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ISBN : 2072764572
Éditeur : Gallimard (17/05/2018)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 482 notes)
Résumé :
Tropique de la violence est une plongée dans l’enfer d’une jeunesse livrée à elle-même sur l’île française de Mayotte, dans l’océan Indien. Dans ce pays magnifique, sauvage et au bord du chaos, cinq destins vont se croiser et nous révéler la violence de leur quotidien.
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Critiques, Analyses et Avis (163) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  23 juillet 2016
Voici Mayotte, une île française, nichée dans le canal du Mozambique, oú quand Marie, infirmière venue de la métropole regarde le fond de la mer, elle voit nager des hommes et des femmes dans ce lointain coin de France, oublié de tous, avec des dugongs et des coelacanthes , des rêves accrochés aux algues et des bébés dormir au creux des bénitiers ......
Ce pays ressemble à une poussière incandescente qu'il suffit d'un rien pour qu'il s'embrase.....un jour.
Une île ancienne aux parfums d'hibiscus roses aux coeurs rouges, aux frangipaniers aux fleurs blanches et aux alamandas jaune soleil , une île enchanteresse aux teintes et aux parfums vibrants , chauds , devenant peu à peu cauchemardesque .......
C'est là que l'auteur situe son beau roman déchirant à plusieurs voix.
Cette polyphonie narrative parfaitement maîtrisée entrelace et dessine le destin de cinq personnes : Stéphane , travailleur humanitaire en ONG blanc, Olivier , policier humaniste qui passe ses nuits au poste dans ce coin de France, Bruce l'indigène écorché vif, chef de bande du quartier défavorisé de kaweni surnommé Gaza , un bidonville , un ghetto, un dépotoir , un gouffre, une favela, un immense camp de clandestins à ciel ouvert.
Bruce dévoré par la violence , tyran, voleur, fumeur de joints et de "chimique ", à l'enfance ravageuse , brûlé par la haine .......
Marie, l'infirmière blanche venue de métropole et abandonnée par son mari, un bel époux noir pour non capacité de procréation......
Marie qui adopte Moïse, personnage central de l'ouvrage, enfant de migrant , rejeté par sa mére car ses yeux vairon sont signe de malheur..........

Recueilli et élevé par Marie avec amour, Moïse se révolte lorsqu'il apprend la vérité sur ses origines et décroche de l'école.
À la mort brutale deMarie, il perd pied .
Il commence un voyage en enfer le jour où elle tombe dans la cuisine pour ne plus se relever.
Il a quinze ans, il se drogue, vole et se bat, tombe sous la coupe de Bruce et de sa bande de voyous issus du ghetto de Mayotte.
Humilié, battu, violé , blessé au coupe coupe , balafré au visage par Bruce....je n'en dirai pas plus , sinon les lecteurs futurs m'en voudraient .........
L'écriture limpide, sensuelle, lumineuse, chaude, puissante , sensible, colorée , évocatrice donne voix avec vigueur aux différents protagonistes qu'ils soient vivants ou morts.
Le lecteur est partie prenante, cet ouvrage est un réquisitoire contre la misère , un appel au secours vibrant pour cette île abîmée, coincée entre pression migratoire et montée infernale de la violence .
Il faut lire ce livre pour comprendre une jeunesse livrée à elle-même , pour ressentir toute la misère que l'homme est capable d'infliger à la beauté pour satisfaire ses appétits, comment à force de misère et de désespoir on se dénature et l'on perd toute notion de vérité ...........
L'auteur démontre là un talent littéraire intense d'une vigueur semblable à celle de sa grande sensibilité .
"Mais c'est la France, ici, quand même........"
Un très bel ouvrage, puissant et déchirant , sensuel et actuel , infiniment émouvant .
Je remercie chaleureusement Masse Critique et les Éditions Gallimard pour l'envoi de ce roman dans le cadre des livres de la rentrée litteraire .
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jeunejane
  22 septembre 2016
Marie, jeune infirmière, vit dans une grande ville de France en compagnie de sa mère, dépressive.
A l'hôpital, elle rencontre l'amour de sa vie, Cham, originaire de l'île de Mayotte.
Ils se marient et vont vivre là-bas où elle travaille comme infirmière.
