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ISBN : 2246804396
Éditeur : Grasset (21/08/2013)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 198 notes)
Résumé :
1937. Le régime soviétique pille, vend et détruit les trésors de l’Église russe. Il ferme plus de mille monastères. Des centaines de milliers de prêtres et de moines sont exécutés. Les plus chanceux s'échappent, vivant cachés dans les forêts.
Voici l'histoire de Nikodime, qui, avec l'aide d'une poignée de moines-vagabonds, tente de sauver les plus beaux trésors de l'art sacré orthodoxe. Où l'on rencontrera un ancien trapéziste, un novice de vingt ans et quelq... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (66) Voir plus Ajouter une critique
latina
  28 mars 2016
Il est des livres qui transfigurent, qui transportent, qui élèvent jusqu'au sublime.
Il est des livres qui touchent la profondeur de l'humain, sa dualité, ses contradictions, son mélange de bonté et de gouffre.
Il est des livres qui marquent, qui déposent leur empreinte au fer rouge.
« La confrérie des moines volants » en fait partie. Incontestablement.

Metin Arditi a choisi de nous immerger dans la foi chrétienne, mais la russe, l'orthodoxe, celle qui prend aux tripes, qui dépose sa douleur au pied d'une icône.
L'icône ! L'image qui unit tout Russe. La sérénité qui s'en dégage les happe et les aide à tenir.
« En arménien, il y a une expression pour dire la consolation. « Zavt tanem ». Mot à mot, cela veut dire : je prends ta douleur. »

Nikodime Kirilenko, un moine ermite, l'a bien compris. Lui qui est déchiré par une faute commise étant jeune, lui qui ne parvient pas à s'absoudre, à obtenir enfin la paix, il consacre plusieurs mois de sa vie à sauver les trésors que les communistes de Staline n'ont pas encore réussi à détruire.
1937 : aidé par 12 hommes, 12 moines qui portent dans leur chair et leur âme les stigmates de la destruction massive de leurs frères, il enfouit ces oeuvres de mystère et d'éblouissement dans une cache obscure.
Mais cet homme cachait lui-même en son sein un lourd secret...

2000 : Mathias Marceau, photographe d'icônes de mode, va devenir le dépositaire de ce secret.
Le magma du passé va l'envahir et le troubler, remuer en lui ses propres racines et orienter son propre destin. Au départ photographe au succès foudroyant, il deviendra photographe de l'âme, révélateur et consolateur. « Quand tu photographies, tu sauves, tu comprends ? Tu vas à la pêche à l'homme. » Et cela grâce à Nikodime Kirilenko, homme du passé, taraudé par la culpabilité. Grâce aussi à une journaliste russe, petite bonne femme pratique mais elle aussi hantée par la douleur de ce peuple. Et puis grâce à un prêtre lui aussi prisonnier d'un secret. le même qui les lie tous.
Grâce enfin au père de Mathias, l'homme par qui la vérité peut naitre et se propager.

Merci à isabelleisapure, celle par qui j'ai découvert ce trésor, histoire vraie et magnifiée par Metin Arditi. Nikodime Kirilenko a existé et a été élevé au rang de martyr le 26 avril 2002.
« De tout péché, fût-il le plus désespéré, peut surgir une parcelle d'éternité. »
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isabelleisapure
  16 août 2015
Avec ce roman Metin Arditi nous emmène dans une partie peu connue de l'Histoire Soviétique : le pillage des églises et monastères en 1937.
Nikodine Kirilenko est en charge de Saint-Eustache, un ermitage au coeur de la forêt. Aidé de quelques moines, il va voler puis répertorier les oeuvres d'art sacré dans le but de sauver ces trésors du Bolchévisme, et ainsi de reconstruire la future église orthodoxe.
Une histoire qui se déroule jusqu'aux années 2000 dans le milieu des galeries d'art et qui brosse un portrait de la Russie en perpétuelle évolution, en proie à la violence et au pouvoir grandissant de l'argent.
