ll pleut des voix de femmes
comme si elles étaient mortes
même dans le souvenir

C'est vous aussi qu'il pleut
merveilleuses rencontres
de ma vie ô gouttelettes

Et ces nuages cabrés se prennent
à hennir tout un univers
de villes auriculaires

Écoute s'il pleut tandis que
le regret et le dédain pleurent
une ancienne musique

Ecoute tomber les liens qui
te retiennent en haut et en bas.
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« Montparnasse : quand Paris éclairait le monde » de Mathyeu le Bal, préfacé par Jeanine Warnod : un livre événement publié chez Albin Michel et disponible dans toutes les bonnes librairies.
« L'arrivée en masse des artistes d'Europe centrale, des Américains, Japonais, Italiens… attirés par la France, constitua un formidable melting-pot. “ L'École de Paris “ était née. » Jeanine Warnod
Au début du XXe siècle, tous les boulevards du monde convergèrent vers Montparnasse, drainant des artistes aux mille parcours.
Ces fils de l'exil vont poser leur valise près du carrefour Vavin où s'exprimera un langage commun : la création. Ce livre unique en son genre raconte dans son extraordinaire globalité ce moment unique dans l'histoire pendant lequel un quartier de Paris fut la capitale mondiale de l'art.
« En 1913, Apollinaire descendait de la Butte Montmartre avec mon père* lui récitant ses premiers vers « d'Alcools ». Ils retrouvaient Paul Fort, André Salmon, Max Jacob à La Closerie des Lilas où des joutes de poésie occupaient toutes les nuits… »
Le célèbre critique d'art André Warnod, qui inventa le terme d'École de Paris dans son livre de référence, publié en 1925 chez Albin Michel.
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