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ISBN : 2823600140
Éditeur : Editions de l'Olivier (21/03/2013)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 21 notes)
Résumé :
A la fin des années 30, la pension Zaltzer est devenue le rendez-vous estival d'un groupe de de célibataires Viennois.
Pour la plupart Juifs, ils forment une petite communauté de jouisseurs qui passe son temps à jouer au poker, boire du cognac et se perdre en intrigues amoureuses.
Cet été-là Rita est la première à arriver, accompagnée de son fils Yohann. Bientôt rejointe par Zoussi Rauver et son prétendant Van, puis par un alcoolique sympathique dont... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  03 mars 2016
Le roman Les eaux tumulteuses commence de façon très réaliste. Quelque part en Mitteleuropa, durant les années 30, il y a cet établissement, la pension Zaltzer. Chaque année, elle attire son lot de visiteurs, des Juifs surtout. Les premiers arrivent : Rita, son fils Yohann, Zoussa, Van, Beno Starck, etc. Certains hauts en couleur, d'autres plus conservateurs. Même si l'intrigue demeure essentiellement réaliste, son ton prend des tournures humoristiques et dramatiques selon les péripéties des pensionnaires.
Puis, on plonge décidément dans le dramatique : les jours suivants, les trains repartent sans laisser de voyageurs. Où sont passés les fidèles ? Et que dire de ces pluies diluviennes qui font monter le fleuve et déversent de la boue partout ? Beno y meurt même noyé. Si on ne peut plus profiter de la cour, il faut bien s'occuper à l'intérieur. Alccol, jeux de cartes et intrigues amoureuses sont au rendez-vous. On retrouve alors un ton plus léger même si les personnages ne sont plus aussi naïfs et insouciants… Ce n'est que façade.
Mais ce libertinisme n'est pas au gout de tous. Les vieux habitués s'en offusquent et ne reconnaissent plus les lieux. C'est la fin d'une époque, d'une manière de vivre. Certains parlent même de cette terre promise, la Palestine, et pensent faire le voyage jusque là. Fuite ? Exil volontaire ? Ajoutons à cela comme toile de fond la montée de l'antisémitisme (et du nazisme, même s'il n'est pas explicitement nommé).
J'ai découvert récemment Aharon Applefeld et je dois reconnaître que j'aime bien son écriture. Des personnages bien campés, complets et complexes. Des lieux vagues et imprécis mais, en même temps, suffisamment situés. Et cette atmosphère ! Nostalgie, tristesse latente, petits plaisirs coupables, joies que l'on sait qui tirent à leur fin. Menace dans l'air. Derrière une plume légère se cachent des thèmes sérieux et graves. Décidément, Les eaux tumultueuses est un roman magnifique qui a des couleurs de prélude…
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Bellonzo
  02 janvier 2014
Aharon Appelfeld réunit ses personnages à la fin des années trente dans une pension de famille pour une cure thermale dans une ville d'eau désertée. Nous sommes bien sûr quelque part au milieu de l'Europe. Cette année ils sont très peu nombreux et se posent des questions, quelque chose n'est plus comme avant. Guère plus de deux femmes, deux hommes, et les propriétaires de l'établissement ainsi que le personnel. S'ils font ici une cure annuelle c'est une cure de jeu et de marivaudage à laquelle ils s'adonnent. Mais ça, cétait avant. Sur les bords de la rivière Pruth, affluent du Danube, on pourrait être du côté de l'ancienne Bucovine, région natale d'Aharon Appelfeld, maintenant israélien. Appelfeld s'y connait en Nimportequoilande et déracinement puisque né à Czernovitz, ahurissant exemple de l'explosion Mitteleuropa, ville nantie de huit orthographes et qui fut en vrac et en désordre roumaine, moldave, autrichienne, ukrainienne, soviétique, allemande. Eaux tumultueuses mais histoire tout aussi échevelée ,je l'ai déjà évoquée à propos de Gregor von Rezzori, autre auteur majeur et méconnu de cette mouvance danubienne et consorts dont la plupart connurent l'exil. Pour cela ils ne manquaient pas de raisons.
le fleuve, justement, déborde et la boue envahit la cour de l'auberge et transforme en panique la sourde inquiétude des protagonistes. Rita et son fils ne se parlent plus, van est toujours éconduit par Zoussi et l'on n'a plus guère le coeur à danser,ou alors sur un volcan, comme l'Europe entière. Métaphore évidente de l'agonie d'un continent (et plus si affinités) Eaux tumultueuses, publié en 1988, témoigne aussi de l'acuité d'Appelfeld quand il situe cette fable tragi-comique sur un bord instable d'une rivière de cette région si sensible aux soubresauts. L'un des curistes finira emporté par le flot indompté et il y a de fortes chances que ce soit qu'un prélude à l'horreur générale. Réflexion aussi sur la place des Juifs et sur leur parfois troublant antisémitisme. Aharon Appelfeld est l'un des maîtres de la belle littérature israelienne et voir ses personnages attendre à la gare ceux qui ne viendront plus prendre les eaux sonne comme un glas des libertés, un air de glaciation.