Les différentes personnalités des moines volants, mais aussi d'autres personnages hauts en couleur apportent une touche humaine à ce roman passionnant construit comme une fresque.
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gouelan
  29 avril 2016
Des moines qui tentent d'échapper à la grande purge à la fin de l'année 1937, forment une communauté et tentent de reconstruire leur Église orthodoxe, à l'abri de la folie des miliciens du NKVD, qui massacrent, pillent et sèment la terreur parmi les croyants. Des moines volants, vagabonds, acrobates, volant au secours de leur Église en enlevant des mains des bolchéviques les pièces sacrées de leur foi.
La seconde partie du roman nous fait rencontrer un jeune photographe qui se voit livrer un lourd secret à la mort de son père.
« Pour développer une photo, le produit qu'on utilise s'appelle un révélateur. Photographier, ce n'est rien d'autre. On cherche la vérité. »
Ce sera à Mathias de jouer ce rôle de révélateur, de déterrer la vérité enfouie, de la faire ressurgir du passé. Elle sera comme une lumière venue éclairer les ténèbres.
Faire face à cette vérité, lire cette page de l'histoire et l'accepter, pour ensuite pouvoir la tourner. Tout comme le photographe transforme un homme lorsqu'il le prend en photo, lui donne un nouveau visage, ce fardeau du passé au quel on fait face, va aussi se transformer, devenir plus léger.
Un roman captivant qui nous plonge dans la nostalgie de l'âme russe.
« Nous cherchons le drame à tout prix, pour le plaisir de la consolation. Nous voulons connaître cet aigu, quel qu'en soit le coût. »
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Eve-Yeshe
  18 août 2014
C'est le premier roman de Metin ARDITI que je lis. C'est une formidable découverte. L'histoire est très belle et très intéressante car elle dévoile ou du moins remet à jour les crimes du régime communiste de l'ex URSS qui tuait tout ce qui ne pensait pas comme lui.
L'auteur construit son livre en deux parties bien distinctes : l'histoire de Nikodime et toutes les dérives du communisme vis-à-vis des personnes croyantes. Une partie où la foi (et la pratique religieuse) est un personnage à part entière avec aussi des excès et des folies…
Dans la deuxième partie, on retrouve le secret de famille, avec toutes ses conséquences et surtout le parcours initiatique de Mathias, qui revisite son passé et celui de la famille avec ce nouvel éclairage de la foi. Il reconstitue l'histoire familiale et va se trouver transformé par elle.
La personnalité de Nikodime est très intéressante, avec sa foi d'illuminé et les démons qui le titillent, son attirance vers les plaisirs de la chaire et ses tentatives d'auto flagellation (quand il porte son tronc d'arbre sur le dos tous les jours comme le christ sa croix) que l'on retrouve dans toutes les religions lorsque l'on pratique avec un excès frisant l'intégrisme (il y a toujours eu des « fous de Dieu » et il y en aura probablement toujours quel que soit le Dieu qu'on vénère.
Le deuxième personnage attachant est, bien sûr, Irina. C'est une belle jeune femme qui épouse la cause de Nikodime et lui montre somment cacher les oeuvres d'art pour les soustraire aux mains destructrices des Bolchéviks. Jusqu'où va aller cet attachement ?masquer] Nikodime va-t-il transgresser les règles ? Cette femme est courageuse comme l'atteste sa fuite de l'URSS, son exil dans un pays dont elle ne connait pas la langue…
En parallèle avec la quête de l'identité, il y a bien sûr la chasse au trésor enfoui par Nikodime, comme un fil rouge : va-t-on le retrouver [
L'auteur écorche en passant les amateurs d'art milliardaires et sans scrupules : l'art est un placement pour eux, la notion du beau leur est étrangère. Qu'ont-ils de vraiment différent des Bolchéviks destructeurs ? Un livre très intéressant, bien écrit qui se dévore et qui nous enrichit et que je vous conseille car il mérite vraiment le détour. le roman est composé de chapitres courts, l'auteur ne se perd pas dans les détails, mais toute la beauté des icones et des objets de culte et autres est là dans notre pensée car ce livre est une invitation au voyage dans le monde de l'art et dans celui des hommes et des femmes au travers de leur histoire et de la grande Histoire. [/masquer]
Le seul bémol que je mettrais : j'ai beaucoup plus aimé la première partie, car les personnages sont plus hauts en couleurs, et certainement aussi pour le côté historique et l'analyse des extrémismes (qui est en filigrane).
