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ISBN : 2374481239
Éditeur : Xo Editions (07/03/2019)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Pour la première fois, le directeur d’un EHPAD témoigne

Pendant près de trois ans, Jean Arcelin a dirigé un EHPAD dans le sud de la France, avant de renoncer, épuisé par un trop-plein d’émotions et révolté par la faiblesse des moyens mis à sa disposition. Il a côtoyé le pire mais aussi le beau : l’existence de vieilles personnes isolées, le plus souvent sans visites, qui s’accrochent à la vie, se réconfortent, reconstituent des parcelles de bonheur. <... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Ladybird123
  02 mars 2019
Jean Arcelin a été de nombreuses années responsable d'une succursale de voitures de luxe avant de se reconvertir au service de l'humain en tant que directeur d'EHPAD. Bon nombre de ces personnes de la santé se penchent vers ces professions liées à l'humain comme une façon de s'occuper également d'eux mêmes. le bien apporté aux autres ricoche toujours d'une façon ou d'une autre jusqu'à soi. C'est du moins la conviction de Jean Arcelin.
Ce récit à la fois « tendre et glaçant » est un condensé immersif dans le quotidien d'une maison de retraite. Tendre car il évoque avec pudeur les confidences des pensionnaires et glaçant car il montre, chiffres à l'appui, l'hécatombe des maisons de retraite.
Quand Jean Arcelin prend ses fonctions dans un EHPAD, il était à cent lieues d'imaginer les lacunes et la détresse en ces lieux. Ça crie pour être lavé le matin, ça crie pour être enlevé de la chaise percée, ça crie même au loup et ce constat se heurte au manque d'effectif qui se heurte à son tour aux restrictions budgétaires. L'homme sera aussi confronté aux frontières de l'humain, jusqu'où donner de soi. Il se montrera directeur respectueux et bienveillant, présent pour son personnel comme pour ses pensionnaires.
Beaucoup de choses passent dans ce récit. La fatigue des aides-soignants, le burn out, l'absentéisme, la maltraitance, les limites de la liberté d'action, les exigences externes, les visites trop rares,...
Le tout dans un style fluide et sensible parsemé de réflexions dignes d'intérêt. Un ouvrage immersif et très ludique ! Tout en étant tendre et rempli d'empathie.
Le récit est d'autant plus agréable qu'il nous sert des anecdotes sur l'un et l'autre pensionnaire, parfois drôles et souvent très émouvantes.
Jean Arcelin écrira que nous avons beaucoup à gagner à passer un peu de notre temps avec la personne âgée, qu'il faut endiguer cette vague qui semble vouloir engloutir la dernière vie avant la mort.
Je lui donne raison et le remercie vivement d'avoir écrit ce très beau récit qui devrait avoir le mérite de réveiller les consciences et d'y voir plus clair sur les coulisses d'une maison de retraite.
Merci à Babelio et aux éditions XO pour l'envoi de cet ouvrage dans le cadre de la dernière masse critique.
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Jmlyr
  21 mars 2019
Un aïeul qu'on a chéri, son décès, son souvenir, et la révélation : changer de vie pour s'occuper des vieux.
« Vieux » n'est pas un terme péjoratif. Il ne doit pas effrayer, et Jean Arcelin nous dit même qu'il contient le mot « vie ». La Vie-Eux, ils l'ont aimée, mais ils l'aiment un peu moins en Ehpad privés, ceux détenus par les grands groupes. L'auteur fut directeur de deux d'entre eux. Il témoigne aujourd'hui de son impuissance face à un système redoutable qui ne vise que le profit sur le dos de nos aînés.
Quand les fonds de pension font du mal aux pensionnaires.
Ce livre, récit autobiographique d'un homme ayant opéré un virage radical dans sa carrière, est un plaidoyer pour la bientraitance des personnes âgées, et une dénonciation réaliste d'un système qui l'a mené au « Burn out ». Il fut victime lui aussi d'un fonctionnement dont il ne se voulait pas complice. Après avoir été l'un des magnats du secteur automobile de luxe, il avait choisi de s'intéresser de très près aux anciens, et son CV le lui permettant, complété par les formations ad hoc, il avait accédé à ce poste de Directeur.
