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Jerome Kohn (Éditeur scientifique)Jean-Luc Fidel (Traducteur)
EAN : 9782228904063
362 pages
Payot et Rivages (04/03/2009)
4.35/5   20 notes
Résumé :

Vous êtes " normal ", une personne ordinaire. Ni un criminel, ni un idéologue, ni un monstre pathologique. Un jour, toutes les normes auxquelles vous étiez habitué s'effondrent. Dès lors, vous courez le risque d'être complice des pires choses.

Comment l'éviter ? Comment distinguer le bien du mal ? Comment dire " non " ? En essayant d'évaluer la situation. Pour cela, explique Hannah Arendt, il faut penser - et penser par soi-même. Cet acte... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique

Essai un peu difficile, ce n'est à lire sur la plage mais ça vaut le coup de s'accrocher. Ecrit après le procès d'Eichmann auquel Hannah Arendt avait assisté. Sa théorie de la "banalité du mal" a été beaucoup critiquée mais elle n'est pas aussi pessimiste et surtout aussi fataliste qu'on a bien voulu le dire. Ce n'est pas que le mal est en nous tous, c'est qu'il PEUT l'être. Cela ne dépend pas de la culture (le nazisme est né dans un grand pays de culture) mais du jugement et il est donné à tout le monde. Voir Béranger dans Rhinocéros de Ionesco, celui qui résiste n'est pas celui qu'on attendait. C'est le défaut de pensée, de jugement critique qui a amené le nazisme selon Hannah Arendt. Il n'est pas facile de résister encore aujourd'hui à la pensée unique, à des règles de conduite prescrites par l'époque et c'est un combat intérieur permanent que de tenter de le faire en sachant que chacun peut toujours se laisser aller à des jugements hâtifs. Mais cette réflexion est passionnante parce elle nous responsabilise et qu'elle fait la force de l'humanité.

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Livre passionnant qui regroupe plusieurs conférences données par Hannah dans les années 1970. Responsabilité et jugement donc, elle revient notamment sur le procès Eichmann qu'elle a suivi et qui lui a fait théoriser la banalité du mal....

Comment faire pour ne pas se comporter comme l'ont fait les nazis ? Telle est la question qui la hante...

En pensant (dialogue entre soi et soi-même) car personne n'a envie de passer sa vie à dialoguer avec soi-même...

En se prenant des modèles (Socrate).

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Un ouvrage à lire, quel que soit notre domaine d'exercice professionnel, ou la source de nos questionnements sur ceci : comment me sortir de ce dilemme opposant mes valeurs à mes intérêts ?

Quelle est notre responsabilité sociale, où commence-t-elle ? Où s'arrête-t-elle ?

Une lecture intéressante qui nous permet de se mettre en accord avec nos'principes et les mettre en oeuvre.

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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
ce qui m’a convaincue de devenir américaine, c’était l’existence de fait d’un corps politique, en opposition complète aux États-nations européens, avec leur population homogène, leur sentiment organique de l’histoire, leurs divisions de classes plus ou moins décisives et leur souveraineté nationale fondée sur la notion de raison d’État. L’idée que, dans les moments cruciaux, la diversité doit être sacrifiée à l’« union sacrée » de la nation, jadis triomphe supérieur de la puissance assimilatrice du groupe ethnique dominant, a commencé à s’effriter sous la pression de la transformation menaçante de tous les gouvernements — y compris celui des États-Unis — en bureaucraties ; ce n’est plus l’État de droit ni le gouvernement des hommes, mais l’empire des bureaux ou des ordinateurs anonymes, dont la domination entièrement anonyme peut devenir un plus grand danger pour la liberté et pour le minimum de civisme sans lequel aucune vie commune n’est concevable que l’arbitraire le plus terrible que les tyrannies passées aient vu. Mais ces périls liés à une simple question d’échelle, associée à la technocratie, dont la domination menace toute forme de gouvernement d’extinction, de « dépérissement » — qui n’est d’abord qu’un mauvais rêve idéologique délibéré et dont les propriétés cauchemardesques ne se détectent que moyennant un examen critique —, n’étaient pas encore à l’ordre du jour de la politique quotidienne, et ce qui m’a influencé lorsque je suis arrivée aux États-Unis, c’était précisément la liberté de devenir une citoyenne sans avoir à payer le prix de l’assimilation.
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Dans la solitude, je suis "parmi moi-même", en compagnie de moi-même, et donc deux-en-un, tandis que dans la désolation, je suis en vérité un seul, abandonné de tous les autres.
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Politiquement, la faiblesse de l'argument du moindre mal a toujours été que ceux qui choisissent le moindre mal oublient très vite qu'ils ont choisi le mal.
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Ce pernicieux mot d'obéissance...
La question posée à ceux qui ont participé et obéi aux ordres ne devrait donc jamais être :"Pourquoi avez vous obéi?" mais : " Pourquoi avez-vous donné votre soutien?"
in Annah Arendt , RESPONSABILITE ET JUGEMENT, page 91
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A cette égard, l'effondrement moral total de la société respectable sous le régime de Hitler peut nous enseigner quand de telles circonstances, ceux qui chérissent les valeurs et tiennent fermement aux normes et aux standards moraux ne sont pas fiables : nous savons désormais que les normes et les standards moraux peuvent changer en une nuit, et qu'il ne restera plus que la simple habitude de tenir fermement à quelque chose . Bien plus fiables sont ceux qui doutent et sont sceptiques, non parce que le scepticisme est bon ou le doute salutaire, mais parce qu'ils servent à examiner les choses et à se former un avis. Les meilleurs de tous seront ceux qui savent une chose : que, quoi qu'il se passe, tant que nous vivrons, nous vivrons avec nous-mêmes.
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Videos de Hannah Arendt (31) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hannah Arendt
« La littérature, c'est ce sursaut de l'imagination dont on a tant besoin. » Justine Augier
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**Croire. Sur les pouvoirs de la littérature** de Justine Augier
Dans une époque prodigue en menaces et en sombres horizons, tandis qu'elle tourne autour d'un livre qui affirmerait la puissance du langage, Justine Augier voit son projet d'écrire sur la littérature comme lieu de l'engagement entrer en collision avec la maladie et bientôt la mort de sa mère. Alors que la nature même de l'urgence mute, l'intime et l'universel se tressent dans un texte bouleversant de justesse et de clairvoyance. Qui choisit de croire à la force des mots, à la valeur sacrée de leur sens, à leur mise en acte – aux pouvoirs de la littérature. Jusqu'à faire de chaque lecteur un résistant. À l'intersection du littéraire et du politique, un livre bref et fulgurant qui trouve sa place auprès de ceux de Hannah Arendt et Joan Didion.
https://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature/croire
--- #litteraturefrancaise #rentréedhiver
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