AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontres

Olivier Barbarant (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
EAN : 9782070359592
156 pages
Gallimard (15/01/2009)
4.19/5   213 notes
Résumé :
Ce poème d'Aragon est un « roman achevé », au sens où l'on dit qu'une oeuvre est achevée ; c'est un roman en ce qu'il raconte une aventure du coeur. L'amour, l'expérience, la réflexion sur la vie en constituent les thèmes. Un Roman de la Rose. Et comme le Roman de la Rose, difficile à analyser, car sa signification est multiple, et la Rose ici, de l'aveu de l'auteur, indescriptible. Peut-être le lecteur en trouvera-t-il la clef dans les épigraphes au poème, l'une ti... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
4,19

sur 213 notes
5
5 avis
4
5 avis
3
2 avis
2
0 avis
1
0 avis

Fleitour
  30 mai 2017

Je traîne « Elsa » ce recueil de poème d'Aragon depuis 1967, je l'avais même offert en 69 à une jeune amie, qui le trouvant chargé de souvenirs tristes, me le rendit avec élégance par la poste !
Sa relecture m'a laissé comme un parfum d'autrefois. Son style très classique, est tissé toutefois de fulgurances, " le temps est femme il a besoin qu'on le courtise".
Le 5 Novembre 1928, Aragon rencontre Elsa Triolet (de son vrai nom de jeune fille Elsa Kagan) au bar de la Coupole à Montparnasse. L'écrivain, déjà connu, va dès lors consacrer son oeuvre à celle qui deviendra sa femme en 1939.
Ce recueil Elsa paru en 1959, où Aragon mêle poésies, textes en prose et même une courte pièce de théâtre , est un chant d'amour à Elsa Triolet, un monument d'amour, où chaque mot échangé devient par magie, une déclaration, une intimité , une connivence, voire un abandon.
Elsa est sa muse. "Quand je dis tout bas la beauté du monde, je parle de toi. " Mais elle est plus que cela, elle est celle qui incarne la poésie d'Aragon.
Aragon célèbre le génie d'Elsa l'écrivain, à travers le thème de la rose « La Rose du premier de l'an ». Aragon suggère «  Roses à crédit » d'Elsa Triolet. Pour Aragon, Elsa sublime la rose, au point de la réinventer, " la rose des doigts adorants" , Aragon la mène à l'autel de l'amour, à la croyance en la vie partagée, à sa transcendance. Jusqu'à la fureur de vivre, à la fureur d'aimer.
Elsa et Aragon formeront un couple légendaire. Aucun amour ne fut plus chanté et plus affiché que celui de ces deux écrivains, partageant les mêmes convictions.
Respirons ces mots odorants, et portons les, " avant de fermer nos yeux à la lumière".
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          440
Iansougourmer
  26 janvier 2014
Je n'aime pas écrire sur la poésie, car je me sens maladroit pour décrire mes impressions quand je lis une oeuvre poétique.
Pourtant, je vais faire cet effort pour Elsa, car c'est sans doute à mon sens une des plus belles oeuvres de la poésie. Elsa, ou le culte de l'amour porté à son sommet ! Aragon nous emmène sans prétention mais avec un talent immense par sa prose démesurée et infinie dans les vertiges des émotions, nous fait connaitre les joies et les angoisses d'un homme amoureux.
Toutefois, je ne vais pas aller bien plus loin dans cette critique, car il me semble que ce type d'oeuvre ne peut pas être critiqué : comment vouloir porter un regard objectif sur le sujet peut être le moins objectif du monde qu'est l'amour ?
Un oeuvre dont l'unique sujet est l'amour, soit on est sensible à ce message d'amour, soit on ne l'est pas !
Alors je vais être lapidaire, et me contenter d'un unique mot pour donner mon sentiment sur Elsa : MAGNIFIQUE !
Commenter  J’apprécie          390
Jackiedream
  25 mars 2015
Je suis très heureuse de m'être enfin plongée un peu plus avant dans l'oeuvre de Louis Aragon. Grand bien m'en a pris : ces vers sont tout simplement magnifiques. C'est bien sûr une ode a la femme aimée, Elsa Triolet. Ce n'est pas tant que l'univers d'Aragon tourne autour d'Elsa : Elsa est l'univers d'Aragon, elle est tout, omnipotente, omniprésente. Bien sûr, le lyrisme de la poésie est sublime. Il y a à la fois toutes les qualités des grands auteurs lyriques mais aussi quelque chose d'incroyablement moderne : incursions de "scooters", d'Aznavour... qui nous rappellent que l'on est bien au XXème siècle.