Les personnages de 2000 semblent plus pâlots. Mais, bien sûr on n'est plus dans le même registre, on est passé du règne de l'action à celui de la réflexion, de la quête de l'histoire familiale, donc plus dans le domaine de l'intime. le récit devient plus nuancé, mais on ne perçoit pas assez la sensibilité de Mathias, à mon avis du moins. Par contre l'auteure nous raconte très bien les mystères de « l'âme russe »…
Une belle découverte donc une bonne note.
Note : 8/10
pour en savoir plus RV sur mon blog.
Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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sandrine57
  16 août 2013
URSS, 1937. Alors que les bolchéviques pillent les églises et assassinent prêtres et moines à tour de bras, Nikodime Kirilenko, ermite au monastère de Saint-Eustache entre en résistance. Il va prendre la tête d'un groupe de moines-vagabonds et leur donner pour mission de préserver les trésors de l'Eglise. Ainsi naît la Confrérie des Moines volants qui va sauver icônes, encensoirs et autres objets précieux des mains impies du pouvoir en place. Pendant que ses compagnons écument les églises, Nikodime, fou de Dieu mais pécheur, essaie de résister aux charmes de la belle Irina…
France, 2000. Mathias Marceau, photographe de mode, assiste au vernissage de sa nouvelle exposition quand un coup de fil l'informe du décès de son père André. Outre le chagrin, de cette mort vont découler des révélations successives pour Mathias abasourdi par la vie secrète de son père.

De l'Union soviétique à la Russie d'aujourd'hui, Metin ARDITI nous emmène sur les traces d'un trésor enfoui mais surtout dans les pas d'un moine fanatiques et de ses acolytes, des personnages hauts en couleur, des hommes de foi avec des failles et leurs faiblesses. Impressionnant, Nikodime Kirilenko est un homme trouble qui se bat contre les exactions des communistes mais surtout contre lui-même. Quel contraste avec Mathias Marceau qui, lui, traîne son mal-être dans les salons parisiens! Pourtant, ils sont liés, par la grâce d'une femme, la belle Irina dont la force et la volonté transcendent l‘histoire.
Un superbe roman qui parle de transmission et d'Histoire avec une écriture simple, sans fioritures, mais qui sait émouvoir. Passionnant.
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critiques presse (3)
Lhumanite   12 novembre 2013
Ce livre bien documenté, qui exhume une part peu connue de l’histoire, souffre vraisemblablement d’un déséquilibre entre les parties qui le constituent [...] Metin Arditi, à courir plusieurs lièvres à la fois, s’est peut-être emmêlé dans tant de pistes diverses qu’il essaie, à la fin, de rassembler en un tout organique. Trop tard.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
LaPresse   12 septembre 2013
Le récit devient palpitant et on avale les pages.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LePoint   25 juillet 2013
Metin Arditi restaure ici une fresque peu connue de l'histoire russe. Celle de la confrérie des moines volants. Qui a vraiment existé.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (67) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   30 août 2013
Lorsque les choses sont douloureuses, on les enfouit... Votre histoire me met face à ma propre réalité. Passons... Un jour de mai 1938, mon père nous raconte l'arrivée rue Daru d'une petite Russe lumineuse, combative, un bijou de fille. Je me souviens du mot utilisé par mon père. Zviozdotchka. Une étoile. La fille annonce qu'elle possède un document dont elle dit à Eulage et à mon père qu'elle souhaite le leur confier. Eulage ne voulut pas même savoir ce que contenait ce document. Les envoyés de la NKVD étaient partout où se trouvaient nos émigrés. Donc, la jeune femme repart avec son cahier... Pour tout vous dire, je pensais que ce cahier avait disparu. Qu'elle l'avait détruit, pour se protéger. Je l'aurais comprise. Car le document que vous m'avez apporté est pour l'histoire de notre Russie d'une portée inestimable.