Son mariage et sa vie ne se passent pas comme prévu.
Chaque jour, elle est confrontée à un arrivage de réfugiés venant des îles Comores.
C'est ainsi qu'arrive un bébé rejeté par sa mère car il a les yeux de couleurs différentes. Les croyances locales attribuent cette particularité à un démon ( un djinn) qui habite l'enfant;
Marie recueille l'enfant et l'appelle Moïse.
La vie va les séparer et Moïse va entrer dans l'enfer des enfants de la rue, sans foi ni loi.
Il va vivre totalement démuni, dans une violence inouïe décrite avec un réalisme déroutant, effrayant.
Et pourtant, on sait que cette situation existe.
C'est un roman très noir mais tellement bien écrit, bien détaillé que je suis allée jusqu'au bout de ma lecture.
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TheWind
  27 septembre 2016
Voilà ce que dit le site du Guide du Routard de l'île de Mayotte :
« Un petit coin de paradis où les routards seraient bien inspirés de faire un tour avant que Mayotte ne rattrape sa grande soeur réunionnaise. Prenez le temps pour découvrir les îlots de sable blanc, faire quelques brasses dans le lagon avec les tortues géantes, aller observer les baleines et leurs petits, assister à un « grand mariage » ou nourrir les makis, friands de bananes… »
Un petit coin de paradis ?
Eh bien comme disait Gainsbourg, le paradis c'est l'enfer et ce n'est pas Natacha Appanah qui le contredira.
Car ce n'est pas du lagon et de sa barrière de corail - véritable havre de paix pour les dauphins et les tortues - dont elle vous parlera ; ce ne sera pas non plus de mangroves, ni de massifs coralliens enchanteurs et encore moins de ces nombreux récifs qui font rêver..
Là où ne devrait être qu'île idyllique pour touristes, Natacha Appanah dévoile toute l'horreur, toute la pauvreté d'une population livrée à elle-même.
Mayotte, terre d'asile où viennent se réfugier les Comoriens, les Malgaches, les Anjouanais, pays « où les rêves sont accrochés aux algues », ce pays là « ressemble à une poussière incandescente » et il « suffira d'un rien pour qu'il s'embrase ».
Ecoutez donc la voix de Marie, l'infirmière au rêve brisé, la voix d'une mère désespérée.
Ecoutez donc la voix de Moïse, son fils, qui aimait tant « L'enfant et la rivière », voix bouleversante, abandonnée, traquée.
Ecoutez donc la voix de Bruce, écorchée, violente, insoutenable.
Ecoutez encore la voix d'Olivier, policier impuissant ou encore celle de Stéphane, bénévole au service d'une ONG, voix lourde de désillusions..
Ces voix vous diront la misère, ces voix vous matraqueront la violence, ces voix vous cracheront le dégoût, ces voix vous jureront la vengeance, ces voix vous remueront les tripes..
Tropique de la violence, c'est loin d'être le paradis, ça j'peux vous l'dire.
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cicou45
  06 septembre 2016
J'ai lu cet ouvrage car l'auteure est invitée aux Correspondances de Manosque, célèbre festival qui se déroule non loin de chez moi et que je voulais apprendre un peu à la connaître à travers le livre pour lequel elle vient avant de la rencontrer. Je ne pense pas que l'on puisse juger d'un auteur en ne lisant qu'un seul de ses écrits mais, disons, que cela donne au moins, une petite idée et j'avoue que cette première lecture, n'a fait que me désorienter encore plus. Il s'agit en effet d'un ouvrage très dur et peut-être aurais-je dû commencer par des lectures plus légères. Peut-être n'étais-je pas prête à ce que l'on me crache de telles vérités aussi affreuses soient-elles, à la figure mais d'un autre côté, il faut que j'arrête de me voiler la face et me dire, que, malheureusement, cela existe.
