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ISBN : 2070267687
Éditeur : Gallimard (20/02/1970)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Quatrième de couverture:
Ce document, écrit par le meilleur conteur péruvien contemporain, est aussi un grandiose western andin. Autour de deux frères, grands seigneurs péruviens, l'un farouchement opposé au progrès et l'autre qui essaie, sans succès, de composer avec la civilisation moderne, évoluent des centaines de personnages dans un climat passionnel : Indiens libres ou serfs, grands propriétaires et petits blancs, financiers internationaux et hommes de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
lglaviano
  09 novembre 2014
EXTRAITS CIBLÉS DE LA THÈSE DE MARTINE RENS SUR LA DIMENSION ÉTHIQUE DE L'OeUVRE NARRATIVE DE JOSÉ MARÍA ARGUEDAS
http://doc.rero.ch/record/3091/files/these_RensM.pdf/
"TODAS LAS SANGRES" (TOUS SANGS MÊLÉS, en français): L'alternance de la révolution et de la réconciliation:
Entre la parution de "El Sexto" en 1961, et celle de "Todas las sangres" ("Tous sangs mêlés") en 1964, il y a un écart thématique qui peut paraître surprenant. En effet, avec El Sexto, nous pénétrons dans un microcosme clos, alors que dans Todas las sangres nous embrassons l'immensité du Pérou, ce qui souligne plus clairement la volonté de globalité et de totalité du projet arguédien.
De quoi s'agit-il donc dans ce roman sur le plan historique? de la fin d'une
société féodale à bout de souffle, où un secteur, celui des grands propriétaires
terriens, est en train de s'effondrer et de disparaître sous la pression conjuguée de
l'ouverture des grandes lignes de communication comme la route panaméricaine,
et de la croissance de la société industrielle. le roman débute sur les conséquences de cette réalité : un monde se meurt et un autre naît. Nous sommes en présence d'un processus de rupture : un monde est en train d'éclore, et un autre se refuse à mourir. Rien de ce que l'écrivain a précédemment écrit n'est nié; nous avons plutôt l'extension et l'approfondissement, une tentative de synthèse en quelque sorte, des récits antérieurs avec un souci grandissant de consigner la totalité de la société d'un Pérou qu'il sent en effervescence.
Bien sûr, il n'est plus question ici d'un "je" individuel et protecteur. Il s'agit de la
peinture de points de vue différents, à travers la multiplicité et le foisonnement
des personnages ayant des visions de la vie autres et qui se contredisent au fil de
l'action, dans une tentative d'exposition approfondie de toutes les palettes d'idées
chères à l'auteur. Dans cette perspective, Arguedas va nous présenter la force sociale de l'Indien enfin reconnue, au sein de l'ensemble national. le héros, Rendón Wilka, représentera l'élément dynamique de la nouvelle frange sociale andine.
Nous sommes ici face à la geste du Pérou moderne, au milieu du XXème siècle,
avec la présentation de tous les partis politiques, de toutes tendances, de même
que celles des forces internationales qui font pression sur le Pérou, notamment
celle des USA., laquelle va accélérer la confrontation des forces en présence au
sein de la nation et jouer le rôle de catalyseur d'un affrontement. Nous découvrons l'ambition irréductible du romancier de cerner l'unité organique que constitue le Pérou, présentée dans ce que d'aucuns nomment son chef-d'oeuvre.
Lors du Primer Encuentro de narradores peruanos, Arguedas précise le sens de
sa thématique qui sous-tend la vision complète d'un pays pluriel. Il s'agit bien à
nouveau de la lutte entre les grandes puissances de la planète qui de l'extérieur,
manipulent le Pérou, comme les autres pays fragilisés par leur développement.
En tout état de cause, nous avons là l'oeuvre d'un écrivain arrivé à la maturité de
sa pensée et de son écriture, ainsi que l'affirme Alberto Escobar:
"Todas las sangres merece, en primer término, ser entendido como lo que es: la
novela de un escritor maduro que llega a la plenitud de su carrera literaria, cuando ese
esplendor coincide con el ensanche de su experiencia humana y su análisis del mundo
y de los hombres que le prestan la inspiración creadora".223
Mais quelle est la réalité du contexte politique qui entourait l'écrivain, au
moment de la conception difficile de Todas las sangres? Nous savons, grâce à sa
correspondance, que son roman a vu le jour en raison du soutien de la psychiatre
Lola Hoffman.
