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EAN : 9782070321117
240 pages
Gallimard (09/03/2006)
3.76/5   85 notes
Résumé :

Avril 1892, Inde. Un jeune homme sur les traces de son frère, un paysan meurtri par la misère et la domination des propriétaires terriens, une fascinante veuve au sang royal fuyant le bûcher et un candide joueur de cartes font route vers l'océan, espérant trouver l'eldorado de l'autre côté de "l'Eau noire".

Ils rejoignent d'autres Indiens entassés dans les cales de l'Atlas pour les vertiges mortels d'une traversée de plusieurs semaines ve... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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ordinary_reader
  08 janvier 2018
Après avoir beaucoup apprécié La noce d'Anna, j'avais eu envie de découvrir le premier roman de l'auteure.
1892. Destins croisés et tragiques de femmes et d'hommes ayant quitté leur sol natal, l'Inde (colonie britannique en cette fin du 19ème siècle), pour embarquer volontairement sur un navire, pensant faire fortune sur l'île Maurice, ce soit-disant eldorado paradisiaque...
Les autorités anglaises, et françaises, en demande de main d'oeuvre bon marché, exploiteront inhumainement ces Indiens, naïfs et miséreux, cela quarante ans après la fin de l'esclavage des Noirs (!)
Un roman utile et un émouvant hommage, mais qui crée parfois une certaine confusion, tant il y a de personnages traités et de chapitres déséquilibrés, selon moi.
La terrible traversée en mer occupe en fin de comptes la majorité du livre, contrairement à ce que pourrait nous faire croire le titre...
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Unhomosapiens
  21 mars 2020
Rares sont les romans qui traitent de ce sujet : l'engagisme. Suite à l'abolition de l'esclavage, il fallait trouver une main d'oeuvre bon marché pour remplacer les esclaves dans les champs de canne. A Maurice comme à la Réunion ou d'autres colonies, les colonisateurs faisaient donc venir à moindre frais, des miséreux, de l'Inde, de Chine ou d'ailleurs en leur faisant miroiter une fortune qu'il pourraient amasser et revenir au pays. C'est cette histoire que l'auteure nous raconte ici. En suivant quelques personnages principaux qui comprendront très vite que c'est l'enfer qui les attend. La description du transport en bateau à fond de cale, de l'Inde à l'île Maurice, puis les conditions de vie de ces "engagés", est effroyable, à peine plus enviable que celle des esclaves. C'est très bien écrit, très descriptif. le pathos vient naturellement au fil du déroulement de l'intrigue. "La misère du monde n'est pas de dimension humaine", nous disait Coluche.
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Marti94
  12 septembre 2022
Nathacha Appanah a écrit un beau premier roman dont l'intérêt historique et géographique est indéniable. "Les rochers de poudre d'or" se situent sur l'île Maurice. Au 19ème siècle, ils constituent un eldorado pour des indiens dont les conditions sont misérables et qui veulent vivre un peu plus dignement.
Il y a Badri, le joueur du camphrier, Chotty qui s'épuise au travail pour payer les dettes de son père, Vythee qui veut rejoindre son frère aîné, Ganga une jeune veuve de sang royal qui doit être sacrifiée sur le bûcher, et bien d'autres…
Les Maistry, recruteurs pour les colonies, vont les convaincre de faire le voyage... mais quel voyage !
C'est le docteur Grant qui raconte les morts et les horreurs dans les cales du bateau. On se demande pourquoi il fait ce métier tellement il est méprisant et raciste. Si le changement de narrateur est judicieux, j'ai trouvé que le langage du médecin anglais n'était pas adapté à l'année 1892 (il dit Quel con !, prend son pardessus, parle de la merde pour les excréments...)
Pour autant, la situation est terrible et l'arrivée à Port-Louis assez brutale. L'eldorado va se transformer en cauchemars et Nathacha Appanah témoigne dans ce roman de l'histoire de son pays.
