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EAN : 9782246821113
384 pages
Éditeur : Grasset (02/10/2019)
3.88/5   33 notes
Résumé :
Après trente-sept ans passés au Quai d’Orsay à occuper les postes les plus prestigieux de la diplomatie française, Gérard Araud analyse ici la longue séquence historique dont il a été un acteur et un témoin privilégié :
« Ma carrière, commencée un an après l’élection de Ronald Reagan et conclue deux ans après celle de Donald Trump, s’est inscrite dans un moment particulier de l’histoire qu’à défaut d’un autre terme, j’appelle le « néo-libéralisme ». Fondé, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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gong
  18 octobre 2019
Pour tenter de comprendre ce qui est arrivé aux Etats Unis lors des élections présidentielles qui à la surprise -quasi- générale portèrent Donald Trump à la Maison Blanche en Novembre 2016, rien de tel que ce récit.
C'est un livre de mémoires venant clore l'activité diplomatique d'un homme de talent ,observateur intransigeant et fin connaisseur de ce milieu assez opaque aux profanes que nous sommes (babéliens basiques ).
Entendu lors d'un bref entretien de présentation de son livre j'ai noté ,par delà l élégance du ton, l'acuité du regard et la justesse de ses descriptions toujours replacées dans leur contexte géo politique (on oublie vite l actu !!)
Ce bouquin est fait pour moi ** me dis-je et malgré la difficulté à le trouver dans ma petite librairie de province ; je l'aii lu en un week end (pluvieux)
Style et souci du détail ,éclairage des situations et sens des formules agrémentées des bémols de rigueur dressent un tableau fouillé du fonctionnement du Quai (de "la Maison" comme les Maisons de Champagne ???) .
Rappel à chaque occasion de qui est/était en charge de ce ministère hautement convoité mais pas toujours tenu par des personnages "à la hauteur " Quelques uns ne demanderont pas de dédicace (des noms ?? non .......lisez c'est savoureux à souhait)
En fait le lecteur aurait intérêt à débuter par la période qui vit le séisme Trump chambouler l'establishment américain- et mondial- qui ne s'en remet pas encore ; puis à revenir à la chronologie du récit .
Métier exigeant et ingrat où l'on se doit de soigner l'emballage des notes et communiqués si l'on veut être pris au sérieux .
Gérard Araud passe au crible sa belle carrière et nous réconcilie avec "les politiques " pour autant que ceux -ci méritent la considération des citoyens que nous sommes en ces temps de démagogie où
l'émotion tient lieu de réflexion .(Phénomène twitter etc....)
A mettre dans le cartable des lycéens curieux de la rumeur du monde .
**En 1964, un bref passage à Sciences Po me permit d'y croiser un jeune PPDA fringant et ambitieux mais je choisis de "jetter l éponge" avant que d'arriver au port ...!!!
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mimipinson
  17 novembre 2019
″ Être diplomate suppose une certaine dose de patience. ‶
Si comme moi vous pensiez qu'un diplomate sert obligatoirement son pays comme consul ou ambassadeur, alors, ce livre est fait pour vous !
Libéré du devoir de réserve, alpha et l'oméga de tout diplomate, Gérard Araud prend la plume pour relater de façon claire, et exigeante sa carrière au sein de la diplomatie française, son travail en étroite relation avec les acteurs politiques successifs, et remet en place quarante années de crises et de conflits ici ou là en montrant à chaque fois le travail de l'ombre ingrat et le rôle d'équilibriste qui fut le sien dans l'intérêt de la France.
Gérard Araud a connu les grandes institutions internationales : OTAN, Union Européenne, ONU où il s'est senti le plus à son aise. J'ai particulièrement apprécié la partie qu'il lui consacre et en particulier ses explications limpides quant à son fonctionnement et ses subtilités. C'est à l'ONU que se révèlent (ou pas) les talents de négociateur d'un diplomate.
Gérard Araud a une excellente connaissance du moyen -orient, et a beaucoup travaillé sur l'épineux dossier nucléaire iranien. Il apporte ici son expertise, remet les choses dans leur contexte et pose ainsi la problématique, ses tenants et aboutissants pour mieux comprendre ce qui se passe de nos jours.
C'est à Washington où il est nommé ambassadeur (poste prestigieux dans la hiérarchie du quai d'Orsay) qu'il finira sa carrière servant durant les dernières années d'Obama et le début de mandat de Trump, jetant un regard dénué de parti pris et sans illusions. Mr Araud fait parti de ces diplomates qui en poste, sillonnent le pays afin d'appréhender lui-même la situation.
‶Nous venions de comprendre que cette élection aurait des conséquences directes sur nos pays. Rien ne nous permettait d'espérer qu'elles soient positives. ″
J'ai beaucoup apprécié cet ouvrage qui d'une part m'a beaucoup appris, qui en outre m'a semblé équilibré au sens où son auteur ne concentre pas la lumière sur sa seule personne, et qui sans trahir ce qui doit rester secret, éclaire malgré tout le citoyen lambda sur les tenants et aboutissants de la voix de la France dans le monde.
