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EAN : 9782070321117
240 pages
Éditeur : Gallimard (09/03/2006)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 64 notes)
Résumé :

Avril 1892, Inde. Un jeune homme sur les traces de son frère, un paysan meurtri par la misère et la domination des propriétaires terriens, une fascinante veuve au sang royal fuyant le bûcher et un candide joueur de cartes font route vers l'océan, espérant trouver l'eldorado de l'autre côté de "l'Eau noire".

Ils rejoignent d'autres Indiens entassés dans les cales de l'Atlas pour les vertiges mortels d'une traversée de plusieurs semaines ve... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
rabanne
  08 janvier 2018
Après avoir beaucoup apprécié La noce d'Anna, j'avais eu envie de découvrir le premier roman de l'auteure.
1892. Destins croisés et tragiques de femmes et d'hommes ayant quitté leur sol natal, l'Inde (colonie britannique en cette fin du 19ème siècle), pour embarquer volontairement sur un navire, pensant faire fortune sur l'île Maurice, ce soit-disant eldorado paradisiaque...
Les autorités anglaises, et françaises, en demande de main d'oeuvre bon marché, exploiteront inhumainement ces Indiens, naïfs et miséreux, cela quarante ans après la fin de l'esclavage des Noirs (!)
Un roman utile et un émouvant hommage, mais qui crée parfois une certaine confusion, tant il y a de personnages traités et de chapitres déséquilibrés, selon moi.
La terrible traversée en mer occupe en fin de comptes la majorité du livre, contrairement à ce que pourrait nous faire croire le titre...
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Unhomosapiens
  21 mars 2020
Rares sont les romans qui traitent de ce sujet : l'engagisme. Suite à l'abolition de l'esclavage, il fallait trouver une main d'oeuvre bon marché pour remplacer les esclaves dans les champs de canne. A Maurice comme à la Réunion ou d'autres colonies, les colonisateurs faisaient donc venir à moindre frais, des miséreux, de l'Inde, de Chine ou d'ailleurs en leur faisant miroiter une fortune qu'il pourraient amasser et revenir au pays. C'est cette histoire que l'auteure nous raconte ici. En suivant quelques personnages principaux qui comprendront très vite que c'est l'enfer qui les attend. La description du transport en bateau à fond de cale, de l'Inde à l'île Maurice, puis les conditions de vie de ces "engagés", est effroyable, à peine plus enviable que celle des esclaves. C'est très bien écrit, très descriptif. le pathos vient naturellement au fil du déroulement de l'intrigue. "La misère du monde n'est pas de dimension humaine", nous disait Coluche.
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jeje_gandhi
  26 août 2015
Ce premier roman d'une auteure d’origine mauricienne, installée en France depuis des années, relate l’histoire des immigrants indiens (coolies) à la fin du XIXème siècle, engagés volontaires à bord de l’Atlas, bateau affrété par les anglais vers l'Île Maurice, pour apporter aux exploitants de plantations françaises la main-d’œuvre à bon marché pour remplacer les noirs. Abolition de l’esclavage oblige.
Ce qui est frappant dans ce récit, c'est la sobriété et la force de la description du voyage en bateau, entre réalité et imaginaire, où l'émotion et l'horreur se mêlent dans la poétisation de la symbolique de la mer.
Les Indiens partent en rêvant d’un « merveilleux destin » symbole de réussite sociale, un idéal guère terni malgré la traversée de la mer noire – le kala pani – dans des conditions effrayantes à fond de cale. Pire que dans un cauchemar.
L'auteure joue sur un univers binaire personnification-monstruosité : dominant/dominé, terre/mer, Blancs/Indiens, entre autres. Un épanouissement au final de la poétisation de la mer qui donne lieu à la poétisation du réel.
Un court roman très plaisant à lire.
Lien : http://jejegandhi.over-blog...
