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Valérie Zenatti (Traducteur)
EAN : 9782757801499
224 pages
Points (19/10/2006)
3.76/5   54 notes
Résumé :
Un écrivain à l'automne de sa vie, une jeune fille dévouée : Ernest et Iréna sont dépassées par un amour improbable, fulgurant. Les portes de l'intime s’entrouvrent, les secrets de l'existence s'éclairent d'un jour nouveau. L'amour, soudain, repeuple les souvenirs d'une vie traversée par l'Histoire.

Né en 1932, Aharon Appelfeld est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages qui lui ont valu une réputation internationale, notamment Histoire d'une vie (prix Mé... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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deuxmotspassant
  13 octobre 2020
Aharon Appelfeld (1932-2018) est un romancier et poète israélien. Il a connu la déportation dans un camp à la frontière ukrainienne durant ses toutes jeunes années d'où il s'est évadé pour errer dans la forêt. Son roman « L'amour soudain » relate la vie d'un écrivain âgé de soixante dix ans, Ernest, personnage taciturne qui va s'ouvrir telle une fleur en corolle au contact de Iréna sa jeune gouvernante. Celle-ci va le réconcilier avec ses ancêtres, l'amener à éclaircir les sombres non-dits de son for intérieur. Entre eux va naitre une tendre amitié amoureuse leur attribuant à l'un et à l'autre une énergie qui va donner sens à leur existence.
Malgré les répétitions longues et quelque peu rébarbatives de deux vies monotones, la profondeur du sentiment éclaire les pages de ce touchant roman.
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JeanPierreV
  07 février 2018
Ernest est un vieil homme de soixante dix ans guetté par la maladie et la solitude...Iréna, jeune femme, la trentaine, l'aide le matin dans ses tâches ménagères. Ernest et Iréna vivent à Jérusalem. Une fois son travail achevé, Iréna retourne chez elle
Ernest est un personnage tourmenté par son passé. Un passé difficilement oubliable : Ernest a été un juif antisémite combattant les Juifs orthodoxes dans ses Carpates natales. A l'age de douze ans il adhéra au Parti Communiste et fit les quatre cent coups contre les juifs en commettant toutes sortes d'exactions contre eux. Il fit la guerre comme sous-officier dans l'armée soviétique, qui ne fut pas un modèle de tendresse pour les juifs, vécu à la libération des camps. Une libération qui le hante. Il fut même décoré pour ses actes de bravoure face à l'ennemi nazi sur ordre de Staline.
Il quitta l'Europe à la fin de la guerre pour Israël, mais aurait pu tout aussi bien partir de Naples pour l'Australie.
A t-il été heureux dans sa vie ? Je ne le pense pas. Fils unique, il ne garde pas un bon souvenir de ces parents épiciers et put difficilement communiquer avec eux. Ils furent sans doute à l'origine inconsciente de ses engagements de jeunesse. Seuls ses grands parents ont laissé en lui de bons souvenirs. Il en parle souvent avec tendresse et nostalgie. Plus tard, il se mariera deux fois pour divorcer deux fois..
Iréna l'aide dans son ménage et lui prépare ses repas. Elle le voit partir tous les matins au café, revenir, écrire et déchirer régulièrement les pages qu'il vient d'écrire...des pages qui ne lui conviennent jamais.
Il a pourtant tant de choses à dire ! "De longues années il a tenté de reconstituer sa vie, mais écrire une histoire, semble-t-il, n'est pas une bagatelle. Tantôt le «quoi» est un obstacle, tantôt le «comment», et, le plus souvent, les deux vous font échouer ensemble. Cependant, il est des jours où l'écriture et fluide, un mot se lie à un autre, une expression à une autre, et un passage acceptable surgit enfin. C'est un miracle, et des miracles de cet ordre n'ont pas toujours lieu."
