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EAN : 9782714459350
208 pages
Éditeur : Belfond (22/01/2015)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 14 notes)
Résumé :


Il croyait l'avoir perdue à jamais : sa langue maternelle se réveille. Agitée par les coups du hasard, elle secoue le Basque qui sommeille en lui et le propulse dans les vies minuscules de son enfance. Alors il n'a plus le choix.

Cette langue devenue étrangère, il la tourne mille fois dans sa bouche. Et elle met son corps à l'épreuve d'un long baiser qui embrasse avec une même fougue les livres qu'il lit, les gens qu'il aime et ceux q... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
NCJ
  11 février 2015
Le premier roman de Frédéric Arabit me laisse perplexe et pas réellement convaincue car je ne l'ai pas vécu comme un "roman", mais plutôt comme un essai, une introspection de l'auteur, une recherche, une quête de vérité ou d'identité comme évoquée par l'éditeur en 4ème de couverture.
Son écriture est certes remarquable et empreinte de poésie, mais aussi chargée d'ironie parfois sexiste ou un peu morbide...
J'ai aimé le rythme du récit autant que les références musicales et vestimentaires qui ont marqué les années 70 et 80 et dont l'auteur use pour enrichir la narration de ses exploits et découvertes de jeunesse.
La langue sous toutes ses formes est bien évidemment au coeur de ce livre car il nous la sert aussi bien en vinaigrette, qu'enroulée autour de la sienne ou encore chargée d'un dialecte du pays basque.
Un regard politique sur l'identité des territoires et plus particulièrement sur les indépendantistes, les manifs et les dégâts collatéraux, quelques références aux illustres écrivains qui ont guidé les pas de l'auteur vers la littérature, des souvenirs d'enfance, des liens familiaux qui s'éteignent et une langue qui tourne sept fois dans la bouche avant de raconter... voici ce que contient ce premier roman.
J'employais au début de ce billet le mot "perplexe" parce que j'ai aimé ce livre et pourtant quelque chose m'a manqué. de l'émotion peut-être ? Je ne me suis pas du tout attachée au personnage principal, qui m'est apparu comme "imperméable" et distant. Je me suis régalée dans la première partie du livre parce que j'ai aimé l'humour et l'écriture de l'auteur et que ses souvenirs de jeunesse correspondaient aux miens. En revanche les cinquante dernières pages m'ont semblé un peu longues et je dois avouer que je me suis ennuyée et perdue dans son débat intérieur.
Voici donc mon avis très mitigé sur ce livre à la verve irréprochable, riche de vocabulaire, de références culturelles, historiques et linguistiques, mais pauvre en émotions en ce qui me concerne !
Merci à BABELIO et aux Editions BELFOND pour cette découverte surprenante !
Lien : http://uneautrelecture.blogs..
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kouette_kouette
  05 février 2018
Ce livre m'a parlé.
Parce que Frédéric Aribit aurait pu être mon voisin. Mêmes codes, mêmes questionnements.
Basque ou Français, il fallait parfois choisir.
Ce roman semble être largement autobiographique. J'ai même l'impression que l'auteur aurait pu l'écrire pour panser une blessure provoquée, peut-être, par un sentiment de manquement à sa terre d'origine.
Du moins c'est ce que j'ai ressenti à sa lecture.
Et alors, je ne sais pas s'il l'a fait exprès, mais l'auteur a une écriture à l'image des Basques : froide en apparence. Les faits sont énoncés, avec de jolies phrases, certes, mais sans effusion, sans passion. Bon, moi, j'ai repéré tant de détails similaires à la vie de gens ayant le cul coincé entre deux chaises, que j'y ai vu le respect des siens, la pudeur, et son courage d(')énoncer tout ça.
Seulement, je me pose des questions : les lecteurs qui n'ont pas grandi au Pays Basque peuvent-ils y trouver leur compte ? Par la forme peut-être ? (là, je ne me prononce pas, le fond l'ayant bouffée, il faudra que je lise un autre roman de l'auteur) Peuvent-ils trouver de l'intérêt à ce sujet qui doit paraître dérisoire pour beaucoup ? Ne sont-ils pas gênés par ces petites pointes de mots en basque ?
Je suis perplexe.
Finalement, quand un livre te parle trop, tu n'es pas très objectif...
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Celkana
  14 février 2015
C'est un livre de masse critique que j'avoue avoir choisi guidée par la curiosité de pouvoir lire le livre d'une personne que je connaissais, du moins de vue et un peu côtoyé dans mon enfance, étant du même petit village basque et musicienne également.
C'est donc avec un certain plaisir que je le reçu et que j'en commençai la lecture.
Le sujet principal est la place que tient dans sa vie la langue basque, le temps qu'il mit à comprendre que ce n'était pas qu'une langue mais toute une culture, une pensée, un enjeu même qui se cachaient derrière son utilisation...ou sa non utilisation d'ailleurs. En partant de ses souvenirs d'enfance, il remonte le fil de cette langue et de ce qu'elle représente finalement pour lui.
Lecture intéressante, qui m'a moi-même ramenée plus de 20 ans en arrière à certains moments, et qui rend assez bien compte du dilemme qui peut tenailler certains lorsque la langue locale a une forte identité dans le quotidien et le mode de vie d'une région.
J'ai apprécié ce questionnement, ces hésitations, ces peurs et ces joies, cette façon naturelle de mettre en parallèle ses souvenirs avec la langue basque et la richesse de son écriture, parfois poésie.
Merci à masse critique et aux Éditions Belfond.
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AliciaDG
  13 septembre 2020
"À 7h50, été comme hiver, c'était le lait." 
Pour moi, c'était une goutte d'Aribit dans le café d'ordinaire noir, et de claquer de la langue en se resservant. 

