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Sophie Rèfle (Traducteur)
EAN : 9782330179045
192 pages
Actes Sud (03/05/2023)
3.9/5   870 notes
Résumé :
Ce roman de l'auteure des "Mémoires d'un chat" suit le trajet de la ligne Imazu de la compagnie de chemin de fer privée Hankyû. Organisé en deux parties de huit chapitres chacune (comme les huit arrêts du train), il se déroule au printemps dans le sens Takarazuka-Nishinomiya, et en automne pour le retour.

A chaque arrêt, de nouveaux passagers montent, se parlent, s'observent. Et, d'un trajet à l'autre comme d'une saison à l'autre, le lecteur se fait ... >Voir plus
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Le train de Takarazuka à destination Niyinoshima-kitagushi démarra. “Quels récits habitaient ses passagers ? Ils étaient les seuls à le savoir. le train se lança avec sa cargaison d'histoires sur un parcours qui n'était pas infini.”..... Voilà l'occasion à ne pas manquer pour connaître quelques uns de ces passagers et leurs histoires sur la ligne Hankyū Imazu, héros de ce roman. Hiro Arikawa nous invite à un voyage riche en rencontres sur cette ligne ferroviaire au sud de l'île de Honshu l'île principal du Japon. Un voyage en huit arrêts, huits chapitres allers au printemps, et huit chapitres retours en automne, où l'on retrouvera les personnages de l'aller quelque mois plus tard.
Dans ces vies croisées au fil des stations, tout âges et situations confondus, on sera témoin de l'intimité des protagonistes qu'on retrouvera dans les divers chapitres. A travers ces courts récits d'amitié, de ruptures, de vengeance, d'embarras, de rencontres amoureuses, de comportements malpolis.....où parfois un petit mot d'un inconnu va changer le cours de l'histoire, on s'attache vite aux personnages, qui protagonistes d'un chapitre entier vont réapparaître en personnages secondaires ou figurants dans les suivants. Et finalement on en apprendra sur eux beaucoup plus que à quoi on s'y attendait. C'est aussi pour l'auteur l'occasion de nous donner un aperçu de la société japonaise et nous pousser à une réflexion subtile et profonde sur la moral de ces histoires de vies finalement universelles, seul changeant les détails.
Un roman tout en douceur, léger en apparence, mais riche en réflexions, pudique, profondément humain et émouvant.







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« Les gens qui prennent le train seuls se composent en général une mine indifférente. Leur regard, qui va des publicités placées en hauteur au paysage à l'extérieur, erre en évitant sans cesse de croiser celui d'autrui. Ou alors ils passent leur temps à lire quelque chose, à écouter de la musique ou à fixer l'écran de leur téléphone. Une personne seule qui n'agira pas ainsi et exprimera une émotion attirera l'attention. »

Le ton est donné dans l'incipit de ce roman choral dans lequel chaque chapitre est consacré à un arrêt de la ligne Imazu. Un chapitre, une gare, un personnage dont le lecteur partage les pensées, la vie, les failles intimes, et observe avec lui les personnes croisées dans ce même train. du moins celles qui attirent justement l'attention. Nous comprenons que nous sommes tous les observateurs et les observés à notre insu, observations en cascade. Nous sommes tous porteurs d'émotions, de comportements pouvant avoir une influence sur les autres, comme autant de réponses à leurs questions. Et cela devient passionnant quand chaque protagoniste qui regarde et qui est regardé prend la parole à tour de rôle.

Ce roman de l'auteure des «Mémoires d'un chat» suit ainsi le trajet de la ligne Imazu de la compagnie de chemin de fer privée Hankyû. Il est organisé en deux parties de huit chapitres chacune (comme les huit arrêts du train), il se déroule au printemps dans le sens Takarazuka-Nishinomiya, et en automne pour le retour. À chaque arrêt, de nouveaux passagers montent, se parlent, s'observent. Et, d'un trajet à l'autre comme d'une saison à l'autre, le lecteur se fait l'observateur des paysages changeants, des multiples trajectoires de la vie et surtout de l'évolution de chacun des personnages montés à bord.

