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ISBN : 2020837900
Éditeur : Seuil (14/10/2005)

Note moyenne : 3.47/5 (sur 89 notes)
Résumé :
Il y a trois ans, Putain avait traversé le ciel de la rentrée comme un météore aussi éblouissant qu'énigmatique. Il n'y avait pas que le physique de blonde hitchcockienne de sa (très) jeune auteur. Une forme littéraire remarquable déroutait et en même temps suscitait les questions sur la vérité autobiographique de ce texte absolument hors du commun. On se demanda si Putain n'était pas le genre de performance impossible à répéter, ou même une sorte de suicide littéra... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Apoapo
  11 février 2016
Ce second opus de Nelly Arcan, encore autobiographique, se présente comme une lettre ouverte à son ex, écrite dans la perspective de son suicide imminent, afin de parcourir l'histoire des quelques mois de leur relation amoureuse passionnée et surtout celle de son étiolement jusqu'à la rupture, à la séparation-abandon. "Folle" n'est pas l'héroïne, même lorsqu'elle se complaît à ainsi se qualifier, c'est assurément la relation, faite d'une exaspérante absence de confiance en soi, avec son pendant d'exaltation de la beauté virile de l'autre ; fondée sur l'omniprésence d'une sexualité outrancière et souvent perverse, avec son pendant de déperdition de la communication verbale - paradoxale chez un couple de gens d'écriture ; basée enfin sur la prépondérance du principe de thanatos sur (ou dans) éros - cf. les pages les plus marquantes sur l'avortement, qui déclenche la rédaction du récit et la date anniversaire de l'année fatidique (trentième) qui en constitue l'achèvement - quelque peu abrupte.
Comme si l'écriture s'était effectivement déroulée au fil des jours au cours du mois entre ces deux événements, dans l'urgence de se libérer (vider ses entrailles) et dans l'étourdissement de la douleur, le récit n'est pas chronologique mais aléatoire, la succession des souvenirs, des réflexions, des considérations internes et externes au couple, erratique. Les répétitions sont nombreuses sans que soit baissée la garde du soin minutieux de l'expression, de la recherche maniaque de la justesse et de l'exactitude. Et ça fait mouche : bien que je n'aie pas une grande familiarité avec le thème de la rupture sentimentale en littérature, tant de pages me semblent anthologiques. Par ailleurs, la plainte tantôt voluptueuse, tantôt gémissante de la narratrice est invariablement exempte de reproches au destinataire fictif. Ce qui ne fait qu'aggraver les blâmes plausibles que le lecteur a envie d'adresser aux deux personnages (surtout à ce dernier)... L'auteure s'avère d'ailleurs fort lucide sur son lectorat :
"[...] disons qu'entre mes lecteurs et moi, il y avait une grande complicité, je leur ai appris que vomir pouvait être une façon d'écrire et ils m'ont fait comprendre que le talent pouvait écoeurer." (p. 168)
Voilà où j'en suis moi-même avec Arcan, en tout cas en ce moment. Mais pour future mémoire, je souhaite noter encore deux citations toujours sur le thème de son écriture :
"Chez moi écrire voulait dire ouvrir la faille, écrire était trahir, c'était écrire ce qui rate, l'histoire des cicatrices, le sort du monde quand le monde est détruit. Écrire était montrer l'envers de la face des gens et ça demandait d'être sadique, il fallait pour y parvenir choisir ses proches et surtout il fallait les avoir follement aimés, il fallait les pousser au pire d'eux-mêmes et vouloir leur rappeler qui ils sont." (Ibid.)
"Écrire ne sert à rien qu'à s'épuiser sur de la roche ; écrire, c'est perdre des morceaux, c'est comprendre de trop près qu'on va mourir. de toute façon les explications n'expliquent rien du tout, elles jettent de la poudre aux yeux, elles ne font que courir vers un point final. [...]" (Excipit)
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Ikebukuro
  30 mars 2017
Une plongée dans l'intime dans cette lettre ouverte à un amour perdu. Une description au scalpel d'une passion qui ne peut que mal finir, une passion destructrice entre un homme et une femme qui ne s'aiment pas eux-mêmes et qui de ce fait n'arrivent pas à s'aimer vraiment. Une fois terminée la passion fusionnelle du début, leur couple se défait petit à petit, l'une demande trop, l'autre se laisse aimer jusqu'à ce que la rupture devienne inévitable, presque un soulagement pour le lecteur. La langue est crue, le rythme intense et l'on ressent une certaine urgence, les sentiments décortiqués, le coeur à vif et l'âme à nue... et la fin on la connaît. Difficile de lire ce livre sans avoir en tête le suicide de Nelly Arcan, morte de trop de mal-être qui laisse une oeuvre où finalement son destin était déjà écrit. "La vie est propre à celui qui la vit. Et s'il est vrai que le suicide est un legs terrible qu'il faut absolument prévenir, c'est aussi vrai que ne pas faire souffrir son entourage ne peut constituer, du moins à long terme, une raison suffisante pour vivre."