Ce que j'ai apprécié c'est la multitude des niveaux de lecture. Il ne faut pas s'arrêter à l'incommensurable amour présent dans chaque poème. En effet, Elsa est bien plus qu'une longue suite de poésies à la gloire de la femme adorée. A travers Elsa, c'est Aragon qu'on découvre, dans ses insomnies, ses peurs, ses doutes... Je craignais que ma lecture soit dérangeante, s'immiscer ainsi dans l'intimité, dans les sentiments ce n'est pas rien ! Aragon nous guide jusque dans le lit conjugal. Mais en fait il n'en est rien, on est juste témoin d'un amour sans bornes, complice même des états d'âme de l'auteur. Elsa est infiniment plus qu'un recueil empli d'une admiration aveugle, et on se surprend sans cesse à découvrir autre chose. A travers Elsa, c'est le monde intérieur d'Aragon qui s'ouvre à nous. Evidemment, elle reste la pièce maîtresse des vers, le soleil qui éclaire les rimes mais il serait par trop réducteur de penser que ce n'est que ça.
Les vers sont beaux, rythmés, les sonorités originales pourtant on ne bascule pas dans le surréalisme "à l'état pur" (celui d'Eluard, par exemple) que je n'affectionne pas du tout. Il y a une grande fraîcheur aussi : on tombe sur une sorte de petite pièce de théâtre, un long texte plutôt sibyllin...
Une très belle découverte.
Lien : http://lantredemesreves.blog..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
Isa0409
  11 avril 2022
🌹 « Mais l'âme dans tout cela mais l'âme »
(P.17)
Et vous lecteurs ? Que faites-vous de votre âme ? Qui êtes-vous ? le fruit d'un amour indicible, indéfinissable ? Une nuit d'amour faite chair ? Avez-vous aussi l'air absent d'une mère, l'intransigeance d'un père ? N'êtes vous que ressemblance physique, mimétisme inévitable ? Ou êtes-vous autre ? Êtes-vous plus ? Chérissez-vous cette âme de vos élans d'amour, y mettez-vous du coeur à l'ouvrage, écoutez vous cette voix intérieure dont vous seul(e) êtes maître(sse)?
🌹 « Je vais te dire un grand secret J'ai peur
Peur de ce qui t'accompagne au soir vers les fenêtres
Des gestes que tu fais des mots qu'on ne dit pas
J'ai peur du temps rapide et lent j'ai peur de toi
Je vais te dire un grand secret Ferme les portes
Il est plus facile de mourir que d'aimer
C'est pourquoi je me donne le mal de vivre »
🌹 On dit qu'il y a les mots d'une part. Les sentiments de l'autre. Dire son amour n'est pas chose aisée : on se laisse tantôt dompter par ses émotions, tantôt avoir par la maladresse de ne pas savoir dire. On essaie pourtant, il faut essayer, l'écrire, le dire, il faut que l'autre entende ce qui se passe à l'intérieur, quand le rouge emporte tout, le rouge de l'amour de la passion, et qu'il échoue plus haut, sur les joues.
🌹 Paul Éluard aimait Elsa Triolet. Jamais je n'ai lu déclaration plus belle. Je ne sais pas si cela existe encore, cette virtuosité, ce génie. Chaque page est un écrin qui renferme une infinité de diamants purs. Je voudrais que l'on m'aime ainsi, comme Paul aimait sa douce et tendre Elsa.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
vincentf
  10 juillet 2012
La poésie amoureuse, démesurément lyrique, semble s'échapper à elle-même. Elle joue avec les clichés, n'y tombe que quand c'est nécessaire, chantant non pas la femme aimée (ou non pas que la femme aimée) mais chantant le chant de la femme, cette Elsa écrivain elle aussi, méfiante des mots trop usés, vendant ses roses à crédit. Aragon cherche la forme juste pour dire ces mots si simples de l'amour, tourne autour du pot, libère et garotte ses vers, puis les métamorphose prose ou théâtre, décor mouvant duquel ne sortent que peu de paroles, pas même un dialogue, juste un bruit, "mon amour", et le rideau qui se referme sur l'intimité. le poète regarde la femme qui dort, sent sa solitude au coeur de l'amour partagé, s'efforce d'oublier un passé interdit, se demande à quoi tout cela rime, et invente une rose qui déjà s'est réveillée et qui déjà s'est échappée.
Commenter  J’apprécie          100