Ici, le lecteur fait la connaissance de Marie, jeune et brillante infirmière, qui, pour suivre l'homme qu'elle aime, s'exile à Mayotte. Là-bas, elle y fait la connaissance de la misère, de la détresse humaine mais aussi de l'amour ; non pas de l'homme qu'elle a suivi mais d'un petit garçon qu'une jeune femme lui remet dans les bras en le lui donnant. Celui-ci lui fait peur et elle n'en veut pas. Persuadée qu'il a été frappé par la main du démon, le djinn en personne car ce petit être tout de chair et de sans a en effet une particularité : il possède un oeil noir tandis que l'autre est d'un vert étincelant. Marie aimera et élèvera celui qu'elle appellera Moïse comme son fils, mais à la manière d'une femme blanche, ce qui est mal vu dans un quartier tel que "Gaza" (celui de Mayotte et non pas la ville) où il fait bon de savoir ce qu'est la misère, les petits larcins et autres méfaits de ce genre. Tout cela, Moïse, enfant, ne l'a pas connu mais c'est lorsqu'il fera la connaissance de Bruce , "le roi de Gaza", qu'il le découvrira...et ce, pour e meilleur comme pour le pire. je dirais d'ailleurs qu'il s'agit exclusivement du pire. Apprendre à obéir aux règles, bouffer, baiser, se pieuter là où on peut après être défoncé et apprendre à fermer sa gueule. Voilà en quelque sorte les quelques éléments auxquels Moïse (surnommé Mo) devra dorénavant s'accoutumer. La misère, la violence, l'injustice, tels sont les thèmes principaux de cet ouvrage et je surenchérirais même en rajoutant encore plus de misère et encore plus de violence.
Un ouvrage à plusieurs voix, où chaque protagoniste donne son point de vu de l'histoire et qui en fait un ouvrage extrêmement poignant, certes, vraiment très bien écrit (peut-être un peu trop pour moi car certaines descriptions m'ont presque données la nausée) mais qui ne laisse certainement pas indemne. Que l'on aime ou que l'on déteste, c'est certainement pas un ouvrage que l'on peut oublier du jour au lendemain, et, en ce sens, je suis persuadée que l'auteure a réussi son pari : "Tropique de la violence" est un roman-témoignage bouleversant, choquant dont je me souviendrai longtemps. A découvrir ! Attention, âmes sensibles, s'abstenir !
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palamede
  30 décembre 2017
Marie est habitée par sa colère, elle est stérile et Cham, son mari qu'elle a suivi à Mayotte, l'a quittée pour une autre. Marie va quand même devenir la mère de Moïse, l'enfant abandonné pour cause d'yeux vairons. Mais après une enfance heureuse, quand Marie meurt brutalement, l'adolescent s'enfonce dans les bas-fonds de l'île et connaît le pire.
Avec une langue puissante et belle, Nathacha Appanah décrit l'envers du décor de Mayotte. Loin des images idylliques du magnifique lagon, des jardins d'hibiscus roses, de frangipaniers aux fleurs blanches, de bougainvilliers fuchsia, une partie de l'île n'est que misère, décrépitude et violence. La délinquance, liée surtout à l'arrivée de migrants des autres îles des Comores et de Madagascar, progresse sans cesse. L'île impuissante à contrôler leur flux, des jeunes gens toujours plus nombreux rejoignent les voyous du bidonville de Gaza.
À Mayotte, une situation inextricable et dramatique que j'ai trouvée magnifiquement illustrée par la triste histoire de Marie et de Moïse. Happée par le dialogue des vivants et des morts qui disent leur impossibilité d'échapper à leur destin, j'ai entendu, ébranlée, les défunts suggérer aux vivants que seule la mort peut les délivrer de la malédiction d'être un homme dans ce coin de terre.
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critiques presse (7)
LaPresse   08 décembre 2016
Ce sixième roman de Nathacha Appanah est d'une brûlante actualité.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeJournaldeQuebec   31 octobre 2016
Un roman déchirant qui nous plonge tête première dans la dure réalité des habitants d’une petite île de l’océan Indien submergée de problèmes.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LePoint   18 octobre 2016
C'est l'un des romans les plus violents de la rentrée. Mais aussi l'un des plus beaux.