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kathy
  31 juillet 2011
Nelly Arcan nous raconte sa relation amoureuse passée avec un journaliste européen doté d'une très grande beauté. Relation amoureuse tellement passionnelle, fusionnelle et aliénante qu'elle en devient une illusion. Illusion d'un amour perdu d'avance qui ne la mène nulle part si ce n'est à dévoiler ses faiblesses et sa folie amoureuse. Car rien ne pourra retenir cet Adonis, drogué au cybersexe, indifférent, méprisant, égoïste et lâche.
Mais quelle définition Nelly Arcan donne-t-elle de l'Amour ? L'amour pour elle n'est-il fait que d'Eros, l'amour physique ? A aucun moment elle ne parle de Philia, fait d'amitié, de tendresse, d'estime mutuelle d'égal à égal, ou d'Agape, amour de l'Autre sans attente réciproque. Son ancienne vie de prostituée y est-elle pour quelque chose ? Ne cherche-t-elle pas tout simplement à combler un manque existentiel, une blessure intérieure, une solitude,… quelque soit le prix à payer ? du coup elle se lance à corps perdu dans l'enfer de cette relation qui la mènera vers un destin inéluctable, le seul qu'elle était capable d'entrevoir.
Livre dérangeant, agaçant parfois, mais bien écrit.
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EmmanuelleNobert
  06 décembre 2012

Je ne suis pas FOLLE de ce livre !
Le livre Folle de Nelly Arcan est une autobiographie d'une époque précise de sa vie. le livre est fait sous forme de lettre qu'elle écrit à son ex-copain qui est un journaliste français. Dans sa lettre elle lui rappelle tout les moments qu'ils ont passée ensemble, tant les bons que les mauvais, du jour où ils se sont rencontré jusqu'à leur séparation.
Je donne au livre Folle deux étoiles sur 5 bien mérité, car en lisant le livre nous pouvons ressentir les émotions de l'écrivaine durant tout au long du livre et aussi pour sa fin très touchante. Par contre, je trouve le livre très redondant. Toutes les péripéties tournent autour du même sujet où presque, soit sa peine d'amour. de ce fait je n'avais jamais le goût d'aller continuer ma lecture plus loin pour connaitre le reste de l'histoire parce que on peut facilement deviner ce que le reste du roman nous réserve. Aucun suspense !

Bref, je recommande de lire ce livre malgré les petits bémols mais à un public cible en particulier. Il ne faut pas aimer le suspense, être âgé de 15 ans et plus dut au langage vulgaire. Ce roman s'adresse particulièrement aux gens qui aiment les livres écrits sous forme d'autobiographie.
Emmanuelle Nobert
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Madame_lit
  28 septembre 2017
Je viens de terminer ce récit. Je dois dire que c'est mon préféré jusqu'à maintenant de cette grande écrivaine. Nelly Arcan présente une lettre pour décrire un amour. Elle relate sa rencontre à Nova avec un Français journaliste consommateur de cyberpornographie dont elle tombe immédiatement amoureuse et elle termine son récit à la veille de son suicide. Elle décrit toutes les étapes d'une histoire d'amour tragique, vouée à l'échec. Un livre dont la folle passion s'avère empreinte de lucidité.
Cette lettre est mon cadavre, déjà, elle pourrit, elle exhale ses gaz. J'ai commencé à l'écrire le lendemain de mon avortement, il y a un mois. Aujourd'hui, ça fait exactement un an qu'on s'est rencontrés. Demain, j'aurai trente ans.
Il y a dans cette histoire des éléments bouleversants (l'avortement, le rapport au corps, le suicide).