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luocine
  16 octobre 2020
Après avoir lu de cette auteure, grâce au club de lecture, « le Ciel par dessus les Toits » j'ai eu très envie de découvrir un peu plus cette écrivaine mauricienne. Si l'île Maurice est synonyme pour beaucoup d'entre nous de vacances sur des plages de sable blanc, de mer bleu azur, sous un soleil toujours présent, cette île a représenté pour des populations noires un lieu d'esclavage et lorsque celui-ci a pris fin, une terre d'immigration pour des Indiens fuyant une misère absolue dans leur pays.Loin de ces impressions paradisiaques, ce roman se situe en 1890 : l'île Maurice est alors sous domination britannique, depuis une trentaine d'années, mais les plantations restent la propriété de riches planteurs français qui recherchent à tout prix une main d'oeuvre bon marché pour remplacer leurs anciens esclaves. Les noirs habitent aussi cette île mais refusent de se faire maltraiter par les propriétaires blancs, peu d'entente sont possibles avec les Indiens qui acceptent des conditions de travail dont eux mêmes ne veulent plus. En peu de chapitres, les problèmes sont très bien posés. On comprend d'autant mieux tous les problèmes qui assaillent dès leur arrivée ces malheureux Indiens sur l'île Maurice que chaque personnage nous est présenté avant leur départ dans leur lieu de vie d'origine. On comprend alors, pourquoi ils partent, mais aussi comment ils vont être forcément déçus car trop de fables irréalistes, comme ces pièces d'or que l'on trouve en soulevant des rochers, leur obscurcissent le cerveau !
Ce roman nous permet de comprendre la situation des Indiens en 1890, certains sont accablés par les dettes que leurs parents ont contractées, un des personnage est seulement joueur de poker et perd tout l'argent de ses parents aux cartes, une jeune femme de sang royal doit brûler sur le bûcher de son mari mort à la chasse, un autre croit rejoindre son frère… Tous se retrouvent sur un bateau : l'Atlas qui après des mois de navigation d'autant plus éprouvante que les Indiens craignent beaucoup la mer, ils débarquent apeurés sur l'île « Meuriche » et trouvent une condition qui se rapproche plus de l'esclavage que celle de travailleurs pauvres et précaires.
J'ai beaucoup aimé ce livre, certainement parce que je ne savais pas grand chose de cette immigration mais aussi parce que cette auteure sait très bien raconter, j'ai quitté à regret ses personnages et j'aurais aimé les suivre un peu plus longtemps. Il y a un aspect qui m'a beaucoup intéressée : à quel point l'enfermement dans les traditions de l'Inde asservit la population et empêche les plus pauvres de s'émanciper, mais à quel point également, ces carcans représentent un lieu rassurant face à un inconnu encore plus menaçant que la servitude que l'on connaît bien. le roman l'annonce mais ne le décrit pas, visiblement les Indiens sauront grâce à leur courage et à leur force de travail devenir une partie très importante de la population active de l'île et à finalement s'enrichir même sans trouver les fameuses pièces d'or qui ont fait briller les yeux de leurs ancêtres.

Lien : https://luocine.fr/?p=11632
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Shabanou
  28 novembre 2017
Bonjour les lecteurs
Voici le 1' roman de la mauricienne Natacha Appanah.
C'est l'histoire de ces indiens qui rêvaient d'une vie meilleure et qui se retrouvent piégé à l'île Maurice.
Le récit se divise en trois parties : dans la première, est dressé le portrait des différents protagonistes, de leur vie en Inde et des raisons qui les poussent s'engager pour Maurice. Il y a Badri, l'accro aux jeux de cartes qui espère faire fortune auprès des Anglais, Chotty le serviteur d'un seigneur local qu'une dette de son père condamne à une forme d'esclavage, Ganga, la princesse de Bangalore qui a fui le bûcher funéraire de son mari sur lequel elle aurait dû mourir comme le veut la tradition hindoue, Vythee le jeune paysan qui espère retrouver son frère déjà à Maurice… A travers leurs parcours, on découvre aussi d'autres personnages : ceux qui restent en Inde et les regardent partir, ceux qui les recrutent en leur promettant monts et merveilles et en leur cachant la réalité d'outremer, les officiers anglais en poste là-bas…
Dans la deuxième partie, l'auteur nous raconte la terrible traversée de l'Océan Indien retranscrite dans le journal de bord du médecin britannique.
