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ISBN : 2842059816
Éditeur : 1001 Nuits (23/01/2008)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Peu de temps avant sa mort, Reinaldo Arenas rassemble dans un recueil huit nouvelles écrites à La Havane, à Miami et à New York, de 1963 à 1987.
" Traître " (1974) met en scène l'après-Castro.
" Il se passe quelque chose sur le dernier balcon " est le récit, comme sur le mode accéléré, de la vie d'un garçon bientôt adolescent à Cuba, dont la vie est flétrie par la réalité du pays : l'homme se suicidera bientôt. (1963).
Adiós a Mamá " est la c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
le_Bison
  27 mars 2017
Le visa en poche, j'atterris sur le tarmac ensoleillé. Je vois déjà les vieilles voitures rutilantes parcourir les rues poussiéreuses de la Havane. Voitures multicolores, immeubles multicolores, filles multicolores. L'autoradio est branché sur une cassette de Buena Vista Social Club, c'est toujours mieux qu'un discours de Fidel. Les jupes des filles virevoltent sous la chaleur pour se donner de l'air frais, je rêve déjà d'un verre de rhum au bord de la piscine. Des bikinis autour de moi, des jambes bronzées, des couples qui font l'amour sur la voix d'Ibrahim Ferrer, des homosexuels qui se tiennent la main avant de s'embrasser… J'ai le droit de rêver un peu… C'est pas ça La Havane ? Alors je revois ma copie…
Les rues sont poussiéreuses. Toujours. L'air est chaud et parfumé à l'iode marin et au poulet recette vaudou. Les filles sont toujours belles, Mais c'est bien le discours de Fidel que j'entends à la radio, à la télévision. Pendant des heures… J'ai envie de leur dire : mais putain mettez un disque de Campay Segundo… Mais rien n'y fait, personne n'ose tourner le bouton de la radio… Je croise des regards, tristes et mélancoliques. J'arrive au tarmac de New-York. Il fait froid, un froid glacial, la température n'est pas en cause, mais les gens oui… Un exilé cubain, dans les années 80. Écrivain. Bon écrivain même à la lecture de ces 8 nouvelles – je vais être honnête, il y a quelques années de ça, j'avais croisé cet écrivain pour un roman qui m'avait profondément ennuyé. Je lui donne une seconde chance. Bien m'en a pris. Reinaldo Arenas a compilé dans ce recueil les écueils de sa vie, entre 1963 et 1987, entre La Havane et New-York, escale à Miami.
J'y ai découvert une vision presque burlesque de Cuba, des fantasmagories d'écrivains, un mélange de tristesse et de mélancolie. J'aime la tristesse. J'aime aussi la mélancolie. Ça tombe bien, alors… D'autant plus que certaines histoires apportent son lot de rage et de violence. Je peux même goûter à la scatologie, un parfum de merde et de pus qui contrebalance donc celui de mon verre de rhum. J'ai senti une certaine haine mais aussi un grand amour pour son île. Cuba, la fière, Cuba la malheureuse. le pire me semble être cet espoir déchu car même à New-York ou à Miami, j'ai l'impression que l'auteur n'est pas à sa place. Mais vivre à La Havane, malgré les jolies filles - remarque il s'en fout des jolies filles -, c'est un peu comme vivre en prison les barreaux en moins, la musique en moins, les discours interminables du fidèle dictateur en plus. Faudrait-il descendre à Key West, le point le plus au sud avant l'enfer, avant l'île ensoleillée où il serait si bon de prendre un verre de rhum au bord de la piscine (j'y tiens à mon rhum). Je ne ferais pas le difficile, me contentant d'un mojito sur la plage, le soleil se couchant, mon âme plongé dans les vagues, mon regard plongé dans les bikinis… et éteindre la radio, parce que le Fidel a plutôt une voix de Castafiore… Au sud de Key Kest, l'enfer.
Lien : http://memoiresdebison.blogs..
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Julitjubile
  21 mars 2013
Reinaldo Arenas (1943-1990) est un écrivain cubain, exilé aux Etats-Unis en 1980, célèbre par son récit autobiographique Antes que anochezca (en français Avant la nuit) qui témoigne des exactions du régime castriste, notablement à l'encontre de l'homosexualité.
Bonne nouvelle : par sa plume anticonformiste, il excelle également dans l'art de la nouvelle. Pour s'en convaincre, il suffit de s'attaquer au recueil Adiós à Mamá. Késako ? Peu de temps avant sa mort, l'écrivain rassemble huit nouvelles écrites à La Havane, Miami et New York de 1963 à 1987...
La suite sur mon blog :
Lien : http://notesvagabondes.wordp..