En ce qui te concerne, je me tuerai pour te donner raison, pour me plier à ta supériorité, je me tuerai aussi pour te faire taire et imposer le respect. Personne ne peut s'en prendre à une morte parce que les morts coupent le souffle, devant eux, on marche sur des oeufs. Sur un mur de mon appartement, j'ai planté un énorme clou pour me pendre. Pour me pendre, je mélangerai de l'alcool et des calmants et pour être certaine de ne pas m'endormir avant de me pendre, je me soûlerai debout sur une chaise, je me soûlerai la corde au cou jusqu'à la perte de conscience. Quand la mort viendra, je ne veux pas être là.
Nelly Arcan a vu le Prix Femina lui échapper pour la deuxième fois avec ce livre… La première fois, c'était pour Putain.
https://madamelit.ca/2017/09/24/7739/
Lien : https://madamelit.ca/2017/09..
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
MikonakMikonak   07 septembre 2013
Je disais que l'équilibre entre les hommes et les femmes aurait pu exister si Dieu avait permis que l'ovulation soit produite par l'orgasme et non par l'autonomie d'un système qui ne tient pas compte de la montée du plaisir ni de l'urgence de se vider ni même des états d'âme qui pourraient entraver la libération de l'ovule. À ça j'ajoutais que si les femmes pouvaient décharger leur fertilité comme les hommes, les hommes en perdraient leurs moyens de bander et que cette question de la décharge des femmes les absorberait entièrement. Je disais que la bipolarité qui supporte l'univers en agençant tous ses atomes et qui fait s'inverser les pôles sud et nord tous les x millions d'années donnerait aux hommes une nature de femme. Si mon grand-père m'avait entendue, il en aurait été retourné, mon grand-père ne croyait pas en l'évolution de l'espèce humaine, il croyait seulement en sa disparition.
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Ania-xAnia-x   10 août 2010
Sur un mur de mon appartement j'ai planté un énorme clou pour me pendre. Pour me pendre je mélangerai de l'alcool et des calmants et pour être certaine de ne pas m'endormir avant de me pendre, je me soûlerai debout sur une chaise, je me soûlerai la corde au cou jusqu'à la perte de conscience. Quand la mort viendra, je ne veux pas être là.
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kathykathy   22 juillet 2011
Ensemble on a pourtant vécu de bons moments. Un mois ou deux après notre première rencontre à Nova on s'est aimés en même temps. Entre nous il y a eu des moments magnétiques où on ne prenait plus la peine de terminer nos phrases tant l'un savait où l'autre voulait en venir : c'était le stade de la contemplation de soi dans l'autre. Entre nous il y a eu une courte période où on s'entendait sur tout et même sur le fait que les hommes et les femmes ne peuvent pas s'entendre. Je me souviens d'ailleurs de ce livre que tu avais lu où les hommes venaient de Mars et les femmes de Vénus, je me souviens que la mésentente y était expliquée de long en large et qu'à tes yeux ces explications avaient fait de nous un couple typique; l'un face à l'autre, nos sexes réagissaient comme prévu.
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kathykathy   30 juillet 2011
Le problème avec la folie, c'est qu'elle a plus d'un tour dans son sac, c'est qu'elle a également ses écrans de fumée pour les gens sains d'esprit, la folie sait ne se dévoiler qu'une fois trop tard et passer pour un trait de caractère ou même une stratégie de séduction, elle sait donner à la mort les attraits de la lolita.
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MikonakMikonak   04 septembre 2013
Peut-être que son père aurait approuvé l'analogie entre la vie des étoiles et celle des femmes vivant et mourant du désir des hommes, entre l'expiration de la vie et la visibilité que ça donne tout autour. Avec la panoplie de ses lentilles et de ses filtres rouges, bleus, jaunes, son père a pu des centaines de fois tirer le déploiement des traînées multicolores provoquées par l'éventrement de novae et de supernovae avec un appareil photo spécial qu'il posait au bout de son télescope. Il avait tapissé les murs de sa cabane d'observation de grandes illustrations de phénomènes cosmiques ; sur l'une d'entre elles on pouvait voir le résultat de la collision de deux galaxies d'où elles étaient sorties méconnaissables, démantelées, traversées par des bandes de nuages noirs qui ressemblaient à des traînées de sang. Plus que tout son père cherchait dans le ciel des géantes rouges gonflées par l'instabilité de leurs atomes sur le point de rendre l'âme ; son père aimait les couleurs de l'agonie, il connaissait mieux que nous les splendeurs des derniers soupirs.
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