Durant ces années mouvementées, le problème de la réforme agraire est au
centre des débats et des clivages politiques, ce qu'Antonio Cornejo Polar raconte
plus précisément comme suit:
"En 1963, con apoyo popular y de las Fuerzas Armadas, sube al poder Belaúnde
Terry, luego de una extensa campaña electoral en la que enfatiza a la índole
progresista de su movimiento y la decisión de llevar a cabo una verdadera Reforma
agraria. Tanto el ejemplo de la Convención cuanto las prédicas de Belaúnde motivan
la intensificación de la agitación campesina: durante 1963 y 1964 se producen
incontables invasiones de tierras en casi todas las regiones del país y comienza a
ponerse al descubierto la verdadera naturaleza del régimen Belaúnde. de hecho, ante
la presión de las fuerzas reaccionarias y en manifestación de su propia debilidad y de
su incongruencia, el gobierno inicia desde comienzos de 1964 una sangrienta
represión contra las masas campesinas -halagadas menos de un año antes, con
promesas electorales-. Es el comienzo de la derechización del régimen. En 1965
estalla el movimiento guerrillero".224
N'oublions pas que José María Arguedas a été directeur de la Casa de la
Cultura entre novembre 1963 et aout 1964, date à laquelle il présentera sa
démission au gouvernement qui l'avait nommé.
Jorge Cornejo Polar, frère d'Antonio Cornejo Polar, dans un article intitulé
"Arguedas y la política cultural en el Perú", insiste sur la poursuite de
l'intégration des différents apports de la richesse d'un patrimoine andin et
hispanique, et fait d'Arguedas à la fois l'instrument d'une démocratisation fondée
sur une idée du nationalisme respectueux des deux sources fondamentales du
patrimoine culturel du pays. Et Jorge Cornejo Polar de citer Arguedas lui-même
lors d'une déclaration qu'il a faite alors qu'il était à la tête de "La Casa de la
Cultura":
"Esa circunstancia hace de la realidad de nuestra patria un mundo que ofrece la segura
y afortunada posibilidad de llegar a ser un país con una fisonomía propia, con una
personalidad distintiva y original."225
D'autre part, comme on l'aura compris, l'état psychologique de l'écrivain n'était
pas des plus stables ce que confirme Sara Castro-Klaren qui l'avait rencontré en
1966:
"Arguedas wrote Todas las sangres in a state of frenzy. He was so taken with the
characters of Rendon and don Bruno that he sent the manuscript to the editors without
even revising it once. He said that he felt that for the first time he had been able to
create two truly living persons in this most unusual pair of master and servant. But
Todas las sangres is not merely the chronicle of a soul, nor the story of a people.
Neither is the narrative of the heroic ambitions and actions of some of the characters.
It is rather the delineation of the phenomenon and dynamics of a world in the midst of
metamorphosis".226
Dès la malédiction des deux fils Fermín et Bruno par leur propre père, sur le
point de se suicider -ce qui révèle une constatation d'échec de sa classe de grand
propriétaire terrien appauvri, qui n'a plus de pouvoir effectif- que ses enfants
haïssent, et qui, de surcroît, est devenu ivrogne, nous avons sous les yeux, la fin
d'une caste, avec un processus d'acculturation que le vieillard récuse au moment
de son suicide, en jetant l'anathème sur ses enfants qui l'ont déjà renié. Ce début
pamphlétaire touchant la caste des grands propriétaires terriens, ouvre le débat
sur la situation du pouvoir. Où se trouve, en effet, ce dernier?