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tristantristan
  04 décembre 2017
Recueil de 8 nouvelles assez inégales dont aucune n'est vraiment marquante.
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VACHARDTUAPIED
  08 avril 2013
on retrouve une fois de plus son humour
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   27 mars 2017
De toute façon, maintenant, que tu le veuilles ou non, tu es ici. Tu vois ? Les rues sont faites pour les gens qui s’y promènent, il y a des trottoirs, des galeries des porches, de hautes maisons de bois aux balcons ajourés, comme en bas… Nous ne sommes plus à New-York, où les gens te poussent sans te regarder ou s’excusent sans te toucher ; ni à Miami où il n’y a que d’affreuses voitures défoncées qui foncent sur des prairies d’asphalte. Ici tout est à l’échelle humaine. Comme dans le poème, il y a des personnages féminins – masculins aussi – assis sur leurs balcons. Ils nous regardent. Des groupes se forment au coin des rues. Sens-tu la brise ? C’est la brise de la mer. Sens-tu la mer ? C’est la nôtre… Les jeunes gens se promènent en short. Il y a de la musique. On l’entend de toutes parts. Ici, tu ne vas pas étouffer de chaleur ni geler de froid, comme là-haut. Nous sommes tout près de La Havane…
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le_Bisonle_Bison   24 mars 2017
Elle a éclaté. Sa figure avait continué de grossir au point de former une boule merveilleuse puis elle a crevé. De même, son ventre, si énorme qu’il faisait glisser continuellement le dessus-de-lit, s’est ouvert. Tout le pus accumulé dans son corps nous inonde. Nous en sommes enivrés. Les excréments retenus jaillissent aussi à gros bouillons. Tous les cinq, nous respirons, extasiés. De nouveau, en nous tenant par la main nous tournons autour d’elle et nous voyons comment des filets d’humeur et de pus coulent de son nez démesuré, de sa bouche qui s’est fendue en deux moitiés. Maintenant son ventre, qui en s’ouvrant s’est transformé en une sombre flaque qui ne cesse de bouillonner, exhale aussi des relents délicieux. Fascinés, nous nous approchons tous ensemble pour contempler le spectacle de maman. Les tripes, qui éclatent encore, provoquent un grouillement continu ; les excréments, baignant ses jambes qui se sont mises à trembloter sous l’effet d’explosions successives, mêlent leur parfum à celui qu’exhale le liquide noirâtre, orangé, vert, jaillissant à flots de sa peau toute entière. Ses pieds, transformés en sphères lisses, éclatent, baignant nos lèvres, qui les baisaient avidement. Maman, maman, crions-nous en tournant autour d’elle, enivrés par les émanations qui jaillissent de son corps en pleine ébullition.
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le_Bisonle_Bison   25 mars 2017
The Southernmost Point in the U.S.A. C’est ce qu’il y a sur le panneau. Quelle horreur. Comment pourrait-on dire cela, nous autres ? Le point le plus au sud des Etats-Unis, bien sûr. Mais ce n’est pas pareil. La phrase fait trop long, elle y perd en précision, en efficacité. En espagnol, ça ne donne pas l’impression que l’on se trouve à l’endroit le plus au sud des Etats-Unis, mais en un point, au sud. Tandis qu’en anglais, cette rapidité, ce Southernmost Point avec les T dressés au bout nous indique que le monde se termine ici même ; une fois que l’on aura franchi ce point et traversé l’horizon, on ne trouvera plus que la mer des Sargasses, l’océan ténébreux. Ces T ne sont pas des lettres, ce sont des croix – regarde comme elles se dressent – qui indiquent clairement que derrière elles c’est la mort ou, pis encore, l’enfer.
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le_Bisonle_Bison   03 février 2017
…le travail consistait à aborder les touristes à leur descente de bateau pour les convaincre (« par tous les moyens ») de le suivre à la fabrique d’eau-de-vie et arrivés là, de se saouler. C’est en cela que consiste ton travail. Les convaincre, les gagner à toi, les entraîner jusqu’ici pour qu’ils boivent notre rhum.
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tristantristantristantristan   04 décembre 2017
- maman est morte, déclare Onelia en entrant au salon où nous attendions, désespérés, notre tour pour prendre soin de la malade. - Elle est morte, redit-elle d'une voix étouffée, lointaine. Nous la regardons tous, étonnés, sans prendre conscience encore de la nouvelle, et la stupeur récente nous rend muet. Lentement, en rang, nous nous dirigeons vers la grande pièce où elle se trouve.
p.39
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Videos de Reinaldo Arenas (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Reinaldo Arenas
My Lover the Sea, by Reinaldo Arenas, Filmed by Gerard McGarity
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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