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ISBN : 2749802318
Éditeur : L'Avant-scène (01/01/1985)

Note moyenne : 3/5 (sur 1 notes)
Résumé :
À l’auberge des Adrets, Dumont l’aubergiste va marier son « fils ». Mais Charles qui est un enfant adopté, a peur que sa promise lui soit refusée si elle apprend son origine. La belle Clémentine et sa mère, Madame Vermeil, seront magnanimes... Cependant, deux individus rôdent près de l'auberge isolée : Robert Macaire a abandonné vingt ans auparavant. Elle ne le reconnapit pas. Deux gendarmes recherchent deux évadés des prisons de Lyon. Madame Vermeil a été gravement... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Cosaque
  07 septembre 2015
Avant toute chose il faut dire que le véritable auteur du « Boulevard du mélodrame » n'est pas Alfredo Arias, comme la fiche de renseignements de ce texte le laisse supposer, mais Juan Bautista Piñeiro. Malheureusement je n'ai trouvé que très peu de chose sur cet auteur. Les quelques informations le concernant viennent en grande partie de l'Avant Scène n°778 qui contient le texte et de quelques données glanées sur Internet. Né en Espagne en 1945, il a grandi en Argentine, s'est installé à Paris dans les années 70 où il a adopté le français comme langue d'écriture et finalement meurt du SIDA en 1994. Il disparaît à même pas cinquante ans ; et si j'en crois la seule pièce de lui que j'ai eu le grand plaisir de lire, c'est une perte pour l'écriture dramatique francophone.
Ce « Boulevard du mélodrame » est une parodie d'un genre théâtral très en vogue au cours du XIXe siècle à Paris, justement, le mélodrame. En outre le « Boulevard... » est aussi une adaptation de « L'auberge des Adrets ». Pièce qui a donné naissance à un des personnages de criminel qui a connu une immense célébrité dans le Paris populaire de cette époque ; il s'agit du terrible, de l'épouvantable, du monstrueux Robert Macaire. Or la genèse de ce personnage n'a pas été seulement dû au seul mérite de l'auteur de « l'auberge des Adrets », mais bien plus, au talent du grand  Frédérick Lemaître  qui le premier interpréta ce rôle. Car il a su transformer une figure grandiloquente de bandit cynique et sanguinaire en une espèce de ganache ridicule et dépenaillé.
Voici comment il décrit la manière dont il a envisagé son rôle:
« Un soir, en tournant et retournant les pages de mon manuscrit, je me mis à trouver excessivement bouffonnes toutes les situations et toutes les phrases des rôles de Robert Macaire et de Bertrand, si elles étaient prises au comique.
Je fis part à Firmin, garçon d'esprit, et qui comme moi se trouvait mal à son aise dans un Bertrand sérieux, de l'idée bizarre, folle, qui m'avait traversé l'imagination.
Il la trouva sublime!»
 Frédérick Lemaître, Souvenirs
Juan Piñeiro a en quelque sorte parodié une parodie. Sans doute fallait-il la luxuriance de l'imaginaire ibérico-argentin pour réussir ce tour de force. Tous les éléments mélodramatiques sont présents et poussés jusqu'à la limite du non-sens. Par exemple des orphelins retrouvent leurs géniteurs grâce à des marques de naissances, l'assassinat odieux d'une jeune et jolie veuve par une nuit d'orage, un Robert Macaire insaisissable qui réussit toujours à se tirer d'affaire grâce à son bagout, etc. . D'invraisemblances en invraisemblances l'intrigue devient complètement inextricable, l'identité des personnages perd toute crédibilité. Surtout lorsqu'une troupe de bohémiens qui investit la cour de l'auberge y exécute des tours de passe-passe et autres tours de forces acrobatiques, se révèle n'être qu'une brigade de gendarmes déguisés pour se saisir de ce criminel poursuivit par toutes les polices de l'Empire. Dès lors la pièce plonge dans le fantastique : les veuves ressuscitent et les ours parlent. le problème avec ce genre de procédé, c'est de trouver une porte de sortie pour achever la pièce de façon un tantinet cohérente ; ma seule réserve concerne justement la chute. Piñeiro a terminé sa pièce par une « pirouette » : Robert pour fuir ses poursuivants déchire le quatrième mur, se dérobant par cette issue au piège de l'action scénique en rejoignant les spectateurs. Ce genre de petite ruse narrative m'agace toujours un peu, car je trouve qu'il y a une tendance didactique à me rappeler que j'assiste à une représentation en rompant les conventions. C'est le seul bémol que je mets à cette pièce, et encore peut-être qu'avec des acteurs ayant de l'élégance cette fin sera toute naturelle; ce qui sans doute fut le cas en 1985 dans la mise en scène d'Alfredo Arias avec Jean Rochefort dans le rôle de Robert.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
CosaqueCosaque   07 septembre 2015
[...]Je me sens assez proche du théâtre lyrique qui se mélange au quotidien. Il y a aussi XIXe de grands auteurs et des comédiens fantastiques. Ce fut une époque très riche. Le mélodrame ouvrit les portes à la plupart des formes de théâtre qui sont apparues ensuite. Le public vivait en osmose avec le théâtre. Si la théâtralité gagnait la rue, c'était pour oublier une réalité plutôt noire. Des gouvernements bornés, des émeutes écrasées dans le sang. Le choléra décima l'Europe et frappa Paris en 1812, en plein carnaval, dans les bal masqués, au milieu de danses frénétiques, les arlequins s'écroulaient. Les loups de travestis tombaient découvrant des visages violacés, inertes.