Progressivement, ces deux solitudes vont s'apprécier et devenir indispensables l'une à l'autre. Il trouve en elle quelqu'un qui le comprend, qui jamais ne lui reprochera son passé, et qui, semble-t-il lui transmet un certain calme qui manque à son âme. Il est pour elle celui qui, bien sûr lui donne du travail, mais qui surtout peut donner un sens, un but à sa vie, quelqu'un qui l'écoute et la considère...
Progressivement chacun deviendra indispensable à la vie de l'autre..
J'ai beaucoup apprécié cette montée du bonheur simple, ce rapprochement du vieux bougon mal dans sa peau et de la jeune femme seule, ces petits gestes et ces petits mots de tendresse, ces sentiments naissants tout en retenue, ces conversations sur la vie, le temps qui s'enfuit, la violence, l'écriture, la solitude, le remord, l'amour...et j'en passe.
"Il n'y a pas plus simple qu'aimer, plus naturel qu'aimer."
Au fil des pages, on ne peut s'empêcher de donner à Ernest le visage d'Aharon Appelfeld, non pas du fait du passé du personnage bien sûr, mais surtout du fait de la sagesse et du calme d'Ernest, cet homme tout en retenue, qu'on aurait aimé rencontrer, hanté par son passé, recherchant la perfection de ses textes. Hasard?
On referme ces deux cents pages, ému par ces deux personnages, persuadé aussi, qu'un jour ou l'autre on relira ce livre, persuadé qu'une deuxième lecture intégrale ou de quelques pages piochées par-ci, par-là, nous permettront d'autres découvertes.
Un livre de sagesse.

Lien : https://mesbelleslectures.co..
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carre
  06 avril 2012
Ernest Blumenfeld, retraité, agé de 70 ans passionné par la lecture travaille sur un nouveau livre. La présence d'une jeune servante inculte Iréna va donner un nouveau sens à sa vie, les deux personnages vont s'aimer et libérer la parole de l'écrivain. La rencontre de deux êtres dont le passé très différend va servir de lien . Il y a beaucoup de tendresse, de silence qui en disent plus que les mots, de gestes affectueux dans ses solitudes. Si l'amour soudain est un roman, il est bon de rappeler le parcourt incroyable de l'auteur.
Aharon Appelfeld s'échappe d'un camp de concentration à l'age de dix ans, et va vivre caché et reclus dans les bois jusqu'a la fin de la guerre. Son oeuvre raconte la solitude, la folie des hommes à travers le vingtième siècle, la mémoire d'un peuple génocidé par la folie nazie.Comment lui, abandonné, esseulé, a su se reconstruire grâce à des rencontres majeures et devenir une des voix importantes de la mémoire des juifs.
Ce roman emplis de mélancolie et de douceur réussi à nous toucher par les non-dits, la tendresse qui se dégage des personnages. Et l'on devine que l'incroyable passé d'Ernest porte beaucoup d'Appelfeld en lui. Auteur aussi du magnifique "Histoire d'une vie".
Une voix importante de la mémoire juive.
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Puszi
  09 juin 2015
Bon moment de lecture avec Ernest et Irena. J'ai juste été surprise par l'âge d'Ernest et son comportement. Il n'a que 70 ans et il me faisait penser à une personne âgée de 20 ans de plus "A mon âge, on ne fête plus ce genre de choses." Ah bon ! "On est seulement plus faible, et la mémoire vous trahit plus souvent."
C'est comme si Ernest ne s'autorisait plus le bonheur. Peu à peu, au fil des pages, l'auteur nous invite à découvrir sa vie, ses blessures, ses souffrances et du coup les raisons de son comportements actuel. Les souvenirs d'Ernest et Irena nous sont peu à peu dévoilés et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils n'ont pas du tout vécu la même vie, ce qui explique pourquoi Ernest a bien du mal à comprendre les réactions d'Irena.
Elle lui voue sa vie comme pourrait le faire une femme très amoureuse. je n'arrive pas à déterminer son âge. Peu importe d'ailleurs. Je comprends plutôt leur relation comme une profonde tendresse qu'Irena éprouve pour Ernest. Elle va jusqu'à caler sa propre vie sur celle d'Ernest. Elle entretient à foison ses souvenirs d'enfance heureuse. Rien n'a bougé chez elle. Elle vit toujours dans la maison où elle a vécu avec ses parents. Elle allume sans cesse des bougies...