Certains des personnages ont le courage de prendre des décisions grâce à ces rencontres fortuites, suite à ces observations discrètes ; quand d'autres acquièrent des valeurs ayant été confrontés, dans ce même train pris quotidiennement, à certaines situations ( « Bientôt, elles purent toutes les deux faire comme si elles avaient toujours su que poser un cartable sur un autre siège était un geste indigne, et contraire au sens commun. Elles ne se dirent jamais qu'elles l'avaient découvert grâce aux reproches de ce petit homme chauve. Même si elles le savaient toutes les deux. ») ; lorsque d'autres enfin osent s'aborder, se parler. Tous les personnages sont impactés par ces observations, ces rencontres, par quelques mots murmurés parfois.

J'ai aimé le côté roman choral, le fait de donner la parole à celui qui est observé, parfois jugé. J'ai apprécié pouvoir me concentrer sur une personne dans un chapitre puis juste la croiser dans un autre chapitre, cette fois en tant que personnage observé. C'est un procédé narratif intéressant et réjouissant. Retrouver ces mêmes personnages quelques mois plus tard permet de s'attacher davantage à eux. Et finalement le train, cargaison d'histoires mettant en valeur l'étendue de l'âme humaine, de rencontres, de confrontations, est le personnage central de ce roman.

Mon seul bémol est le style, très, trop, épuré pour moi. J'ai déjà eu ce sentiment avec d'autres livres de la littérature japonaise. Si ce style a souvent un côté apaisant voire onirique (je pense bien sûr au grand Haruki Murakami ou encore à Kaho Nashiki dernièrement avec son beau livre « l'été de la sorcière ») cette écriture dépourvue de toutes fioritures peut ôter une certaine saveur à la lecture. Ce n'est pas le cas totalement ici, mais je l'ai un peu éprouvé jusqu'au bon tiers du livre. Une certaine fadeur heureusement compensée par la trame narrative que je trouve brillante. Ensuite, si les histoires sont émouvantes et les personnages touchants, elles peuvent sembler pétries à l'excès de bons sentiments. Je l'ai, là encore, de moins en moins éprouvé au fil de ma lecture mais je l'ai cependant ressenti.

Finalement, au fur et à mesure de l'avancée du train, cette histoire infusait, déployait tous ses sucs, ses essences en moi. Contre toute attente, son épure, ses bons sentiments un tantinet naïfs, m'ont charmée. Je vois à présent chaque histoire comme une fable. Des fables enchainées et interdépendantes, oui ce frais et tendre roman choral m'a fait du bien. « Tout à coup, elle se sentait gaie. Qui sait, une graine de bonheur venait peut-être de rouler vers elle. »…

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J'avais déjà rencontré Hiro Arikawa avec son très joli roman « Les mémoires d'un chat ». Les critiques enthousiastes de plusieurs amies babeliotes et une dernière impulsion de Fanny1980 ont fini de me convaincre de lire « Au prochain arrêt » et je les en remercie.

*
Hiro Arikawa surprend par l'originalité du thème et la construction de son récit en miroir.
En effet, le récit se déroule sur la ligne de métro d'Osaka qui relie Takarazuka à Nishinomiya.
Structuré en deux parties, la première se déroulant au printemps dans le sens aller, la seconde à l'automne pour le voyage du retour, l'histoire suit quelques passagers, le temps de leur voyage.
A chacun des huit arrêts de la ligne débute un nouveau chapitre portant le nom d'une des stations de métro. Là, montent et descendent des voyageurs, habitués de cette ligne.

« La sonnerie annonçant le départ ne tarda pas à retentir, les retardataires se hâtèrent d'y monter, et les portes se refermèrent.
Il démarra. Quels récits habitaient ses passagers ? Ils étaient les seuls à le savoir.
Le train se lança avec sa cargaison d'histoires sur son parcours qui n'était pas infini. »

A chaque gare, on change de perspective en changeant de narrateur.
Tour à tour, personnage principal, personnage secondaire, témoin, médiateur, ou simple figurant, les voyageurs se croisent et échangent parfois un regard, quelques mots. Il est des rencontres qui peuvent nous briser, ou au contraire nous permettre d'avancer et nous rendre plus fort.

*
Ce roman m'a fait penser au magnifique poème de Jean d'Ormesson, « le train de la vie ».