Un grand merci aux éditions Grasset et Netgalley pour la lecture de cet ouvrage.

Lien : https://leblogdemimipinson.b..
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Zexiop
  07 février 2021
Excellente lecture qui m'a éclairée sur les rouages de la politique mondiale.
Aussi, que la réalité des choses est toujours bien plus complexe que ce que les médias nous en disent.
L'éclairage sur Trump est édifiant ! C'est une bonne chose qu'il ait été battu, mais ce qui est primordial dans ce livre c'est le pourquoi de la venue de cet homme au pouvoir dans la démocratie américaine.
Pour ceux que cela intéresse, ce témoignage apporte quelques lumières, autant sur les politiques françaises que celles des états étrangers.
Et punaise, il étrille quelques anciens ministres au passage et ce n'est pas triste !
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AlbanPraq
  07 novembre 2020
Une lecture aussi passionnante que stimulante : « Passeport diplomatique » de Gérard Araud !
A la fois traité de diplomatie, manuel de RI, précis de sciences politiques, galerie de portraits, étude psychologique, essai de sociologie des organisations, mémoires, ce livre illustre avec brio la polyvalence qui doit être celle du diplomate en ce début de XXIe siècle.
Une plume alerte, vive mais toujours maîtrisée qui donne corps à un impressionnant niveau de « métabolisation » des principaux dossiers qui font l'agenda international depuis 40 ans et qui se retrouvent ici traités de façon accessible et originale :
> Une description trop rare des arcanes de l'alliance atlantique avec le retour progressif de la France au sein du commandement intégré de l'OTAN et son « articulation » avec les projets successifs de « défense européenne »
> Une évocation précise et décalée des enjeux du conflit israélo-palestinien mis en contexte et mis en perspective
> Une réflexion détaillée sur les négociations relatives au nucléaire iranien qui résonne avec force avec l'actualité de ce début 2020
> Une analyse poussée des lignes de force à l'AGNU et au CSNU : rôle des grands émergents qui doivent prendre leurs responsabilités, agilité des diplomaties françaises et britanniques, montée en puissance de problématiques transverses : climat, droits de l'Homme, numérique qui nécessitent de nouvelles approches, de nouvelles alliances, de nouveaux regards
> de passionnantes pages sur les USA, Obama, Trump... avec un Araud qui se glisse dans les habits d'un « Tocqueville diplomate » qui montre et démontre qu'en politique étrangère, Trump n'incarne pas la profonde rupture que beaucoup décrivent (même si son style est unique)
En filigrane, L'auteur éclaire aussi sur la « fabrique » de la politique étrangère française : Rôle du SGAE, regards croisés ANMO / direction politique, l'ambassadeur en poste face à la DGT, la relation MAEE / MINARM, le réseau diplomatique français en 2019...
380 pages très denses qui donnent à réfléchir, à débattre et témoignent d'une carrière au service de la France et de son action sans éluder les échecs et les erreurs et en assumant des choix fondés sur des faits, des intérêts et des valeurs à rebours des trop nombreuses rodomontades « d'assis » qui regardent la complexité du jeu international depuis leurs canapés.
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Patmarob
  15 août 2020
Avec « Passeport diplomatique », Gérard Araud retrace sa carrière de diplomate de 1982 à 2019. Ses fonctions lui ont permis d'accéder à des postes importants et d'approfondir des dossiers complexes : l'affaire iranienne et l'accord sur le nucléaire, ambassadeur à Jérusalem, conseiller diplomatique au ministère de la Défense, membre de la délégation française au sein de l'Alliance de l'Atlantique Nord puis de l'Otan , représentant de la France au conseil de Sécurité de l'ONU, puis ambassadeur de France à Washington. L'intérêt du livre tient aux analyses que l'auteur porte sur les fonctions de diplomate, sur les dossiers qui ont défrayé l'actualité depuis quarante 40 ans. La dernière partie, plus développée, explique la victoire électorale de Donald Trump en liaison avec l'état de la société américaine, de sa situation économique, sociale, religieuse … Son regard ne manque pas de recul, d'humour . Il apporte, avec mesure, des remarques personnelles sur les acteurs politiques. L'ouvrage est donc un « savant » dosage entre le récit des soubresauts de l'Histoire Contemporaine , une évaluation des succès et des limites de la fonction de diplomate, le regard du spécialiste sur les solutions élaborées et les appréciations tempérées sur les rencontres vécues. « Passeport diplomatique » est un ouvrage intéressant, nuancé par l'approche diplomatique mais marqué par une vision humaine. L'art du compromis est celui du diplomate.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
MagicJoeMagicJoe   28 mai 2020
J'en fis part à John Bolton à Washington, dans un bureau où une grenade, symbole de ses méthodes, trônait sur son bureau. [...] Derrière une moustache et un teint rose qui évoquent un colonel de l'armée des Indes sou Victoria, John Bolton est le mariage explosif de l'idéologie et du professionnalisme. C'est un pur nationaliste qui méprise les organisions internationales et refuse les traités s'ils prétendent limiter la liberté d'action des États-Unis. Un seul texte est sacré pour lui, la Constitution des États-Unis. Il croit en l'usage de la force et le prône allègrement. A l'entendre, il n'y a pas de problème qu'un bombardement ne finisse par résoudre. S'y ajoute un goût de la provocation qui l'a conduit à déclarer que si "on retirait dix des trente-huit étages du bâtiment des Nations-Unies, à New-York, nul ne s'en apercevrait...".
