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Alain Porte (Traducteur)
ISBN : 2843045096
Éditeur : Zulma (14/05/2010)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 50 notes)
Résumé :
Merveilles d'inventions narratives, ces huit nouvelles entrelacent cruauté inconsciente et enchantement amoureux, songeries amères et tendres, conflits cocasses ou tragiques. De la fillette qui s'invente une vie sentimentale en lisant Jane Eyre quand sa soeur aînée se marie, à celle qui porte une dévotion folle à sa mère, les situations se répondent ; si bien qu'on éprouve le sentiment d'être dans l'espace multiple et concerté du roman, au sein d'une famille de la b... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
Zakuro
  03 août 2014
Dans l'épopée du Ramayana, l'histoire de la princesse Sita est douloureusement injuste. Enlevée et accusée à tort par la rumeur publique d'adultère par son ravisseur Ravana, Sita est abandonnée enceinte dans la forêt par son époux le dieu Rama. Que valent la parole et le sort d'une femme indienne ?
Dans le recueil de nouvelles d' Anjana Appachana, nous rencontrons nombre de Sita modernes dans les familles aisées de Delhi où l'indépendance économique par le travail et l'épanouissement d'une vie familiale heureuse ne vont pas de concert.
La future mariée qui travaille ne sait pas qu'en épousant l'homme qu'elle aime, elle va devoir cohabiter en permanence avec ses beaux-parents (Bahu) et subir leur mépris sous couvert du respect des traditions : la femme doit rester au foyer et les servir.
le sari de soie et les cheveux longs sont alors des parures très lourdes à porter.
Une autre jeune fille rêve d'un amour romantique en lisant Jane Eyre (Incantations), une vision fortement salie quand elle apprend les violences sexuelles que sa soeur aînée a dû subir en silence avant de se suicider.
Tout n'est pas sombre dans ces nouvelles car des liens d'amitié et de solidarité se nouent entre les individus malgré les différences de positions sociales ou hiérarchiques.
Je garde en moi le chagrin d'une mère (Sa mère) qui au départ définitif de sa fille du continent lui écrit ceci "je sais que tu ne crois pas aux rites. Mais tout ce que je te demande de faire, c'est d'allumer une lampe le matin, d'allumer un bâton d'encens, de joindre les mains, de fermer les yeux et de penser à la vérité et aux actions justes". Ses seuls dieux, son seul réconfort.
Je remercie Libfly et les éditions Zulma.
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LouetFlavie
  11 août 2014
L'Inde d'aujourd'hui, traditionnelle, régie par ses rites et religions, vue par ses femmes.
Je crois qu'il serait plus juste de parler de l'Inde d'aujourd'hui vu par l'auteure de ce livre, dans lequel elle a mis tout son vécu. Mais la plupart des portraits peints ici sont des portraits de femmes issues de bonnes familles, pas le portrait de la cueilleuse de feuilles de thé, de la mendiante du coin de la rue ou de la vendeuse de fleurs sur le marché. Toutefois, malgré ces portraits manquants, on sent le poids des traditions, et le malheur que c'est de naître femme en Inde : privation de libertés, absence de choix et parfois négation du statut d'être humain. Les portraits de ces femmes plutôt aisées (à l'échelle de la société indienne) nous donne aussi à voir, à ressentir le tiraillement dont elles peuvent être victimes. Les choix de ces femmes sont loin d'être anodins ou faciles : l'amour plutôt que le mariage arrangé au risque de briser les traditions et de se couper de sa famille ? le divorce ? faire des études, faire carrière au risque d'effrayer les hommes indiens, de ne pas trouver de famille qui voudra les accueillir et au final être "contraintes" de finir vieilles filles ou pire, mariées à un étranger ? Par leurs choix et parce que les traditions sont encore très ancrées en Inde, ces femmes mettront leur vie entre parenthèses ou déshonoreront leur famille. Dans plusieurs de ces nouvelles on constate aussi que, lorsqu'il s'agit de rêver les soeurs et amies sont toujours prêtes à jouer le jeu. Mais, quand il s'agit de la vraie vie, peu de soutiens restent : qui pour aider la jeune fille enceinte ? qui pour aider la jeune femme qui fait le choix de divorcer ?
Oui, il manque quelques portraits, oui il s'agit d'une imagerie tronquée de l'Inde. Malgré cela, j'ai aimé ces récits car j'y ai retrouvé une partie de l'Inde telle que je l'ai vue et vécue. Cette Inde qui cherche à émerger, à sortir de sa pauvreté chronique, mais cette Inde rusée, roublarde , un peu paresseuse et surtout corrompue (à l'image de ce pauvre Sharmaji). L'auteure n'oublie pas non plus de nous montrer combien cette Inde est riche et belle, combien les Indiens en sont fiers.
