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Philippe Sollers (Préfacier, etc.)
EAN : 9782715221390
92 pages
Éditeur : Le Mercure de France (26/05/2000)

Note moyenne : 3.41/5 (sur 37 notes)
Résumé :
"Jeune bourgeois, ouvrier laborieux, et toi, haut fonctionnaire de cette République, je vous permets de jeter un regard sur le con d'Irène, ô délicat con d'Irène !" Quand, à la fin des années vingt, est publié anonymement ce petit ouvrage, les foudres de la censure se déchaînent. La société française n'est pas encore prête à reconnaître comme littérature une ode passionnée au sexe de la femme, "ce lieu de délice et d'ombre, ce patio d'ardeur, dans ses limites nacrée... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Yuuki
  01 novembre 2016
Ce roman s'ouvre sur un chapitre totalement Surréaliste. Sans ponctuation, très poétique tout en créant de nouvelles images poétiques. Adorant ce mouvement littéraire je ne peux qu'apprécier ce chapitre qui fait débuter en beauté cette petite pépite de la littérature érotique.
Dans ce roman, aux parts autobiographiques, l'auteur nous dépeint sa condition de vie d'artiste dans ce début des années 20 à Paris. L'homme se montre amoureux et malheureux. N'arrivant plus à aimer ni à faire l'amour. Certains passages parlent directement à cette femme dont on ne connaîtra seulement qu'une initiale. L'auteur à une plume poétique fluide mais qui s'avère compliquée à saisir par moment. Cependant il n'hésite pas à être très familier dans ses propos par moment.
Le premier personnage mis en scène traverse une période difficile où il n'arrive plus à faire l'amour, comme je le disais un peu plus haut. Il sent seul, même les maisons closes ne peuvent rien pour lui et son chagrin. Face à ce personnage, et à tous les autres d'ailleurs, nous sommes seulement spectateur. Ce sont des personnages très "humains". Ce premier personnage, qui n'est pas nommé, est présenté comme une victime, abandonné par son amour et qui n'attend plus qu'elle. Jusqu'à ce qu'il rencontre Irène...
Aragon n'a pas juste écrit une oeuvre érotique bête et sans réflexion. Il apporte une dimension à son personnage, il lui donne de la réflexion, une pensée. J'ai retrouvé à travers cette oeuvre très courte les écrits de Sade. C'est un compliment puisque j'admire le travail de Sade !
Le récit mélange l'histoire de plusieurs personnages dont on ne comprend le lien qu'à la fin. Sur le coup on a un peu de mal à suivre mais une fois que l'on a compris qui était qui, le texte s'avère très beau. On fait ainsi la rencontre d'un père portant un amour quasi incestueux pour sa fille, cette même fille qui méprise les hommes, dont son père, et les utilise. le seul personnage à parler à la première personne c'est donc celui dont on a pas le nom.
C'est une oeuvre compliquée à lire car elle n'est pas toujours claire et compréhensible, mais une fois le tout démêlé, elle prend une saveur délicieuse qui donne l'envie de tourner encore et encore les pages.
Au niveau du contenu sexuel, je m'attendais à autre chose ! Au vu de la date d'écriture et des amis de l'auteur je pensais qu'il allait être plus sulfureux et cru. Je pense par exemple au deux romans de Apollinaire: Les onze mille verges et Les conquêtes d'un jeune Don Juan. A chaque page on a un contenu explicite sexuel qui ferait rougir n'importe qui. Pour le con d'Irène j'ai été surprise que la sexualité soit pour la plupart du temps évoquée avec passion et poésie. L'auteur utilise beaucoup d'images et ne laisse pas de contenu cru. L'érotisme dans ce roman se cantonne donc à la description des rapports qu'ont les personnages avec la sexualité, comment ils l'abordent et l'envisagent.
C'est un roman touchant et beau. J'ai été déçue du contenu dans le sens où je m'attendais à plus comme a pu le faire Apollinaire mais ce n'est pas pour autant que je n'ai pas aimé ma lecture, au contraire...

Lien : http://nituti.blogspot.fr
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LOccitanelitteraire
  04 mars 2016
Une lettre d'amour ou de regrets ? Voilà la question qui m'a accompagnée pendant toute ma lecture. Le livre s'ouvre sur un premier chapitre qui ne comporte pratiquement aucune virgule et presque autant de signes de ponctuation, au niveau du sens on commence déjà très fort, ce qui nous plonge dès lors dans une abîme de pensées dans laquelle on essayera pendant toute notre lecture de sortir la tête de l'eau.