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MagicJoeMagicJoe   24 mai 2020
Je découvris rapidement le réservoir de haine et de bêtise que représentent les médias sociaux. Ce qu'exprimaient hier trois alcooliques au comptoir d'un bar est désormais partagé et échangé par des centaines voire des milliers de correspondants qui n'ont même pas l'excuse de l'éthylisme.
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LatiasLatias   12 mai 2021
La question de la participation de la France à la structure militaire de l'Alliance revint sur la table (...) Bon connaisseur de l'Otan, je manquais d'enthousiasme à cette perspective. Le retour dans l'organisation militaire ne portait en rien atteinte à notre indépendance stratégique - toutes les décisions se prenant à l'unanimité à l'Otan - mais il ne nous donnait pas réellement voix au chapitre dans une structure intrinsèquement dominée par les Etats-Unis. Domination d'autant plus indiscutable que tous nos alliés tenaient à ce qu'elle soit indiscutée : les pays de l'Est ne voyaient dans l'alliance que la garantie américaine ; les Britanniques nourrissaient l'illusion d'être "les Grecs des nouveaux Romains" ; les Allemands refusaient toute démarche qui pouvait conduire à une augmentation de leur budget militaire. Les autres alliés jugeaient une tutelle américaine plus utile et moins humiliante qu'une direction européenne, qu'elle soit britannique, allemande ou française. Tout ce monde se satisfaisait donc de l'hégémonie américaine qui semblait un prix peu élevé à payer pour une assurance de sécurité dont l'histoire avait fait comprendre l'utilité. Du côté américain, on considérait non sans raison que l'Allié dont les dépenses militaires représentaient les deux tiers de l'ensemble avait des droits légitimes à avoir le dernier mot. Rejoindre le club était donc une dépense en termes financiers et humains qui ne me paraissait pas indispensable.
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LatiasLatias   12 mai 2021
En forçant le trait, l'Europe pour moi, c'est transférer les rivalités inévitables entre nations des champs de bataille dans les corridors de Bruxelles ; c'est un mécanisme permanent de solution pacifique des conflits de notre continent. Je sais que, pour les jeunes européens, cette vision n'a pas beaucoup de sens et que parler de conflit en Europe occidentale paraît absurde mais je connais trop bien l'histoire, je me méfie trop de la nature humaine pour partager leur optimisme. Que serait une "Europe des Nations", c'est-à-dire l'Europe que nous connaissions en 1939, dans une ou deux générations ? Ne voyons-nous pas déjà renaître partout les nationalismes qui nous ont menés au désastre ?
En revanche, je ne suis pas fédéraliste, là aussi par réalisme. Les vieilles nations européennes ne l'accepteront pas, aujourd'hui moins que jamais. Ce serait ignorer la revendication identitaire qui traverse nos sociétés, que nous la partagions ou pas. Porter le débat sur ce terrain, c'est l'hystériser, c'est oublier les réalités pour s'affronter sur des principes sur lesquels, par définition, il n'y a pas de compromis possible.
Revenons au pragmatisme des Pères fondateurs ; mettons en oeuvre la subsidiarité, c'est-à-dire soyons résolument européens là où l'Europe sert les nations européennes.
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LatiasLatias   12 mai 2021
En réalité les mythes fondateurs du pouvoir en France sont Louis XIV et Napoléon et ces modèles continuent de fonder la conception du pouvoir qu'ont les Français, qu'ils soient gouvernants ou gouvernés. Ce n'est pas anecdotique : nul ne peut subir impunément la solitude que suscite la crainte que conseils et amitiés ne soient tous intéressés, le fardeau que représente le pouvoir surtout s'il est grand et l'exaltation que nourrit le sentiment de puissance. L'isolement du monde réel dans les ors de l'Elysée et les rigueurs du protocole, l'approbation toujours acquise de l'entourage et le regard permanent des autres vous transforment et vous endurcissent. La condition humaine n'est pas toujours réjouissante à ces hauteurs.
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Videos de Gérard Araud (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gérard Araud
Gérard Araud - On n'est pas couché 1er février 2020 #ONPC
On n'est pas couché  1er février 2020 Laurent Ruquier sur France 2 #ONPC
Toutes les informations sur les invités et leur actualité https://www.france.tv/france-2/on-n-est-pas-couche/
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