En bref, un bien joli témoignage, qui malgré des figures oubliées, nous transporte et nous fait découvrir ou re-découvrir de réels instants de ce pays. Et à la place de ces femmes, quel choix ferions-nous ?
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jeje_gandhi
  01 décembre 2014
Anjana Appachana nous fait découvrir 8 merveilleuses nouvelles centrés autour de la vie actuelle des femmes indiennes depuis l'enfance vulnérable jusqu'aux déboires parfois dramatiques des épousailles et d'une vie domestique aliénée aux règles et aux traditions. Elle explore les relations familiales et parfois professionnelles avec toujours au centre une femme ou la question du féminin. L'Inde contemporaine se retrouve effectivement tiraillé entre traditions séculaires et modernisme, entre croyance et espérance, entre indépendance et attachement à la famille. Seul bémol, tout se passe dans les milieux de classe moyenne et à Delhi.
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casscrouton
  18 juin 2015
J'ai adoré ce recueil de 8 nouvelles. Je suis totalement tombée sous son charme.
J'ai décidé de donner mon avis de manière plus précise sur les deux premières nouvelles pour vous donner envie de le lire et par la suite je synthétiserai mon propos.
La première nouvelle s'appelle Bahu. Elle fait une formidable introduction à tous ces récits indiens et m'a beaucoup touchée. J'ai ressenti la tristesse, le profond malheur de la protagoniste qui n'a pas un seul instant pour elle-même. Tout le monde est contre elle, surtout sa belle-mère et son propre mari. On sent réellement le poids écrasant des traditions s'abattre sur les épaules de la narratrice qui refuse cette conformité. Elle doit faire tant de compromis pour sa belle-famille qu'elle en met presque sa propre vie en pause pour les satisfaire. le titre résume parfaitement la situation. « Bahu » signifie « belle-fille » et c'est l'unique rôle qu'obtient cette femme malheureuse après son mariage. Elle se sent emprisonnée et veut se libérer de ses chaines, obtenir son indépendance. Cette nouvelle est vraiment passionnante.
La seconde nouvelle porte le titre du recueil à savoir Mes seuls Dieux. C'est une nouvelle très étrange qui porte sur une petite fille qui est atteinte de crises à tout bout de champs. Elle est extrêmement jalouse et possessive envers sa mère et si quiconque s'en approche, elle explose. C'est très étrange parce que j'ai eu la sensation qu'elle n'était qu'une petite fille capricieuse tout au long du récit, une petite fille couvée par sa mère qui ne supporte pas ne pas être son centre d'attention le temps de quelques minutes. Paradoxalement, elle me faisait beaucoup de peine et je me disais qu'elle devait éprouver un profond malheur en elle pour agir ainsi. La fin m'a vraiment bouleversée.
Je ne développerai pas plus mes impressions sur les six autres nouvelles mais toutes, sans exception ont réussi à provoquer en moi des émotions, joyeuses ou néfastes. Il faut savoir que je n'aime pas le genre de la nouvelle à l'origine. Je trouve ça trop court, mal écrit et rarement intéressant. Ici, c'est tout l'inverse et chacune est réellement aboutie. On ne se retrouve pas à la fin d'une nouvelle sans en avoir saisi le message. J'ai adoré cela.
Ces nouvelles traitent principalement de la condition des femmes indiennes. Souvent sous le joug des traditions, de leur mari, elles font presque partie intégrante des maisons qu'elles habitent. On sent cette suffocante importance des traditions. Les récits témoignent également de l'immense et omnisciente présence des divinités dans la culture indienne. En cela, nos cultures respectives diffèrent réellement. Il y a énormément de réflexions sur les croyances et superstitions des indiens dans ce recueil. En plus de cela, des sujets d'actualité y sont relatés comme celui de l'avortement. La nouvelle Prophétie parle de ce thème extrêmement tabou en Inde et j'avoue avoir été choquée par cette histoire.
En bref, Mes seuls Dieux est un recueil extrêmement passionnant qui révèle un grand nombre d'informations sur la culture indienne que nous autres européens ne connaissons peut-être pas vraiment. Certaines nouvelles vont vous choquer, d'autres vont vous faire sourire mais toutes proposent une réflexion tout en étant extrêmement agréable à lire. On ne s'ennuie jamais et les nouvelles défilent devant nos yeux sans que l'on ne s'en rende compte.
Lien : http://www.casscrouton.fr/me..
