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EAN : 9780035568263
870 pages
Éditeur : Fayard (30/11/-1)
2.5/5   1 notes
Résumé :
Comme le précédent, ce deuxième volume est, en réalité, une histoire de l'État et de la société.

Au delà des événements – échecs ou réussites des despotes éclairés, indépendance américaine, illusions et maladresse des révolutionnaires français – l'histoire de l'impôt explique comment se sont dessinés les traits essentiels du monde où nous vivons.

Elle montre comment, par son influence sur les techniques financières, la révolution indust... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Luniver
  04 septembre 2018
Après avoir abordé la naissance de l'impôt dans le premier volume, ce deuxième tome se consacre sur les derniers siècles de notre ère. Nettement plus technique, il est aussi beaucoup plus répétitif, les différents souverains tentant d'appliquer les mêmes réformes et échouant pour les mêmes raisons. L'auteur le sait et s'en excuse, mais enfin, on ne peut pas changer l'histoire pour enthousiasmer ses lecteurs.
J'avoue avoir rapidement survolé le livre, ne m'attardant que sur les passages qui me paraissaient un peu plus originaux. J'ai tout de même découvert des points intéressants.
Tout d'abord, la charge psychologique des impôts. Ils peuvent provoquer des réactions extrêmes alors même que leur montant peut être insignifiant comparé au montant global. En témoigne la (fausse!) rumeur en France qui concernait l'imposition des potagers privés qui a suscité nombre de réactions ulcérées, tandis que les modifications de l'impôt sur la fortune ne s'accompagnent que de haussements d'épaule blasés. Frapper le mauvais symbole au mauvais moment peut être dévastateur quand on tient à son pouvoir.
De même, les fraudeurs ont généralement la côte… auprès de ceux qui bénéficieraient le plus des montants manquants. Les mécanismes de redistribution sont souvent mal compris, et la collecte des impôts est perçue comme la personnification de la toute-puissance du pouvoir. Les personnes qui sont capables de flouer le fisc sont donc applaudis pour avoir donné une bonne leçon au gouvernement en place. Il n'est également pas rare de voir les plus pauvres voler au secours des plus riches pour leur permettre de sauver leurs privilèges.
En parlant de privilèges, ils sont les pires ennemis d'un bilan sain, et empêche que des sommes importantes rentrent dans les caisses de l'État. le problème est que tout pouvoir y arrive, ou s'y maintient, en s'appuyant sur une classe sociale qui attend quand même un léger retour sur investissement. Toucher à leur patrimoine risque fort d'abréger méchamment la durée du règne de l'imprudent qui s'y risquerait. Nombre de souverains se sont ainsi retrouvés à choisir entre scier la branche sur laquelle ils sont assis, ou laisser leur État à moitié délabré et incapable de se moderniser.
Pris dans l'ensemble, cette série de deux volumes a été très enrichissantes, et donne même une vision un peu plus claire des politiques actuelles. Chaque décision entraîne un effet positif et un autre négatif, qu'il faut alors compenser par une autre décision qui entraîne un autre effet négatif, et ainsi de suite jusqu'à trouver, enfin, un équilibre précaire. Ça m'a presque donné envie de me pencher sur ma déclaration d'impôt et de lire tout le code associé pour comprendre les tenants et aboutissants de chaque case !
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
LuniverLuniver   19 août 2018
[L]es recettes tirées de l'alcool étaient telles que les chanceliers de l’Échiquier ne pouvait manquer de s'en féliciter.
Goschen, en 1891, ne dissimulait guère sa satisfaction : « L'augmentation de la consommation des boissons alcooliques est, à certains égards, regrettable : elle montre toutefois que les ressources des classes laborieuses se sont encore développées l'année dernière. »
En 1905, Austen Chamberlain déplorait l'extension des réunions sportives, des jeux de plein air, des représentations théâtrales, des excursions qui diminuaient la clientèle des débits de boissons. « Un tel changement est de nature à satisfaire presque tous les membres de la Chambre des communes à l'exception du chancelier de l’Échiquier, mais il laisse dans notre système financier un trou qu'il faut boucher par d'autres moyens. »
Heureusement pour les responsables des finances, les Anglais continuèrent à boire du thé, de la bière et de l'alcool...
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LuniverLuniver   23 août 2018
Ceux qui, à l'heure actuelle, dénoncent avec le plus d'âpreté les taux auxquels parviennent les prélèvements fiscaux, ont tendance à oublier que les bouleversements violents connus par d'autres pays n'auraient pu être écartés sans l'utilisation de ces impôts progressifs sur le revenu et la fortune apparus à la fin du XIXe siècle. Ils oublient que les tarifs fortement accentués qu'ils subissent sont la contrepartie de la tranquillité relative dont ils bénéficient.
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