+ Lire la suite
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PiatkaPiatka   28 août 2013
- En arménien, il y a une expression pour dire la consolation. Zavt tanem. Mot à mot, cela veut dire : je prends ta douleur.
Il le regarda avec intensité :
- C'est ça qu'il attend, le bonhomme que tu photographies. Un partage. S'il sent que tu es avec lui, il te confie son fardeau. Et là, tu fais une vraie photo. Tu as cherché la douleur du gars, tu l'as prise sur toi, et du coup tu l'as transformé, ton gars.
+ Lire la suite
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PiatkaPiatka   29 août 2013
- Vous connaissez la blague que chacun racontait à l'époque ( sous Brejnev ), sur la définition du communisme ? On demandait : est-ce un art ou une science ? C'était un art, bien sûr, car s'il s'était agi d'une science, le régime l'aurait d'abord testé sur des chiens.
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mcd30mcd30   21 octobre 2018
Elle se mit à réciter quelques vers en russe.
_ Le Requiem d'Akhmatova, tu connais ?
C'était le temps où le seul à sourire
Etait le mort, heureux d'être en repos
Elle lui lança un air de défi :
_ Tu tiens le coup ? Je continue ,
Léningrad n'était plus qu'une annexe inutile
Attachée à ses morts.
_ Tu vois ? Akhmatova, Mandelstam, Chostakovitch, Soljenitsyne, Grossmann... Ils ont livré des chefs-d'oeuvre sous le pire des jougs. Tu trouves ça normal ?
+ Lire la suite
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gouelangouelan   28 avril 2016
Une autre fois, ils étaient assis dans le métro lorsqu'une bonne sœur prit place face à eux. Son père avait approché son visage et chuchoté : " Je parie qu'elle est folle de la messe." Mathias s'était tourné vers lui l'air interrogatif. Son père lui avait chuchoté : "Molle de... molle de...?", et d'un coup Mathias avait éclaté de rire, lui aussi.
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Videos de Metin Arditi (30) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Metin Arditi
E.Couly reçoit Metin Arditi à la Maison Jean Cocteau de Milly-la-Forêt pour son Dictionnaire amoureux de l'esprit français (Ed. Plon). « On ne considère en France que ce qui plaît », dit Molière, « C?est la grande règle, et pour ainsi dire la seule ». Partant de cet indiscutable constat, l?auteur de ce dictionnaire, lui-même amoureux comme personne de l?esprit français, examine d?une plume légère et souvent espiègle les diverses formes dans lesquelles s?incarne en France le désir de plaire : au fil des siècles se sont développés le goût du beau, bien sûr, mais aussi le principe d?élégance, le sens de l?apparat, le souci de légèreté, l?humour, l?art de la conversation, un attachement historique à la courtoisie, la délicatesse du chant classique « à la française », le penchant pour la théâtralité, l?amour du juste, le goût des barricades, du panache, oui, du panache, et, surtout, une exigence immodérée de liberté. Ce dictionnaire parle de Guitry et de Piaf, de Truffaut et de Colette, mais aussi de Teilhard de Chardin, Pascal, Diderot, Renan, Péguy, les prophètes qui ont nourri les artistes de leur pensée et les ont libérés dans l?exercice de leurs talents. L?esprit français a aussi ses interdits. Ne jamais être lourd... Ne pas faire le besogneux... Comment plaire, sinon ? Au fil des pages, ce dictionnaire rappelle que le goût des belles choses a un prix, qu?un tel bonheur ne vient pas sans facture. À défaut, l?esprit français ne serait pas ce qu?il est... Sans vouloir transformer un pays qui, c?est heureux, n?est pas transformable, on pourrait peut-être imaginer, ça et là, quelques mesures aptes à diminuer le montant de l?addition. À l?heure où chacun s?interroge sur la délicate question de l?identité du pays, ce dictionnaire rappelle combien l?esprit français est un cadeau.
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