C'est avec réalisme que cet homme très empathique nous conte son expérience, précisant cependant qu'il n'en fait pas une généralité, mais nous alerte. Il n'est pas le premier à tirer la sonnette d'alarme et il ne sera pas le dernier. Il jette l'opprobre sur ces grands groupes privés qui avalent de plus en plus d'Ehpad et se targuent d'offrir des prestations de qualité là où en réalité tout n'est que profit à coups de malbouffe à bas prix (Hoki et Panga à volonté), de rationnement des couches par exemple (indispensables souvent) et du personnel.
Il semble avoir fait preuve d'une grande humanité, que ce fût vis-à-vis des résidents ou du personnel, et son récit est étayé de mille exemples en ce sens.
Il conclut par des conseils pour choisir du mieux possible un Ehpad pour son parent âgé, puisque la réalité est telle que nous ne pouvons pas toujours les accueillir chez nous ni les maintenir à domicile.
Cela m'a intéressée de passer de l'autre côté du miroir, moi qui ai travaillé en Ehpad, et ai pesté plus d'une fois contre les directeurs.
Je remercie XO éditions et la plateforme NetGalley pour l'accès à ce document.
#TuVerrasMamanTuSerasBien #NetGalleyFrance
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Vinie1984
  14 mars 2019
Après avoir été directeur régional dans les voitures de luxe, Jean Arcelin veut changer de voie. Il se rend alors compte que ses diplômes lui permettent d'être directeur d'un EHPAD (Etablissement d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes). Ni une, ni deux, il saute le pas et est bientôt à la tête d'un établissement plutôt bien géré, ce qui l'arrange puisqu'il débute dans le milieu et qu'il lui faut tout apprendre de A à Z. On ne gère pas une société de voitures de luxe comme on gère un établissement de personnes âgées.
Quand il intègre ses fonctions, Jean Arcelin se rend compte que ses supérieurs attendent de lui qu'il fasse du chiffre, qu'il rogne sur les dépenses, que l'humain n'est pas au coeur des préoccupations. Il est juste question de budget et de remplir les chambres pour atteindre son objectif.
Et parce qu'il décide de ne pas rester confiné dans son bureau, il se rend vite compte de la difficulté de ses employés à effectuer correctement leur travail. Elles doivent veiller au bien-être des résidents alors qu'elles sont faibles en effectifs. Il est difficile pour ce nouveau directeur de voir des personnes âgées attendre pour des soins, pour être emmené aux toilettes, … Pourtant c'est la réalité du métier !
Ayant travaillé en EHPAD il y a quelques années, ce livre m'a ramené des années en arrière. Quand tu veux bien faire mais que tu manques cruellement de temps. Quand on est 2 dans une aile d'un étage pour une vingtaine de résidents et qu'on attend de nous d'être efficace au lieu de privilégier la complicité, l'affection avec les résidents. Tout est fait dans l'urgence. A la chaîne.
Car il faut servir les petit-déjeuner puis les débarrasser, faire les toilettes tout en nettoyant un minimum, retourner auprès des résidents qui appellent, et rapidement vient l'heure du déjeuner puis les changes des protections puis les activités (quand il y en a). Et on court toute la journée sans vraiment s'arrêter et passer du temps qui soit bénéfique pour les résidents. Ca en devient une usine et il n'y a plus d'humanité.
Je me suis retrouvée plongé dans un quotidien que j'ai préféré oublier et que j'ai vite quitté en me promettant que mes parents n'iraient jamais croupir dans l'un de ces établissements.
L'auteur nous fait part de sa stupéfaction lorsqu'il se rend compte que les personnes âgées ne reçoivent quasiment plus de visite. Les êtres aimés sont délaissés car on ne veut pas les voir se dégrader, devenir dépendant. Et pourtant, elle les abandonnant à leur triste sort, n'accélère-t-on pas cette dégradation ? Qui ne se laisserait pas mourir en se sentant inutile ? Plus aimé ?
C'est un livre qui énonce des vérités dérangeantes qu'il faut lire pour ouvrir les yeux et les consciences !

Lien : https://livreoumourir.blogsp..