Citations et extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
ChocolatiineChocolatiine   30 août 2014
Prenez ces livres de mon âme ouvrez-les partout n'importe où
Brisez-les pour mieux en comprendre
Et le parfum et le secret
Coupez d'un doigt brutal les pages
Froissez-les et déchirez-les
On n'en retiendra qu'une chose
Un seul murmure un seul refrain
Un regard que rien ne repose
Un long merci qui balbutie
Ce bonheur comme une prairie
Enfant-Dieu mon idolâtrie
L'Avé sans fin des litanies
Ma perpétuelle insomnie
Ma floraison mon embellie
Ô ma raison ô ma folie
Mon mois de mai ma mélodie
Mon paradis mon incendie
Mon univers Elsa ma vie
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
filledepapiersfilledepapiers   22 janvier 2022
Tu m’as regardé de tes yeux jusqu’à l’horizon déserts

De tes yeux lavés du souvenir
Tu m’as regardé de tes yeux d’oubli pur
Tu m’as regardé par-dessus la mémoire
Par-dessus les refrains errants
Par-dessus les roses fanées
Par-dessus les bonheurs bernés
Par-dessus les jours abolis
Tu m’as regardé de tes yeux d’oubli bleu
Tu ne te rappelles rien de ce qui fut
Ô bien-aimée
Ni les gens ni les paysages
Tout est parti de toi comme les bras de fumées
Tu demeures
Et parcours le ciel pour la première fois
De tes yeux de lave et de lenteur
Le monde est devant toi comme si tu le pensais sous tes paupières
Comme s’il commençait avec toi devant toi
Jeune éternellement de ton regard paisible
Et je suis là jaloux de lui de sa beauté
Avec mes pauvres photos jaunies dont tu te détournes
Pour voir les nouvelles prairies
C’est promis je ne parlerai plus du passé
Tout part d’aujourd’hui sur tes pas
Ce qu’il me reste de vie est un pli de ta robe
Rien encore n’eut lieu je te rencontre enfin
Ô mon amour je crois en toi
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
FleitourFleitour   29 mai 2017
Connaissez-vous la rose-lune
Connaissez-vous la rose-temps
L’autre ressemble autant à l’une
Que dans le miroir de l’étang
L’une à l’autre se reflétant

Connaissez-vous la rose amère
Faite de sel et de refus
Celle qui fleurit sur la mer
Entre le flux et le reflux
Comme l’arc après qu’il a plu

La rose-songe et la rose-âme
Par bottes au marché vendues
La rose-jeu la rose-gamme
Celle des amours défendues
Et la rose des pas perdus