Dans la troisième partie, c'est l'arrivée à Maurice, la découverte du travail dans les champs de cannes à sucre et la désillusion de l'aventure.
Cette histoire a pour toile de fond des faits réels.
Dans le sang de nombreux mauriciens coule celui de ses « engagés volontaires ».
En effet, l'esclavage a été aboli sur papier mais les conditions de vie de ces indiens n'ont pas beaucoup évolué. Pas de liberté, exploration maximale .
Lecture intéressante dur un sujet peu connu !
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
rabannerabanne   07 janvier 2018
Quel est ce peuple ? Quel est ce peuple qui brûle ses morts, quel est ce peuple qui parfois vit dans des châteaux opulents et qui parfois dort dans la rue ? Quel est ce peuple qui a peur de tout et qui, pourtant, traverse les mers pour aller travailler dans une île battue par des cyclones et infestée de rats ?
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jeje_gandhijeje_gandhi   26 août 2015
Quand, entassés dans la cale… ils subissaient la colère de la mer qui
grondait comme cent orages à leurs oreilles, quand leurs corps roulaient
tels des bouts de chiffon d’un bout à l’autre de la sombre prison, quand ils
cherchaient désespérément à s’accrocher pendant les pires tangages pour
ne pas se fracasser la tête contre la coque ou pour éviter d’écraser leurs
propres enfants, quand la nuit était emplie des craquements de l’Atlas,
comme les cris d’une forêt pliant sous les assauts d’un cyclone, quand ils
avaient peur d’être emportés dans l’enfer du kala pani, ils fermaient les
yeux et pensaient à Merich. (p. 130)
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jeje_gandhijeje_gandhi   26 août 2015
Ils se promènent là où ils sont interdits. Hier, j’ai vu un vieux qui
fumait à trois pas de moi. Je lui ai dit de déguerpir, ici c’est la place des
Anglais, il n’avait qu’à aller à l’arrière se souiller de suie. L’officier qui
m’accompagnait se tenait à la barre et m’a demandé à qui je parlais. Le
bateau rentrait dans les vagues et bondissait dessus avec des claquements.
Le pont était trempé. Le vieux s’est retourné et j’ai vu qu’il n’avait pas de
visage. Il avait des trous à la place des yeux, du nez et de la bouche.
C’était le vieux pêcheur » (p.124)
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jeje_gandhijeje_gandhi   26 août 2015
Seeram avait connu la mer et la pêche toute sa vie. Jamais il n’avait
travaillé la terre (…). Son père et son grand-père avant lui étaient des
pêcheurs, ils savaient reconnaître les viviers à poissons, ils savaient
patienter jusqu’à la veille de la mousson pour que les vagues gonflées
fassent remonter les poissons et alors, alors seulement ils menaient leur
barque par-dessus l’écume blanche tels des conquérants. Ils avaient fait des
filets de pêche toute sa vie, vendu des poissons dès le pied posé sur la
plage, fait des courses de voiliers quand le vent était gonflé de promesse
de mousson… Il savait faire ça, le vieux. Mais les cannes à sucre, non »
(p.156-157)
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rabannerabanne   07 janvier 2018
Il y a des arbres comme ça. Ils promettent des fruits tendres et juteux, leurs bourgeons sont délicats, leurs feuilles veinées de sève, leurs racines vont au cœur de la terre et ils vous offrent de l'ombre fraîche en été et un abri pendant la pluie.
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