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fuji
  11 novembre 2014
Fin des années 30 comme tous les étés un groupe de Viennois , pour la plupart Juifs, doivent se retrouver à la pension Zaltzer.
Ce sont des personnes seules, joueurs de poker et buveurs de cognac, ils essaient de profiter de la vie au maximum sans se soucier de l'argent leurs plaisirs priment sur tout.
Mais la peur rôde comme une bête sauvage...
Une écriture simple tout en profondeur. L'auteur nous amène par la main dans tous les méandres de l'angoisse. C'est un coup de maître il est en empathie avec ses personnages et son ton est tout en humanité.
L'auteur excelle à nous pousser pas à pas dans ce précipice d'angoisse où son personnage principal Rita sert de catalyseur elle est aux personnages du livre ce que le déchaînement des éléments extérieurs (inondation et torrent de boue) sont au décor de cette descente aux enfers.
Le lecteur sort de ce livre ébloui et affligé.
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saroul
  24 janvier 2014
Dans une ville balnéaire d'Europe centrale, des personnes célibataires et pour la plupart juives, se retrouvent chaque été, pour des raisons bien précises, boire, jouer et "faire l'amour" mais cet été là est particulier, seuls quelque habitués sont arrivés, et jour après jour, ils attendent les autres.
Rita est particulièrement angoissée e ne pas voir arriver ses amis, le doute, la crainte s'installent. Un orage les isole, Benno son ami se noie, l'atmosphère est lourde, l'inquiétude est latente.
Les conversations s'exaltent sur les croyances, et la famille.
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miriam
  06 septembre 2013
Sur les bords du Prout, fin d'un monde.Atmosphère à la Tchekov. Des habitués d'une pension se retrouvent l'été pour jouer et boire. Désespérance? Inquiétude? Une menace indéfinie plane. Cette année là, les vacanciers juifs ne sont pas venus. Rita fuit cette tristesse en Palestine pour des rivages ensoleillés.
Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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critiques presse (2)
Telerama   10 avril 2013
Et toujours cette simplicité, cette humilité, cette humanité... Le nouveau voyage que propose Aharon Appelfeld est une cure thermale dans une ville d'eau désertée, une retraite au plus près des éléments, dans le silence de la peur.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lhumanite   08 avril 2013
Dans son dernier roman, Aharon Appelfeld explore dans le détail les états d’âme d’une petite communauté juive des années trente au moment où les nuages s’amoncellent sur l’Europe.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   23 février 2016
- La peur n'est qu'une ombre. Si on abat l'arbre, il n'y a plus d'ombre.
Elle fut choqué par la métaphore :
- Je ne comprends pas!
- La peur n'est pas réelle, elle est imaginaire.
- Toi, tu n'as pas peur?
- Une nuit, je me suis dit : la peur est inutile, il faut l'ignorer. Depuis, elle ne m'embête plus.
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SachenkaSachenka   23 février 2016
"Alors, comment va la vie ici? lui demanda Benno Starck, en s'adressant à lui dans sa langue.
- Tout va bien. Le village ne change pas.
- Il n'y a que nous qui changeons, n'est-ce pas?
- On vieillit, comme on dit."
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DELIE53DELIE53   11 mars 2019
Et ainsi s'était déroulée toute sa vie, de maison fermée en maison fermée.
Au départ Isidore l'avait surveillée, puis Yohann. Les parents avaient vécu
longtemps et n'avaient pas manqué de la tracasser dans leurs vieux jours.
Sans la pension de Zaltzer, sans cet abri temporaire, sa vie aurait ressemblé
à une course ininterrompue sur des rails enfoncés dans la boue. Ou qu'elle
tournat la tête, il n'y avait qu'obstacle, visages désagréables et mauvais goût.

Page 154
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murielanmurielan   07 février 2016
Zaltzer connaissait l'opinion de Vassil mais il ne le licenciait pas, car on ne licencie pas un homme à cause de ses croyances. La foi est un droit personnel, et l'on ne peut la nier parce que ce n'est pas la nôtre.
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lululifatlululifat   21 juillet 2013
Il faut oser. Celui qui n'ose pas se condamne à être dévoré par la crainte.
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Videos de Aharon Appelfeld (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Aharon Appelfeld
Lecture en musique composée à partir du livre d?Aharon Appelfeld [L?Olivier, 2011 ; rééd. Points, 2019]. Extraits lus en français et en hébreu. avec : Laurent Natrella (de la Comédie Française), Valérie Zenatti (voix en hébreu), Eric Slabiak (violon), Franck Anastasio (guitare).
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