Avec une plume assez lourde, dense et qui donne l'impression de n'avoir pour but que la compréhension de son propre auteur, je vous avouerais que j'ai eu beaucoup de mal à comprendre le narrateur, voir même à le suivre par moment tellement l'auteur ne prend pas la peine de faire comprendre à son lecteur les motivations ou plutôt les désirs de son narrateur et personnage principal.
Un autre élément m'a pas mal perturbée mais pas forcément en mal : l'érotisme à travers les yeux du narrateur. Dès le départ, on sait que l'on va lire un texte dont le contenu est très largement érotique, ça se sait rien qu'à la lecture du titre.
Et pourtant le narrateur nous dit dés les premières pages qu'il admire les "Érotiques", sous-entendu les personnes libérées des tabous sexuels de la société et sachant apprécier la représentation artistique du sexe dans toutes les formes d'art; et le narrateur nous dit aussi qu'il les admirent alors qu'il n'en fait pas partie.
Je ne sais toujours pas si c'est de l'ironie ou non de la part d'Aragon tant sa plume et ambiguë et suggestive, parce que son narrateur (sûrement lui-même) n'a pas l'air du tout rebuté par un quelconque aspect de sa sexualité, et pourtant il est assez vite rebuté par celle des autres.
Cela se traduit très habilement dans le texte par l'apparition de dialogues très crues, comme dans le passage au bordel en début de livre, en plein milieu d'une narration lyrique tout en métaphores filées et en symbolisme, ce qui crée un vraie sentiment de malaise de par sa présence.
Ce qui a pour résultat de donner à l'érotisme du livre un aspect beaucoup repoussant et déstabilisant qu'excitant, et pourtant je suis restée fascinée par la poésie presque rimbaldienne qui se dégageait du texte et des passages où la sexualité est pleinement exposée.
Cependant même si j'apprécie le texte, j'ai été très fortement agacée par la sélection plus que mal venue et suggestive que fait le narrateur des femmes qui sont belles et de celles qui lui donne presque envie de vomir.
Enfin bref...J'ai été captivée et fascinée par ma lecture au même titre que repoussée et dérangée à certains moments. Je suis arrivée à la fin avec une sensation de faim au vue de la brièveté du livre. Une narration incisive et inhabituel sur l'érotisme et l'amour que je vous recommande fortement.
Lien : http://bookymary.blogspot.co..
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Freio
  11 avril 2020
Le Con d'Irène. Difficile d'y voir quelques choses de bien clair dans ce très court texte. Il est vrai que c'est un écrit surréaliste. On est prévenu. On y vient chercher de l'érotisme. On en a, un peu. du cru, des allusions au lesbianisme de la mère et à la nymphomanie d'Irène se faisant chevaucher par les garçons-valets et les paysans du coin. de belles pages aussi, plus poétiques et littéraires, que l'on songe à la description du con d'Irène. Bien d'autres encore, ou le narrateur, le grand père paralytique, fait revivre ses vieux fantômes du haut de son handicap et observant la comédie des siens qui l'entoure de leur haine. Il jubile de ne pas être obligé de participer à cette farce qu'est la vie de cette petite ville de province qui s'avilit dans une sexualité glauque et laide au bordel du coin. Il évoque ses souvenirs à la ferme où domine un matriarcat de fer qui faisait peu de cas des hommes de la maison qui n'avaient d'autres choix que de se soumettre ou de mourir. le père mourut après la naissance d'Irène. Quant au vieux, il se trouve dans une situation intermédiaire. A moitié mort, à moitié vivant. Un poids pour ces femmes qui ne s'en laissent pas compter, à l'esprit rude et paysan.
Wikipédia nous dit, que Paulhan et Camus considérait l'ouvrage comme "le plus beau texte touchant à l'érotisme". Peut-être, pour ma part je n'en suis pas sûr.
Sur ceux, je m'en vais lire les aventures de Jean Foutre Labite, non ce n'est pas une blague, l'autre grand texte qui aurait dû figurer dans le roman inachevé d'Aragon Défense de l'Infini. Une dernière chose. Aragon n'a pas assumé d'écrire ce texte (seulement auprès de son entourage). Il est vrai que cela faisait tâche pour un membre éminent du comité central du parti communiste français. Très drôle ça aussi !