Dans ce cas le pouvoir réside encore entre les mains du père avec, à ses côtés
comme à l'accoutumé le pouvoir des Indiens, bien réel celui-là, comme le
reconnait à contre coeur don Andrés Peralta qui s'avoue indianisé par ses propres
Indiens, lesquels vont d'ailleurs prendre du fait de la situation familiale trouble
du patron, la relève du pouvoir. Nous sommes bien proches de la réconciliation
sociale d'un des grands propriétaires avec les communautés d'Indiens qui, à sa
mort et selon sa dernière volonté, viendront se partager ses biens personnels, puis
enterrer sa femme, doña Rosario Iturbide, à l'indienne. Nous sommes aussi à la
veille d'un divorce des deux frères maudits: don Fermín, l'industriel capitaliste,
ayant le sens de la patrie et du progrès, et don Bruno, le seigneur à l'ancienne, le
traditionaliste, mystique, responsable des âmes de ses Indiens avant toutes
choses.
La situation des deux frères déclassés va entraîner l'action du roman vers une
véritable révolution sociale, imprévisible pour les acteurs qui cherchent à
redessiner l'histoire du Pérou dans deux sens opposés. Il s'agit d'une guerre
féroce -le mot n'est pas trop fort- entre deux visions éthiques contradictoires. Les
deux frères n'ont rien en commun, pas même une mémoire familiale propre, à
l'exception des souffrances dont ils se rendent mutuellement coupables. Les
idéologies auxquelles ils s'apparentent sont diamétralement opposées et les
amèneront à s'affronter impitoyablement.
C'est d'ailleurs ce que souligne Sara Castro Klaren dans son article:
"Don Bruno argues in defense of a precapitalist world and don Fermin imagines the
birth of a Calvinist conscience".227
Comme Arguedas l'a fait remarquer dans Primer Encuentro de narradores
peruanos, l'ambition qui ne serait pas originellement au service de l'homme
constitue l'essentiel du conflit entre don Fermín et don Bruno; l'affrontement se
situe principalement à un niveau axiologique. C'est d'ailleurs en vertu de sa
volonté de pouvoir, que don Fermín relève le défi de la malédiction paternelle.
Les termes employés sont clairs. Ecoutons-le dans les explications qu'il fournit à
son frère, don Bruno, afin de conjurer l'anathème jeté par leur père et de restaurer
l'ordre et l'honneur des grands propriétaires terriens:
"Se trata de conjurar la maldición solemne de nuestro padre; la maldición de hoy, que
nos ha lanzado desde la torre, en ayunas, no borracho, en pleno cabildo. Si seguimos
como caínes, se confirmará que hemos sido alcanzados por la maldición, que criamos
al demonio en nuestras almas; pero si logramos vivir como hermanos, si nos
ayudamos como hermanos, si prosperamos en lugar de arruinarnos, se probará que fue
un extravío de nuestro padre que fue el demonio y no Dios quien habló por su boca.
¡Trabajaremos! Tú me ayudarás y yo a ti. Lavaremos nuestras culpas, si las tenemos.
Seremos grandes".228
Dans cet appel inattendu à la fraternité entre don Fermín et de don Bruno, fait
par le premier, il s'agit plutôt d'une apologie de l'ambition personnelle domptée et
maitrisée, compte tenu de l'entrave paternelle, de même que d'une éthique
nouvelle, qui fasse croître les deux frères aux dépens de tous ceux qui
voudraient empêcher cette ambition, axée sur la détention du pouvoir et sur
l'argent.
A partir de cette alliance précaire, compte tenu des visions trop éloignées qui
animent les deux frères, va s'instaurer une trêve qui ne correspond cependant pas
à une réconciliation, mais elle va permettre d'orienter les différents jeux
d'alliances, lesquels favoriseront la possible émergence d'une révolution sociale,
qui finalement dépassera les protagonistes en présence. Ici nous voyons s'affiner
la vision de l'auteur qui se rend compte que les enjeux de la société péruvienne
dépendent, à l'heure où il écrit, de données économiques au niveau mondial.
Comme l'a souligné Antonio Cornejo Polar, les alliances alternent avec les
retournements de situation, au gré des événements; nous avons tout d'abord don
Bruno contre son frère don Fermín; puis l'alliance conjuguée des deux frères
contre le Consortium, une étape où don Bruno sera opposé à Rendón, puis enfin,
l'association sacrée et sainte à la fois, de don Bruno et de Rendón, contre don
Fermín et le Consortium.