Juan Piñeiro
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CosaqueCosaque   04 septembre 2015
ROBERT : [ ...] Il faut que le grand Robert Macaire entre en action...

BERTRAND : Qu'est-ce que veux dire ? Tu me fais peur ...

ROBERT : C'est peut-être le destin, ou mon flair légendaire, qui nous a guidés jusqu'ici. Cet endroit, ces gens, cette situation, tu comprends ? ... Malgré les "ingrédients", tout ça risque de devenir une histoire banale et insignifiante ... Mais grâce à mon intervention cela va prendre une tournure dramatique ! Ils devraient m'être reconnaissants ces gens-là... (Ténébreux.) Il faut de l'action ici, du larcin, de la forfaiture ... un peu de sang peut-être...

BERTRAND : Tes yeux sont devenus blancs ! (Effrayé) Tu as l'air d'un illuminé... qu'est-ce que tu as ?


SCENE I
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CosaqueCosaque   14 septembre 2015
CHARLES : Ah ! Chaque trait de lumière est un coup de foudre ! ... Partout autour de moi... le crime et l'ignominie... ma mère soupçonnée, et vous, vous... mon père... Ma tête s'égare...

ROBERT (après une pause) : Ah! si tu laissais ta tête s'égarer un peu plus souvent... tu serais plus juste envers ton père... [...] J'ai connu ta mère, une fille belle et sage, trop sage peut-être pour mon tempérament fougueux, passionné...Je ne pouvais pas supporter la médiocrité d'une existence bourgeoise, sans surprises... et alors j'ai commencé à voler... au début pour m'amuser, et après... cela m'amusait toujours... Les mauvaises fréquentations ont fait le reste... […] Oh ! Mon fils je n'ai cessé de penser à toi...
CHARLES (s'approchant ému) : Oh, mon père...

ROBERT : Le temps passe et il faut laisser les sentiments de côté. Veux-tu m'aider dans l'exécution d'un projet qui dérobe ma tête au glaive, ta mère à l'opprobre et tes jours à la honte et aux regrets ?...

SCÈNE 4

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CosaqueCosaque   14 septembre 2015
(Entrent Robert Macaire, richement vêtu, et Bertrand déguisé en serviteur noir. [...])
[...]
NANETTE: Qui êtes-vous ?

ROBERT (se levant. Bertrand apparaît) : Le marquis de Samarcande !

NANETTE : Encore un !

ROBERT : Et voici Komombo, mon cher et fidèle serviteur nubien. Il était empereur dans son pays, mais lors d'un de mes voyages à la recherche des sources du Nil, il m'a connu et a voulu devenir mon humble serviteur, me suivre partout !

(Bertrand fait une révérence) 

[…]
SCÈNE 6
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Vidéo de Alfredo Arias
Visite guidée : le tour de Buenos Aires avec Alfredo Arias .Le metteur en scène argentin nous guide dans une grande exposition dédiée à sa ville d'origine, où vivent une flopée d'artistes très prolifiques actuellement exposés à la Maison Rouge. La Maison a de la suite dans ses (bonnes) idées. Après la grande exposition réunissant une flopée d'artistes étranges de la ville de Winnipeg, au Canada, en 2011, puis ceux de Johannesburg, en Afrique du Sud, en 2013, voici, pour tout l'été, une bonne tranche d'art latino avec cet alléchant tour de ville arty dédié à Buenos Aires. Un large panorama de la scène argentine, avec plus d'une centaine d'artistes et un circuit très dense qui permet de découvrir les influences durables du surréalisme et des contes de l'écrivain Borgès sur la scène artistique sud-américaine. de Guillermo Kuitca à Adrián Villar Rojas en passant par la spectaculaire installation en sous-sol des artistes Valeria Vilar ou Marina de Caro, voilà une tonique et fureteuse épopée contemporaine? A VOIR My Buenos Aires Jusqu'au 20 septembre 2015, La Maison rouge - Fondation Antoine-de-Galbert, 10 boulevard de la Bastille, Paris.
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