« À la naissance, on monte dans le train et on rencontre nos parents. Et on croit qu'ils voyageront toujours avec nous. Pourtant, à une station, nos parents descendront du train, nous laissant seuls continuer le voyage…
Au fur et à mesure que le temps passe, d'autres personnes montent dans le train. Et elles seront importantes : notre fratrie, nos amis, nos enfants, même l'amour de notre vie.
Beaucoup démissionneront (même éventuellement l'amour de notre vie), et laisseront un vide plus ou moins grand. D'autres seront si discrets qu'on ne réalisera pas qu'ils ont quitté leurs sièges.
Ce voyage en train sera plein de joies, de peines, d'attentes, de bonjours, d'au-revoirs et d'adieux.
Le succès est d'avoir de bonnes relations avec tous les passagers pourvu qu'on donne le meilleur de nous-mêmes.
On ne sait pas à quelle station nous descendrons, donc vivons heureux, aimons et pardonnons… »
Jean d'Ormesson

Selon moi, le train d'Hiro Arikawa est une métaphore. Il symbolise notre existence, notre destinée.
J'ai vu cette ligne ferroviaire comme la matérialisation d'une tranche de vie. Cette voie n'est, bien sûr, pas toujours linéaire, ni dégagée de tout obstacle. Parfois également, elle se scinde en deux directions différentes et le choix s'impose.

« … on n'a jamais rien à gagner à fréquenter des gens qui ne partagent pas vos valeurs. On risque même d'en oublier les siennes. »

*
La deuxième partie m'a plu également car elle m'a permise de retrouver les mêmes passagers à plusieurs mois d'intervalle et voir les changements dans leur vie et l'influence de ces rencontres inopinées. Car, au bout du compte, c'est à chacun que revient la décision finale de choisir.

« Une femme que j'ai croisée dans le train un jour m'a dit des choses qui m'ont beaucoup aidée à un moment où je filais un mauvais coton. »

A travers ces différents portraits, le lecteur découvre quelques petites facettes de la société japonaise et en particulier les codes à respecter dans les transports en commun.

*
Ce qui est étonnant avec les romans japonais, c'est cette impression qu'il ne se passe pas grand chose. Mais j'ai été prise dans la narration centrée sur ces quelques personnages, témoin de ces petits instants de vie, de ces belles rencontres, de ces liens tissés ou de ces vies bouleversées.

L'atmosphère est si bien rendue que je me suis retrouvée passagère du train, observant les passagers de la voiture, surprenant des gestes, accrochant des regards, devinant des émotions, écoutant des conversations.

L'écriture de Hiro Arikawa est douce, simple et apaisante, s'attachant à capturer la personnalité de chacun des protagonistes de l'histoire. Tout au long du récit, l'auteure étonne par son habileté à faire naître de nouveaux personnages attachants, qu'on aime à retrouver au gré des arrêts du train.
Et cette fin ouverte laisse le lecteur imaginer la suite de leur histoire.

*
Pour conclure, ce petit roman choral décrit, avec délicatesse et pudeur, le quotidien dans les transports en commun et ces rencontres fortuites qui changent une vie. C'est aussi un roman qui parle de la perception que nous avons des autres.

Ce roman est une jolie découverte.
Le charme opère, laissant dans l'esprit du lecteur une douce lumière tamisée.
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On ne va pas se mentir, les histoires de train sont toujours les mêmes. le train s'arrête en gare. Souvent de vieilles gares, certaines sont grouillantes, d'autres paraissent abandonnées. Des gens montent dans le wagon, pendant que d'autres en descendent. Voilà en quoi peut se résumer un roman sur une ligne ferroviaire, en l'occurrence la ligne Hankyu Imazu qui relie Takarazuka à Nishinomiya. Huit gares desservies et autant d'histoires à suivre sur un Aller-Retour.

Billet en poche, je monte dans le wagon lorsque la sonnerie retentit, attention à la fermeture des portes. J'aurais pu prendre le Shinkansen, j'ai préféré une balade ferroviaire dans la « campagne », juste histoire de regarder le bord de mer ou des collines souriantes et verdoyantes, un train bleu. Pourquoi avoir choisi justement Takarazuka-Nishinomiya ? Simplement pour observer les nids d'hirondelles dans une gare, une belle gare parait-il. Voilà, c'est aussi ça le Japon. le respect pour ces hirondelles en sachant que leur fiente peut causer des ravages sur ton costume neuf ou mon tee-shirt noir Joy Division.