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MaminouG
  07 mars 2019
Lorsque le site Babelio a proposé sa nouvelle Masse Critique " Spéciale Documents", j'ai jeté mon dévolu sur l'ouvrage de Jean Arcelin "Tu verras maman, tu seras bien". Je n'en connaissais rien mais en subodorais le thème. Je ne m'étais pas trompée.
L'auteur, à la cinquantaine et après le décès de sa grand-mère adorée décide de troquer son uniforme chic et classe de directeur d'une grande concession d'automobiles de luxe pour celui de directeur d'EHPAD (Etablissement Hospitalier pour Personnes Agées Dépendantes). Il raconte son épopée dans un pavé de plus de cinq cents pages. Je l'ai lu très vite grâce à sa fluidité et sa simplicité d'écriture. L'écriture, le style, la narration ne sont pas, en l'espèce, le plus important même s'ils sont de qualité. Non, ici, c'est le fond et seulement lui qui ont été de nature à retenir mon attention.
"La vérité tendre et glaçante d'un directeur de maison de retraite" annonce le bandeau rouge qui entoure le livre. Beau résumé du récit qui oscille entre le sérieux des chiffres annoncés, des actions menées, des problèmes rencontrés et la drôlerie, parfois, de certaines anecdotes rapportées. A aucun moment je ne me suis ennuyée. L'auteur dit les heurs et malheurs de son nouveau métier, la hantise des TO (Taux d'Occupation) insuffisants, l'insuffisance du CRS (Coût des Repas Journaliers), la surveillance constante des résidents, difficile faute de personnels en nombre et de moyens à la hauteur. Il déplore les difficultés à organiser des animations de qualité tellement utiles et pourtant mises en place avec parcimonie pour les mêmes raisons que celles évoquées plus haut. Malgré les belles histoires, certaines d'amour entre résidents, et autres moments de bonheur, le tableau est sombre qui se termine par un burn-out de l'auteur, après un EIG (Evènement Indésirable Grave), la hantise de tout directeur d'EHPAD.
Incapable de mener à bien la mission qu'il s'était fixée, il n'a pu s'en relever.
Il est terrible de constater que les grands groupes à la tête de ces maisons d'accueil pour personnes âgées, la plupart du temps délaissées par leur famille, ne sont intéressés que par les chiffres et préfèrent dédier les bénéfices au plaisir de leurs actionnaires plutôt qu'à celui des personnels ou résidents. Ce plaidoyer m'a paru d'une grande objectivité, Jean Arcelin fait toujours la part des choses, apporte des arguments à charge, certes, mais aussi à décharge, et salue régulièrement le courage et l'abnégation des aides soignant-e-s et autres personnels des deux établissements qu'il a dirigés. Et last but not least, les chapitres de fin m'ont particulièrement séduite. L'auteur y explique son "Plan d'action", fort bien pensé mais sans doute, hélas utopique si l'on pense "profit" et le presque dernier, fort utile "Comment bien choisir son EHPAD (et négocier ses tarifs !)". J'y penserai le moment venu, si je suis encore lucide.
Un document riche en informations et très nécessaire, même s'il fait parfois frémir, pour quiconque est touché par cette perspective de placement.

Lien : https://memo-emoi.fr
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
JmlyrJmlyr   20 mars 2019
Josy me conduit à Annie qui occupe la fonction la plus importante d'un EHPAD, y compris celle de directeur : l'infirmière référente.
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JmlyrJmlyr   19 mars 2019
Et depuis quelques années, avec cet impératif permanent de rentabilité et l'entrée en Bourse des grands groupes, les actions montent et l'humanité chute…
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JmlyrJmlyr   19 mars 2019
Le secteur médico-social à but lucratif, qui touche à la santé des êtres humains, aux corps et aux esprits malades, à la vie, à la mort, souffre paradoxalement de déshumanisation.
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JmlyrJmlyr   18 mars 2019
J'ai travaillé pendant plus de vingt ans dans l'industrie automobile et d'autres secteurs d'activité, je n'ai jamais connu de fonction où la pression commerciale soit aussi forte qu'au poste de directeur d'EHPAD .
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JmlyrJmlyr   19 mars 2019
Je suis encore plein d'énergie et d'espoir, je n'ai même pas commencé. J'ai de l'expérience et au fond de moi, naïvement ou pas, j'imagine pouvoir changer les choses…
Commenter  J’apprécie          110
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