Si vous cherchez un livre avec du rythme, des rebondissements, une belle histoire d'amour passion entre deux personnes... je doute que vous preniez du plaisir à lire ces 206 pages. Si comme moi vous appréciez les belles phrases, la douceur des relations entre deux personnes qui ont chacune leurs forces et leurs faiblesses, le questionnement sur le sens de la vie, la manière dont certaines personnes abordent leur âge... alors plongez vous dans ce texte que j'ai trouvé très sensible.
Belle lecture à vous.
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AntineaMCS
  20 avril 2022
Un livre magnifique, par le grand écrivain israélien Aharon Appelfeld, sur la simplicité d'une rencontre entre un vieil homme (Ernest, écrivain au soir de sa vie) et la jeune femme qui s'occupe de lui (Irina), sur le sens de l'écriture, la quête de ses origines (juives, géographiques) et de son passé, seul moyen de se réconcilier avec soi-même et avec Dieu.
"Plus que jamais importe à Ernest que son écriture  soit claire, ordonnée, sans quoi que ce soit de superflu, et d'exagéré. Il efface une phrase longue lorsqu'elle comporte un soupçon de coquetterie  ou d'enjolivement. Il a même ôté  le mot "amusement" d'une phrase car il lui semblait trop mou. L'écriture  doit aller au fait sans contorsion. Seuls les êtres  à l'âme tourmentée  ont une écriture sinueuse, brumeuse, il semble toujours qu'ils ont quelque chose à dissimuler."
[...]
"S'il possédait la foi de ses pères, il remercierait Dieu de lui avoir montré le chemin vers lui-même, vers ses ancêtres et ses parents."
(p. 204)
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
AntineaMCSAntineaMCS   20 avril 2022
Durant cette période, je me défis d'une partie de moi-même. Je considérais comme superflue chaque chose qui ne contribuait pas à la révolution. Je cessai de lire la poésie tant aimée de Rilke et de Kleist. je ne me permettais pas de savourer une phrase rythmée, un mot hors du commun, et encore moins une phrase évoquant les mystères de l'âme ; je m'interdisais même les promenades le long du fleuve, ainsi que les cafés ; je prenais mes repas aux cuisines populaires des églises et des synagogues.

Je m'entraînais à être un bon soldat, un soldat qui reçoit des ordres et les exécute sans broncher. Tout ce que j'avais appris au lycée -le doute, l'hypothèse, la comparaison, le double sens-, cet apprentissage étendu et subtil était à mes yeux une faute que je devais payer par des travaux forcés.
p. 47
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GrouchoGroucho   06 novembre 2014
- Les Jeunesses communistes étaient les pires. Ils brulaient les livres sacrés et les synagogues. Ne t'avons-nous pas raconté que deux fois, ils ont essayé de brûler les synagogues de Zaltchov ? Elles furent sauvées grâce à des paysans ukrainiens qui les mirent en fuite.

- Et l'Hashomer Hatsaïr ne brulait pas les livres sacrés demanda Iréna ?

- A l'Hashomer Hatsaïr, on faisait des feux de joie et des festins le jour de Kippour, mais on ne brûlait pas les livres sacrés.
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Emimimiloue75Emimimiloue75   24 avril 2021
Je ne voyais que la misère. je compris seulement plus tard que mes parents portaient en eux un héritage ancien qui avait été décapité. Ils ne le savaient peut-être pas eux-mêmes, mais toute leur attitude exprimait une noblesse qui s'était appauvrie et avait perdu de sa splendeur. Ce n'est que plus tard, en fait ces derniers mois, que j'ai pu me représenter leur silence très précisément. Seule la vieille noblesse se tait ainsi, seules les générations qui se sont exercées au pouvoir se taisent ainsi. Ils avaient le sentiment que la vie est courte, incompréhensible et laide, et que la parole n'ajoute rien à la compréhension.