Trois langues dans ma bouche est écrit avec une prose lyrique à souhait. Les mots se mêlent en un suave ballet savamment orchestré sur parfum d'enfance. Fluidité de l'écriture, fil conducteur qui se déroule tel un ruban de satin, humanité, sensibilité, sont, à mon sens, les maîtres mots de ces pages. 

C'est l'histoire d'un homme, d'une famille, de choix, de vie, de mort. C'est l'histoire d'une région, d'un terroir, de valeurs, d'indépendance, de patrimoine culturel, d'hommes et de femmes. C'est l'histoire des langues qui sont notre essence, nos origines et pour lesquelles on se bat ; celles que nous apprenons et celles que nous oublions ; celles qui nous guident et celles qui nous portent. 
Recherche d'un soi ou d'origines ; ouverture à l'autre ou relations conflictuelles ; autant de maux sur les mots que de mots sur les maux. Une exquise dualité présentée dans ce livre.

Fiction ? Autobiographie ? Autofiction ? Qu'importe de le savoir. Une oeuvre ne devrait pas être "classable", "étiquetable". Elle se suffit à elle-même, elle doit être lue, ressentie, appréciée et comprise pour ce qu'elle véhicule et nous inspire, en fonction de notre être propre, non faire l'objet d'une appropriation par de pseudo-intellectuels qui s'enorgueillissent d'avoir dénoué le mystère et compris les secrets de l'auteur. 

La tentation de la lecture analytique est grande pour ceux qui apprécient les lettres, mais comment avoir l'outrecuidance de poser l'intention de l'écrivain, la signification que l'on imagine cachée derrière telle figure de style, et de cette virgule manquante tellement judicieuse… 

Amoureux de la langue trouveront simplement, dans cet ouvrage, de quoi ravir leurs papilles. 

J'ai souri, j'ai ri, j'ai versé une larme, je me suis interrogée. Cocktail détonant pour une lecture pleine de saveurs. 