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mollymon
  14 juin 2014
J'ai été indignée par les conditions de vie des femmes indiennes décrites dans les nouvelles d' Anjana Appachana. le poids de la tradition hindouiste continue à peser lourdement sur leurs épaules , il semble que leur destin reste encore d'être épouses et mères. Pas facile pour une femme dans cette société machiste de vivre libre et indépendante. Mais le plus intolérable est la violence exercée à leur encontre: propos obscènes, attouchements dans les transports en communs sont monnaie courante, le viol n'est pas rare et est très peu puni par la justice. Les femmes subissent en silence car oser parler, s'opposer signifie la honte et l'exclusion. Les hommes dans ces nouvelles n'ont pas le beau rôle, ils sont présentés comme des êtres veules et égoïstes, le meilleur exemple en est Sharma, l'employé paresseux, beau parleur et roublard. Je n'ai d'ailleurs pas apprécié les deux nouvelles qui lui sont consacrées, leur cocasserie contraste trop avec la gravité des autres sujets. J'aurais préféré que l'auteur évoque le statut des veuves qui est tout à fait particulier en Inde. Mes seuls dieux nous montre que si les moeurs évoluent doucement, les valeurs restent profondément ancrées.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
LounimaLounima   30 août 2012
"Les livres parlent de l'instant de la révélation, la soudaine et absolue prise de conscience de son propre malaise. En réalité ça ne se produit pas comme ça. Il n'y a pas d'instant unique. Chaque fois que vous cédez, vous vous persuadez que l'adaptation est indispensable au mariage. Inutile de contrarier les gens quand vous vivez avec eux. Il n'y aura pas de prochaine fois. Mais si, il y en a une. Vous cédez encore, et encore, et encore. Puis arrive un moment où ce n'est plus une affaire anodine. Mais, toujours submergée par la culpabilité, toujours résolue à faire plaisir, vous succombez encore. Insensiblement, mais irrévocablement, vous glissez dans le genre de vie qui est l'opposé total et affreux de tout ce en quoi vous croyez. Le genre de vie dont vous parliez avant le mariage (un temps de bonheur parfait en principe) en disant, jamais je n’accepterais une telle chose. Plutôt partir.
Maintenant cette situation est la vôtre. Vous n'êtes pas partie.
Vivrez-vous toujours comme ça ?" (Zulma - p.15-16).
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LounimaLounima   30 août 2012
"Aujourd'hui, vingt ans plus tard, j'essaie d'imaginer ce qui serait arrivé si ma soeur avait parlé du viol à mes parents. Ils auraient bien sûr tout annulé. Et Sangeeta, avec sa virginité perdue, aurait continué à vivre avec nos parents, en femme déchue, comme diraient les gens. Réduite à néant, elle aurait disparu sans bruit dans la grisaille d'un célibat éternel, pendant que mes parents priaient pour qu'un homme sympathique survienne et l'aime en dépit de tout, sans rechercher un hymen intact. Si j'avais été plus âgée, j'aurais parlé à mes parents, je les aurais regardés se ratatiner presque sans bruit, acceptant la chose comme leur karma en raison des péchés commis dans leurs vies antérieures, consolant leur fille aînée, portant éternellement le fardeau d'une fille sans mari et déflorée. Et les gens, oh les gens auraient jasé et encore jasé, et la faute aurait été entièrement la sienne." (Zulma - p.231-232)
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LounimaLounima   30 août 2012
"Quand tu seras mariée, peut-être alors comprendras-tu qu'un père et qu'un mari sont deux choses très différentes. Dans un mariage arrangé tu n'auras pas de désillusions, car tu n'auras pas eu d'illusions au départ. C’est pour cela que les mariages arrangés marchent. Bien entendu, nous ne mettrons pas de pression sur toi. Fais-nous savoir si tu es d'accord pour que ce garçon te rencontre et j'écrirai en ce sens à tante Naina." (Zulma - p.280-281)
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AtasiAtasi   24 janvier 2015
Le soir, les voisines passèrent avec des gulab jamuns, des pedas, des dahi vadas faits maison, et encore des jamuns et des mangues cueillis à leur propres arbres. Mange, mon enfant, mange, presssaient-elles Namita, qui riait, qui protestait. Elle était trop mince. Elle avait besoin de se remplumer.
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calisson73calisson73   30 juillet 2013
Pardonnée, elle répéta notre rituel du soir qui consistait à me dire à quel point elle m'aimait- plus qu'elle n'aimait mon père, plus qu'elle n'aimait mes grands parents, plus même quelle n'aimait Dieu, qu'elle connaissait très bien.
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