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Marti94
  13 décembre 2013
Je n'ai pas tout compris mais j'ai senti la puissance de la prose d'Aragon. Quant à l'histoire, l'éloge de la femme est bien dans l'esprit du poète qui a écrit, plus tard, que la femme est l'avenir de l'homme.
Lu en août 2011
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djamoinyao
  24 juillet 2017
Vraiment très cru!
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
chrisj80chrisj80   30 octobre 2008
Poissons poissons c'est moi, je vous appelle : jolies mains agiles dans l'eau. Poissons vous ressemblez à la mythologie. Vos amours sont parfaites et vos ardeurs inexplicables. Vous ne vous approchez pas de vos femelles et vous voici l'enthousiasme à l'idée seule de la semence qui vous suit comme un fil, à l'idée du dépôt mystérieux que fit dans l'ombre des eaux luisantes une sourde exaltation muette, anonyme. Poissons vous n'échangez pas de lettres d'amour, vous trouvez vos désirs dans votre propre élégance. Souples masturbateur des deux sexes, poissons, je m'incline devant le vertige de vos sens. Plût au ciel, plût à la terre que j'eusse le pouvoir de sortir ainsi de moi-même. Que de crimes évités, que de drames repliés dans le trou du souffleur. Vos transports transparents, mort du Christ ah que je les envie. Chères divinités des profondeurs, je m'étire et je me démène si je pense un instant à l'instant de votre esprit où se forme la belle plante marine de la volupté don les branches se ramifient dans vos êtres subtils, tandis que l'eau vibre autour de vos solitudes et fait entendre un chant de rides vers les rives. Poissons poissons, promptes images du plaisir, purs symboles des pollutions involontaires, je vous aime et je vous invoque, poissons pareils aux montgolfières. Jetez au creux de vos sillages un lest passionnel, signe de votre grandeur intellectuelle.
Poissons poissons poissons poissons.
Mais l'homme aussi fait parfois l'amour.
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gavarneurgavarneur   02 mai 2018
Ne me réveillez pas, nom de Dieu, salauds, ne me réveillez pas, attention, je mords, je vois rouge. Quelle horreur encore le jour encore la chiennerie l'instabilité l'aigreur. Je veux rentrer dans la mer aveugle assez d'éclairs qu'est-ce que ça signifie ces orages continuels on veut me faire vivre la vie du tonnerre on a remplacé mes oreilles par des plaques de tôle il y a des coups de grisou à chaque respiration de ma poitrine mes mineurs s'enfuient dans des galeries d'angoisse ça saute ça saute à qui mieux mieux. Mais ce n'est pas le jour c'est la dynamite. On passe des épées dans mes paupières on enfonce des doigts dans ma gorge on frotte ma peau des graviers du réveil. N'arrachez pas mes ongles plongés dans le terreau des songes ma chair colle à l'ombre la nuit est dans ma bouche mon sang ne veut pas couler. Je dors nom de Dieu je dors.
(incipit)
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MorganeJollivetMorganeJollivet   04 juin 2012
À moi les cascades les trombes les cyclones l'onyx le fond des miroirs le trou des prunelles le deuil la saleté la photographie les cafards le crime l'ébène le bétel les moutons de l'Afrique à face d'hommes la prêtaille à moi l'encre des seiches le cambouis les chiques les dents cariées les vents du nord la peste à moi l'ordure et la mélancolie la glu épaisse la paranoïa la peur à moi depuis les ténèbres sifflantes depuis les cavalcades d'incendies des villes de charbon et les tourbières et les exhalaisons puantes des chemins de fer dans les cités de briques tout ce qui ressemble au fard des nuits sans lune tout ce qui se déchire devant les yeux en taches en mouches en escarbilles en mirages de mort en hurlements en désespoir crachats de cachou crabes de réglisse rages résidus magiques muscats phoques or colloïdal puits sans fond. À moi le noir.
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MorganeJollivetMorganeJollivet   04 juin 2012
Les mots ne lui font pas plus peur que les hommes, et comme eux ils lui font parfois plaisir. Elle ne s'en prive pas au milieu de la volupté. Ils sortent d'elle alors sans effort, dans leur violence. Ah, l'ordure qu'elle peut être. Elle s'échauffe, et son amant avec elle, d'un vocabulaire brûlant et ignoble. Elle se roule dans les mots comme dans une sueur. Elle rue, elle délire. Ça ne fait rien, c'est quelque chose, l'amour d'Irène.
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