Un immense merci à Frédéric Aribit
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Bidib
  21 février 2015
[...]Les langues de Frédérique Aribit sont le basque, langue maternelle "morte dans sa bouche et recrachée". Puis il y a le français. Langue adroitement utilisée, avec laquelle l'auteur joue à m'en faire perdre mon latin !
Trois langues dans ma bouche fiction, autofiction, vécu ? Je ne sais pas mais chaque mot sonne vrai. Je me suis identifié à ce "je" qui nous parle. Qui vagabonde plus qu'il ne raconte. Je m'identifie car certains points communs nous rapprochent : l'enfance à la campagne, les langues qui se croisent et décroisent, se marient et finalement se séparent... le deuil aussi, peut-être. Pas seulement le deuil des gens aimés qui nous quittent, mais celui de la perte de cette langue primitive qui a vu naître nos premiers mots et qui nous quitte. Les point communs que je partage avec "je" sont pourtant aussi nombreux que nos différences.
Dans le flot de paroles déversées chapitre après chapitre dans un foutoirs qui passe du coq à l'âne, du basque au français, de l'enfance au présent j'ai parfois cru perdre le fil. Pourtant il y en a un de fil ! Et il nous tiens, me tient. Je l'ai suivi, exploré souvenir après souvenir, idée après idées, la conscience et peut-être même l'inconscience de "je". Que la suite d'idée ne soit pas logique importe peu, est-ce que notre pensée suit toujours le chemin de la logique ? Ne se perd-t-elle pas dans les recoin de notre cerveau, dans la forêt de nos souvenirs ?
C'est peut-être en cela que je me suis reconnue : un bouillonnement d'idées et de souvenir qui émergent sans crier gare dans l'océan de notre conscience.
Le style très particulier, pas toujours facile à suivre, renforce ce sentiment de plongée abyssale dans la pensée du protagoniste. Les phrases sont très longues et les points sont presque inexistants. On plonge, on retiens son souffle, on s'enfonce, on peut plus respirer, arriverons nous au bout, ça y est on est perdu et... ouf ! J'ai compris. J'ai compris ? Pas sûr, mais j'ai ressenti.
Un style étrange auquel je ne suis pas habituée qui m'a parfois troublé, parfois perdu, mais qui finalement m'a séduite. Je ressors de cette lecture ravie. Je fini à peine le roman. Il va va maintenant falloir le digérer. Et j'ai le sentiment qu'il m'en restera quelque chose, pas seulement le souvenir une bonne lecture.[...]
Lien : http://mapetitemediatheque.f..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
NCJNCJ   11 février 2015
"Une légende basque raconte qu'afin de soumettre les hommes et les femmes de ce pays à la tentation, le diable essaya pendant plus de mille ans d'apprendre l'euskara. N'y parvenant pas, il dut finalement renoncer à envoyer les Basques en enfer.
Je me demande inversement si Dieu, lui, parle le basque. Malgré l'ahurissant renouveau de cette langue en péril dans les années 60 et qui compte aujourd'hui plus d'un million de locuteurs, dont près de 60 000 en Pays basque français, je n'en suis pas certain."
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SioSio   30 janvier 2015
Et pour commencer : langue ou dialecte ? Je m'y perdais, tout s'embrouillait, les définitions discordaient mais les chiffres étaient accablants : une langue disparaît environ toutes les deux semaines de la surface de la Terre. Plus rapide que pour les espèces animales, allez hop, aux oubliettes tous les quinze jours. C'était une moyenne sans doute. Un chiffre attrape-couillons. Mais tout de même : 15 jours. A peine moins qu'entre deux matches de foot de l'équipe de la Kanboko Izarra de l'équipe de Cambo. Deux par plaquette de pilules environ. Certains pensaient même que d'ici 2100, la moitié des langues existant actuellement auraient disparu. J'étais sur le cul.
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NCJNCJ   11 février 2015
"Les imbrications corporelles devinrent soudain plus complexes. Nous innovions sans cesse, inventant des positions que je ne savais pas physiquement possibles l'instant d'avant, et vas-y que jet te mets mon bras là, et vas-y que tu lui mets ta jambe ici, et alors que nos innocentes conversations suivaient leur petit bonhomme de chemin, parcourant de A-ha jusqu'à ZZ Top tout l'alphabet discographique du moment, nos souffles s'accéléraient si bien que de consentements tacites en chaleurs inconnues, l'air se raréfiait autour de nous, en autant de touch-and-go qui s'ajournaient d'eux-mêmes."
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SioSio   30 janvier 2015
Erik était dans ma classe. Première et terminale, nous suivions la même section B, ancêtre de l'ES au lycée René-Cassin à Bayonne. C'était, sous sa nonchalance débraillée, un garçon physiquement solide et au caractère bien trempé, volontiers sarcastique, qui vous en imposait aussitôt. [...] Il portait le keffieh d'Arafat et des espadrilles noires bien avant qu'elles ne deviennent l'attribut bobo et bariolé des émules de Frédéric Beigbeder dans les bars de Guéthary.
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NCJNCJ   11 février 2015
"Et puis il y avait cette histoire de jambe, une seule, qu'on n'avait jamais retrouvée. Déchirée sous la force de l'impact, projetée quelque part dans les airs et atterrissant dans le noir alentour, dans un fourré où elle avait lentement pourri, ou dans la gueule d'un chiens moins regardant dont elle avait fait le régal, comme ce morceau de sa propre côte qu'après un pneumothorax, Roland Barthes avoue avoir longtemps conservé dans un tiroir, relique de lui-même, avant de se résigner à le jeter aux clébards du haut de son balcon. On avait enterré un corps unijambiste."
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