"Il est vrai qu'ils avaient perdu le silence actif de leurs parents, ce silence qui est prière, et lien au Dieu des pères. il ne leur restait qu'un silence stérile, sans connotation avec les cieux, un noble désespoir."
Ernest se tut et Iréna comprit que, cette fois, il lui avait révélé une douleur qu'il lui avait jusque là dissimulée.
Plus tard il ajouta : "Ils voulaient me donner leur âme, et toutes leurs forces aussi, mais je n'ai rien su recevoir d'eux."
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PusziPuszi   25 mai 2015
p.28 "Pourquoi,dis-tu "Grâce à Dieu" ? Tout ce que Dieu fait, s'il fait quoi que ce soit, n'est pas forcément digne de gratitude. Il est interdit de justifier ses actes cruels. Dis merci pour le Bon et le Beau, mais pas pour le Laid et le Sale."
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PusziPuszi   25 mai 2015
p.91 "Je n'ai pas peur de la mort, mais la flétrissure me révulse. Un homme doit disparaître discrètement, sans gêner personne. Une mort lente est une malédiction. Si je savais prier, je prierais pour une mort rapide."
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Videos de Aharon Appelfeld (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Aharon Appelfeld
Avec Valérie Zenatti et ses invités. Entretien animé par Olivia Gesbert au Mucem le 18 juillet 2021.
Écrivaine, traductrice, scénariste, Valérie Zenatti possède à l'évidence toutes les qualités pour se prêter à l'exercice du grand entretien façon Oh les beaux jours !. Alors que reparaît son premier roman, En retard pour la guerre, elle reviendra sur son parcours riche et éclectique qui a démarré avec l'écriture d'ouvrages pour la jeunesse, notamment Une bouteille dans la mer de Gaza (L'École des loisirs, 2005) pour lequel elle a remporté une vingtaine de prix, qui a été traduit dans une quinzaine de langues et adapté au cinéma par ses soins et par le réalisateur Thierry Binisti.
L'oeuvre de Valérie Zenatti est marquée par l'enfance, ses possibles et ses peurs, par la guerre, la dimension géopolitique des conflits, mais aussi par la place qu'occupent l'individu et son histoire intime dans la sphère collective. C'est ainsi que dans Jacob, Jacob (L'Olivier, 2014 ; prix du Livre Inter) elle a exploré la mémoire algérienne de sa famille à travers le portrait de Jacob, jeune juif de Constantine enrôlé en 1944 pour libérer la France de l'occupation nazie. Valérie Zenatti est aussi une grande traductrice de l'hébreu, particulièrement de l'oeuvre d'un des plus importants écrivains de notre temps, l'écrivain israélien Aharon Appelfeld (disparu en janvier 2018). Elle a relaté leur relation littéraire et amicale extrêmement forte dans un récit intimiste, Mensonges (L'Olivier, 2011), mais aussi dans un essai brillant, Dans le faisceau des vivants (L'Olivier, 2019).
Depuis peu, Valérie Zenatti a élargi sa palette avec l'écriture de séries. Au Mucem, elle évoquera tout cela mais aussi son goût des autres, sa passion pour la musique et pour les langues. À ses côtés, la comédienne Agathe Bonitzer, qui interprétait le personnage principal d'Une Bouteille à la mer, et l'écrivaine Nathalie Kuperman dont elle dit qu'elle est la personne au monde avec laquelle elle a « le plus de bonheur à ne pas être d'accord…». Accords et dissonances : oh le beau programme ! _____ À lire Valérie Zenatti, En retard pour la guerre, L'Olivier, 2021 ; Dans le faisceau des vivants, L'Olivier, 2019 (prix France Télévisions). _____ À voir Thierry Binisti, Une bouteille à la mer, Diaphana, 2019. _____ En coréalisation avec le Mucem. _____ Replay et podcasts ohlesbeauxjours.fr
+ Lire la suite
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