Nous pensons en effet, que le personnage de don Bruno, avec son perpétuel
débat intérieur entre le bien et le mal au sens catholique du terme, constitue,
grâce à son évolution éthico-spirituelle, le fil conducteur de l'action romanesque
de ce roman dostoïevskien qui, de par la multiplicité et le foisonnement des
personnages, se situe aux antipodes de Los ríos profundos, lequel demeure un
récit lyrique et intimiste. Aux deux extrêmes du conflit déclaré, se trouvent don
Bruno et le Consortium, la spiritualité contre le matérialisme sans freins ne
possédant plus nation ni identité d'ailleurs. Nous reviendrons sur l'évolution
morale de don Bruno, sur son éthique fondée sur la notion du service envers
l'autre, suivant les alliances successives.
Pour ce qui concerne don Fermín figurant l'industriel péruvien engagé dans le
processus de modernisation de son pays, nous savons qu'il ne peut, ni partager le
point de vue du Consortium ni, malheureusement, s'y opposer efficacement, ce
qui ne l'empêchera pas de tenir tête à Cabrejos, l'ingénieur, agent du Consortium
apatride.
Le personnage de don Fermín restera dans une certaine mesure sympathique,
malgré sa pensée matérialiste et sa soif de pouvoir, en raison de l'ambition qu'il
nourrit pour son pays ce qui l'humanise quelque peu. En effet, amoureux de son
pays, et de ses potentialités toutes neuves, il présente le visage d'une classe
croissante de la société péruvienne.
En artiste consommé l'écrivain sculpte les opinions de chaque personnage, en
proie à sa vision, et organise conjointement une série de frustrations, qui vont se
répercuter les unes sur les autres, pour créer cette spirale de déstructuration et de
restructuration simultanée, qui est en passe de métamorphoser le paysage du
Pérou. A travers les valeurs du bien, bafouées par la hiérarchie, en créant une
lutte sans merci pour la redistribution du pouvoir l'écrivain ausculte et témoigne
tout ensemble d'une société en processus de changement.
Parallèlement à cette redistribution du pouvoir, suivant la progression des valeurs
et en déterminant l'orientation du pays lui-même, Arguedas nous offre un visage
de plus en plus diversifié de la femme: il ne s'agit pas de l'eros et de l'agapé
étudié par Francisco González Galo(229), mais de l'importance croissante de
l'action de la femme au sein de la société.
Nous avons déjà essayé de souligner la part active et diversifiée que l'auteur
accordait aux femmes dans la société. Selon cette perspective, nous avons dans
Todas las sangres un échantillon de personnages féminins qui exercent leur
influence, à tous les niveaux, avec une même simplicité, force d'expression et
audace, qui fait d'elles de véritables héroïnes et actrices à part entière du destin
de leur nation.
Que l'on pense à des jeunes femmes comme Asunta de la Torre, aimant son
village, San Pedro de Lahuaymarca, qu'elle estime sans prix; ou à Mathilde, dont
les yeux, comme les cailloux polis des fonds des rivières, selon le dire de
l'écrivain, apaisent, par la douceur, l'ambition effrénée de son mari, don Fermín;
ou la métisse aimée de don Bruno, qui entourera ce dernier de tendresse tout en
calmant sa violence. Don Bruno ne tue-t-il pas en effet Felisa, pour vivre avec
Vicenta, l'amante apaisante comme une mère?