Mais il n'y a pas que des oiseaux, croix de bois croix de fer le cri du papillon, sur cette ligne pour agrémenter la conversation sur le quai. Je rencontre des lycéennes, des femmes de tout âge, vielles mégères ou jeunes femmes mûres comme ces fruits délicieusement acides et sucrées, des grands-mères avec leurs petits-enfants. Des couples qui se forment, et si on prenait un verre ensemble, une Carolus par exemple, des couples qui se déforment.

« le moment était venu de rédiger le dernier SMS.
Elle y réfléchit quelques instants avant d'écrire :
Je n'en peux plus. Adieu. »

Un adieu par mail ou par SMS, dans l'air du temps, l'air d'un printemps et d'un automne, les fleurs de cerisiers s'envolent, les feuilles d'érables se dorent. Mais entre les « lignes » de ce roman, je perçois des notions importantes de respect et de politesse de la personne en face de soi, simplement le Japon. Bien sûr, tout n'est pas parfait, mais certaines valeurs subsistent, comme le code des samouraïs. On ne déroge pas à certaines règles, pour certaines ancestrales. Et c'est ce qui m'a plus dans ce roman, qui de prime abord, pourrait paraître futile et léger. Une fois que l'on franchit certaines lignes, j'en apprends, ou continue d'apprendre, beaucoup sur la pensée, la philosophie, l'état d'esprit de ce pays. Simplement en observant des vies, avec pudeur et humilité. Et quel en serait le meilleur observatoire ? Une ligne ferroviaire, bien entendu. Huit arrêts, autant de pauses intimes à l'intérieur d'une vie. Et par moment, il suffit d'une seule phrase d'une inconnue pour changer votre vie. Et c'est ce qui fait la force d'un tel roman, quel que soit le silence entre les lignes. Et le train entre en gare...
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Il y a huit arrêts sur la ligne de train Hankyu Imazu qui relie Takarazuka à Umeda. Huit gares importantes ou presque abandonnées. Des gens montent ou descendent de ce train, des personnes seules, en couple, en famille, entre amis. le trajet permet à certains de réfléchir, de tomber amoureux, de se remettre en question, de faire des choix, de se réconcilier avec la vie.

