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Myriam Revault d'Allonnes (Traducteur)
EAN : 9782020588966
288 pages
Éditeur : Seuil (15/04/2003)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 10 notes)
Résumé :

Juger : une activité humaine en apparence simple, que certains réduiraient volontiers à sa forme courante judiciaire ou à ses aspects purement logiques. H. Arendt, au contraire, discerne dans cette activité éthique par excellence ce qui permet d'agir selon des valeurs et de résister à l'inacceptable : elle met ainsi en évidence l'importance politique de ce verbe performatif.

D'où vient la « faculté de juger » ? Quelle est sa place en phi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
peloignon
  06 novembre 2013
C'est en écoutant une entrevue télévisée où Michel Onfray m'avait laissé perplexe en évoquant la « dimension politique » de la pensée kantienne et surtout l'influence de cette dernière sur des gens comme Eichmann que je me suis senti interpellé à lire ce livre puisque, selon Onfray, c'est Arendt qui aurait mise en lumière cette dimension politique et ce lien entre Kant et la dimension administrative des camps de concentration nazis.
Ces affirmations m'apparaissaient extraordinairement surprenantes étant donné que Kant n'a écrit que quelques opuscules sur le politique et bien souvent sur un ton ironique et badin qui fait contraste avec ses oeuvres majeures. de plus, si certaines idées politiques kantiennes se démarquent de ces écrits mineurs au sein de son oeuvre, ce sont avant tout la notion de cosmopolitisme, de citoyenneté du monde ou encore celle de la légalité dans la Métaphysique de moeurs.
C'est donc pour en avoir le coeur net que j'ai été lire ce livre d'Arendt consacré à la question du politique chez Kant.
Or, dès le premier paragraphe, c'est un tout autre son de cloche que l'on entend. Arendt écrit en effet, que « Kant...n'a jamais écrit une philosophie politique. » (p.21) de plus, la perspective d'Arendt n'entend pas non plus s'attarder aux rares écrits où la question est directement évoquée par Kant, mais explorer plutôt la Critique de la faculté de juger en partant de l'idée que le jugement est au fondement de l'activité politique et que Kant aurait pu, sinon peut-être du, aborder la question dans cette optique. C'est ainsi l'absence de capacité de juger d'Eichmann qui en aurait fait un instrument aussi parfait pour le nazisme.
Bref, cette réflexion brillante (et malheureusement inachevée car Arendt est décédée alors qu'elle travaillait sur le sujet) concerne avant tout le jugement et n'a rien à voir avec le nazisme proprement dit, hormis l'exemple d'Eichmann et autres collaborationnistes qu'Arendt tente de comprendre en tant qu'ils seraient dénués de faculté de jugement.
De plus, il faut comprendre que ce travail ne se fait pas dans une perspective herméneutique propres aux exégèses académiques, mais plutôt à des fins d'appropriation philosophique. L'avertissement de Heidegger dans l'avant-propos de la 2e édition de son Kant et le problème de la métaphysique, selon lequel « [u]n tel dialogue de pensée entre des penseurs est [...] soumis à d'autres lois que les méthodes de la philologie historique, dont la tâche est différente » (p.55) me semble donc aussi parfaitement approprié à ce livre. Dans les deux livres, on trouve en effet très clairement les lignes de préoccupations d'Heidegger de d'Arendt, mais, malgré de multiples allusions et citations, assez peu de Kant.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
peloignonpeloignon   14 novembre 2012
Le penser critique n’est possible que là où les points de vue de tous les autres sont ouverts à l’examen. C’est pourquoi le penser critique, qui est pourtant une affaire solitaire, ne se coupe pas de « tous les autres ». Il poursuit assurément son chemin dans l’isolement, mais, par la force de l’imagination, il rend les autres présents et se meut ainsi dans un espace public potentiel, ouvert à tous les points de vue; en d’autres termes, il adopte la position du citoyen du monde kantien. Penser avec une mentalité élargie veut dire qu’on exerce son imagination à aller en visite.
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CliffordClifford   24 décembre 2020
Chez Kant, l'importance de l'histoire ou de l'événement ne réside précisément pas dans sa fin mais dans le fait qu'elle ouvre de nouveaux horizons pour l'avenir.
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CliffordClifford   24 décembre 2020
Une mentalité élargie est la condition sine qua non du jugement correct.
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Videos de Hannah Arendt (25) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hannah Arendt
A 70 ans, elle dit avoir l'impression d'être dans un "sas", pas encore atteinte par les conséquences de l'âge mais portant les cicatrices de la vie. Laure Adler, productrice de L'Heure bleue sur France Inter, essayiste, biographe de Marguerite Duras, d'Hannah Arendt, ou de Charlotte Perriand, nous parle de ce bel âge qu'est la vieillesse.
Cinquante ans après "La Vieillesse", de Simone de Beauvoir, elle nous emmène en voyage dans ce pays que nous connaîtrons tous. Avec "La Voyageuse de nuit" (Grasset), elle mêle souvenirs personnels, textes de grandes figures – de Marguerite Duras à Proust, en passant par Edgar Morin, - et réflexions sur notre temps.
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