La plupart des colons français sont restés propriétaires des plantations de canne à sucre après la guerre contre les Britanniques en 1810 quand l'île Maurice tomba sous le régime Anglais. Alors que l'esclavage a été aboli en 1835, les anglais vont chercher des travailleurs indiens en masse pour les besoins grandissants de main d'oeuvre dans les plantations.
Contrairement aux esclaves, les indiens étaient sous contrat avec les planteurs français mais avec de telles contraintes que la différence n'était pas bien grande. Une histoire vraiment bouleversante.

Challenge Plumes féminines 2022
Challenge Riquiqui 2022
Challenge Multi-défis 2022
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luocine
  16 octobre 2020
Après avoir lu de cette auteure, grâce au club de lecture, « le Ciel par dessus les Toits » j'ai eu très envie de découvrir un peu plus cette écrivaine mauricienne. Si l'île Maurice est synonyme pour beaucoup d'entre nous de vacances sur des plages de sable blanc, de mer bleu azur, sous un soleil toujours présent, cette île a représenté pour des populations noires un lieu d'esclavage et lorsque celui-ci a pris fin, une terre d'immigration pour des Indiens fuyant une misère absolue dans leur pays.Loin de ces impressions paradisiaques, ce roman se situe en 1890 : l'île Maurice est alors sous domination britannique, depuis une trentaine d'années, mais les plantations restent la propriété de riches planteurs français qui recherchent à tout prix une main d'oeuvre bon marché pour remplacer leurs anciens esclaves. Les noirs habitent aussi cette île mais refusent de se faire maltraiter par les propriétaires blancs, peu d'entente sont possibles avec les Indiens qui acceptent des conditions de travail dont eux mêmes ne veulent plus. En peu de chapitres, les problèmes sont très bien posés. On comprend d'autant mieux tous les problèmes qui assaillent dès leur arrivée ces malheureux Indiens sur l'île Maurice que chaque personnage nous est présenté avant leur départ dans leur lieu de vie d'origine. On comprend alors, pourquoi ils partent, mais aussi comment ils vont être forcément déçus car trop de fables irréalistes, comme ces pièces d'or que l'on trouve en soulevant des rochers, leur obscurcissent le cerveau !
Ce roman nous permet de comprendre la situation des Indiens en 1890, certains sont accablés par les dettes que leurs parents ont contractées, un des personnage est seulement joueur de poker et perd tout l'argent de ses parents aux cartes, une jeune femme de sang royal doit brûler sur le bûcher de son mari mort à la chasse, un autre croit rejoindre son frère… Tous se retrouvent sur un bateau : l'Atlas qui après des mois de navigation d'autant plus éprouvante que les Indiens craignent beaucoup la mer, ils débarquent apeurés sur l'île « Meuriche » et trouvent une condition qui se rapproche plus de l'esclavage que celle de travailleurs pauvres et précaires.
J'ai beaucoup aimé ce livre, certainement parce que je ne savais pas grand chose de cette immigration mais aussi parce que cette auteure sait très bien raconter, j'ai quitté à regret ses personnages et j'aurais aimé les suivre un peu plus longtemps. Il y a un aspect qui m'a beaucoup intéressée : à quel point l'enfermement dans les traditions de l'Inde asservit la population et empêche les plus pauvres de s'émanciper, mais à quel point également, ces carcans représentent un lieu rassurant face à un inconnu encore plus menaçant que la servitude que l'on connaît bien. le roman l'annonce mais ne le décrit pas, visiblement les Indiens sauront grâce à leur courage et à leur force de travail devenir une partie très importante de la population active de l'île et à finalement s'enrichir même sans trouver les fameuses pièces d'or qui ont fait briller les yeux de leurs ancêtres.

Lien : https://luocine.fr/?p=11632
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jeje_gandhi
  26 août 2015
Ce premier roman d'une auteure d’origine mauricienne, installée en France depuis des années, relate l’histoire des immigrants indiens (coolies) à la fin du XIXème siècle, engagés volontaires à bord de l’Atlas, bateau affrété par les anglais vers l'Île Maurice, pour apporter aux exploitants de plantations françaises la main-d’œuvre à bon marché pour remplacer les noirs. Abolition de l’esclavage oblige.