Hiro Arikawa le dit elle-même : ‘'le héros de ce roman est la ligne Hankyu Imazu''. Elle nous propose donc un voyage en train, l'aller au printemps, le retour en automne, en compagnie de quelques passagers qui vont se croiser, s'observer, parfois se parler et même influencer la vie leurs compagnons de rail. Nous allons faire connaissance avec Shôko et sa somptueuse robe blanche portée pour gâcher le mariage de son ex-petit ami, mais aussi de Masashi qui va faire preuve d'audace pour enfin aborder une fille qui lui plaît et qui partage avec lui l'amour des livres, ou encore de Misa, en couple avec un garçon beau mais violent. Se croisent aussi des lycéennes bruyantes et des mères de famille qui le sont autant, au grand dam des autres passagers qui voient d'un mauvais oeil ce genre de comportements.
Rencontrés à l'aller à un moment charnière de leur existence, on les retrouve tous à l'automne pour découvrir leur évolution, souvent positive.
Un roman ‘'tranches de vie'' tout en poésie et en sérénité. L'autrice nous fait monter à bord et l'on devient un passager à part entière de ce train, témoin privilégié de ces instants de vie saisis sur le vif. Une lecture douce et paisible plus profonde qu'il n'y paraît, sujette à des réflexions sur la vie, l'amour, les choix et les rencontres de hasard. Un coup de coeur.
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On n'a jamais rien à gagner à fréquenter des gens qui ne partagent pas vos valeurs. On risque même d'en oublier les siennes.
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Qu'est-ce qu'elle a de bien, cette gare ? se demanda Shoko en regardant les alentours. Elle avait suivi les conseils de la vieille dame.
La salle d'attente vitrée où elle se trouvait était meublée de sièges en plastique du côté du mur. Bien qu’ils soient alternativement roses et bleus, ils n'avaient rien de raffiné. Le climatiseur, qui servait sans doute de chauffage en hiver, était pratique, mais l'ensemble était vieillot. Les vitres s'embuaient probablement quand il pleuvait.
Les toilettes étaient propres mais n'avaient rien de remarquable non plus, et les boissons du distributeur étaient les mêmes qu'ailleurs. Elle se dirigeait vers la sortie quand un oiseau voleta au-dessus de sa tête. Des gazouillis excités se firent entendre. Elle leva les yeux et vit un nid d'hirondelles.
L’oiseau nourrit ses petits et repartit immédiatement. Shoko entendit d'autres gazouillis venir de la direction opposée.
Elle se retourna et aperçut un autre nid. Puis un troisième. Les cris des petits chaque fois que leurs parents s'éloignaient formaient un véritable chœur.
Elle remarqua la planchette fixée sous chaque nid, et l'affiche, qui n’était pas l'œuvre d'un professionnel.
Elle lut : « Cette année aussi nous sommes de retour. Pardon pour le bruit que nous faisons, et merci de nous couver des yeux jusqu’à l’envol de nos petits. »
Un texte qui ne pouvait qu’émouvoir le lecteur, probablement l’œuvre d’un employé de la gare.
Shoko avait souvent vu des affichettes appelant les passagers à faire attention aux nids d’hirondelles, généralement pour leur recommander de se méfier des fientes qui pouvaient en tomber, mais jamais écrites en se servant de la voix des parents hirondelles.
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Un titre récent, paru moins d’un mois plus tôt, dont on avait beaucoup parlé, se trouvait par hasard en rayon. Il s’était senti chanceux en l’apercevant. Il allait s’en emparer quand une main avait devancé la sienne. Irrité, il s’était retourné vers sa propriétaire. Découvrant une jeune femme qui lui plaisait, il avait immédiatement perdu l’envie de lui faire un reproche. Les hommes sont faibles.
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Les gens qui prennent le train seuls se composent en général une mine indifférente. Leur regard, qui va des publicités placées en hauteur au paysage à l’extérieur, erre en évitant sans cesse de croiser celui d’autrui. Ou alors ils passent leur temps à lire quelque chose, à écouter de la musique ou à fixer l’écran de leur téléphone.
Une personne seule qui n’agira pas ainsi et exprimera une émotion attirera l’attention.

(Incipit)
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- Vous avez toujours un médicament pour l'estomac sur vous ?
- Oui, répondit Yasué, un peu gênée. Ces derniers temps, j'ai souvent mal au ventre.
- Quand vous sortez avec ce groupe ?
Elle ne put que hocher la tête en réponse à cette question sans détour.
- J'espère que vous ne le prendrez pas mal, mai... commença la jeune fille d'un ton déterminé. Et si vous arrêtiez de fréquenter ces femmes ? Si vous continuez, le médicament finira par ne plus faire d'effet.
En guise de réponse, Yasué inclina la tête, ce qui parut irriter son interlocutrice.
- C'est le stress. Quand vous êtes avec elles, vous êtes stressée. Vous vous êtes soudain sentie mal, mais maintenant qu'elles ne sont plus là, vous allez déjà mieux.
Yasué l'avait déjà remarqué, mais elle ne voulait pas l'admettre, car le faire aurait créé d'autres problèmes.
- Peut-être, mais je les fréquente depuis longtemps.
- Alors, laissez-moi vous dire une chose. Vous ne comptez pas beaucoup pour elles.
Yasué serra plus fort la bouteille qu'elle tenait à la main. En réalité, elle n'était pas sans le savoir.
- Normalememnt, quand on voit une copine se sentir mal, on descend du train avec elle, même si on ne le fait que pour montrer qu'on le fait. Mais elles, elles sont restées assises. Comme si leur déjeuner comptait plus que vous. Autrement dit, que vous soyez là ou pas leur est égal. Vous croyez vraiment que ça vaut la peine de fréquenter des gens comme elles ?
- Hum.... Probablement pas, non.
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Les mémoires d'un chat, de Hiro Arikawa
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