La rose du premier de l’an
P 96
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
IansougourmerIansougourmer   28 décembre 2012
J'inventerai pour toi ma rose autant de roses
Qu'il y a de diamants dans l'eau de la mer
Autant de roses qu'il y a de siècles dans la poussière du ciel
Autant qu'il y a de rêves dans une seule tête d'enfant
Commenter  J’apprécie          320
sabine59sabine59   09 mars 2016

Nous étions faits pour être libres
Nous étions faits pour être heureux
Comme la vitre pour le givre
Et les vêpres pour les adieux
Comme la grive pour être ivre
Le printemps pour être amoureux
Nous étions faits pour être libres
Nous étions faits pour être heureux
Commenter  J’apprécie          221

Videos de Louis Aragon (131) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Louis Aragon
Découvrez l'émission intégrale ici : https://www.web-tv-culture.com/emission/marie-noelle-demay-alienor-d-aquitaine-il-y-eut-un-soir-il-y-eut-un-matin-53404.html Journaliste, Marie-Noëlle Demay a notamment participé à la création du magazine « Gala » mais on retrouve aussi sa plume dans « Marie-Claire » ou « Voici ». Outre le journalisme à la page people, l'autre passion de Marie-Noëlle Demay, c'est la mode et on ne s'étonnera pas qu'en prenant la plume romanesque, elle choisisse de raconter Karl Lagerfeld et ce, de façon on ne peut plus originale. Dans « le crocodile devenu le sac à main de Karl Lagerfeld », paru en 2018, quelques mois seulement avant la mort du créateur, c'est bien ce drôle de reptile aquatique qui racontait le quotidien du grand nom de la couture. Drôle, enlevée, pertinent, ce premier livre laissait entrevoir une ambition littéraire plus large. On se réjouira donc de retrouver Marie-Noëlle Demay avec un sujet sans doute plus fort et une écriture désormais assurée. Délaissant notre monde contemporain, la romancière nous entraine en 1199. Richard Coeur de Lion vient de mourir, victime d'un tir d'arbalète lors du siège de Châlus. Veillée par sa mère, Aliénor, Richard laisse un royaume divisé entre Plantagenêts et Capétiens sans oublier la jalousie de son propre frère Jean sans Terre, reparti en Angleterre. Pour apaiser les tensions, il faut une union qui fasse taire les oppositions. A 75 ans, quittant son abbaye de Fontevraud, Aliénor d'Aquitaine prend la route de l'Espagne pour quérir sa petit-fille, Blanche, douze ans, afin qu'elle épouse son oncle, le roi de France Louis VIII. C'est cette partie de la vie d'Aliénor que nous raconte Marie-Noëlle Demay, d'avril 1199 à avril 1200. Et à travers deux récits, celui d'Aliénor, puisant dans ses souvenirs, et celui de la future Blanche de Castille, qui alors âgée de 12 ans, ne sait pas encore quel sera son destin de reine, elle qui sera la mère du futur Saint Louis. Sur les routes d'Aragon, des Pyrénées et d'Aquitaine, le dialogue entre ses deux femmes qui ne se connaissaient pas, deux générations face à un monde en ébullition, la grand-mère et sa petite-fille, deux femmes face à la violence des hommes. L'intrépide Aliénor face à la douce Blanche. Mais deux tempéraments, deux caractères qui marqueront notre Histoire. Habilement construit, joliment écrit avec juste ce qu'il faut de référence à l'époque pour créer une ambiance, ce roman se lit avec un réel plaisir. « Aliénor d'Aquitaine, il y eut un soir, il y eut un matin » de Marie-Noëlle Demay est publié aux Presses de la Cité.
+ Lire la suite
autres livres classés : poésieVoir plus
Notre sélection Littérature française Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Aragon (difficulté moyenne)

Aragon a été journaliste dans un de ces journaux. Lequel ?

Minute
Le Figaro
Libération
L'Humanité

10 questions
126 lecteurs ont répondu
Thème : Louis AragonCréer un quiz sur ce livre