Ce qui est frappant dans ce récit, c'est la sobriété et la force de la description du voyage en bateau, entre réalité et imaginaire, où l'émotion et l'horreur se mêlent dans la poétisation de la symbolique de la mer.
Les Indiens partent en rêvant d’un « merveilleux destin » symbole de réussite sociale, un idéal guère terni malgré la traversée de la mer noire – le kala pani – dans des conditions effrayantes à fond de cale. Pire que dans un cauchemar.
L'auteure joue sur un univers binaire personnification-monstruosité : dominant/dominé, terre/mer, Blancs/Indiens, entre autres. Un épanouissement au final de la poétisation de la mer qui donne lieu à la poétisation du réel.
Un court roman très plaisant à lire.
Lien : http://jejegandhi.over-blog...
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
ordinary_readerordinary_reader   07 janvier 2018
Quel est ce peuple ? Quel est ce peuple qui brûle ses morts, quel est ce peuple qui parfois vit dans des châteaux opulents et qui parfois dort dans la rue ? Quel est ce peuple qui a peur de tout et qui, pourtant, traverse les mers pour aller travailler dans une île battue par des cyclones et infestée de rats ?
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jeje_gandhijeje_gandhi   26 août 2015
Quand, entassés dans la cale… ils subissaient la colère de la mer qui
grondait comme cent orages à leurs oreilles, quand leurs corps roulaient
tels des bouts de chiffon d’un bout à l’autre de la sombre prison, quand ils
cherchaient désespérément à s’accrocher pendant les pires tangages pour
ne pas se fracasser la tête contre la coque ou pour éviter d’écraser leurs
propres enfants, quand la nuit était emplie des craquements de l’Atlas,
comme les cris d’une forêt pliant sous les assauts d’un cyclone, quand ils
avaient peur d’être emportés dans l’enfer du kala pani, ils fermaient les
yeux et pensaient à Merich. (p. 130)
+ Lire la suite
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jeje_gandhijeje_gandhi   26 août 2015
Ils se promènent là où ils sont interdits. Hier, j’ai vu un vieux qui
fumait à trois pas de moi. Je lui ai dit de déguerpir, ici c’est la place des
Anglais, il n’avait qu’à aller à l’arrière se souiller de suie. L’officier qui
m’accompagnait se tenait à la barre et m’a demandé à qui je parlais. Le
bateau rentrait dans les vagues et bondissait dessus avec des claquements.
Le pont était trempé. Le vieux s’est retourné et j’ai vu qu’il n’avait pas de
visage. Il avait des trous à la place des yeux, du nez et de la bouche.
C’était le vieux pêcheur » (p.124)
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jeje_gandhijeje_gandhi   26 août 2015
Seeram avait connu la mer et la pêche toute sa vie. Jamais il n’avait
travaillé la terre (…). Son père et son grand-père avant lui étaient des
pêcheurs, ils savaient reconnaître les viviers à poissons, ils savaient
patienter jusqu’à la veille de la mousson pour que les vagues gonflées
fassent remonter les poissons et alors, alors seulement ils menaient leur
barque par-dessus l’écume blanche tels des conquérants. Ils avaient fait des
filets de pêche toute sa vie, vendu des poissons dès le pied posé sur la
plage, fait des courses de voiliers quand le vent était gonflé de promesse
de mousson… Il savait faire ça, le vieux. Mais les cannes à sucre, non »
(p.156-157)
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ordinary_readerordinary_reader   07 janvier 2018
Il y a des arbres comme ça. Ils promettent des fruits tendres et juteux, leurs bourgeons sont délicats, leurs feuilles veinées de sève, leurs racines vont au cœur de la terre et ils vous offrent de l'ombre fraîche en été et un abri pendant la pluie.
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VLEEL & LIBRAIRES EN SEINE, Nathacha Appanah, Julie Ruocco, Maggie O'Farrell, 20/05/2022
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