Lire la critique sur le site : LePoint
LaLibreBelgique   04 octobre 2016
Dans un roman choral lumineux, Nathacha Appanah décrit l’orage qui gronde à Mayotte, terre française dans l’océan Indien.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Lexpress   26 septembre 2016
On sort soufflé par la force et la grâce de ce roman né d'un long séjour de l'auteur sur l'île mahoraise, ce petit bout de France de l'océan Indien en prise avec la misère du monde.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro   23 septembre 2016
On assiste à l'éclosion d'un grand écrivain qui trace sa route discrètement, qui construit, petit à petit, une œuvre forte et singulière.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Lexpress   06 septembre 2016
Dans le magnifique Tropique de la violence, l'auteur offre un portrait terrible de Mayotte, département français confronté à une intense pression migratoire et à la délinquance d'une jeunesse livrée à elle-même.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (110) Voir plus Ajouter une citation
alainmartinezalainmartinez   01 octobre 2016
je venais d’arriver à Mayotte dans le cadre de mon année de bénévolat avec l’ONG C. Ma mission était d’ouvrir une maison pour les jeunes de Kaweni. On m’avait dit que ça ressemblait à une cité : les jeunes qui traînent, qui traficotent, qui macèrent dans l’ennui, le manque de perspectives d’avenir, zéro boulot, drogue à gogo. Le local était déjà trouvé, il manquait les idées. J’avais vingt-sept ans et nous n’étions que deux à être volontaires pour venir ici. Mayotte, c’est la France et ça n’intéresse personne. Les autres voulaient aller en Haïti, au Sri Lanka, au Bangladesh, en Indonésie, à Madagascar, en Éthiopie. Ils voulaient de la « vraie » misère, de la misère centenaire ancrée comme une mauvaise racine, des pays « où c’est chaud », des endroits où les tempêtes succèdent aux guerres, où les tremblements de terre suivent les sécheresses. Le nec plus ultra, celui qui en jette sur le CV, restait Gaza, le vrai Gaza en Palestine je veux dire, mais c’était réservé aux plus expérimentés.
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TheWindTheWind   27 septembre 2016
C'est Mayotte ici et toi tu dis c'est la France. Va chier ! La France c'est comme ça ? En France tu vois des enfants traîner du matin au soir comme ça, toi ? En France il y a des kwassas qui arrivent par dizaines comme ça avec des gens qui débarquent sur les plages et certains sont déjà à demi morts ? En France il y a des gens qui vivent toute leur vie dans les bois ? En France les gens mettent des grilles de fer à leurs fenêtres comme ça ? En France les gens chient et jettent leurs ordures dans les ravines comme ça ?
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Eve-YesheEve-Yeshe   31 août 2016
je n'en voulais plus de cette vie protégée, de cette vie de Blanc, de ces vêtements de Blanc, de cette musique blanche qui ne transporte nulle part et de ces livres qui parlent de roseaux et de saules. Je voulais transpirer une sueur d'homme noir, je voulais manger du piment et du manioc comme avant je mangeais des petits Lus et de la confiture, je voulais des tam-tams et des cris, je ne voulais plus être un muzundu, un étranger. Je voulais appartenir à un endroit, connaître mes vrais parents, avoir des cousins, des tantes et des oncles. je voulais parler une langue qui fait rouler les r et chuinter les s.
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popie21popie21   18 juin 2018
Nous l'avons rejoint et nous sommes entrés dans Gaza. Je ne sais pas qui a baptisé ce quartier de Kaweni Gaza, je ne suis pas sûr de savoir où se trouve la vraie ville de Gaza mais je sais que ce n'est pas bon. Est-ce que si cette personne avait rebaptisé ce quartier avec un nom doux, un nom sans guerre, un nom sans enfants morts, un nom comme Tahiti qui sent les fleurs, un nom comme Washington qui sent les grandes avenues et les gens en costume cravate, un nom comme Californie qui sent le soleil et les filles, est-ce que ça aurait changé le destin et l'esprit des gens ici ?
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jeunejanejeunejane   22 septembre 2016
J'aimais être avec La Teigne, ce garçon maigre qui sentait la sueur et le fer, qui ne disait presque rien, et qui marchait du matin au soir. Ses pieds étaient épais, larges, les orteils démesurés. Le soir il reprenait la barge et dormait dehors. Il n'était jamais allé à l'école. Quand il voulait se laver, il plongeait du ponton de Mamoudzou. Quand il voulait manger, il allait chercher des fruits. Il me fascinait.
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Nathacha Appanah et Patrizia Paterlini-Bréchot, lauréates des Prix France Télévisions
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