Ces femmes, en plus de l'affection qu'elles prodiguent et suscitent, exercent une
influence déterminante sur le plan social, et ceci depuis Diamantes y pedernales
et Los ríos profundos. Il y a également les femmes plus âgées, telle Doña
Adelaida, qui déclare dans Todas las sangres:
"Que aquí hay sólo dos varones : Asunta y yo".230
Dans le village de San Pedro de Lahuaymarca, désertifié, ces deux femmes
représentent toute la vie sociale, la hiérarchie à travers certaines strates de la
société qu'elles incarnent, mais surtout et avant tout, elles incarnent le courage
lucide, l'impossibilité de trahir et d'abandonner! Elles assurent la continuité et la
perennité de la société traditionnelle. Rappelons-nous l'importance de
l'enterrement de doña Rosario Iturbide, où Rendón Wilka avait pris la parole:
"Señora madre Doña Rosario, de Lahuaymarca. Tú que has sufrido en otro lado que
tus hermanos, que el gran patrón don Bruno te ha dado después que has muerto, habla
por nosotros a Dios. Tú mejor lo conoces que tus hermanos ignorantes. Nosotros te
daremos alcance, y si sigues sufriendo por orden de Dios, te alcanzaremos para
salvarte. Te llevaremos adonde nuestros muertos trabajan. Espera tranquila, doña
Rosario de Lahuaymarca".231
Par ailleurs, il y a les femmes difformes, qui sont marquées par la différence ou
la monstruosité et qui tranchent sur la normalité sociale, qui les métamorphose
en signes vivants de la miséricorde divine ce qui est souligné par leur
progression vers le salut et une forme de sainteté: parallèle à la "opa" Marcelina
de Los ríos profundos, la kurku Gertrudis de Todas las sangres.
Ces êtres marqués de l'infirmité pour ce qui est de la kurku, ou la démence en ce
qui concerne Marcelina, dénoncent l'impossibilité de réponse à la violence, ainsi
que l'incapacité d'échange harmonieux, au sein d'une société dénaturalisée et
désacralisée.
En dépit de leurs différences, ces deux femmes intègrent, par le signe d'espoir
éthique et métaphysique qu'elles impliquent, une dimension inaccessible à
l'humain, en proie à ses passions, qu'elles accusent aussi bien par l'incapacité
d'une réplique que par leur ascension sur le chemin de la vie, vers le rachat et la
rédemption.
Plus que "la expresión irracional de la cólera de Dios", dont nous parle Sara
Castro Klaren, nous avons à faire à des êtres comme "el upa", don Mariano, dans
Diamantes y pedernales, qui sont des "ponts", des liens entre le divin et le
profane, qui donne accés à l'épiphanie de la Volonté de Dieu.
Souvent sensibles à la musique, ces personnages sont les témoins de l'ignominie
humaine, n'acceptant pas la différence vécue à travers une anomalie.
Néanmoins la progressive recherche de ces êtres marqués par le destin, suivant
une lente ascension de l'âme vers la pureté que finalement elles rejoignent,
indique la face cachée de leur difformité apparente: le signe du Divin, la vision
mythique, dont parle William Rowe, et la perspective magico-religieuse, d'où les
traces de rationalisme matérialiste sont exclues. Rappelons l'interprétation du
critique, en ce qui concerne la opa récupérant la châle de doña Felipa, la
meneuse des "chicheras" dans Los ríos profundos:
"En la parte final del libro, la acción converge alrededor de dos motivos centrales, la
opa y los colonos, y ambos implican una transformación de la realidad en la cual se
vislumbra el nuevo orden. La opa ha cogido de la cruz sobre el puente el chal de doña
Felipa y junto con doña Felipa, el río y el zumbayllu se convierte en parte de una
contra-realidad sagrada. Ernesto continúa oponiéndose al orden establecido al volver
boca abajo la religión oficial. Cuando la opa trepa, la torre de la iglesia, la visión de
un orden trastocado se transmuta en realidad: su locura se convierte en verdad, su
profanación en pureza".232
La folie et toutes espèces de difformités physiques ou morales apparaîssent
comme autant de signes providentiels. Ainsi la difformité morale de don Bruno,
la luxure et la culpabilité s'alimentant l'une de l'autre, cheminent laborieusement
vers la rédemption; nulle part mieux que dans "Todas las sangres", nous ne voyons le
progressif effort de salut mené par certains héros, don Bruno en premier.
223 Alberto Escobar: Art. cit., p. 290.
224Antonio Cornejo Polar: Op. cit., 1973, p. 188.
225Jorge Cornejo Polar: "Arguedas y la política cultural en el Perú", in Estudios de Literatura Peruana, Editorial Universidad de Lima, Perú, 1998, p. 277.
226Sara Castro Klaren: "Todas las sangres: a change of skin", in Latin American Literary
review, Pittsburgh, vol. 1, spring 1973, n° 2, p. 84.
227Ibidem, p. 92.
228José Mar
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